Mois : septembre 2018
Chantilly – La renaissance
Le triathlon Half de Chantilly alias le Gauntelet. Une histoire particulière me lie a cette épreuve. En effet la première édition de cette course fut le premier Half-Ironman de ma « carrière » de triathlète. Celle qui a été le déclic pour m’aligner sur du longue distance, celle ou je me suis dit « oui tu peux le faire ».
Cette épreuve est en plus très agréable, de part son cadre, dans le parc du château de chantilly, de part son parcours vélo et CAP et de part son organisation. Le parcours vélo est très plat et me convient totalement. de grandes lignes droites ou on peut emmener du gros braquet sur de longues durées. Pile ce que j’aime. Le parcours CAP est lui partagé entre entre le parc du château et l’hippodrome de Chantilly. Le cadre est agréable, le parcours facile. Coté organisation c’est anglo-saxons, et il faut avouer qu’ils savent faire. On sent qu’ils ont la culture du triathlon. C’est simple mais efficace, loin des machines a fric rencontrés des fois sur des épreuves, et avec une vraie volonté d’intégrer le plus de personnes possibles a la fête, participants et accompagnateurs.
La surprise de l’organisation cette année c’était le départ a 07H ! Quand on sait qu’il faut être la au moins une heure avant pour le retrait des dossards, la préparation du matériel et le brief, ça vous donne une idée de la rudesse du réveil pour un dimanche matin. Surtout quand on est sorti un peu la veille. Mais finalement c’est une surprise qui m’a servi en fin d’épreuve…(teasing) !
La préparation est magique, arrivée sur le parc de nuit, on voit le soleil se lever sur le château de Chantilly et sur le bassin. Il fait 07°, c’est frais, surtout avec les pieds dans l’herbe en claquettes ! Le bassin est nappée de brume, annonçant une différence de température. Différence confirmée, l’eau est a 21°. La brume rajoute a appréhension de l’épreuve a venir. Les affaires sont prêtes, il est temps de descendre au bassin, au sens propre. C’est une des particularités de cette course, le parc est assez loin du bassin, et surtout il faudra monter les marches magistrales du jardin a la sortie de la natation. Briefing en anglais et français, car il y a beaucoup de participants anglais. Bizarrement ce sont les français les plus dissipés au brief 😉 . Il est temps de s’immerger; le départ étant donné dans l’eau.
Mise a l’eau donc, ça rigole en entrant dans le bassin. J’y vais a mon tour et je comprends. On a pieds, mais on marche sur une épaisse couche de vase. C’est le principe d’un bassin quasi-stagnant. L’avantage c’est que ce n’est que de la vase, le parc étant fermé au public, on ne tomberas pas sur un vélo ou une voiture. L’inconvénient c’est que le bassin n’a pas du être nettoyé depuis longtemps. Tout le monde en ligne, quelques uns tentent de gagner quelques centimètres au départ, mais les arbitres sont intransigeants, donc on perd 2 a 3 minutes le temps que tout le monde se réaligne. Départ, mise de la tète sous l’eau…on ne voit rien du tout. L’eau est noir de la vase remuée par tous ces furieux, encore une fois, ça bastonne sec. Je prends des algues sur les mains et les pieds. Premier virage, ça tape, Ça bouillonne, donc la vase remonte encore plus, ça pue ! On ouvre sur une ligne droite, ça crée des espaces, je peux nager a peu près peinard, en me battant avec les algues. Arrivé au demi tour, resserrage de tous les nageurs sur la bouée, rebelote, vase, coups. Certains passent même le virage en marchant ! Puis une longue ligne droite de presque 1 km pour traverser tout le bassin. Encore une fois les algues perturbent vraiment la nage. Pas moyen de nager bras tendus, sous peine de récolter des poignées d’algues. Certaines s’accrochent a ma montre, a mes lunettes. C’est particulier. Re demi-tour, ce qui veut dire retour vers la sortie. Je me sens bien, je pense avoir été propre, je mets un peu de jambes très tôt pour pouvoir être le plus apte possible quand je vais me relever pour les escaliers. On longe le bord du bassin, il y a des spectateurs qui encouragent, le soleil baigne maintenant le bassin et le jardin. On distingue le château au loin. C’est beau et ça met de bonne humeur de nager dans un décor pareil. Ça fait un peu passer la brûlure qui commence a monter dans les bras. Dernier virage, il reste 50m avant la sortie, j’accélère un peu, essaye de mettre le pieds sur le ponton, et….me vautre, les deux pieds bien profond dans la vase ! J’arrive a monter, sort de l’eau, il faut maintenant courir a travers les jardins et monter sur l’esplanade jusqu’au parc a vélos. Transition éclair, il va faire chaud, donc j’enfile juste mon casque et la ceinture porte-dossard, attrape le vélo et court vers la sortie. J’ai travaillé les montées/descentes de vélo pendant les vacances donc je suis a l’aise, saute sur le vélo en doublant trois personnes qui galèrent a partir, le tout en souriant, c’est parti pour 90 bornes de kiff !

