Catégorie : Triathlon
En route pour l’Alpsman, encore !
La petite histoire de la préparation de l’Alpsman saison 2 (saison 1 ici)
Petit rappel pour commencer, c’est la première fois que je vais tenter 2 Ironman en 2 ans. Il n’y aura donc cette année pas de coupure, ni mentale ni physique. La décision de repartir sur l’Alpsman a été prise très vite avec Sandra, ce qui veut dire que déjà, au début des vacances d’été, je savais de façon quasi certaine que j’allais enchainer sur une nouvelle préparation. Physiquement, je ne pense pas avoir trop de difficulté. Même si, une année sur deux, je fais moins d’efforts, si je coupe plusieurs semaines en hiver, je fais des courses tous les ans et donc je garde un niveau moyen (pour moi) en permanence. Mentalement par contre, je ne suis sûr de rien. Vais-je être capable de garder la rigueur nécessaire pendant 12 mois. La rigueur sur l’entrainement, sur ma nutrition ?
Le plus dur (et le plus beau) dans un IronMan, c’est la préparation. Les 6 a 8 mois avant ou il va falloir se priver, se faire mal, se mettre des coups de pieds au cul quand il fait nuit, quand il fait moche, quand la fatigue s’accumule. La condition, posée par Sandra pour repartir sur une nouvelle préparation, c’était que je maintienne mon état de forme a l’automne et au début de l’hiver. Alors pendant les vacances, je prends un vélo de compet, mes chaussures de compets. Je sais que je vais m’entrainer. Ce n’est pas une contrainte. Le terrain de jeu dans le Périgord est idéal. Je ne le savais pas, mais la région est vallonné. Idéal pour le vélo, autant physiquement que pour apprécier de nouveaux paysages. Les sorties course a pieds me paraissent lentes, mais rapportés au dénivelé, c’est correct. Pour la natation, je fais avec ce que j’ai et je tourne en rond dans la petite piscine du camping. L’avantage c’est que je me lève tôt, et que mes ados se lèvent tard. Donc je peux faire ma séance et être revenu pour le petit-déj en famille.


J’avais fortement réduis le volume fin juin, a partir de mi-juillet, je repars « gentiment ». En Aout, je continue de remonter le volume. L’important étant de rester a peu près régulier. J’avais prévu quelques courses en septembre et octobre mais pas vraiment d’objectifs. Je vais essayer de rester régulier mais avec un volume « limité ». Pas de régime sur cette période, le but étant de se reposer mentalement avant de reprendre la prépa. Et finalement c’est pour me reposer que je vais renoncer au triathlon que j’avais envie de faire en septembre.
Je me suis juste gardé un 3000m de nage dans la Seine début septembre, plus pour le plaisir.
Début septembre, je dessine ma saison de préparation.
Je décide de faire l’hiver en trail de façon a varier les parcours et donc éviter l’usure sur les parcours de route, et de refaire les duathlon en début d’année.
Les échéances sont donc :
- Xtri de cergy (5 Octobre)
- Hautil Trail tour (12 octobre)
- Chocotrail (7 Novembre)
- Trail des marcassins (25 janvier)
- Cross Duathlon de Sartrouville (8 février)
- Essec night run (13 fevrier)
- Trail de Menucourt (15 mars)
- Triathlon de Beauvais (5 Avril)
- Triathlon de Choisy au Bac (23 mai)
XTri de Cergy
Je me suis inscrit sur un Cross Triathlon (triathlon en VTT / trail) début octobre parce que sur mon terrain de jeu de l’Ile de loisirs de Cergy et parce qu’un collègue s’est inscrit pour tester le triathlon. J’ai donc fait pas mal de VTT et de trail en septembre.
Pas de gros volume car les distances sont courtes (750m / 15Km / 5Km) mais surtout de la technique car je sais que sur chemin je ne suis pas terrible. J’ai donc arpenté les chemins de l’Ile de loisirs et de la foret de l’Hautil.
La course se passe bien, je suis en jambes. Mais ce n’est pas le but de la course, j’étais plus là pour accompagner mon collègue







Ce triathlon marque aussi la fin de la saison de triathlon et le passage sur la saison de trail. Avec peu de transition puisque le premier trail a lieu 1 semaine seulement après le triathlon de Cergy. La encore, course en terrain connu puisque le lieu de départ n’est autre que le gymnase de Jouy a 1Km de la maison et dans la foret de l’Hautil qui est un de mes lieus privilégiés pour l’entrainement au trail.
Hautil Trail Tour (17Km)
Trail a la maison donc, organisée (entre autre) par une copine de club, spécialiste de l’ultra-trail elle-même. N’étant pas spécialiste du trail, et ne souhaitant pas le devenir, je m’aligne sur le 17 Km. Je prend cette course vraiment comme une première de la saison, comme une redécouverte. J’ai peu de recul sur ma forme en course a pieds pure et surtout en trail, donc pas de pression sur ce que je veux faire. Je pars, je cours et je vois ce qu’il se passe.


Les 2 premiers Km du parcours se passent sur un chemin assez large, en faux plat montant avant de rentrer dans la foret. Je pars de l’arrière du peloton, avec l’idée que les mecs devant vont me lâcher assez vite. Bizarrement, non. Alors je décide d’accélérer afin d’être devant le peloton avant de rentrer sur les singlets de la forets et de ne plus pouvoir doubler. Je fais donc parler les cuisses pour aller vite dans la montée en allongeant la foulée. Etonnamment je déroule presque facilement. Le peloton s’étire et je me retrouve donc avec des coureurs qui galopent à peu près à la même vitesse que moi au moment de rentrer dans la foret. Sachant que je pense être parti un peu vite, j’essaie de maintenir pour ne pas gêner les autres, et ca tient. Arrive la première grosse montée, j’essaie de maintenir la course le plus longtemps possible mais je fini quand même par marcher pour monter. On arrive au point culminant vers le km 3.5. La ou se trouve la plateforme de « point de vue » de l’Hautil qui est accessoirement le point culminant de l’ile de France. Pas de photo ce jour-là parce que pas le temps (quand même !), mais j’en ajoute une prise lors de mes entrainements.

La suite de la course est un enchainement de montée descentes sur des chemins très praticables. Je maintiens mon allure autour des 80% de ma VMA en me demandant combien de temps je vais tenir a ce rythme. Je croiserais 2 ravitaillements. J’ignore le premier au Km 8 car placé a la fin d’un descente, je ne veux pas casser mon allure. J’ai ma boisson sur moi et c’est trop tôt pour avoir faim. Deuxième ravito dans une montée, sur court passage sur route au Km 12. Je choppe un bout de banane en passant rapidement. Ensuite c’est une grosse montée tout de suite après puis tout schuss jusqu’à l’arrivée. Je souffre dans la montée et laisse passer quelques « petits gabarits » qui galopent en montant. A priori quand on va revenir sur le plat, ma puissance de cycliste devrait me permettre de les rattraper. La dernière montée se termine, je relance. Il me reste 3 Km, je me sens bien, j’accélère. Comme prévu je reprends du monde. J’ai pour moi mon endurance. Je suis à 1h15 de course, la montée en marchant, si elle a maintenu le rythme cardiaque assez haut, a reposé un peu les muscles. Je sais qu’il me reste un peu moins de 15mn, le corps réponds donc j’y vais sans plus réfléchir. L’avantage c’est que mon entrainement m’a apporté plus de justesse technique sur mes appuis. J’ai les cuisses pour encaisser le rythme dans la descente, je déroule. Fin de la course en 1h37. Acceptable pour ce 17Km assez vallonné a 10.5 Km/h de moyenne.




Voilà la saison d’hiver est lancée par cette course. Le programme est de descendre le volume en octobre pour rentrer dans la vraie préparation Alpsman en janvier. Par vraie préparation j’entends, la mise en place de cycles de travail avec des volumes d’activités mesurés.

La prochaine étape sera le Chocotrail 24 Km début décembre.
Octobre et novembre vont donc être centrés sur le trail. J’intègre le vélo électrique et le home trainer pour palier au trajet velotaf qui devient moins marrant vu la saison.
Afin de pouvoir comparer ma préparation de manière chiffrée, purement factuelle, j’ai décidé de refaire des courses que j’ai déjà faites d’autres années. C’est peut-être aussi parce que j’ai déjà fait quasiment toutes les courses pas trop loin de chez moi !
Chocotrail 24Km
Trail 24 Km sur les coteaux d’Hardricourt, proche des Mureaux. Chocotrail car un gros producteur de chocolat est installé dans la commune et est un des sponsors de la course. Donc la récompense est en chocolat. Bon, moi j’aime pas ca, mais selon ma famille de goinfre, il est bon.
24 Km repartis majoritairement en chemins dans les champs, un peu en foret, un long passage sur les quais de Seine et 1 escalier d’environ 200 marches a l’arrivée.
Il a beaucoup plus les derniers jours, et il pleut encore un peu en début de course. Le terrain est une vraie patinoire dès le début.
Dès les premiers kilomètres, les chutes s’enchainent. Je vois vite dans les foulées des mes compagnons de galère, ceux qui n’ont pas les bonnes chaussures et ceux qui ne s’entrainent pas dans la boue. Ca part dans tous les sens. Ceux qui ne glissent pas trop doivent éviter ceux qui glissent devant eux. Il est purement impossible d’allonger la foulée. Dès que je veux pousser sur les jambes pour accélérer, je perds l’adhérence.
Les chaussures deviennent vite assez lourdes, la boue remonte sur les chevilles et le bas des mollets. Le parcours n’est pas franchement technique mais la boue rend la course stressante. Les descentes deviennent périlleuses et impossible de pousser sur les jambes dans les montées.
Je fatigue assez vite physiquement et mentalement. Mais je suis assez content car j’évite les pièges et reste debout, jusqu’au km 19.
Après être resté debout sur les chemins, évité les obstacles mouvants que sont devenus mes copains de route, je me détends en rentrant sur un chemin en dur. Plus de boue, plus de glissades. Trop détendu, et ayant peut-être ayant aussi perdu un peu de lucidité, je trébuche sur une pierre et me retrouve au sol, les genoux et les mains en avant. Je repars, plus vexé que blessé. Je relance et reprend un peu de vitesse. J’ai 2 steaks à la place des genoux, de la boue dedans. Je râle un peu en pensant a la douche douloureuse qui s’annonce.
J’arrive rapidement sur les quais, moment de répit dans le parcours. C’est tout droit, sur de la surface dure. Il y a 2 ans, fatigué, j’avais trouvé ce passage trop long. Je m’etais fait doubler par beaucoup de monde. Cette année, je suis en forme, c’est moi qui accélère et qui double. Je double des coureurs du 24, mais aussi du 13Km partis un peu après moi. Je n’en mets pas trop, car je sais qu’a la fin des quais c’est un grand escalier, bien casse-pates.
Je commence l’escalier en courant, mais rapidement je passe en marche pour monter. Arrivé en haut, ce n’est pas fini ! On repasse sur la route, petite descente, avant de reprendre un petit escalier et de rentrer dans un parc pour une petite boucle qui ne sert strictement à rien. A part continuer de se tuer les jambes sur de la boue dans un parc en pente. On monte, on redescend, on ressort du parc pour rejoindre la route et continuer a monter, avant de retrouver un escalier, plus court mais au Km 23 ca pique. Fin d’escalier, reprise de la route…en montée jusqu’à l’arrivée.
Résultat 25mn de gagnés par rapport a 2023, malgré les conditions difficiles. Plutôt content, je repars avec mon ballotin de chocolat.
Prochaine course mi janvier, le trail des Marcassins (15 Km)
Le mois de décembre est marqué par plusieurs déplacements pro à l’étranger. donc un peu moins de temps pour l’entrainement. Enchainé sur les fêtes, je ralentis un peu l’entrainement. Il faudra repartir plus fort en janvier
Arrive janvier. Les prochaines échéances étant un trail mi janvier et un cross-duathlon début février, je vais travailler spécifiquement le VTT et le trail. En rajoutant du vélotaf et du home trainer pour l’endurance. Je vais remettre aussi doucement un peu plus de piscine.
Arrive donc le trail des Marcassins
Trail que j’ai fait aussi il y a 2 ans sous la neige. Cette année pas de neige, les conditions sont bonnes. Le terrain est boueux en foret, plus praticable a découvert et la météo est douce, mais froide.
Le parcours fait 15 Km, dénivelé moyen. Cette course n’a pas d’autre intérêt que d’être là. J’avais besoin d’une échéance en janvier, je connaissais la course et je l’avais trouvé sympa, donc j’y retourne.
Je fais la course en gardant l’idée en tête d’éviter de me blesser. Le parcours comporte beaucoup de chemins étroits. En foret quand ca glisse, cela rend les dépassements difficiles, et voulant éviter les entorses, je ronge un peu mon frein en restant derrière d’autres coureurs. Je garde en tête que cette course n’est pas un objectif, je m’évade un peu en regardant le paysage.
Je double quand je peux, le corps répond bien quand j’accélère. Musculairement et cardio-vasculairement, tout est nickel. Je fais quelques accélérations propres. Techniquement, je suis a l’aise, la vitesse contenue aide a rester concentrée sur mes appuis.
Les deux derniers km étant sur un chemin plus praticable, et un peu en descente, j’accélère pour finir. Le temps est correct, les sensations sont bonnes. A suivre dans les jours qui viennent pour voir comment je vais enchainer avec les prochaines séances.
Prochaine course dans 2 semaines avec le duathlon de Sartrouville. J’enchaine une semaine moyennement intense en continuant le travail d’endurance sur le home-trainer. La semaine se termine le dimanche avec un travail d’enchainements VTT/course afin de reprendre des sensations sur les changements course/VTT/course.
Je fais une grosse semaine avant le duathlon, encore une fois, le but est d’augmenter ma résistance à l’effort et ma capacité de récupération.
Janvier :

Février :

Première épreuve enchainée, le Duathlon de Sartrouville.
Epreuve de rentrée pas excellence pour les triathlètes de la région, le cross-duathlon de Sartrouville est aussi un rendez-vous pour les membres du club.
Cross-duathlon distance S (4Km course / 12 Km VTT / 2Km CAP). Une course courte, intense. Le but c’est de partir à fond, de continuer vite et de finir en apnée ! Comme sur tous les formats courts, les vieux sont mélangés aux très jeunes. C’est toujours intéressant de regarder les jeunes tout fougueux arriver dans le parc à vélos, s’impatienter sur la ligne de départ et partir pleine balle, à froid. A coté, nous, les vieux, on s’applique sur la préparation du matériel, on discute en s’échauffant et on pars conscient que la course va quand même durer une petite heure.
Les vieux à l’échauffement

L’exercice pour moi aujourd’hui, c’est de garder mon cardio au dessus de 140bpm le plus longtemps possible. Je pars donc assez vite sur la première course à pied et stabilise mon cardio autour de 150 dès les 500 premiers mètres. Et ensuite, je surveille la montre pour ne pas descendre sous 145 ni monter au dessus de 160. A cette fréquence là, je vais assez vite, donc je m’installe dans le peloton du premier tiers. Devant quelques jeunes fougueux qui s’essoufflent autour des 2Km. Je tiens bon à cette allure, je suis même obligé de me contenir, car dans l’élan, je pourrais encore accélérer. Mais vu mon état de fatigue lié a la semaine chargée, je préfère gérer.
Fin de la première course à pieds, j’entre dans le parc à vélos récupérer mon VTT et repartir. Le temps de transition (changement de chaussures, enfilage du casque) font bizarrement monter le stress mais baisser le rythme cardiaque. Monter le stress, car j’essaie d’organiser mes gestes pour être les plus efficaces possible. L’immobilisation devant mon emplacement fais mécaniquement baisser le cardio. Ce ne sont que quelques secondes, mais ca soulage.