La particularité du parcours vélo, et une des seules difficultés, est la sortie du parc du château sur du chemin caillouteux. 1 Km a parcourir ou ça tape dans les bras, c’est instable, et j’ai très peur de crever juste au départ. Ça se passe bien, je rejoins la route et j’appuie. J’ai de suite de très bonne sensations, je reprends vite du monde. Il y a aussi beaucoup de cyclotouristes qui font leurs sorties dominicales et qui se demandent d’ou viennent ces avions qui doublent a tout va. Car oui, avec presque 500 dossards (individuels + relais), ça fait du monde sur la route. Je continue de remonter, de doubler, ça me blinde le mental. Je sais que je vais vite, mais je ne veux pas regarder la montre. La première boucle de 45 km avance vite. Les ravitaillements se passent bien. Il est encore tôt, mais je bois beaucoup et mange un peu. Suite a Deauville, j’ai changé de stratégie, je ne mange que des compotes et des bananes. On roule sur de grandes lignes droites, plates, ça envoie du gros. On arrive a la fin du premier tour, je ravitaille a 35Kmh, sur ma gauche des cyclistes sortent du parc du château, ce sont les participants du courte distance qui sont partis après nous. Je ne me déconcentre pas, car entre le ravito, les ralentisseurs, les autres vélos et les spectateurs, je me dis que c’est chaud ! Le temps d’y penser que le coureur devant moi claque un ralentisseur et s’envole. Je passe a coté pendant que lui et son vélo retombent. J’entends les bruit froid du vélo sur le béton et le bruit sourd de l’homme claquer sur le sol. Je freine, regarde, je vois des gens courir sur lui, comme on est juste a la sortie du parc, il y a un camion de la sécurité civile qui est la. Je roule en me demandant si j’aurais pu faire quelque chose, mais non, il y avait du monde certainement plus qualifié que moi. Je relance m’éloigne du château pour retomber sur la départementale. Il y a beaucoup de monde sur la ligne droite devant moi. Les dossards rouges (courte distance) se sont mêlés aux dossards blancs (longue distance). Intérieurement je souris. Je doublais déjà beaucoup quand il n’y avait que les blancs, maintenant ça va être la boucherie. Et effectivement ca été 40 Km de zigzag pour doubler des vélos. Plus je doublais, plus je me sentais bien, plus j’allais vite. Un tel état d’euphorie que même les secteurs pavés ne m’ont pas ralentis. Bien calé sur mon 52×13 (les cyclistes comprendront), a l’aise sur les prolongateurs, je passe tout a fond. Les faux plats, les virages, les ronds-points, les voitures suiveuses (!). C’était tellement rapide que je suis presque déçu quand je vois que l’on se rapproche de Chantilly. Je ralentis un poil, histoire de reposer un peu les jambes. Retour sur le chemin dans le parc du château. Transition efficace (travaillée aussi pendant les vacances). Il n’y a pas beaucoup de vélo dans le parc. Je suis placé dans le premier tiers. Je regarde la montre avant d’arrêter le chrono vélo : 2H37 au 90Km. Bien sur je suis encore loin des pros, mais c’est mon nouveau record sur un tri. Je pose le vélo, regarde mon slot. Chaussettes ou pas ? je jauge le temps, assez chaud pour ne pas avoir froid, assez froid pour ne pas trop transpirer, je chausse les runnings pieds nus. Bandana sur la tète, je ressors du parc pour 21Km de course…GO !