4 Tours a effectuer. J’essaie de garder un rythme constant. J’appuie fort quand ca monte (un peu), récupère dans la descente et fais des grosses relances an sorties de virage ou de passages plus techniques. Dans les lignes droites, je me brule les cuisses. L’important étant d’améliorer ma résistance à l’effort. Les jeunes ont leur explosivité en relance, j’ai ma puissance sur de la longue distance. Et vu qu’il y a beaucoup plus de longues lignes droites que de virages, je gagne des places. Sous l’euphorie de l’effort, je ne regarde plus mon rythme cardiaque, je me contente de rester dans un état ou je l’entends dans mon crane. En lisant mes stats après la course, je constate que j’ai un peu dépassé le plan et que j’ai emmené jusqu’à 179 bpm sur le dernier tour.
Retour au parc à vélos, re changement de chaussures, retrait du casque et je repars vite sur la course. Sauf que la transition vélo / CAP est plus douloureuse que l’inverse. Le retour sur les jambes brule. le souffle a du mal à se réaligner. Je me force a maintenir ma fréquence cardiaque au dessus de 150. Je sais que l’intervalle est cours (2Km) donc, je sens qu’a ce rythme, je tiens. Il reste 1Km, on grimpe une petite cote, je me fais doubler par un junior, plus léger dans la montée. Un de ses collègue de club qui l’encourageait à se moment là lui lance, « vas-y killcam le daron ! » traduction : « double le vieux ! » Ca m’amuse car je vois à ses mouvements que lui force, mais moi je sais que j’ai encore de la réserve. Et comme je suis joueur, j’accélère, petit a petit. La montre s’affole. Je suis au dessus de ma cible mais les jambes et le reste suivent. Le jeune s’accroche, il reste derrière moi, un peu dans mon angle. Je l’entends souffler. On rentre sur le stade, reste 2 virages. Je me place a l’intérieur. On passe le dernier virage, reste un cinquantaine de mètres tout droit. Je me retourne, vois qu’il souffre, je lui lance « Tu l’auras pas le daron » et accélère brutalement sur les derniers mètres. Je me suis mis minable, ca ne servait à rien, mais je suis content. Il se défend encore le daron !



Je vais enchainer sur une bonne semaine avant de prendre le départ dans 5 jours de l’Essec Night Run, un trail Urbain a Cergy (9Km). Clément prendra le départ avec moi sur cette course. Pour lui toujours le même objectif : « tuer le père ». Pour moi, une petite sortie rigolote dans mon agglo et en partie sur l’Ile de Loisirs. Aucune difficulté, c’est quasiment tout plat, ca va aller assez vite.
Essec Night Run : la nuit tous les trous sont gris.
Rendez-vous donc ce vendredi soir pluvieux a l’Essec de Cergy. K-way, frontale, casquette pour moi. Clément, lui, vient comme d’habitude en mode gros touriste. Tout juste les cheveux maintenus par la frontale que je lui ai prêtée.
Départ dans le parc derrière la préfecture. Comme prévu Clément part très vite. Je le laisse prendre une dizaine de mètres d’avance et me colle sur son rythme. Je veux lui laisser croire qu’il me distance et qu’il se sente en confiance. On navigue dans les ruelles de Cergy, des petits passages étroits entre bêton et terre. Quelques virages serrés. Le terrain est très mouillé. Sur terre ca glisse beaucoup. J’ai laissé mes chaussures spéciales boue à Clément donc moi je patine, mais j’ai plus de technique donc je tiens le rythme.
Au Km 2, je confond un nid de poule rempli d’eau avec une simple flaque et me tords la cheville. Je continue en boitant un peu et en raccourcissant la foulée. J’évalue la douleur sur les quelques mètres qui suivent. La douleur diminue, je continue.
Je constate qu’on va rentrer bientôt sur un long chemin trop étroit pour doubler et assez technique. Je vois les coureurs devant moi galérer un peu à tenir debout. Moi mon échauffement est fini, je place une accélération pour prendre la tête du groupe, en doublant Clément au passage. Je sens qu’il prend ma foulée pour rester derrière moi. On entre sur le chemin de halage qui joint Port-Cergy à l’axe majeur ou on entrera sur l’Ile de loisirs. Je maintiens mon rythme en faisant attention a ne pas trop forcer sur la cheville, toujours sensible. On arrive en visibilité de la passerelle de l’axe majeur, magnifique pont rouge éclairé au milieu de la nuit surplombé du fameux rayon vert symbole de l’axe Majeur. Sauf que pour passer du chemin de hallage a l’entrée de la passerelle, il faut monter sur un terrain glissant. Sur le chemin, on a rattrapé le groupe de devant et je rigole en voyant les coureurs devant moi commencer la montée plein d’entrain et sa vautrer dans la boue ! Une grand partie ralentit et marchent dans la montée. C’est là que l’entrainement paye. J’active le mode canard, pieds écartés pour augmenter la surface de contact avec le sol, je raccourcis la foulée pour limiter la poussée. Je monte tranquillement. La montée est courte mais elle fait la différence entre les habitués du trail et les autres.
J’entame la passerelle en ralentissant un peu pour faire redescendre le souffle qui est monté un peu haut a cause de la montée. C’est le moment que choisit Clément pour me redoubler. Il fait le malin sur ce passage bétonné et tout droit. Je reste dans ses jambes en sachant qu’il ne tiendra pas ce rythme.
On entre sur l’Ile de loisirs, et donc retour sur de la terre. Clément, qui ne court que sur route, paye son inexpérience et commence certainement à fatiguer. Je le redouble et poursuis mon effort de façon à le décrocher. J’avance bien, mais je sens que j’ai toujours quelqu’un derrière moi. Pensant que c’est mon fils, je poursuis l’effort, je veux le fatiguer. On arrive à la sortie de l’Ile, de laquelle on sort par un escalier pour enchainer par un virage à 90°. Je profite du virage pour jeter un œil derrière moi et constate que ce n’est pas Clément qui me suivait mais une autre participante. Je souris. Je l’ai fatigué le petit !
On revient sur du béton, maintenant quasiment jusqu’à la fin de la course. Il reste 3 Km. Un escalier à monter, un autre à descendre et un long segment en faux plat montant pour retourner à l’Essec.
Dans les escalier, assez glissants et aux marches abimées, donc assez dangereux, je laisse passer ma poursuivante, plus légère et plus agile. On revient à Port Cergy avant de bifurquer pour retourner vers Préfecture. Commence le long faux plat montant, quasiment tout droit sur du bitume. Désolé mademoiselle, mais là c’est mon point fort. Je pousse sur les jambes, l’allure augmente progressivement et je remonte quelques personnes pour qui 9Km, c’est déjà beaucoup. Moi je prends du plaisir à sentir mon cœur accélérer en même temps que mon allure sans ressentir de fatigue. Je reviens dans le Parc François Mitterrand. En se rapprochant de l’arrivée certains coureurs commencent à sprinter. Un d’eux veut me doubler en coupant sur l’herbe. Mauvais choix, il glisse et roule au sol, râle, se relève et repart plus tranquillement. Je passe la ligne et vais tout de suite me replacer dans le dernier virage pour encourager Clément. Il arrive quelques minutes plus tard, pas beaucoup, en sprint pour doubler un « vieux ». Il ne battra pas son père aujourd’hui mais je dois admettre que je n’ai plus beaucoup de marge.
Par contre la cheville reste douloureuse, je vais devoir la laisser reposer un peu.
Je repars sur un cycle de 4 semaines, prochaine course le 15 mars pour un trail de 20 Km.
Je dois adapter un peu ma préparation pour protéger la cheville qui a subit une légère entorse. Je la garde maintenue grâce a une chevillière et privilégie le Home trainer qui me permet de faire du vélo en gardant le pied tout droit, sans choc et sans risque.
Je reprend la course au bout d’une semaine, toujours avec une chevillière. Plus de peur que de mal, la prépa continue.



Trail 20 Km de Menucourt : j’aurais pas dû
Anecdote sur cette course, quand je m’y suis inscrit, je pensais qu’elle avait lieu le 15 février (2 jours après l’Essec Night Run). Février c’était bien pour terminer ma saison de trail et augmenter le volume de course sur route. Raté, ce 20 Km est donc le 15 Mars. J’ai mixé trail et route ces 4 dernières semaines et j’arrive sur la course plutôt en forme.
Les conditions sont idéales, terrain sec, beau temps température froide, mais supportable
Départ de la course, je pars assez rapidement. Le parcours pars en montant et rentre rapidement dans la foret sur un terrain cabossé. Je suis dans un groupe qui avance fort sur un chemin pas assez large pour doubler, donc j’adapte mon allure.
Les 4 premiers kilomètres, impeccable. On entame une descente assez raide, je laisse un peu de place devant pour anticiper les cailloux et les racines. Je suis en confiance, je me laisse descendre. et au moment ou je me sens bien, je lève la tête pour vérifier les hauteur des branches, ma cheville se tord sur un caillou. La torsion est si forte que je ne peux maintenir mon équilibre et me retrouve accroupis. J’ai le reflexe de me jeter sur le coté pour éviter le carambolage avec les les coureurs derrière moi. La douleur est violente et persistante. Je comprends assez vite que la course est finie. L’Alpsman arrive assez vite dans ma tête. Hors de question forcer aujourd’hui.. Je repars en marchant, termine la descente en boitant et en évitant de gêner les autres participants. Ensuite j’essaie de trouver le chemin le plus court pour rejoindre la voiture.

Je fais l’état des lieux en rentrant à la maison. La cheville a doublé de volume. La douleur persiste. Je ravale ma frustration pour essayer de réécrire mon plan de préparation.
Le constat est simple, tout ce qui nécessite d’utiliser la cheville, il faut oublier. Donc pas de course bien sur, mais pas de vélo non plus. La cheville va rester bloquée dans une chevillière coquille pendant au moins une semaine.
Il me reste donc la natation. Ok, bon je vais nager, beaucoup. Je laisse quand même passer 3 jours de repos total puis reprend la natation. Première semaine 12Km de nage. La deuxième semaine, je vais reprendre un peu le vélo électrique et ajoute 10Km de nage à mon planning. A la fin de la deuxième semaine je retente une petite course (4Km) avec une chevillière souple. Ce n’est pas confortable, mais c’est faisable. Dans un sens c’est rassurant, mais je dois alors faire un choix. Reprendre la préparation normale, ou laisser encore reposer la cheville afin de favoriser la guérison totale.
Surtout qu’il ne me reste qu’une semaine avant la prochaine épreuve, le triathlon S de Beauvais. Là encore, il y a un choix à faire. Je suis inscrit. Cette course faisait partie de la préparation. Est-ce que je dois prendre le risque d’y aller ?
Je remplace la chevillière par un strap, reprend le vélo en prenant soin de garder une répartition de puissance de 70/30 sur la cheville valide. Je continue de nager beaucoup pour garder du volume. Une course a pieds le samedi. Bien strappée, la cheville tient, donc je décide de faire la course. Le premier triathlon de l’année.
Mars :

Triathlon de Beauvais
Je vais donc à Beauvais avec un mélange d’intentions contradictoires. Je veux faire exploser ma condition physique, mais je dois protéger la cheville et à tout pris éviter la sur blessure.
Triathlon avec la partie natation en piscine et avec des distances courtes (750m nage, 20Km vélo, 5Km CAP). Donc à fond. La route est sèche, je vais pouvoir envoyer sur le vélo.
Pour la natation, je décide de ne pas utilise les jambes du tout afin d’éviter l’utilisation de ma cheville. Egalement, je ne pousse au virage qu’avec la jambe droite. Je vais moins vite que d’habitude, mais ca reste correct.
Je sors de la piscine pour courir vers le parc à vélos. Cardio et respiration maitrisée, je récupère le vélo qui va vite, enfile le casque qui va vite et démarre le parcours vélo.
Il y a quand même du vent ce jour-là. Comme le parcours est une boucle de 4 Km à faire 5 fois, il y a 5 fois ou on se retrouve face au vent. Pas de bol, c’est pile sur le segment en faux plat montant. A part ca pas de difficulté, les 20km s’avalent vite.




Je reviens au parc à vélos pour enchainer avec la course. La cheville a bien tenu sur le vélo. Mais au moment d’enfiler la chaussure de course à pieds, je sens une pointe en étendant la cheville. Alerte donc, mais une fois le pied remis à plat, la douleur disparait. Je dois donc faire attention sur le placement de mon pied. Eviter les trottoir, privilégier les reprise d’appuis dans les virages du pied droit pour éviter les torsion.
Les 5 Km passent assez vite. Je ne suis pas à fond, mais je suis dans ma cible de rythme cardiaque a maintenir.
Je finis a peu près dans le même temps que l’année dernière. La condition physique est là. Les indicateurs de performances cardio-vasculaires, de VO2Max, de puissances sont bons.
J’ai donc, à priori, pas si mal géré la blessure. Mais je ne dois pas m’emballer et continuer à protéger ma cheville.


J’ai foiré la montre sur le vélo, donc il n’est pas sur Strava (temps vélo 34’47)
Nouveau cycle d’entrainement qui commence, et qui se clôtureras le 10 mai avec le triathlon S des Mureaux. Dans ce nouveau cycle, le but étant de continuer à augmenter les distances et le volume d’entrainements par semaine.
Avril :

Triathlon des Mureaux : en mode mentor
J’ai pris le dossard pour les Mureaux pour accompagner un collègue qui se teste en triathlon (le même qu’à Cergy). La distance ne m’intéresse pas trop à moins d’un mois de l’Alpsman, donc le but sera d’arriver sur la course fatigué par 2 semaines très chargées et de mesurer ma capacité a récupérer entre les séances.
Mêmes distances qu’à Beauvais, mais avec quelques différences notables. La natation est en lac. Le vélo se résume à 4 lignes droites avec drafting (aspiration/abri) autorisé et une course à pieds sur chemin. La météo est couverte et la pluie est prévue d’arriver pendant le vélo
400 participants au départ, encore un fois en intégrant les Juniors. Et cette course est même une manche qualificatives pour les championnats de France Junior. Donc beaucoup de jeunes très entrainés.
La natation est en mass start (départ massif avec bagarre dans l’eau). Comme je suis resté avec mon collègue avant la course afin de le rassurer et de le garder motivé pour la course, je pars totalement à froid. Une fois le départ donné, chacun sa course. Je pars vite en essayant de suivre le troupeau. Mais je pars trop vite et trop froid. Arrivée à la première bouée (200m), il n’y à plus de fond et on repasse en position debout sur une vingtaine de mètres avant de replonger. Mais peu après avoir replongé, mon cœur s’emballe, la respiration, déjà difficile dans l’eau, devient insuffisante. je ne peux plus nager. Je m’écarte du troupeau et passe en dos crawlé afin de pouvoir mieux respirer. Non ca ne passe pas. Je tente une brasse coulée de façon à avoir un mouvement moins énergivore, mais toujours impossible. Seule chose à faire, je m’arrête. Je remets mon corps à la verticale, en maintenant juste les mouvements nécessaire pour rester la tête hors de l’eau et respire en grand. Le cœur se calme un peu. Je ne me précipite pas, je laisse redescendre encore mon rythme cardiaque. Je reprends une respiration aussi confortable que possible. Et je repars en privilégiant la longueur du mouvement plutôt que sa fréquence. Le reste de la natation se passe bien. Même si je n’ai que quelques séances en eau libre cette année, la direction est bonne.
Je sors de l’eau et cours vers le vélo. Le parcours de transition est un peu en montant, aidant à faire remonter le cardio et à le préparer à l’effort soutenu en vélo qui arrive.
Le parcours vélo consiste en 2 aller-retours en ligne droite, bien plates, avec juste 3 ronds points à passer. Il est autorisé de rouler en peloton. Toutes ces conditions réunies annoncent une vraie boucherie sur le vélo. Ca va aller très vite.
Le départ, pour moi, se fait sans pluie et sur route sèche. Je quitte le parc à vélos, sors de la base de loisirs ou a eu lieu la natation en m’engage sur le circuit. Tout droit pendant 1.4Km, j’appuie. Un copain de route me rejoint et me relaie. On rejoint un autre coureur juste avant le premier demi-tour. Je le double à la relance, il prend notre roue. Nous sommes 3 maintenant. Tout schuss pendant 4 Km. La pluie commence un peu avant le deuxième demi-tour. Avec le vélo que j’ai pris aujourd’hui, équipé de frein à patin et jantes carbone, je sais que je ne freine pas sous la pluie. Je me laisse donc glisser en fin de notre peloton ou nous sommes 5 maintenant pour ne pas gêner ceux qui freinent bien. Au moment ou je commence à ralentir pour le demi-tour, je vois une chute de plusieurs coureurs en face. Ca devait arriver, la route est juste humide, le rythme est très élevé et tout le monde n’est pas forcement habitué à rouler en peloton. Début des 4 km tout droit jusqu’au prochain demi-tour. Je râle un peu contre un membre de notre groupe qui ne prend jamais de relais, mais qui reste systématiquement en deuxième place, cassant l’organisation du groupe. On roule toujours vite, en nous relayant. Il pleut maintenant moyennement fort, la route est de plus en plus glissante et l’air se rafraichit (surtout à 40 Km/h). Demi tour on ralenti, relance. On passe très vite de 5Km/h à 35. La montre bip, j’ai dépassé ma cible de puissance avec un pic à plus de 500 watts. Dans la ligne droite qui suit, je croise mon collègue sur son VTT qui commence son vélo. J’ai l’impression qu’il est à l’arrêt, tellement on va vite. Dernier demi-tour. Une des victimes de la chute du tour précèdent est toujours au sol, pris en charge par les secours. Il ne faut jamais oublier que ce sport présente des risques. Sortie du circuit, retour dans la base de loisirs, je déchausse, descend du vélo et cours jusqu’à mon emplacement. Il pleut bien maintenant.
Dépose du vélo, toujours une douleur a la cheville lorsque j’enfile mes chaussures. Départ course à pieds, je ressent un peu la fatigue dans les jambes. C’est normal.
Comme la course est sur chemin légèrement accidenté et humide maintenant, je me cale sur un rythme moyen. Je vais viser les 25mn au 5km, ce sera bien suffisant. La course se passe sans encombre. 2 tours sur chemin et dans l’herbe, sous la pluie. Pas de difficulté, mais pas spécialement de plaisir. Je ne rebondis pas sur ce terrain et je n’arrive pas poser une bonne foulée. J’ai trouvé mon rythme, je suis confortable au niveau cardiaque. Je passe l’arrivée tranquillement. L’objectif de la semaine est atteint.
J’attrape mon k-way à la consigne et repars sur le parcours pour retrouver mon collègue et finir la course avec lui. Je referais 4Km post-course allure récupération.
La forme est là, je continue le gros volume jusqu’à la prochaine échéance, le Triathlon L de Choisy au Bac dans 2 semaines.
La der
Ce samedi (16/05) j’ai fait la dernière grosse séance de la préparation. Un enchainement vélo / course qui vient terminer deux grosses semaines de travail. Le week-end prochain, la séance longue ce sera le tri de Choisy. Il faut donc que je cale toutes mes séances du lundi au jeudi afin de pouvoir me reposer un peu le vendredi. L’objectif est de finir à genoux le samedi soir pour commencer l’affutage dès le dimanche.
Je passe exprès pendant ces deux séances sur mes deux spots préférés, le sommet de l’Hautil et l’axe majeur. C’est presque la fin, l’objectif est devenu très concret, presque trop. Ma dernière grosse sortie vélo, ma dernière sortie longue CAP. Je compte le nombre de cake à la banane qu’il me reste à cuisiner. L’Alpsman n’est pas encore passé, le blues de la préparation commence !


Dernière semaine de préparation avant l’affutage.
3 semaines avant l’Alpsman, il reste donc une semaine de préparation violente appelée « Overload ». Concrètement, avant de se mettre au repos pour l’affutage, on surcharge l’activité afin de créer beaucoup de fatigue.
Le programme est « simple », les 3 premiers jours de la semaine, je vais multiplier les séances pour faire un triathlon par jour. Sorties vélo sans intensité le jeudi, repos le vendredi et gros triathlon le samedi.

J’arrive donc sur le triathlon de Choisy avec un état de fatigue avancé. Afin de rajouter de la difficulté, la température est montée d’un coup à partir du vendredi pour atteindre plus de 35° le samedi. Difficile à encaisser sachant que dans la semaine je roulais encore avec une veste et des gants et que la température de l’eau commençait même à redescendre.
Triathlon L de Choisy-au-bac : aux limites
Le triathlon de Choisy-au-bac dans la région de Compiègne est un des rare triathlon distance Half Ironman à environ 1h de la maison. Donc une course habituelle pour moi. L’organisation est minimaliste mais efficace. Le parcours est intéressant. Le parcours vélo est moyennement difficile intrinsèquement. Ce sont les conditions météo qui peuvent le rendre compliqué (trop de vent, la pluie, la chaleur…). Pareil pour la course à pieds. Parcours dégagé qui mixe bitume, chemin pierreux et chemin « blanc », bien exposé tout du long. Sur le papier, pas de grosse difficulté, hormis la distance bien sur.
Autre particularité de cette course, le départ est à 10h30. Habituellement, les courses de cette distance commencent plutôt entre 8h et 9h. Au vu des fortes chaleurs attendues aujourd’hui j’aurais préféré. J’aurais préféré aussi car mes séances sont souvent placées le matin et/ou le soir, en dehors des créneaux travail / famille. Mais m’entrainant pour une course qui doit durer entre 15 et 17h, je ne vais pas chipoter pour un départ décalé d’1h ou 2 !
Arrivée donc vers 9h sur le site et il fait déjà chaud. Retrait du dossard, préparation du vélo, de mon emplacement, tout se passe bien. Le parcours étant prévu pour être rapide, j’ai pris le vélo et le casque de contre la montre. J’embarque 2.5l de boisson, il y a des ravitaillements tous les 30Km, normalement ca doit passer.

10h on nous demande de sortir du parc à vélo et de nous rapprocher du plan d’eau pour le briefing. Je vois des concurrents déjà en combinaison néoprène alors que moi je suis en nage alors que je suis encore torse nu ! Ils annoncent l’eau à 20° soit plus chaud que toutes mes sorties de l’année. Effectivement l’eau est agréable, presque trop chaude.
Le départ est donné dans l’eau, une boucle de 950m (normalement) avec une sortie a l’australienne (revenir debout, parcourir 50m et replonger). Les femmes et les relais partent 10mn avant. Les hommes s’étalent en largeur sur la ligne de départ de façon à ne pas trop se nager dessus.
Sirène, départ ! Plutôt cool comparé aux Mureaux. La distance plus longue fait que beaucoup de participants sont à l’économie sur cette partie natation. Le premier segment, le groupe est encore dense. L’arrivée à la première bouée est un peu agitée, le peloton se ressert pour prendre le virage, mais on reprend vite nos aises. J’ai l’air d’être plutôt bien en ligne. Entre les 2 bouées ma montre vibre : 500m. C’est trop tôt ! je réfléchis. Erreur de la montre sur la distance ? J’ai pris un coup sur la main qui a appuyé sur un bouton de la montre ? Je laisse couler pour l’instant. Deuxième virage plus calme, le peloton s’est étiré. comme je ne regarde que devant difficile de voir ou je me place, mais je pense avoir un bon rythme. La montre revibre un peu avant la fin du tour : 1000m. Soit j’ai fait beaucoup d’écart, soit le parcours est mal mesuré. Je vais faire plus attention au deuxième tour.
Fin du premier tour. Retour à la station debout sur une rampe bétonnée et glissante, aidé par des bénévoles qui nous attrapent les bras pour remonter. Je glisse en me remettant debout et manque d’emmener le bénévole à la flotte avec moi. Je reprends appui me redresse et cours jusqu’au ponton pour replonger. Resauter plus que plonger d’ailleurs car il y a peu de fond et celui-ci est assez vaseux. Donc saut et impulsion au fond pour me remettre dans le sens de la marche et me donner de l’élan.
Début du deuxième tour avec la gestion particulière de la sortie à l’italienne. Le cœur est remonté très haut pendant le passage debout. A peine le temps pour les poumons de croire qu’ils vont pouvoir respirer normalement et finalement on retourne sur une respiration alternée. Une fois le rythme cardiaque redescendu et le souffle reposé, je rallonge ma nage. Je suis dans un groupe ou nous allons tous plus ou moins au même rythme. On se guide sans se gêner. Je passe en respiration 4 temps avec un regard devant toutes les 3 respirations. Je suis tellement détendu que je me permet même un troisième virage avec bascule ventre/dos/ventre qui permet de changer de direction sans trop tirer sur les bras. Ca ne sert à rien mais ca me fais plaisir car je l’ai bossé à l’entrainement. J’ai fait attention à ma trajectoire. Je ne pense pas avoir fais trop de distance en plus. Malgré cela, la montre vibre entre la 3eme et la 4eme bouée : 1500m. Je suis maintenant sur de finir à plus de 2000m sur les 1900m prévu. Pas de quoi m’inquiéter puisque je suis entrainé pour plus long. En plus, je sens la chaleur de l’air quand je sors la tête, je suis aussi bien dans l’eau ! 4eme et dernier virage, tout droit jusqu’à la sortie sans encombre. La montre vibre : 2000m. Je lève la tête, j’ai encore au moins 100m avant la sortie. Ok.
Je ressors de l’eau aidé par les bénévoles et m’engage dans la montée vers le parc à vélo. La transition est assez longue (300m). Première partie en montée sur tapis déroulé sur de la terre. Il y a du monde qui encourage en surplomb, c’est assez cool. On quitte la terre pour s’engager sur du bitume sur lequel il n’y a plus de tapis. Et là, je sens le bitume me bruler les pieds ! Ramenez moi dans l’eau ! Tout en courant, j’ai retiré le haut de ma néoprène. J’arrive à coté de mon vélo, retire ma combinaison et pose mes pieds sur ma combinaison mouillée le temps d’enfiler mon bandana et mon casque, j’attrape mon vélo et cours jusqu’à la sortie du parc. Je jette un œil, il y a encore beaucoup de vélo. Je suis donc plutôt bien placé. 2 solutions, soit le niveau est moyen, soit je vais servir de chicanes pour les torpilles qui vont arriver en vélo.


Je passe la limite pour pouvoir monter sur le vélo. Il y a 2 participants qui galèrent à monter sur le leur juste derrière la ligne. Je les passe en courant, saute sur le vélo et commence à pédaler. Les transitions ca se travaille les gars ! J’appuie fort sur les pédales pour démarrer, le cardio monte un peu, la respiration s’accélère. Je maintient pendant quelques minutes et puis me rappelle que la course va être longue. Je calme un peu. Je monte un pignon. Le plan c’est de limiter la puissance mais d’augmenter la fréquence.
Le parcours consiste en 3 boucles de 30 Km 14 Km de ligne droite en faux plat montant, 1.5 Km de montée. 8Km sur un plateau. 2 Km de descente et 5 Km de liaison jusqu’au début du tour suivant.
Première grosse ligne droite donc, je maintiens mon rythme, je double un peu, je me fais doubler un peu. La fatigue des bras fait que j’ai du mal à maintenir la positon aéro en ce début de course. Je force un peu car le parcours s’y prête. Je bois un peu dans la gourde posée devant mon guidon. De la boisson iso donc bien sucré. Dégout, c’est chaud ! La boisson, posée sur le vélo depuis presque 2 heures en plein soleil a chauffé. C’est pas bon et j’en ai 1.5 litre à boire. Je teste la gourde de boisson électrolytes, moins sucrée. C’est moins degeu, mais c’est pas ouf. Je sais que je vais devoir boire toutes les 10mn, et je comprends que ce ne sera jamais un bon moment.
La circulation est ouverte mais comme nous sommes en ligne, un vélo tous les 12 mètres (c’est la règle pour éviter l’aspiration), les voitures ont un peu de mal à nous doubler et slaloment beaucoup. En fonction de la circulation, je me retrouve quelques fois caché derrière une voiture. C’est ambigu, je profite de l’aspiration mais cela me casse un peu mon rythme.
On bifurque en quittant le route principale pour s’engager dans la montée du circuit. Pas spécialement difficile mais elle casse un peu les pattes. Je me protège en peu en ne montant pas trop haut en puissance. Je continue à varier dans le classement, je double, on me double. Je pensais subir beaucoup plus. Je ne regarde pas ma montre pour me concentrer sur mes sensations, donc je ne sais pas a quelle vitesse je vais. Je me dis que je ne dois pas être si mal, sinon, il y aurait eu beaucoup plus de monde à me doubler.
Fin de la montée, je relance un peu pour reprendre de la vitesse. Je continue de boire, mais je m’étouffe un peu en buvant, provoquant une remontée gastrique. Attention, première alerte, le sucre ne me fais pas du bien. Petite partie dans les champs avant d’arriver dans la descente. Ce que je pensais être un plaisir me refroidit vite. La descente est dangereuse. Gravillonnée, le bitume de mauvaise qualité et les zones d’ombres et de soleil m’empêchent de lire la route. Je fais la descente sur les freins. Heureusement, elle n’est pas si longue. Il reste 5 km pour finir le 1er tour. Petite douche en passant, un résident est devant chez lui avec son tuyau d’arrosage et nous asperge au passage. C’est cool.
Je fini le premier tour a 31 Km/h de moyenne, propre. Pas extraordinaire mais propre.
Fin du premier tour, je passe au ravitaillement, prends une gourde d’eau claire pour m’arroser. Je jette la gourde sans boire, car je n’ai pas d’emplacement pour la garder et je suis déjà à la limite de la zone de propreté (seule zone ou on a le droit de jeter des objets). Je rebois un peu et je regrette assez vite. J’aurais du garder une gourde d’eau claire quitte à sacrifier une des miennes.
Le deuxième tour se passe assez bien, je continue mon chemin en gardant mon allure. Par contre, je sais que dans ma lunchbox j’ai une gaufre et une compote, mais je n’ai pas envie de manger sucré. La boisson m’écœure déjà, donc je ne mange pas encore. Maintenant que je connais le parcours, je sais ou je dois forcer, ou je peux souffler. Je bois régulièrement mais je sens que je m’assèche quand même. Fin du deuxième tour sans encombre. je reste a 31 Km/h de moyenne sur les 60 premiers km
Passage au ravitaillement au début du troisième tour. Je jette une de mes gourdes de boisson iso et attrape 2 gourdes d’eau. J’en mets une une sur le vélo pour plus tard et m’arrose avec la seconde avant de la jeter dans la drop zone.
Au début de la longue ligne droite de début du tour, j’attaque ma gaufre. Je sais que je dois manger, mais ca ne fais pas plaisir. Mais je dois. Toujours pas spécialement de fatigue ressentie. J’alterne mes trois boissons afin de diluer un peu le sucre. Je finis ma gaufre avant la montée, il me reste 15 Km de vélo, elle devrait faire effet avant de commencer la course. Je refais la descente prudemment, relance mais je ne force pas particulièrement. Je vois la fin du vélo arriver, je décide de boire un peu plus avant de commencer la course. Mauvaise idée, la boisson sucrée remonte, je suis obligé de m’arrêter pour vomir. A ce moment, je pense juste que l’excès de sucre m’a retourné le ventre. Ca me chafouine un peu, car je sais que je vais devoir gérer la nutrition autrement, mais ca ne devrait pas poser de problème.