L’euphorie du vélo dure encore un peu, mais je redescends vite sur terre. Sur mes jambes, je sens mon poids, surtout en début de parcours qui se passe dans la foret. Je ne rebondis pas sur ce sol terreux. Je me cale sur un 11Km/H et attends du sol plus dur et moins accidenté. Je sais aussi que Sandra et les enfants doivent venir avec Alain et Lilianne. Je ne sais pas si je les verrais sur le premier ou sur le second tour, mais je devrais les voir. Je divague un peu le temps d’arriver au premier ravito. Même règles que sur le vélo : pas de gel, que de la banane et de la boisson iso. On sort des bois pour arriver sur l’Hippodrome. Il ne fait pas trop chaud (merci le départ a 7H!). Et la c’est un des moments les plus difficile mentalement de la course. Il faut faire le tour de l’hippodrome soit deux longues lignes droites de presque 3Km chacune. C’est monotone, on ne se voit pas avancer. Finalement j’en sors, prend mon deuxième ravitaillement, passe le musée du cheval avant de tourner vers le parc du château. Je rentre dans le parc, et la juste après un virage, je vois la famille. Je vois qu’ils hésitent en me voyant, je ne suis pas sur qu’ils m’aient reconnu tout de suite ! Je m’arrête pour les embrasser. Clement va me suivre un peu dans le parc. Apres 500 m je lui demande de faire demi-tour pour retourner avec Sandra. Je continue. Je suis fatigué mais sur-motivé. Je reviens sur le château, passe devant le bassin, et regarde le chemin pour rejoindre le second tour…ah merde il faut remonter la même qu’a la fin de la natation (logique me direz-vous). On ne passe pas par les escaliers, mais la pente casse quand même les pattes. Je commence le second tour, je vois des participants arriver en vélo. Cela fait déjà 50mn que je cours, je me dis qu’ils ne sont pas prêts de finir. Égoïstement ça me fait du bien ! Je prends le ravito et repars dans la foret. Je profite de l’ombre pour récupérer un peu, mais je me maintiens sur ma vitesse. Je reviens sur l’hippodrome. Avec la fatigue le deuxième passage est vraiment interminable. Il y a encore du monde sur le chemin. Il y a les triathlètes des deux distances, et aussi un 10K et un 21K de course a pieds. Je suis moins impérial que sur le vélo, mais je me défends. Je repars dans mes pensées pendant le retour vers le château. Je réfléchis au temps. Je ne connais pas mon temps de nat, mais je pense que je vais pouvoir approcher les 5H30. Apres Deauville, rien que d’y penser ça me fait du bien. Le temps de sortir de mes rêveries que je reviens dans le parc du château, il me reste 2 Km. Coucou la famille. Clement et Léa se lancent a ma poursuite. Je glisse un mot : RV a l’arrivée. Je rejoins le bassin avec Clement sur les talons, Léa a lâche l’affaire. J’accélère un peu en apercevant le château, je devine l’arche d’arrivée, entends le speaker annoncer les noms des finishers. L’arrivée est un escargot autour des fontaines, des escaliers. Des barrières sont placées pour ne laisser qu’un couloir, des spectateurs sont massés tout autour. Ça encourage fort. Je tourne, tourne et au détour d’un virage, passe l’arche, comme ça, sans même l’avoir vue venir !