Fin du vélo, je descend pose le pieds au sol, ça brule ! Je cours jusqu’à mon emplacement, mais je ne le trouve pas. Je fais demi-tour avec mon vélo dans les rayonnages. J’ai les pieds qui brulent, l’énervement qui monte de faire ce genre d’erreur. J’enfile mes chaussettes, mes chaussures, remplace le bandana par une casquette. Je bois une grande rasade de boisson électrolyte car je sais que le ravito n’est que dans 2 Km. Départ course à pieds.
Il est un peu plus de 14h quand je commence la course a pieds, la chaleur me colle au sol. J’ai l’impression de peser une tonne ! Je démarre donc sur un rythme tranquille. Premier virage, je ne vois pas le marquage et me trompe de chemin. Je me fais vite rappeler a l’ordre, mais ca m’ennuie, je perds en lucidité. Rapidement, une sensations bizarre me prend aux oreilles. L’impression d’avoir un casque anti-bruit. J’essaie de déglutir pour voir si je peux faire passer, mais non. Le chemin est caillouteux, j’ai les pieds qui raclent un peu. Je passe sur une route. C’est mieux au niveau de la foulée, mais la réverbération est plus forte. Je fais un état des lieux. J’ai la bouche desséchée, j’ai du mal a entendre et je suis moyennement lucide. Je n’ai plus trop d’illusions sur la fin de course. Reste a savoir combien de temps je vais tenir. Je compte sur le premier ravitaillement pour me remettre un peu à flots.

J’arrive aux tables de ravitaillements, je perçois difficilement les indications. Je m’arrête, bois 2 verres d’eau et mouille ma casquette avec un troisième. Pendant ce temps-là les secours, stationnés à coté de la table me parlaient. Je ne les ai même pas entendus ! Je les vois en tournant la tête, comprend qu’ils me parlent et essaie de leur demander de répéter, mais aucun son ne sort de ma bouche. Je vois la tête inquiète du secouriste qui pose la main sur mon épaule et me dit tranquillement : « sois vous vous arrêtez maintenant, soit on vous récupère au sol dans 2km et on vous perfuse ». Voilà, j’aurais tenu 2km. Il ne servait à rien de continuer, je le savais et on ne joue pas avec la santé. Donc fin de la course, je rejoins le parc à vélo en marchant, récupère de l’eau à la buvette et me pose à l’ombre une trentaine de minutes pour me remettre en état de reprendre la voiture. Pas vraiment la fin de prepa que j’espérais, mais c’est le jeu.
Les 15 jours d’affutage commencent ce samedi et je vais commencer par ne rien faire pendant 2 jours, histoire de favoriser la récupération la plus complète possible.
L’AlpsMan – Une occasion manquée
En 2025 l’objectif était L’Alpsman. Vacciné du Bearman, certainement des Pyrénées, mais pas de la montagne, je retourne dans les Alpes. Enfin pour etre précis, j’essaie de retourner dans les Alpes. Car la première incertitude c’est l’inscription qui se joue sur tirage au sort.
Cette épreuve est classée Xtrem triathlon (sinon pourquoi y aller ? 😀) mais avec une organisation solide qui commence a avoir de l’expérience et des bons retour des participants. Entre 400 et 500 places pour le full et plusieurs formats de course sur un week-end, le tout au bord du lac d’Annecy.
Fortement inspiré du Norseman, l’épreuve promet des quelques particularités par rapport a un autre triathlon.
- Un départ au millieu du lac depuis un bateau.
- Un parcours vélo comprenant le Semnoz (1600m) et 4000m de D+
- Un marathon a double arrivée. Au sommet du Semnoz et en trail pour les plus rapides, sur le lac et sur la route pour les autres.
Je me lance donc sur le tirage au sort en octobre et j’avoue qu’ayant bien envie de le faire, je n’avais pas de plan B. Un mois d’attente et le résultat tombe, je suis tiré au sort. Il ne reste plus qu’a payer ! C’est (bien) plus cher que le Bearman, mais avec la promesse d’une vraie organisation. Et ca reste moins cher que le label IronMan..
Je me retrouve donc fin novembre, inscrit pour l’épreuve en juin, il n’y a plus qu’a…
Et pour changer, je vais raconter un peu plus l’avant course, la préparation, c’est vrai aussi que la course a été plutôt courte !
L’état d’esprit.
Suite au Bearman 2023, j’ai décidé de faire une saison 2024 différente.
J’ai pris le parti de sortir un peu de la route avec 2 nouveaux objectifs, remplacer le semi marathon de Paris par l’écotrail 30Km en début d’année et faire les 24h VTT en septembre.
Je suis donc partie m’entrainer sur les chemins. Faire plus court mais plus difficile. Quasiment ré-appendre à courir et à piloter, tellement le trail et le VTT sont différents des activités sur route. Apprendre aussi à ne pas se focaliser sur la vitesse pure. Courir aux sensations en regardant les paysages. Prendre le temps de regarder sur les cotés plutôt que devant ou la montre.
J’ai fait quelques trails en préparation de l’écotrail, un dans la boue, l’autre dans la neige (pas de bol en ile de France !). Ca m’a permis de me rendre compte que je suis techniquement limité hors de la route, et un peu lent.
L’écotrail début avril se passe passe si mal, mais par manque de préparation et un mauvais choix de chaussures, je me suis un peu flingué les chevilles. Ce qui va ralentir un peu la préparation pour les triathlons planifiés en mai.
Revenu sur route tout se passe plutôt bien. La condition physique travaillée pendant l’hiver est bien présente. Je suis encore un peu lourd et pas très à l’aise sur mes appuis à cause de la cheville, mais en vélo j’avionne bien et je passe le half-ironman de Dijon avec un vélo à 30 Km/h de moyenne malgré le parcours vallonné.
Pour préparer les 24h VTT de septembre, je pars en vacances avec le VTT plutôt qu’un vélo route. Surtout que je suis en parti en montagne et que je pense travailler la technique sur les cailloux et les raidillons. L’organisation des sorties en famille (et un burger pas si frais) font que je ne roule pas autant que prévu. Dommage.
Arrivent les 24h VTT qui furent un calvaire. Plusieurs chutes ont eu raison de mon poignet. Fêlure de la tète du radius. Ca m’ennuie car début octobre j’ai un autre half Ironman au Mont-St-Michel pour lequel j’ai aussi prévu un déplacement en famille. Je coupe 2 semaines complètes avec poignet bloqué et essaie de reprendre un peu les deux semaines suivantes, mais tenir le vélo est difficile, nager est impossible et même les chocs en course a pieds me font un peu mal.
J’arrive donc au Bayman sans condition physique et avec un poignet pas complètement remis. Ce qui devait arriver arriva. La nage est douloureuse et je fais un temps de merde. Je n’ai pas le gainage suffisant pour tenir ma position sur le vélo pendant les 90Km. Je me traine malgré mon vélo de contre-la-montre. Je me fais doubler par des concurrents que je n’aurais jamais vu d’habitude. Et je suis KO. Je ne dépasse pas les 190w la ou d’habitude je vais emmener entre 250 et 270w. J’arrive à la fin du vélo et décide de ne pas repartir en course a pieds. J’en suis déjà à quasiment 4h de courses. Si je repars, je sais que je vais allègrement dépasser les 6h et je n’en ai pas envie.
J’acte la fin de saison.
C’est donc avec cet état d’esprit et un corps fatigué que je m’inscris a l’Alpsman.
L’état des lieux.
Après avoir validé mon inscription, il est temps de préparer mon plan d’entrainement. Et pour cela savoir ou j’en suis et determiner ou je dois etre en juin.
Premier point noir : le poids. Pour être efficace dans la montagne il faut être le plus léger possible. Je vais devoir perdre pas mal si j ne veux pas rester collé à la route.
Ensuite, il suffit de retrouver un état de forme digne de la difficulté. Simple !
Je dessine mon plan d’entrainement et mon calendrier de courses pour arriver au mieux début juin.
Course « obligatoire » la sortie club le 17 mai a La roche sur Yon. Un peu proche de l’IonMan mais qui sera un vrai test de l’état de forme.
Je défini des cycles de 4 semaines a partir de mi-décembre avec une course à certaines fin de cycle. Il y aura donc un cross-duathlon en février, un duathlon en mars, un triathlon court en avril puis la Roche en mai.
Ce ne sera que des courses courtes mais intenses jusqu’à avril pour pouvoir travailler les changements de disciplines et la résistance sans trop impacter la charge d’endurance.
Et cette année je rajoute le home-trainer pour ajouter des séances de vélo plus qualitatives. En effet en ile de France il n’y a pas trop de montagnes et mon trajet travail est trop court pour travailler régulièrement. Donc Home-trainer sur lequel je vais enchainer les seances basées sur des mesures de puissances et de frequences cardiaque.
Le principe est simple : si je suis en janvier à 250 watts de moyenne pour 170 pulsations/minutes et 95Kg je dois finir en juin a 300 watts de moyenne pour 85 Kg pour la même fréquence cardiaque. Alors je devrais m’envoler dans la montagne 😀.
Pareil sur la course a pieds. Je ne me focalise pas spécialement sur mon allure, l’important c’est de m’alléger, le reste va suivre. C’est de la physique.
Et donc obligation de commencer le régime dès janvier, là ou d’habitude je ne commence qu’environ un mois à l’avance. Le but retrouver le poids que j’avais a Embrun 2017 et que je n’ai jamais réussi a reprendre (surtout en post-covid).
Et globalement tout s’est déroulé selon les plans. Le poids diminue bien et j’augmente au fur et a mesure la charge d’entrainement. Les outils aident beaucoup. Les analyses de performances et de santé de la montre sont très précis, et en les suivant je peux adapter mes entrainements, ma récupération et constater les progrès en temps réel.
Les courses de Préparation
Comme prévu le Duathlon de Sartrouville début février est compliqué. Je suis en début de prépa. Je n’ai pas encore l’intensité nécessaire pour des distances aussi courtes. Mais le job est fait, je ne suis ni surpris ni déçu par la perf. Course finie, je repars sur un nouveau cycle. Objectif Duathlon de Meaux, sur route.
A Meaux les sensations sont bizarres. Je sais que je vais être derrière a la première course a pieds (5 Km) mais je dois me concentrer sur la partie vélo (20Km). Comme prévu, je prends le vélo dans le dernier quart du peloton. Ce qui n’était pas prévu c’est que je ne ressente rien sur le vélo. J’ai l’impression de forcer mais au lieu de remonter, je perds encore des places. Ce n’est pas normal. Je regarde la montre, je culmine à 190w de moyenne, largement en dessous de ce que j’envoie d’habitude. Je décide donc de rouler en me calant à 230w et en surveillant la puissance en permanence pour ne pas retomber dans un faux rythme. Je remonte un peu de monde mais vraiment sans sensations. Je pose le vélo en étant environ a la moitié du peloton. Je pars sur la deuxième course a pieds (2.5 Km) sans trop y croire, et là c’est la surprise, j’ai des jambes. Je fini donc la course sur un bon rythme de course en ayant encore du gaz pour quelques relance. Course finie, direction le triathlon de Beauvais début avril.
Le triathlon de Beauvais est un triathlon courte distance et en piscine. Placé très tôt dans la saison, il est très prisé par les triathlètes de la région pour se tester. La course à lieu l’après-midi. Et comme je suis un gros malin, et que je me suis chauffé avec Clément, je me suis inscrit le matin même à une course de 10Km à coté de la maison.
Départ donc à 9h pour un 10km. Objectif officiel battre Clément. Objectif officieux me rapprocher des 45mn. Clément part vite, trop vite. Surtout qu’il y à une cote dans les 3 premiers kms. Mais comme je suis un gamin, j’accélère le rythme progressivement pour le doubler au 4eme km. Je fini le premier tour en 22’50, donc sur des bases de 45′. Comme l’objectif officiel est réussi (je savais que Clément ne me rattraperai pas) et que j’étais proche du l’officieux, je ralentis un peu pour me ménager pour l’après-midi. Je fini en 47’05 après avoir bien lâché en fin de course, histoire de ne pas attendre Clément trop longtemps a l’arrivée. Direction Beauvais l’après-midi.

Rendez-vous donc à Beauvais. Le programme 750m de natation en piscine, 20Km de vélo tout plat mais avec beaucoup de relances, 5Km de course a pieds sans difficultés. Ayant annoncé un temps de natation assez rapide, je pars dans les dernières vagues. La natation se passe bien et va très vite. Forcement en bassin de 25m, on gagne beaucoup de temps si on pousse fort au virage. Je sors 2eme de ma vague et court vers le parc à vélo à l’extérieur. la T1 est rendue particulière, de part la distance entre le bassin et le vélo, et par le passage intérieur / extérieur qui est assez surprenant. Je commence le vélo en sachant que le parcours est court et plat. Donc j’envoie le maximum de puissance dès le départ. Je rattrape assez vite les coureurs des vagues précédentes. Je sens que je me fatigue car il y a très peu de long segments dans ce parcours urbain mais beaucoup de virages et donc de freinages / relances. Je sens que les cuisses brûlent, mais j’arrive a maintenir une puissance constante tour après tour. Je pose le vélo et part sur les 5Km de course a pieds. Et ne me sentant pas fatigué, je suis déjà content de ma perf par rapport à la course du matin. Je vais perdre un peu de temps sur la course à pieds pour me soulager et demander mon chemin car je n’étais plus très sûr d’être sur le bon parcours. Je finis donc la course assez content en n’ayant même pas la sensation d’avoir beaucoup puisé. Prochain objectif, le half ironMan de la Roche sur Yon mi mai.




C’est parti pour un week-end de sortie club le 17 mai à La Roche Sur Yon. Faire un half-iron 3 semaines avant le full était un choix difficile. En effet, impossible de placer un cycle entre les deux courses. Je devrais donc gérer la récupération de La Roche, la fin de la prépa et le début de l’affutage sur un temps très court.
Le parcours est sans difficultés. Pas de grosses montées sur le vélo, mais beaucoup de cuvettes typiquement vendéennes. Et sur la course a pieds, c’est un parcours urbain, donc pas de denivelé mais des relances. La variable de difficulté sera la météo.
La grosse différence sur une sortie club c’est l’ambiance. Je connais les gens contre qui je vais courir. Chacun est là avec ses propres objectifs, sa propre préparation et pour certains on se connait très bien puisqu’on s’entraine ensemble. Faisant partie des « anciens » je passe beaucoup de temps dans le parc à vélos à accompagner les nouveaux. Leur donner quelques trucs et astuces pour moins stresser pendant la course. Cela me permet aussi de ne pas trop me focaliser sur mon propre objectif. Pour moi aujourd’hui, l’important c’est les sensations, mais je dois aussi avouer que je vais viser un temps entre 5h15 et 5h30. Je veux faire un gros vélo, viser un peu au dessus des 30Km/h de moyenne et enchainer sur un 1h50 à la course à pieds. Le tout sans me cramer. Ca va être ça le plus important. L’état de fatigue pendant et après la course sera un bon indicateur de mon état de forme pour l’Alpsman dans trois semaines. Une bon point aussi de cette course c’est l’état d’esprit de mon groupe dans le club. Ils sont eux-mêmes habitués aux IronMan et on se connait depuis quelques années maintenant. Assez pour savoir si le copain est en forme. Et les premières remarques des copains sont très positifs. Eux-mêmes constatent la forte perte de poids et l’état de forme général. Je prend donc le départ gonflé à bloc.
Je pars à la natation un peu sur la retenue, le but étant de ne pas me battre dans l’eau. La boucle de 900m n’est pas très technique, assez peu de virage et la natation se passe presque sans encombres. Juste une petite alerte sur le deuxième tour ou je prend un coup sur les lunettes qui m’oblige a m’arrêter pour les remettre. Ca m’énerve un peu, mais c’est le jeu. Fin de natation. Je sors dans la première moitié pour enquiller le vélo.
Comme prévu, la météo amène la difficulté. Il fait un peu chaud et un peu de vent. Le vent rafraichi, mais oblige à un effort plus important. Je m’applique à rouler au rythme voulu en prenant soin de boire et manger. Cette course doit aussi servir de répétition pour mon plan nutrition. Je me fais un peu surprendre par les premiers de l’épreuve courte distance qui arrivent derrière nous. Je vois passer des avions en me demandant si je ne suis pas en train de me faire prendre un tour par les premiers de ma course. Je mets quelques minutes à comprendre que ce n’est pas grave, et je reprend ma course serein. Je suis sur mes 30Km/H de moyenne. Je me sens bien, j’accélère un peu sur le troisième tour. Je pose le vélo en forme à quasiment 32 de moyenne. Propre.