Je récupère ma médaille, arrête la montre, j’ai légèrement dépassé les 05H30, mais je suis content. Clement me rejoins dans le SAS d’arrivée. Je vois Sandra arriver. Il est 12H30 donc je me jettes sur le buffet. La encore on est a l’anglaise. Alors que d’habitude on est sur des gâteaux des fruits secs et du sucre, la on a droit a un vrai buffet. Salade, bœuf froid, poulet. Si Sandra ne m’avait pas prévu mon pique-nique, j’aurais dévalisé le buffet !

Je retourne au parc récupérer mes affaires. Maintenant il y a beaucoup de vélos sur le parc, donc peu de monde arrivé. Je me sens bien. D’autant que je sais que maintenant c’est l’heure du pique-nique en famille dans le parc du château. Un des autres plaisirs de cette épreuve. On s’assieds dans l’herbe pour pique-niquer en encourageant ceux qui courent encore. Les enfants s’amusent dans le parc. On rejoins le « village épreuve » ou ils ont installés des jeux gonflables et un mur d’escalade pour les enfants. On profite de l’après-midi. En partant, une petite glace avec de la vraie chantilly (on ne pouvait pas faire autrement !) dégustée en rejoignant la voiture.
Voila c’est pour ça que j’aime cette course, parce que le parcours me plait et me conviens, parce qu’il y a une vraie convivialité entre tous les participants des diverse épreuves, et parce que je peux aussi partager ces moments avec la famille. J’y reviendrais certainement en fonction des mes calendriers des prochaines années, car j’y prends vraiment du plaisir.
Road to Nice

Si vous ne le savez pas encore 2019 sera l’année de l’IronMan de Nice.
Nice est un symbole pour l’Ironman francais. Il a en effet été le premier en france a etre licencié « IronMan »
Très grosse organisation avec plus de 2500 participants représentants plus de 25 pays en 2018.
Le parcours est lui aussi mythique pour un IM sous licence avec 2000m de dénivelé positif dans l’arrière-pays Nicois, il est un des rare a offrir une telle diversité de paysages et de difficulté pour le label IronMan.
Vous retrouverez donc ici de temps en temps des détails de ma préparation, mon plan d’entrainement quand je l’aurais créé, et quelques infos qui me sembleront pertinentes.
Restez a l’écoute.
Pour info deux trois vidéos sur la course de 2018 :
Bois Le Roi – Fin de saison en fanfare
Tria’long de bois le Roi, le seul longue distance d’IDF, organisé par la fédération d’île de France elle-même. Voila la raison pour laquelle j’ai choisi de faire cette épreuve, afin d’encourager les initiatives d’organisation. Il est en effet compliqué de trouver des épreuves longues distances pas trop loin de la maison. De plus placée mi-septembre le calendrier est intéressant pour finir la saison.
Autre point important, le défi est lancé avec mon collègue, Joel, triathlète également et récemment non-finisher de l’Embrunman. Il s’agit aussi de lui redonner un peu confiance sur du long.