Sur la course à pieds, il fait encore un peu plus chaud, mais en ville, il n’y a pas de vent. Je pars sur un rythme moyen de 5’40/Km le temps de découvrir la boucle de 5 Km. Les ravitaillements sont bien placés pour agrémenter la course. Il y a quelques passages plus durs (une ou deux montées et un escalier) mais le parcours reste assez roulant. Il y a beaucoup de monde sur la place principale de la ville qui héberge le village de l’épreuve et sur laquelle on va passer 4 fois. Sur la première boucle on est nombreux puisqu’on court aussi avec les participants des autres distances. Je cherche un peu l’ombre dans les rues afin de ne pas trop chauffer. Courir en boucle permet aussi de voir les autres membres du club et de de jauger un peu. J’en double certains en ayant un voir 2 tours d’avance sur eux et cours après un autre que j’aperçois de temps en temps quand nos routes se rejoignent. Il a quelques longueurs d’avance. Ce qui est cool car c’est un des meilleurs du club. Je le pensais beaucoup plus en avance. Donc j’accélère autour de 5’30/Km. Je me sens bien. Je ne ralentis pas aux ravitaillements. Je prend juste un verre d’eau en passant. J’en bois la moitié, m’arrose avec le reste. Pas de fringale, le plan se déroule bien. La fin de la course est plus calme. Les courtes distances sont partis, avec leurs supporters, et je profite des moments silencieux pour faire un état des lieux. Je me sens bien. Pas de fatigue excessive, aucune douleur, c’est presque trop facile ! J’accélère. Je finit la course assez propre. Les vitesses ont été respectées et je ne me suis pas cramé. Les collègues et la montre avaient raison, la forme est là. Place a un peu de recup.


La dernière ligne droite
Il reste 3 semaines avant l’Alpsman. Commence une période particulière entre récupération, fin de préparation et affutage. Je fais un peu au jugé. Un peu de récup active et de séances faibles intensité Une dernière grosse sortie vélo une semaine après La Roche puis je descend progressivement le volume.
Je commence aussi à surveiller la météo et à préparer le matériel que je vais emmener. Globalement, j’ai mis la moitié du matos que j’ai dans les placards dans mes sacs. Je sais que j’en aurais trop, mais bon, j’ai une voiture pour moi tout-seul alors peu importe. Je bichonne aussi le vélo, m’assure que ca ne risque pas de me lâcher en cours de route. Je prends la route le jeudi, direction Saint-Jorioz avec un coffre plein d’affaires de sport, de matériel de camping et d’un vélo (j’ai ai pris qu’un 😀), En forme et le mental à bloc.
Les jours d’avant
Cette année, je loge en camping, et en tente. J’arrive dans le camping que j’ai réservé et monte la tente, il fait assez beau. Ca fait une semaine que je regarde la météo 10 fois par jour. C’est un peu changeant, mais je reste assez confiant. Je fais un petit tour de vélo jusqu’au lac, pour vérifier que je l’ai bien remonté après le voyage. Ca roule bien, j’ai des bonnes jambes mais je me retiens pour éviter de trop me dépenser. Première nuit en tente, je dors moyennement bien. Mon emplacement est proche de la route et il y a un peu de bruit. Pas de souci de température ni de confort. Je supporte encore le matelas pneumatique malgré mon âge !




Le vendredi matin, je fais une petite sortie vélo pour repérer les premiers kilomètres de la course et le début de la montée. Je grimpe en admirant le paysage . Plus je monte, plus la vue sur le lac est belle. Il fait à peu près beau et je profite. Je m’amuse aussi pendant la redescente.

Retour au camping, je vais acheter à manger et des boule Qiues pour la nuit prochaine. Je vais manger au bord du lac pour voir un peu le village de la course et attendre l’ouverture du retrait des dossards. En surveillant la météo, je vois que les prévisions d’orages se changent en alerte orange pour la nuit et la matinée de demain. Ca commence a puer un peu. Je récupère le dossard et revient au camping. Je ne crains pas spécialement les orages, mais en tente, sous les arbres, la veille d’un IronMan, je le sens moyen. Je passe a l’accueil du camping pour basculer sur une tente semi-durcie. C’est plus rassurant. Je démonte mon matériel de camping et commence à préparer le matériel de course. Je pose les stickers sur le vélo et le casque. Commence à préparer les sacs de ravitaillement. La météo annoncée ne s’améliore pas. Je reçois alors un mail de l’organisation. Présence obligatoire au briefing en fin d’après-midi. Des changements sont prévus pour la course à cause de la météo…






Avec un départ prévu très tôt, il est indispensable de déposer la veille le vélo, les sacs de ravitaillement et de matériel de rechange pour des checkpoints disposés sur le parcours. Je pars donc avec mon vélo et mes sacs à laisser aux organisateurs jusqu’au village de course. Je dépose mon sac de ravitaillement de mi-parcours vélo et mon vélo dans le parc que j’emmaillote dans des sacs poubelles pour éviter qu’il ne prenne trop d’eau pendant la nuit. Je pars ensuite au briefing



L’annonce tombe pendant le briefing, la natation est annulée. A cause de l’orage annoncé toute la nuit et jusqu’à minimum 6h du matin, le lac est déclaré non navigable. On va donc courir 5km au lieu de nager. La déception est grande. Le départ de l’Alpsman est une de ses grandes particularités puisqu’il se fait depuis un bateau. Je sais donc déjà avant de partir que je ne ferais pas un IronMan, que je n’aurais pas ce que je suis venu chercher. Je sais qu’ils n’ont pas le choix et que c’est la meilleur chose à faire. Comme à Nice, je comprends que garder l’épreuve malgré la préfecture qui demandait l’annulation, c’est déjà beaucoup. Voilà donc, pas de nage, mais le parcours vélo, déjà compliqué, va le devenir encore plus. L’organisation ne pouvant pas garantir la sécurité des vélos pendant la nuit au vue des conditions annoncées, nous demande de les récupérer pour revenir avec le lendemain matin.
Le temps de remettre le vélo dans la voiture et faire la pasta-party au bord du lac, on se prend un orage sur la tète. Les réjouissance commencent ! Retour humide au camping, bien content d’avoir troqué ma tente au sol contre une tente durcie, sur pilotis et avec une terrasse couverte. Suite aux changements annoncés, je dois changer mes caisses de transitions 1 et 2. Il faut maintenant prendre en compte que certaines de mes affaires de course a pieds seront mouillées le matin. Il faut donc revoir toute la stratégie réfléchie pour mon équipement pour limiter l’inconfort. Les sacs et caisses sont prêts, je recharge tout dans la voiture pour le lendemain matin. Une douche et je vais essayer de dormir.
Bizarrement la nuit ne se passe pas si mal. Juste perturbée par les orages qui ont commencés à taper au milieu. J’ai eu des sensations bizarre de crainte pour la course et de joie de ne pas être sous une tente. Mais étonnamment, je ne crains pas tant que ca pour la course. J’ai intégré le fait que ca allait être compliqué.
Le jour J
Le départ est maintenant prévu pour 6 heure, ouverture du parc à vélos à 5h, levé a 4h15. J’arrive au parking, encore de nuit. Le parking étant à peu près un champ, il est maintenant devenu presque impraticable suite aux gros orages de la nuit. Bizarrement à 5 heures et quelques, il ne pleut plus. Le ciel n’est presque même pas trop chargé. Un éclair me traverse l’esprit : « et si ? » « Et si la journée était moins dure que prévue ! ». Je prépare mon emplacement en prévoyant quand même la pluie. J’emballe mes vêtements de rechange dans des sac poubelles. Une caisse pour chaque transition. Le ciel se charge de nouveau, vite et lourdement. 20mn avant le départ, un nouvel orage nous tombe dessus. tout le monde se refugie dans la tente prévue pour le se changer, ou pour le buffet d’arrivée. La tente n’est pas si grande et on est un peu serrés. On peut lire sur les visages un peu de crainte. Crainte que la course soit annulée pour certains, crainte que la course soit maintenue pour d’autres. J’avoue que même moi, je ne suis pas certain de mes émotions à ce moment là. J’essaie juste de me mettre en conditions pour accepter ce qu’il se passera. Ces 20 mn sont longues. Le speaker essaie de nous garder sous pression. Mais même pour lui c’est compliqué car l’orage en cours provoque plusieurs coupures de courant. 5h55, l’orage est calmé mais il pleut toujours, les bénévoles nous poussent vers l’extérieur et la ligne de départ. Finalement on est trempés comme pour un départ de triathlon, sans mettre un pied dans l’eau 😀.
La course
Le départ est bien donné, sous une pluie moyenne. On s’engage a 400 personnes dans un chemin de 2 mètres de large détrempé. Soit pour éviter les flaques (ce qui me parait aberrent vu qu’on est déjà trempés) soit pour passer un peu devant, les coureurs passent sur l’herbe sur les cotés. Sauf que le bas-côté est détrempé et glissant et les chutes commencent. La majorité sans gravité, mais j’aperçois juste devant moi une athlète qui glisse et s’encastre dans un banc sur le bas coté. Mais on continue. Comme des traileurs, on doit faire attention ou nos pieds se posent, mais également regarder devant et sur les cotés pour anticiper les obstacles. Le groupe s’étire et on commence à avoir un peu moins de spectateurs. En regardant un peu mes acolytes, j’ai l’impression qu’ils ont ce même sentiment. Cette course a pieds est subie. Personne ne voulait la faire, mais il faut pour accéder a la suite, alors on cours. Vu la condition physique des participants, ces 5Km passent vite. Je me tempère un peu pour les finir en 26 minutes.

Je récupère ma caisse et entre dans la tente pour me changer. Vu les conditions, j’ai fait le choix de me changer entièrement. J’étais parti avec une tenue pure course a pieds et je dois enfiler une tenue de vélo. Tout ca avec des vêtements, des mains, un corps trempé et froids. Je perds du temps et voit les autres concurrents me passer devant. Je l’accepte douloureusement mais j’ai besoin de confort pour le vélo. Je dois passer presque 5 minutes a enfiler le k-way et les mitaines qui me collent sur la peau. Je range mes vêtements dans la caisse en les réemballant dans un sac poubelle, une partie du matériel resservira après le vélo. J’ai déjà froid aux pieds en pensant aux chaussures que je devrais rechausser dans quelques heures. Je prends le vélo et cours jusqu’à la sortie du parc. Il pleut toujours.
Obnubilé par le départ du parcours vélo, je monte sur le vélo avant la sortie du parc et me fais engeuler par les arbitres. Je redescends, recours et remonte après la ligne. Go pour 180 Km de plaisir. Au menu une première ascension vers le col du Semnoz (25 Km) puis 2 boucles d’un parcours agrémenté de 2 cols moins haut. J’ai fait une croix sur l’espoir de rouler sans pluie. Je m’éloigne du lac pour entrer puis ressortir de la ville de St Jorrioz, sur le parcours reconnu la veille. Je double quelques concurrents dans la montée du Semnoz. Plus je monte, plus l’horizon est bouché. On monte littéralement dans les nuages. Je monte plus ou moins tranquillement vers le Semnoz. On est un petit groupe de 3-4 coureurs qui nous retrouvons au grès des coup de boost de chacun. Ce qui nous permet de remonter un peu dans le classement. Je ne sais pas si je pourrais les garder toute la course. Des fois leur présence me motive, des fois elle m’énerve. Ca m’énerve quand je mets un coup d’accélération de prendre quelques centaines de mètres d’avance et de les voir revenir quelques kilomètres plus loin. Mais dans un sens cela m’amuse de constater que même si on ne joue clairement pas le classement, l’esprit de compet reste présent.


La montée du Semnoz, enfin ses 10 derniers Km se passe bien. Le dénivelé est irréguliers passant de 3 a 10% au fil de la montée. L’avantage c’est que des bornes kilométriques sont présentes et annoncent le D+ a venir. Hormis la pluie, rien d’inquiétant. Je reste en forme sur le point culminant du parcours. On subit quand même encore quelques coups de tonnerre qui resonne fort sur ces flancs de montagne. On sent un peu le vent, mais ca ne m’affecte pas…pour l’instant !
J’arrive au sommet du Semnoz soulagé d’avoir ainsi passé la première grosse difficulté. Je ne m’arrête pas au ravito car j’ai encore de quoi boire et manger sur le vélo. J’enquille directement la descente. Je commence a prendre un peu de vitesse, m’assure que les freins répondent bien et me prépare a une descente stressante. Et d’un coup, je prend une rafale de vent qui me déporte de quelques mètres sur le coté. Sachant que la route est ouverte aux voitures, il va falloir jouer avec cela aussi. Etant équipé de freins à disques je peux me concentrer sur les trajectoires plutôt que sur les freinages. Les pneus tiennent assez bien sur route mouillée, mais je reste prudent. Par contre je double beaucoup de concurrents en freins à patins qui font en sorte de ne jamais prendre de vitesse car ils savent que pour eux, freiner c’est au mieux ralentir. J’ai un peu froid aux mains. Les freinages deviennent douloureux dans les doigts. Je commence aussi a apercevoir des coureurs entre les mains des équipes de secours, emmitouflés dans des couvertures de survie sur le bord de la route. A priori des chutes. Je passe en essayant de me concentrer sur ma route.

J’atteints enfin la fin de la descente, au Km 42 et j’enquille un long plateau d’environ 10Km. Ca c’est mon point fort. Envoyer du gros développement sur du plat pendant de la longue distance. Je reprends encore quelques coureurs, et me rends compte que j’en ai un qui a pris ma roue. Je peste car le drafting est interdit sur cette course et qu’il me laisse me fatiguer pendant qu’il se contente de se cacher derrière moi. Je prends la pluie et le vent pendant qu’il récupère. Ca me fâche un peu mais je reste dans ma course. Je gère la puissance envoyée car je sais que je ne suis qu’au début de la course. Je fais tout le plateau a environ 30Km/H. J’ai un peu de vent de face mais rien d’inquiétant.
J’arrive ensuite sur le circuit que l’on doit faire deux fois avec 2 petits cols. La route remonte et ma sangsue en profite pour me doubler. Je râle ! Je commence aussi à voir les premiers de l’épreuve half (partis après nous) qui me doublent. Arrivent aussi les premier du full qui me doublent, étant sur leur deuxième boucle. Le premier mini-col passe bien, petite montée, petite descente. La pluie est maintenant en alternance. j’attaque le deuxième qui ne va pas monter beaucoup non-plus. Bascule au col dans un village et on redescend sur l’autre versant de la vallée. La route est toujours aussi humide, mais maintenant il commence à y avoir un peu plus de voitures. Certains conducteurs s’agaçant de devoir rouler entre les cyclistes. Je suis sur une partie descendante sans trop de pente. Il faut faire attention mais c’est moins stressant que le Semnoz. Je suis plutôt bien. Je suis dans les temps que je me donnais au vu des conditions, et puis il y a eu le Km93…
Le Km93.
En descente au sortir d’un virage, je vois plusieurs cyclistes arrêtés en pleine route et un bénévole me fais signe de me joindre a eux. Je m’exécute sans trop comprendre. On se regroupe avec ceux qui roulaient un peu avec moi. Un fait de course presque comme un autre. On profite pour aller se soulager un peu. On sort un peu de nourriture de nos poches et on se demande ce qu’il se passe. On est a l’entrée d’un village, la falaise d’un coté, le ravin de l’autre et je ne vois pas beaucoup plus. On entends d’abord qu’il y a un accident de la route. Puis que c’est un concurrent. Qu’un hélico est arrivé pour le secourir. C’est assez courant en montagne. Les coureurs continuent d’arriver, ainsi que des voitures. La route est bloquée, tout le monde s’arrête. Comme depuis le début de la journée, il pleut par épisodes et on commence a refroidir. D’autres infos arrivent jusqu’à nous. Le coureur a eu un accident avec un camion. Cela fait maintenant plus de 30mn que je suis arrêté. La route est devenu un parking à vélos. On entent un arbitre en moto qui essaie de fendre la foule avec un « civil » a pied a coté de lui. On apprend ensuite que c’est un membre de la famille de l’accidenté. J’entends l’hélico, que je ne voyais pas car stationné un peu en contrebas, redémarrer. Une autre info, ils ont du sortir le coureur qui serait passé sous le camion. Cela fait 40mn que nous discutons un peu entre nous. J’ai envoyé un message a Sandra, au cas elle recevrait inopinément une information. qu’elle sache au moins que je ne suis pas concerné par l’accident. Il se passe encore une quinzaine de minutes avant de voir repartir les camions de pompiers et de la gendarmerie. La route va rouvrir. On commence a se dire entre coureurs que repartir pose un certain nombre de problèmes. Comment avoir envie de continuer après un tel épisode. Comment faire repartir prêt de 1000 coureurs et une centaine de voitures maintenant arrêtées dans de bonnes conditions. Quid des barrières horaires ? Reprendre la course après une heure a se refroidir est-ce vraiment une bonne idée ?