RV est donc pris pour le 09 Septembre a Bois le roi, départ 09H. Un peu de pression quand même, car je sais que Joel est meilleur que moi en natation. Je me sais meilleur en vélo, nous nous départagerons donc sur la CAP, si j’arrive a le rattraper sur le vélo. Sinon ça va être chaud pour garder ma réputation au boulot 😉
J’arrive tôt (07H15), ce qui me permet de prendre le temps d’aller récupérer mon dossard avant de descendre mon vélo de la voiture. Le parc a vélo est sur la base de loisirs de Bois le roi, avec un plan d’eau plutôt petit (comparé a Cergy). L’eau en encore nappée d’un léger brouillard. Ça me permet aussi de voir que la CAP sera sur du chemin sablonneux, sur des grands axes de forets. Etant un des premiers, le retrait dossard se passe vite. Je retourne a la voiture préparer mon sac et mon vélo. Un peu de gâteau énergétique pour tenir jusqu’à 12H. La préparation est fraîche mais rapide. J’appelle Joel vers 07H45 afin de savoir si il est arrivé, et heureusement car je viens de le réveiller ! Il a intérêt a se magner d’arriver car le parc a vélo ferme a 08H30…normalement. Je pars vers le parc, je suis en avance sur ma préparation, je vais avoir le temps de visiter un peu. Je rentre dans le parc, pose mon vélo et laisse mon sac en vrac. Pour l’instant il y a peu de monde, mais ça commence a charger. Mon voisin a un très beau vélo, mais a vrai dire vu ma prestation a Chantilly, je ne suis plus impressionné. Je vais me promener au bord du lac, voire l’endroit de mise a l’eau. Encore une fois, il y aura une sortie a l’australienne. Je remonte tranquillement, en repérant ou rentrer pour ne pas me tromper de rangée en revenant de la natation. Le parc se charge, mais toujours pas de trace de Joel. Je prépare mon slot, mets mes affaires en ordre, prêtes a partir, écoute un peu les discussion des autres participants. a priori il y en a quelques-uns qui ont fait Chantilly il y a deux semaines… L’heure approche, le speaker annonce la fermeture du parc, toujours pas de traces de Joel. Il a eu peur ce lâche ! Je vais déposer mon sac a la consigne. Sur les organisations fédérales, il faut laisser place nette dans le parc a vélo, et ne garder que les affaires utilisées pendant la course. Je dois donc laisser les affaires qui me tenaient chaud pour me mettre en conditions de course, sauf qu’il ne fait pas encore chaud dehors ! Briefing dans 5mn, j’enfile la néoprène et me rapproche du bassin. Le parc est annoncé fermé et pas de trace de Joel, tant pis, ça aurait été amusant de se mesurer autrement qu’en paroles ! Briefing et départ des féminines et relais, je regarde autour en attendant notre départ, et vois arriver en courant mon copain, un peu a l’ouest, mais prêt ! Les arbitres l’ont laissé entrer a 08H50, il a juste eu le temps de jeter son vélo et d’enfiler sa combi, mais il est au départ : la course peut commencer !

Départ natation, sur une plage, ça court, ça se bouscule déjà au sol, ça promet. Premier segment, le premier virage est très proche du départ donc c’est la guerre au virage. Je m’étais porté a l’intérieur pour prendre le plus court possible mais quand la meute s’est rapproché de la bouée, je me suis fait tellement pousser que le kayak a du me reprendre pour éviter que je ne coupe le virage… Pas cool ! On se fout donc joyeusement sur la tronche pendant encore 400m avant que le peloton ne s’étire. Deuxième virage, direction directement la plage en diagonal. Avez-vous déjà essayé de nager sur une diagonale sans autre point de repère qu’une arche a 400 m ? N’essayez pas, c’est la merde ! Le peloton s’est tellement élargi que je ne savais plus maintenir ma trajectoire.. Retour tant bien que mal sur la plage. Remise debout, tour de l’arche, second tour. Je commence a être habitué, ça passe mieux. J’essaye d’accélérer sur le second tour. Je sais que Joel est devant, je ne veux pas trop le laisser partir. Sorti de la natation, je regarde derrière, il y a encore du monde. Je pense être dans la première moitié. Je remonte au parc en courant, manque de me planter de rangée (comme quoi la reconnaissance était utile !). Je vois que le vélo de Joel n’est plus la, reste a savoir combien d’avance il a pris. J’enfile le casque. Il fait encore un peu frais, surtout mouillé, mais je décide de partir bras nu. Si je mets en chasse, je devrais réchauffer vite 😉