Et puis l’info arrive par un arbitre qui passe dans les rangs. La course est neutralisée. L’organisation ne peut plus assurer la sécurité des coureurs ni l’équité de la course puisque les premiers sont passés avant l’accident. Nous allons donc former des pelletons et rentrer encadrés par des motos. Ma course s’arrête donc ici. au Km 93. L’ambiance est morose mais on est presque tous un peu soulagés. Il faut donc maintenant effectuer les 30Km qui nous séparent du lac. La pluie a repris, et elle va tomber maintenant jusqu’à la fin. Je reprend la route avec un groupe, sans grande envie, mais il faut bien rentrer. On roule calmement, bercés par les nombreuses voitures qui doublent. Il y a des motos qui font des allers-retours pour s’assurer que tout va bien et que les pelotons respectent les consignes d’utilisation de la route.
Rentrer
Moment très particulier, on arrive a Leschennes, lieu d’un ravitaillement personnel et ou beaucoup de supporters sont présents, emmenés en bus par l’organisation. Il y a beaucoup de monde de tous les cotés. Des personnes qui nous applaudissent. Je suis sur le point de pleurer. Les gens applaudissent nous envois des « Bravos » mais on aperçoit sur leurs visages que même eux ne savent pas trop ce qu’ils font là. Ils sont là, sous la pluie, avec des pancartes depuis plusieurs heures certainement et nous on passe en faisant tous la gueule. Ils savent ce qu’il s’est passé. J’ai appris ensuite que eux savaient déjà que le coureur accidenté était décédé lors de son transfert. Ce que nous ne savions pas. Personnellement, j’entends les applaudissement, mais je ne comprends pas pourquoi ils applaudissent. Mentalement, je ne suis déjà plus sur une course, je subit juste la route comme une mauvaise sortie dominicale. J’ai presque l’impression que ces spectateurs ont pitié de nous. Les émotions se mélangent. Je débranche le cerveau pour pouvoir continuer.
Leschennes passe, il reste 20Km avec encore un petit col à passer et ensuite tout en descente jusqu’au lac. Je double une concurrente qui s’accroche dans ma roue. Et je l’entends me dire « tu mousses ! ». Je suis totalement déconnecté. J’ai éteint le cerveau pour ne pas laisser mes émotions me déconcentrer. Je mets quelques secondes a réagir. « Comment ca je mousse ? » Je la laisse revenir a ma hauteur et elle me dit « Tu as de la mousse sur le cuissard et la selle. ». Je passe la main sur mon cul et j’en ramène effectivement de la mousse. Je ne comprend même pas sur le moment. après tout je n’en suis pas a une incongruité près. Je continue de rouler sous la pluie. J’ai semé ma copine de mousse et voila maintenant que je sens quelque chose d’autre que de l’eau couler le long de ma jambe. Revoilà la mousse ! Certainement que la pluie a fini de rincer mon cuissard. Je finis donc le parcours avec de la mousse qui me dégouline le long des jambes. J’essaie de nettoyer un peu, mais vu que ca ne s’arrête pas, je laisse couler et arrive gentiment au parc a vélo.

Ambiance très particulière au parc. Tout le monde est un peu sonné. Je passe sur le chemin devant le parking. C’est un champ de mine. Les voitures, les vélos qui rentrent, ceux qui repartent, les piétons se croisent dans ce boueux bordel. Petite pensée pour ceux qui ont ont entamé la deuxième boucle de 60 Km avant l’accident et qui arrivent rincés. Je rentre dans le parc pour rendre la puce et récupérer mes caisses. J’enfile mes baskets trempées pour être plus a l’aise (!). Il faut maintenant aller récupérer les sacs de ravitaillements qui étaient disséminés sur le parcours et que l’organisation ramène au fur et à mesure. Les bénévoles n’étaient pas prêts pour avoir autant de monde d’un coup et a ce moment là. Je sens que tout le monde improvise et fait de son mieux. Ils rangent des palettes entières de boisson et de nourritures dont ils ne savent pas quoi faire. Un bénévole nous dit, désabusé, qu’on peut se servir dans les bouteilles.
Je vais vers la voiture pour rentrer au camping, mais là aussi c’est un bordel sans nom, entre le parking boueux, et les voitures qui manœuvrent au milieu des piétons.
Je rentre au camping un peu perdu, essaie de me rassurer comme je peux, en me disant que cette année je n’y suis pour rien. J’ai appelé ou envoyé des messages à toutes les personnes qui suivaient la course. Je lis un peu les infos et apprends que le concurrent accidenté est décédé. Même si a chaque fois qu’on prend le vélo on se dit que l’accident est possible, c’est toujours en espérant que ca n’arrive pas. Les fameux « risques du métier » sauf que dans le cas actuel c’est juste pour un loisir.
Après une douche et quelques bouchées plus par besoin qu’envie, je commence a rassembler mes affaires pour repartir le lendemain matin. Dans ma tête tourne en boucle : Moi, je vais rentrer chez moi, retrouver mes proches.
Les jours qui ont suivis ont été assez particuliers. Déjà le fameux « Blues de l’IronMan ». Cette question qui revient : et maintenant, je fais quoi ? Quand on à organisé sa vie autour de cet objectif pendant plus de 6 mois, il se passe quoi ensuite ? Et physiquement, je fais quoi de toute cette énergie accumulée et pas utilisée. J’enchaine les sorties pendant 2 à 3 semaines en réduisant petit a petit le volume et l’intensité pour arriver fin juin a un rythme « normal » d’un peu moins de 10h par semaine. Le but est de se garder suffisamment sous pression pour avoir un objectif en septembre et surtout ne pas perdre tout ce que j’ai gagné pendant la préparation.
L’organisation a depuis communiqué que les participants 2025 seraient prioritaires et à tarif préférentiel pour l’édition 2026, s’ils arrivent a l’organiser. La discussion a été très rapide avec Sandra qui accepte de remettre en cause notre accord d’un Ironman tous les deux ans pour pouvoir y retourner. Même en sachant ce qu’il peut se passer sur la route, elle me laisse repartir. L’inconsciente ! Je vais donc couper un peu en fin d’année mais repartir très vite sur une nouvelle préparation. Il faudra gérer cette coupure courte et faire en sorte de ne pas se blesser. Nouveau défi !
Chantilly – La renaissance
Le triathlon Half de Chantilly alias le Gauntelet. Une histoire particulière me lie a cette épreuve. En effet la première édition de cette course fut le premier Half-Ironman de ma « carrière » de triathlète. Celle qui a été le déclic pour m’aligner sur du longue distance, celle ou je me suis dit « oui tu peux le faire ».
Cette épreuve est en plus très agréable, de part son cadre, dans le parc du château de chantilly, de part son parcours vélo et CAP et de part son organisation. Le parcours vélo est très plat et me convient totalement. de grandes lignes droites ou on peut emmener du gros braquet sur de longues durées. Pile ce que j’aime. Le parcours CAP est lui partagé entre entre le parc du château et l’hippodrome de Chantilly. Le cadre est agréable, le parcours facile. Coté organisation c’est anglo-saxons, et il faut avouer qu’ils savent faire. On sent qu’ils ont la culture du triathlon. C’est simple mais efficace, loin des machines a fric rencontrés des fois sur des épreuves, et avec une vraie volonté d’intégrer le plus de personnes possibles a la fête, participants et accompagnateurs.
La surprise de l’organisation cette année c’était le départ a 07H ! Quand on sait qu’il faut être la au moins une heure avant pour le retrait des dossards, la préparation du matériel et le brief, ça vous donne une idée de la rudesse du réveil pour un dimanche matin. Surtout quand on est sorti un peu la veille. Mais finalement c’est une surprise qui m’a servi en fin d’épreuve…(teasing) !
La préparation est magique, arrivée sur le parc de nuit, on voit le soleil se lever sur le château de Chantilly et sur le bassin. Il fait 07°, c’est frais, surtout avec les pieds dans l’herbe en claquettes ! Le bassin est nappée de brume, annonçant une différence de température. Différence confirmée, l’eau est a 21°. La brume rajoute a appréhension de l’épreuve a venir. Les affaires sont prêtes, il est temps de descendre au bassin, au sens propre. C’est une des particularités de cette course, le parc est assez loin du bassin, et surtout il faudra monter les marches magistrales du jardin a la sortie de la natation. Briefing en anglais et français, car il y a beaucoup de participants anglais. Bizarrement ce sont les français les plus dissipés au brief 😉 . Il est temps de s’immerger; le départ étant donné dans l’eau.
Mise a l’eau donc, ça rigole en entrant dans le bassin. J’y vais a mon tour et je comprends. On a pieds, mais on marche sur une épaisse couche de vase. C’est le principe d’un bassin quasi-stagnant. L’avantage c’est que ce n’est que de la vase, le parc étant fermé au public, on ne tomberas pas sur un vélo ou une voiture. L’inconvénient c’est que le bassin n’a pas du être nettoyé depuis longtemps. Tout le monde en ligne, quelques uns tentent de gagner quelques centimètres au départ, mais les arbitres sont intransigeants, donc on perd 2 a 3 minutes le temps que tout le monde se réaligne. Départ, mise de la tète sous l’eau…on ne voit rien du tout. L’eau est noir de la vase remuée par tous ces furieux, encore une fois, ça bastonne sec. Je prends des algues sur les mains et les pieds. Premier virage, ça tape, Ça bouillonne, donc la vase remonte encore plus, ça pue ! On ouvre sur une ligne droite, ça crée des espaces, je peux nager a peu près peinard, en me battant avec les algues. Arrivé au demi tour, resserrage de tous les nageurs sur la bouée, rebelote, vase, coups. Certains passent même le virage en marchant ! Puis une longue ligne droite de presque 1 km pour traverser tout le bassin. Encore une fois les algues perturbent vraiment la nage. Pas moyen de nager bras tendus, sous peine de récolter des poignées d’algues. Certaines s’accrochent a ma montre, a mes lunettes. C’est particulier. Re demi-tour, ce qui veut dire retour vers la sortie. Je me sens bien, je pense avoir été propre, je mets un peu de jambes très tôt pour pouvoir être le plus apte possible quand je vais me relever pour les escaliers. On longe le bord du bassin, il y a des spectateurs qui encouragent, le soleil baigne maintenant le bassin et le jardin. On distingue le château au loin. C’est beau et ça met de bonne humeur de nager dans un décor pareil. Ça fait un peu passer la brûlure qui commence a monter dans les bras. Dernier virage, il reste 50m avant la sortie, j’accélère un peu, essaye de mettre le pieds sur le ponton, et….me vautre, les deux pieds bien profond dans la vase ! J’arrive a monter, sort de l’eau, il faut maintenant courir a travers les jardins et monter sur l’esplanade jusqu’au parc a vélos. Transition éclair, il va faire chaud, donc j’enfile juste mon casque et la ceinture porte-dossard, attrape le vélo et court vers la sortie. J’ai travaillé les montées/descentes de vélo pendant les vacances donc je suis a l’aise, saute sur le vélo en doublant trois personnes qui galèrent a partir, le tout en souriant, c’est parti pour 90 bornes de kiff !

La particularité du parcours vélo, et une des seules difficultés, est la sortie du parc du château sur du chemin caillouteux. 1 Km a parcourir ou ça tape dans les bras, c’est instable, et j’ai très peur de crever juste au départ. Ça se passe bien, je rejoins la route et j’appuie. J’ai de suite de très bonne sensations, je reprends vite du monde. Il y a aussi beaucoup de cyclotouristes qui font leurs sorties dominicales et qui se demandent d’ou viennent ces avions qui doublent a tout va. Car oui, avec presque 500 dossards (individuels + relais), ça fait du monde sur la route. Je continue de remonter, de doubler, ça me blinde le mental. Je sais que je vais vite, mais je ne veux pas regarder la montre. La première boucle de 45 km avance vite. Les ravitaillements se passent bien. Il est encore tôt, mais je bois beaucoup et mange un peu. Suite a Deauville, j’ai changé de stratégie, je ne mange que des compotes et des bananes. On roule sur de grandes lignes droites, plates, ça envoie du gros. On arrive a la fin du premier tour, je ravitaille a 35Kmh, sur ma gauche des cyclistes sortent du parc du château, ce sont les participants du courte distance qui sont partis après nous. Je ne me déconcentre pas, car entre le ravito, les ralentisseurs, les autres vélos et les spectateurs, je me dis que c’est chaud ! Le temps d’y penser que le coureur devant moi claque un ralentisseur et s’envole. Je passe a coté pendant que lui et son vélo retombent. J’entends les bruit froid du vélo sur le béton et le bruit sourd de l’homme claquer sur le sol. Je freine, regarde, je vois des gens courir sur lui, comme on est juste a la sortie du parc, il y a un camion de la sécurité civile qui est la. Je roule en me demandant si j’aurais pu faire quelque chose, mais non, il y avait du monde certainement plus qualifié que moi. Je relance m’éloigne du château pour retomber sur la départementale. Il y a beaucoup de monde sur la ligne droite devant moi. Les dossards rouges (courte distance) se sont mêlés aux dossards blancs (longue distance). Intérieurement je souris. Je doublais déjà beaucoup quand il n’y avait que les blancs, maintenant ça va être la boucherie. Et effectivement ca été 40 Km de zigzag pour doubler des vélos. Plus je doublais, plus je me sentais bien, plus j’allais vite. Un tel état d’euphorie que même les secteurs pavés ne m’ont pas ralentis. Bien calé sur mon 52×13 (les cyclistes comprendront), a l’aise sur les prolongateurs, je passe tout a fond. Les faux plats, les virages, les ronds-points, les voitures suiveuses (!). C’était tellement rapide que je suis presque déçu quand je vois que l’on se rapproche de Chantilly. Je ralentis un poil, histoire de reposer un peu les jambes. Retour sur le chemin dans le parc du château. Transition efficace (travaillée aussi pendant les vacances). Il n’y a pas beaucoup de vélo dans le parc. Je suis placé dans le premier tiers. Je regarde la montre avant d’arrêter le chrono vélo : 2H37 au 90Km. Bien sur je suis encore loin des pros, mais c’est mon nouveau record sur un tri. Je pose le vélo, regarde mon slot. Chaussettes ou pas ? je jauge le temps, assez chaud pour ne pas avoir froid, assez froid pour ne pas trop transpirer, je chausse les runnings pieds nus. Bandana sur la tète, je ressors du parc pour 21Km de course…GO !
L’euphorie du vélo dure encore un peu, mais je redescends vite sur terre. Sur mes jambes, je sens mon poids, surtout en début de parcours qui se passe dans la foret. Je ne rebondis pas sur ce sol terreux. Je me cale sur un 11Km/H et attends du sol plus dur et moins accidenté. Je sais aussi que Sandra et les enfants doivent venir avec Alain et Lilianne. Je ne sais pas si je les verrais sur le premier ou sur le second tour, mais je devrais les voir. Je divague un peu le temps d’arriver au premier ravito. Même règles que sur le vélo : pas de gel, que de la banane et de la boisson iso. On sort des bois pour arriver sur l’Hippodrome. Il ne fait pas trop chaud (merci le départ a 7H!). Et la c’est un des moments les plus difficile mentalement de la course. Il faut faire le tour de l’hippodrome soit deux longues lignes droites de presque 3Km chacune. C’est monotone, on ne se voit pas avancer. Finalement j’en sors, prend mon deuxième ravitaillement, passe le musée du cheval avant de tourner vers le parc du château. Je rentre dans le parc, et la juste après un virage, je vois la famille. Je vois qu’ils hésitent en me voyant, je ne suis pas sur qu’ils m’aient reconnu tout de suite ! Je m’arrête pour les embrasser. Clement va me suivre un peu dans le parc. Apres 500 m je lui demande de faire demi-tour pour retourner avec Sandra. Je continue. Je suis fatigué mais sur-motivé. Je reviens sur le château, passe devant le bassin, et regarde le chemin pour rejoindre le second tour…ah merde il faut remonter la même qu’a la fin de la natation (logique me direz-vous). On ne passe pas par les escaliers, mais la pente casse quand même les pattes. Je commence le second tour, je vois des participants arriver en vélo. Cela fait déjà 50mn que je cours, je me dis qu’ils ne sont pas prêts de finir. Égoïstement ça me fait du bien ! Je prends le ravito et repars dans la foret. Je profite de l’ombre pour récupérer un peu, mais je me maintiens sur ma vitesse. Je reviens sur l’hippodrome. Avec la fatigue le deuxième passage est vraiment interminable. Il y a encore du monde sur le chemin. Il y a les triathlètes des deux distances, et aussi un 10K et un 21K de course a pieds. Je suis moins impérial que sur le vélo, mais je me défends. Je repars dans mes pensées pendant le retour vers le château. Je réfléchis au temps. Je ne connais pas mon temps de nat, mais je pense que je vais pouvoir approcher les 5H30. Apres Deauville, rien que d’y penser ça me fait du bien. Le temps de sortir de mes rêveries que je reviens dans le parc du château, il me reste 2 Km. Coucou la famille. Clement et Léa se lancent a ma poursuite. Je glisse un mot : RV a l’arrivée. Je rejoins le bassin avec Clement sur les talons, Léa a lâche l’affaire. J’accélère un peu en apercevant le château, je devine l’arche d’arrivée, entends le speaker annoncer les noms des finishers. L’arrivée est un escargot autour des fontaines, des escaliers. Des barrières sont placées pour ne laisser qu’un couloir, des spectateurs sont massés tout autour. Ça encourage fort. Je tourne, tourne et au détour d’un virage, passe l’arche, comme ça, sans même l’avoir vue venir !

Je récupère ma médaille, arrête la montre, j’ai légèrement dépassé les 05H30, mais je suis content. Clement me rejoins dans le SAS d’arrivée. Je vois Sandra arriver. Il est 12H30 donc je me jettes sur le buffet. La encore on est a l’anglaise. Alors que d’habitude on est sur des gâteaux des fruits secs et du sucre, la on a droit a un vrai buffet. Salade, bœuf froid, poulet. Si Sandra ne m’avait pas prévu mon pique-nique, j’aurais dévalisé le buffet !

Je retourne au parc récupérer mes affaires. Maintenant il y a beaucoup de vélos sur le parc, donc peu de monde arrivé. Je me sens bien. D’autant que je sais que maintenant c’est l’heure du pique-nique en famille dans le parc du château. Un des autres plaisirs de cette épreuve. On s’assieds dans l’herbe pour pique-niquer en encourageant ceux qui courent encore. Les enfants s’amusent dans le parc. On rejoins le « village épreuve » ou ils ont installés des jeux gonflables et un mur d’escalade pour les enfants. On profite de l’après-midi. En partant, une petite glace avec de la vraie chantilly (on ne pouvait pas faire autrement !) dégustée en rejoignant la voiture.
Voila c’est pour ça que j’aime cette course, parce que le parcours me plait et me conviens, parce qu’il y a une vraie convivialité entre tous les participants des diverse épreuves, et parce que je peux aussi partager ces moments avec la famille. J’y reviendrais certainement en fonction des mes calendriers des prochaines années, car j’y prends vraiment du plaisir.
Deauville – La claque
Deauville – La claque
Qui fait moins le malin lève la main ! Voilà comment on pourrais résumer mon triathlon de Deauville.
Alors bien sûr que je suis allé au bout, mais en 6H, mon plus mauvais temps sur cette distance avec un semi-marathon en 2H13. Impensable au départ de la course.
Un résultat dû principalement a de multiples dysfonctionnements dans ma préparation.
Reprenons le début, et le début c’est avant la course.
Cette course devait avoir ceci de spéciale que ma chérie et mes enfants m’accompagnaient jusqu’à Deauville pour passer un WE en famille sur la cote. J’avais donc trouvé un camping à Deauville…enfin pas à Deauville même mais à St Arnoult. Sur Gmaps cela ne paraissait pas loin. Je prends donc les vélos de tout le monde en me disant qu’ils pourront me rejoindre sur les planches afin de me suivre sur la partie CAP.
Arrivée donc le vendredi soir sur St Arnoult, montage de la tente et départ pour Deauville pour récupérer mon dossard. Et là un constat : ce sera trop loin pour que les enfants puissent venir en vélo. Je me pose la question si moi je fais le trajet en vélo le matin afin de leur laisser la voiture, mais de toute façon si la famille devait arriver vers midi sur le front de mer il serait impossible de se garer. Je fais donc une croix sur mes supporters.
En arrivant à Deauville et ne connaissant pas la ville, je m’arrête au premier Casino visible. Là encore, le manque de préparation a fait que je suis arrivé sur place sans étudier les lieux, et je me suis tout naturellement trompé de casino ! Obligé de marcher le long de la jetée avec les enfants pour arriver avant la fermeture au retrait des dossards. Et étant limite sur le temps, je suis contraint de laisser Sandra avec les enfants pour courir jusqu’au village. La poisse !
J’arrive à récupérer mon sac, il est 21 H, il faut retourner à la voiture. Vu l’heure et l’absence de restau rapide ouvert sur le front de mer, nous rentrons au camping pique-niquer.
Dodo pour tout le monde, mouvementé comme une première nuit dans une tente (bruits d’animaux, bruits des voisins, matelas sous-gonflé et froid)
Départ à 6H pour la course.
La préparation se passe bien. Remontage du vélo, préparation de ma caisse, le parc à vélo est bien organisé, l’ambiance est déjà bonne grâce au speaker qui donne beaucoup pour nous maintenir au chaud. Car il faut avouer qu’avec à peine 11° en descendant de voiture, c’est limite. L’eau est annoncée à 15.6°, il va falloir nager vite pour se réchauffer ! L’ambiance sur la plage est bonne, il n’est pas encore 08H mais tout le monde est prêt, en attente dans les sas de départ. Face à nous la mer, si calme en apparence, mais tous ceux qui sont la savent que ça va être difficile.
Je connais mon état de forme et mon niveau de nage en mer, donc je me mets dans le 3eme sas. Ce qui me permet aussi de regarder les torpilles partir. L’inconvénient c’est que le stress dans l’attente du départ est plus long. J’ai envie d’y aller. Envie d’aller « me baigner ». Je sais que cela va être dur mais c’est pour ça que je suis venu.
Top départ.
On court vers la mer. On rentre dans l’eau, c’est froid (bah oui mais tu étais prévenu !). Le plus surprenant reste l’entrée à « l’australienne ». On rentre dans l’eau sur pieds pendant longtemps, presque 50m avant de commencer à nager. Moi qui ne concours jamais en mer, je suis un peu surpris. Il faut décider quand passer à l’horizontale. Je regarde un peu autour de moi, pour voir quand mes copains de galère y vont. Bon allez, j’en ai marre de marcher dans l’eau, je me fatigue les jambes, et je sais que je vais en avoir besoin. Je débute donc la nage. Le parcours est un triangle dont la base est au large. Donc on file tout droit vers le large, vers la première bouée. J’ai l’habitude de « goûter » l’eau quand je nage en eau libre, de boire une gorgé au détours d’une vague prise sur une respiration. Ici les vagues sont naturelles, donc la première gorgée est arrivée très vite…et elle est salée. Voilà donc deux nouveautés pour moi : les vagues et l’eau salée. L’un entraîne de nombreuses gorgées de l’autre. D’autant que comme il y a beaucoup de monde, c’est vraiment la guerre dans l’eau. Surtout en arrivant à la première bouée. Bouée laissée à main droite, virage à 90°. Tout le monde se resserres sur la bouée. Et là j’ai bu pas mal ! A deux ou trois reprises, j’ai essayé de reprendre une respiration, mais à chaque fois c’est un bras ou une jambe que je prends sur la tronche. J’étais à l’aise, me voilà en difficultés sur 3 ou 4 mouvements. La priorité : ne pas paniquer ! Je m’écarte de la bouée pour me retrouver seul et pouvoir reprendre ma respiration. Je reprends le rythme, force la nage en deux temps avec un fort mouvement de tête pour reprendre de l’air, puis je reviens sur du trois temps. Le temps de me sentir bien, on arrive à la bouée suivante. Je prends large, même si je me rends compte en levant la tête que le peloton s’est étiré et que ça passe plus facile. Virage serré (c’est un triangle, je vous rappelle ;-)). On revient vers la plage. Là c’est facile, on nage avec le courant et on a la grande arche sur le sable comme repère, ça déroule. Un peu trop peut-être. J’ai rapidement oublié qu’arrivé à la plage, il fallait repartir pour un second tour. Et oui, la fameuse « sortie à l’australienne », qui fait tant plaisir au public, mais qui fait si mal aux jambes des athlètes. Même problème qu’a l’entrée dans l’eau, sachant qu’on a pied très loin de la plage, à quel moment se relever ? le corps a tendance à dire « très tôt », mais le cerveau percute que marcher dans l’eau pendant 150m, c’est dur. Donc je nage jusqu’à temps de toucher le fond avec mes mains. Je me relève, sors de l’eau et….Put…c’est dur de courir dans le sable ! Heureusement il y a beaucoup de monde sur la plage pour encourager. Retour à l’eau, la deuxième boucle se déroule au calme, on est un petit peloton à nager ensemble. Les 900m passent assez vite, mais je redoute la remontée de la plage vers le parc à vélo. Je sais qu’il y aura un peu plus de 100m dans le sable, avec la combi. Je ressors de l’eau et remonte vers le parc à vélo. Finalement ça passe bien. J’arrive près du vélo, retire la combi et réfléchis à ce que j’emmène (manchettes, maillot.), finalement je pars en trifonction. Je cours avec le vélo jusqu’à la sortie du parc presque vide…la vache, il est grand ce parc à vélo ! J’enfourche, chausse les chaussures et…
Go pour 85Km.
Le premier Km c’est une parade, un aller-retour sur le front de mer entre deux ronds-points, ça laisse le temps de dégourdir les jambes. Je suis sur mon point fort, je suis encore en forme, j’appuie sur les pédales, fort, je commence à remonter du monde dans les rues de Deauville. J’entends un speaker au loin qui encourage et félicite les coureurs. Je me dis que c’est bizarre aussi près du départ. Puis virage à droite et je me retrouve face à un mur ! Une cote comme j’en ai rarement vu. Et on a fait que 3Km, donc c’est à froid ! J’ai rapidement le temps de changer de vitesses, et j’attaque. Il y a beaucoup de spectateurs dans la montée. En même temps a l’allure ou on monte, ils ont le temps de nous voir passer ! J’entends le speaker, maintenant je comprends qu’il est en haut et qu’il félicite les personnes ayant fini la montée. Je l’entends dire que certains sont montés à pieds…tu m’étonnes, elle pique la garce ! je monte au train en alternant danseuse et assis. Je me dis que c’est deux boucles, donc je vais devoir la refaire ! J’arrive en haut, même pas mal ! Je ne tarde pas à remettre un développement pour le plat. La suite est plus simple. Malgré deux grosses montées sur le parcours, on roule dans l’arrière-pays de Deauville. C’est joli dans ce mois de juin. On passe aussi sur les hauteurs de Trouville, vue imprenable sur la mer. C’est très joli. Retour au niveau de la mer. On tourne un peu dans la ville, histoire de faires des Kms, et bim, de nouveau face au mur du premier tour. Ce qui m’a le plus marqué dans cette balade, c’est la mauvaise qualité globale du revêtement, dont quelques endroits vraiment dangereux. Passer à 40Km/H sur du béton aussi dégradé fatigue énormément physiquement et mentalement, tant il faut d’application pour tenir le vélo. Du coup le deuxième tour est long, interminable. Il commence à faire chaud, et je sens la fatigue qui commence à arriver aux jambes sur la fin du parcours. Je prends un gel pour préparer la course à pieds. Sauf que ce gel, je ne l’avais jamais testé. Sur le moment ça passe. Je termine le vélo calmement prend une pose de cycliste « à fond » quand je vois le photographe juste avant d’arriver au parc. Descente du vélo…Aie ! j’ai les jambes en bois ! J’essaie de courir dans le parc à vélo, mais mon corps n’est pas d’accord ! Je marche vite, dépose le vélo et chausse les baskets et go, je pars petites foulées jusqu’au ravitaillement juste en sortant du parc.
La course, en douleur…
Début de la course à pied qui se passe et 4 tours sur le front de mer (les fameuses planches) et sur la jetée (la même que j’ai dû prendre la veille !). Dès le départ, je me dis qu’il va faire chaud, je bois donc beaucoup au premier ravitaillement (eau et boisson iso) et go sur du 11.5Km/h. Hormis le chaud, le premier tour passe bien. Je m’hydrate beaucoup, glisse des éponges dans a combi. Le parcours est plat mais tourne pas mal, donc beaucoup de relances. Je passe une première fois à côté de la ligne d’arrivée, l’ambiance est chaude sur l’estrade, le speaker est à fond, les pompoms grils aussi. Je me dis que d’ici à ce que j’arrive, ils auront le temps d’aller déjeuner ! Deuxième tour, ravito, eau, course, normal. Et puis d’un coup dès le début du deuxième tour, grosse douleur à l’estomac. Je continue de courir, mais je souffre. J’écoute ce que dit mon corps, pas « d’envie naturelle » que je peux aller soulager, il s’agit d’autre chose. Je ralentis et réfléchis…le putain de gel. C’est le seul produit que je n’avais testé avant, erreur de débutant ! La douleur augmente, je marche un peu jusqu’au ravitaillement. Je bois pour essayer de noyer le produit qui ne passe pas. Je repars en marchant a foulées rapide. La température est encore montée sur la jetée, étouffante, ce qui est très étonnant sur ce bord de mer. Je finis le deuxième tour en alternant course et marche. Je repasse la ligne, entends le speaker annoncer que certains abandonnent, déshydratés ou fatigués. C’est le premier Half pour certains, et ils n’étaient visiblement pas prêts !
Début du troisième tour, je ravitaille. Le ventre va mieux, mais je suis trop fatigué pour tout faire en courant, donc je marche un peu après chaque ravito, et repars petite foulée. Je traine mon gros corps tout foutu. Fin du troisième tour, je regarde le temps, je vais dépasser les 6 heures, ce qui ne m’était jamais arrivé sur un half. Je pense à abandonner. Après tout, à quoi bon, je n’ai rien à prouver sur cette course la… Et puis d’un coup j’entends Clement, dans ma tête « la seule course ou tu as abandonné c’est Embrun ». Je me dis que je veux continuer à entendre ça dans sa bouche, à voir la fierté dans ses yeux quand je ramène la médaille d’une course dont il ne mesure même pas les distances. Alors je continue, je ne rentrerais pas sans ma médaille ni mon maillot de finisher. Le dernier tour est un calvaire physiquement, mais je tiens mentalement. Je suis un autre partenaire de souffrance. Les 3 dernier Km sa compagne est a coté en vélo et l’encourage : « tu e le plus fort, tu vas y arriver, je suis fière de toi », chanceux qu’il est. Pour faire le mariole devant sa chérie (je lui ai demandé après !), il accélère, je suis. C’est dur, mais ça tiens. Le corps à ces ressources-là. Quand tu crois que tu n’as plus rien à donner, le cerveau peut t’emmener encore. Je rentre dans le couloir d’arrivée, le speaker est encore là, et crie même mon prénom (je sais c’est écrit sur mon dossard, mais on a quand même l’impression qu’on est fort !). Les pom-poms girls sont toujours là, dansent encore et il y a là un des organisateurs qui félicite un par un tous les finishers.
Je rallume le cerveau pour profiter de cet instant. Je prends la médaille et file au buffet. Je n’ai rien pu manger de toute la CAP, je compte bien me venger maintenant que c’est fini. Arrivé devant les boissons j’hésites eau, Coca, bière…ce sera bière, ça me rappelleras Embrun ! Je discute un peu avec d’autres participants, prends un peu le temps.
Je retourne maintenant au parc à vélo, récupères mon matos et pars. J’entends le speaker accompagner ceux qui sont encore sur la route. Un des participant boucle son deuxième tour, il lui reste 10Km à faire alors qu’il a déjà presque 7h d’épreuve dans les pattes ! Je relativise, je ne m’en sors pas si mal.
Bilan
Sur le chemin du retour j’analyse, à chaud. Oui j’en ai chié. Pourquoi j’en ai chié ? Manque de connaissance du village qui m’a rajouté du stress. Manque d’analyse pour le camping qui m’a frustré. Manque de préparation de ma diététique qui a failli me clouer au sol. Manque de repères sur de la course en plein soleil, moi qui ne cours que le matin de très bonne heure. En gros manque de préparation.
Je me suis cru facile car la distance ne m’effraie pas, je me suis fait rattraper par la difficulté de celle-ci. Non une épreuve de 5H et plus n’est pas anodine, et on ne peut pas s’y aligner sans s’y être correctement préparé.
La partie satisfaisante, c’est le mental. Toujours au rendez-vous pour palier à mes défaillances physiques, et c’est encourageant pour la suite.
J’ai donc trouvé pourquoi je cours…Tant que mes enfants se battront pour jouer avec mes médailles quand je rentre, tant que je lirais de l’admiration dans leurs yeux, et dans ceux de mon entourage, tant que je lirais de l’incompréhension chez ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse se faire mal à ce point, je continuerais. Je continuerais à m’améliorer, à courir/pédaler/nager encore et encore, je serais inaretable parce que même si mon corps ne veut plus, il sera hors de question de vous décevoir.
Pour le plaisir, la vidéo officielle de l’épreuve.
https://www.facebook.com/trideauville/videos/639699969715314/
Ca y est j’ai repris !
Reprise…de repères
C’est fait, hier premier triathlon distance L (Half-Iron) de la saison et presque 8 mois apres le dernier.
Triathlon de Compiegne donc, idéalement placé dans la saison pour preparer Deauville. Le placement chronologique a poussé la décision car je dois vous avouer que Compiegne….Bah Compiegne quoi ! Pas vraiement la destination qui fait rêver.
Au-delà de l’architecture locale qui me pique les yeux de tristesse et de la grisaille ambiante, l’arrivée sur place s’est bien passée. Parti tôt, histoire de ne pas avoir a presser ma préparation, j’arrive dans les premiers sur le parking et au retrait des dossards.
Il pluviote, il fait froid avec un peu de vent, en gros des conditions de rêve pour aller se promener pendant plus de 5H dans la nature !
Le retrait du dossard se passe bien, les bénévoles sur place sont sympas, ça plaisante encore, et il n’y a pas encore la queue aux tables. Je reviens a la voiture en short/sandales dans de l’herbe humide…peut-être pas la meilleur idée que j’ai eu !
Je remonte donc le vélo tranquillement au cul de la voiture. Sans pression, je reprends ma routine, dossard a accrocher a la ceinture, étiquettes a coller sur le casque et sur le vélo. Mon voisin m’interroge sur l’utilité des étiquettes, c’est son premier triathlon. Et c’est la que je tilte, oui ca fait 8 mois que je n’ai pas refait de tri et oui je n’ai pas de sensations particulières, mais après tout je suis déjà un « ancien » sur la discipline ! Tout me parait simple, logique, évident. Je reprends donc ma préparation, reçois un SMS de ma chérie qui est réveillée mais pas encore levée. Je me dit que c’est une feignasse et puis je regarde l’heure, il et a peine 08H30, on est dimanche, il pleut, c’est elle qui a raison !
Le materiel, et la caisse sont maintenant prets, le parking commence a se remplir doucement, je me décide a aller au parc a vélo. Meme constat, les gestes sont connus, la ceinture avec trois points, le casque accroché pour rentrer et ca y est, je me souviens pourquoi j’ai mis un short, c’est pour le marquage sur le mollet ! Inconsciement je l’avais prévu.
Et la en rentrant dans le parc a vélo, on rentre dans un autre univers. Ici il n’y a que des triathlètes, ancien ou nouveaux. Tout le monde logé a la même enseigne. Il y a ceux qui sont très concentrés qui préparent méthodiquement le slot, et puis il y a ceux qui blaguent. Mais pour tous les mêmes questions : Il va pleuvoir toute la course ? Veste ou Kway pour le vélo ? Pneus pluie ? Chaussettes sur le vélo, et sur la CAP ? Malgré les conditions l’ambiance est bonne. Ceux qui ont déjà couru l’épreuve partagent de l’expérience (comme d’habitude). J’apprends ainsi qu’il y a un monté bien raide et une descente bien raide aussi qui se termine sur un angle droit. Vu la pluie, il vas falloir faire très attention.
La encore on reconnait les habitués, ceux qui ont prévu de quoi couvrir la caisse pour éviter d’avoir les affaires trempées, ceux qui savent reconnaître les cotés paires et impaires des repose-vélo !
Le parc se remplit, mon slot est prêt je sors marcher un peu et je vois la queue devant le retrait des dossards, il est 9H, le briefing est dans 30mn ça commence a devenir chaud ! Moi je m’en fout, je vais voir l’étang (la grosse flaque) qui accueillera la partie natation. La particularité, c’est le pont routier qui traverse l’étang. Le premier qui se paye un pylône a perdu !
Je reviens au parc en faisant le chemin de la transition. C’est assez long et surtout c’est du caillou. Quand il va falloir remonter ça pieds nus, ça va être la merde ! Je vérifie le parcours sur les affiche, deux boucles de nage, deux boucles de vélo et deux boucles de CAP, ah oui la on voit bien la montée…elle va faire mal !
Je retourne au parc, mon slot étant tout au fond, je passe devant tous les vélos et bave un peu devant les avions de chasse. Çà risque de rouler fort aujourd’hui !
Arrivé a mon slot, je finis de mettre en place, après avoir remis mes écouteurs. J’ai besoin d’un peu d’isolement. Et bizarrement c’est très étonnant un parc a vélo sans le son. On peut regarder tous les « collègues » s’affairer, rigoler discuter, stresser. Non perturbé par le son on peut se concentrer sur des détails, mieux voir l’appréhension dans les yeux de certains, l’attente dans les yeux des autres.
Bon allez fin de la rigolade, il est temps d’enfiler la combi néoprène, ça va commencer. La encore, les gestes sont précis. La crème anti-friction, la vaseline, enfilage. Rangement des affaires pour les garder au sec et départ au briefing de course, puis au bord du lac pour le départ des femmes 8mn avant celui des hommes.
Reprise… de plaisir
On y est, il faut plonger. Pour le coup, 10° dans l’air 20° dans l’eau, personne ne s’est fait prié pour y aller. En plus 1.50m de fond a départ, je peux rester tranquille, bien a l’aise dans la combi sans avoir a me maintenir a la surface. Heureusement car on y resté presque 5mn avant le départ. Départ en ligne, tout le monde a la première bouée en visuel, je regarde autour, et ça y est, je me souviens. Je les reconnais ces expressions. Ça va être la bagarre au départ !
Coup de pistolet, c’est parti. Et je confirme ça a été la merde au départ ! Une baston comme j’en ai rarement vu. J’ai l’habitude de partir un peu a l’arrière pour être a l’aise, mais la sur un départ en ligne, pas le choix. Donc ça bastonne, ça se nage dessus, ça appuie sur les jambes, la tète, je me fait bouger les lunettes, c’est dur ! Mais en même temps ça fait partie du jeu, et sans ça c’est moins drôle. Le peloton s’étire et après la deuxième bouée ça passe mieux. Fin du premier tour, sortie a l’australienne. Comme on a pied très tôt, tout le monde se relève bien avant la sortie de l’eau. Le fond a cet endroit est plein de pierres, donc ça râpe un peu. Des bénévoles sont la pour nous aider a sortir de l’eau. On enchaîne, le ponton et retour a la flotte pour un deuxième tour. C’est particulier ces sorties a l’australienne, repasser aussi vite de nage, course et re-nage, ça perturbe un peu. Deuxième tour au calme, je profite d’être dans l’eau, au calme. Je prends quelques secondes pour me retourner, il pleut, le vélo va être rude !
Sortie d’eau, comme prévu la remontée vers le parc a vélo est compliquée…et longue. Entrée dans le parc, retrait de la combi assez simple, je regarde mes affaires, je prends les manchettes. Un peu compliqué a enfiler avec les bras mouillés, mais ça passe, le casque et départ. Je dois encore traverser tout le parc, et ensuite sauter sur le vélo. Je galère un peu a chausser et je me rends compte alors que j’ai bien froid aux pieds, j’aurais peut-être dû mettre des chaussettes !
On sort du village et on arrive dans la foret, c’est parti pour 3 heures de plaisir. Le revêtement n’est pas génial, très râpeux et bien troué. On est sur de la grande ligne droite de route forestière, on peu envoyer du braquet. Je remonte des participants. Je fulmine un peu car certains n’ont pas compris le « drafting interdit ». Certains ne font même pas semblant et roulent en peloton tranquillement. Et c’est la un des gros points noirs de cette épreuve, la route n’est pas fermée. Donc se faire doubler par une voiture, pendant que l’on double un peloton, c’est dangereux. Je râle un peu contre les « cyclotouristes », descend un pignon et accélère.
Le parcours est agréable, entre forets et champs, mais les virages sont dangereux. Un peu de vent vient se mêler a la fête quand on sort de la foret. On arrive a la difficulté du parcours. Les organisateurs ont été gentils ils ont marqué « la plaque » sur la route pour prévenir ! Sauf que j’ai pas compris tout de suite, et je me suis fait surprendre. Je monte en danseuse, pousse, et au lieu de partir, le vélo s’arrête quasiment. Je me rassieds, manipule les serrage des freins en roulant et fini la montée assis avec des bruits de frottements a l’arrière. Je relance en haut de la montée, il y a toujours du bruit, mais je me dit que ça va le faire.
On arrive a la descente, freinage tres appuyé vu la qualité du bitume et l’eau presente dessus. Je suis donc obligé de resserer les freins pour gerer les virages. On est quasiment a l’arrêt a chaque virage. Arrivée en bas, je relance, et encore une fois la roue bloque. Je dois m’aretter pour regarder le reglage des freins. Je regle tant bien que mal, avec les mains froides et trouve un compromis qui me permettras de continuer, mais impossible de me mettre en danseuse sous peine de rebloquer ma roue. Le parcours etant assez plat ca devrait passer. La suite du parcours se fait comme ca. On reviens sur Choisy, et on repars pour un deuxieme tour. Les disatnces entre participans se sont allongées et je roule souvent seul…comme j’aime. La pluie commence a diminuer, la route commence a secher. Mais du fait de mon probleme de freins, je galere a maintenir des bonnes vitesses. On reviens sur la montée, j’avais anticipé le changement de vitesse, et je monte lentement mais surement.
Le retour vers le parc se fait du coup au calme. Un peu en mode gestion je l’avoue, je crains un peu la CAP. Je pose le vélo, il ne pleut plus du tout maintenant. Je chausse les chaussettes et les baskets, passe le foulard et c’est parti pour 21Km. 6 marches pour commencer la CAP avant d’enchaîner le tour du plan d’eau. C’est agréable, je me surprend même a avoir chaud. Apres le plan d’eau on pars vers la foret en passant par une bon talus bien casse-pattes. Apres la longue ligne droite de béton au « soleil », on entre dans la foret. Il fait du coup plus froid aussi. La combi est humide et il ne fait vraiment pas chaud. On est au Km 4 environ, j’entends depuis deux kilomètres environ quelqu’un qui me suit, et je suis un peu a la ramasse. Je réfléchis a ralentir le rythme et a finir en mode « survie ». Mon compagnon de galère me double alors en me glissant « allez accroche ». Ce que j’ai pris pour un encouragement au début deviens une invitation a courir ensemble. Et la commence une autre course, une course en relais ou chacun viens « tirer » l’autre pour maintenir le rythme.
On entre dans la foret, c’est de la boue, ça glisse, il faut sauter entre les flaques et ça ne rebondis pas. En gros on en chie !
Mais on continue a se maintenir sur du 11.3Km/h. On reviens sur du béton, et on peut se refaire plaisir. Retour vers le parc a vélo, fin du premier tour. On regarde les montres 52mn/10Km. Un petit mot pour se dire que l’on va essayer de se maintenir a ce rythme, et on continue d’enchaîner des Kms. On reste sur du 11.3 tranquillement, on passe les ravitos pour se désaltérer, le deuxième bracelet synonyme de presque fin de parcours. La course rythmé par le bruit de nos pas. Et bizarrement je suis devant depuis assez longtemps, ma partenaire ne prends plus les relais. On repasse dans la foret, même galère, avec 10 bornes de plus dans les jambes, ça pique. Je n’entends plus les pas de ma collègue. Je me dis que c’est a cause de la foret qui absorbe les bruits de pas. Je ressort de la foret, non je n’entends plus rien. Mais je continue sur mes 11.3 de moyenne, ré-accélère même un peu en revenant sur le béton. Il reste 3 Kms, je serres les dents pour garder l’allure.
Je repasse devant le parc a vélo dont je fais le tour, 6 marches et l’arche, c’est fini. Quelques secondes après, je vois ma partenaire de souffrance qui en termine aussi. On se tape dans la main pour se féliciter et se remercier, presque sans un mot. On prends nos médailles, sa famille arrive, fin de la collaboration.
Et c’est bien la toute la magie du triathlon, je ne connais personne dans le parc a vélo et personne ne me connais, mais dans l’effort, dans la souffrance, il y a toujours quelqu’un prêt a encourager, a motiver, a aider même quand un concurrent est arrêté sur le bord de la route avec une panne sur le vélo. Cette ambiance, ce respect pour ceux qui sont prêts a tout déposer sur la route pour relier l’arche d’arrivée est une des grandes forces de ce sport.
Voila, fin de recréation. J’ai bien profité de cette dure journée. Bien évidement que j’ai souffert, de la météo des problèmes matériels et de mon manque de préparation. Mais le plaisir est du coup encore plus grand au moment de passer la ligne, de revenir dans le parc a vélo et de discuter avec les autres participants. Et je dois reconnaître que cela m’a manqué. J’ai bien fait quelques courses a pieds cet hiver, et même des trails, mais l’ambiance du triathlon reste unique.
Maintenant on commence a vraie préparation pour Deauville pour essayer de moins souffrir et de mieux performer.
EmbrunMan 2017
Parce qu’il en fallait un premier, parce que c’est le plus beau a ce jour, parce que j’ai envie..



