Départ vélo, je saute dessus et enfile les chaussures. Je suis toujours content de voir a quel point ce mouvement est fluide maintenant pour moi. Et je suis aussi content de voir les autres galérer…Il faut sortir de la base de loisirs, et pour cela il faut passer un espace au revêtement sable/cailloux. Autant dire qu’avec les pneus route, c’est acrobatique. Tiens d’ailleurs le mec devant moi vient de se vautrer ! Pour moi ça passe, mais je me dis qu’au retour il faudra penser a ralentir avant ! Sorti de la base, virage a droite, le premier tronçon est un aller-retour sur 1.5Km, donc je vois les premiers arriver en sens inverse. Comme a mon habitude maintenant, je pousse fort dès le début du vélo et commence déjà a doubler. Surtout qu’on est sur du faux -plat montant, ça pique un peu a froid. Je regarde en face passer les avions, et j’aperçois Joel a fond. Je prend un repère, lance un chrono dans ma tète et accélère. Demi tour au bout de la ligne droite, je reviens sur un faux-plat descendant, ça roule fort. J’arrive au repère pris a l’aller, j’ai environ 4mn de retard sur mon copain, si je roule fort ça devrait être jouable de le reprendre sur le vélo. Mais attention quand même a ne pas trop se dépenser sur le vélo. Je roule bien, on arrive sur la seule vrai difficulté du parcours. Une belle cote de 2Km a 8% de moyenne. Je souffre un peu, surtout que les jambes ne sont pas encore bien chaudes. Arrivé en haut, je relance, je n’ai pas de temps a perdre. Ensuite, quelques petites montées sur le début du parcours, et on arrive au ravitaillement. Boisson iso et banane. La deuxième partie du parcours est faite pour moi. De longue lignes droites, plates, bitume propre, j’ai 20Km de kiff pour finir le premier tour. Je me cale sur du 52×13 et fais parler les cuisseaux. Je reprends beaucoup de monde. Je double un concurrent, vélo de contre-la-montre, roue lenticulaire, il me regarde bizarrement, je crois qu’il n’a pas apprécié de se faire doubler par un vélo qui vaut 4x moins que le sien ! Moi je rigole doucement, ça pique un peu les cuisses, mais c’est tellement bon ! je finis le tour sur du 35Km/H de moyenne, propre ! Deuxième passage dans la cote, je passe en souplesse, je veux en garder sous le pied. Le deuxième tour se passe bien, je repasse le ravitaillement me prépare a me retaper les 20Km de plat. Dans une longue ligne droite de presque 7 km je double encore du monde. J’arrive sur un concurrent noir, combi noire…le voila mon copain ! Je ralentis en arrivant a sa hauteur, il est surpris de me voir, et un peu ecoeuré aussi par la différence de vitesse. Je lui tape dans la main et relance. Par acquis de conscience je regarde si il a pris la roue, non. Il m’avoueras après avoir pris un coup au moral en me voyant passer beaucoup plus vite que lui. La fin du parcours est joyeuse, je suis devant, je suis a l’aise. Tellement a l’aise que sur un rond-point, j’évalue mal ma vitesse et manque de me manger le terre-plein. Je freine un coup sec, le bénévole sursaute, je me marre, mais la relance me fait mal aux cuisses. Je peste, j’ai perdu du temps, ça m’ennuie. Je reviens sur la base de loisirs, on double les familles qui se baladent. Les enfants semblent impressionnés. C’est vrai qu’entre les casques de chronos, les velos de compet et la vitesse a laquelle on passe, ça fait beaucoup. Je me dis que peut-être dans ces enfants, certains viendront courir a notre place dans quelques années… Je repasse sur l’emplacement sablonneux, remonte sur le parc a vélo, déchausse et cours jusqu’a mon l’emplacement. Je regarde autour, il n’y a pas trop de vélos, je suis dans le premier quart. J’enfile les chaussures et pars vers les bois.
Ravitaillement dès le début de la CAP, il y aura trois tours a faire, je m’arrête sur ce premier ravito pour boire et manger correctement. Je me sens bien, donc je me dis que ce seras le seul ou je m’arrêterais complètement, donc je prends le temps. Je repars avec l’idée de ne pas me faire reprendre par Joel. En essayant de regarder la montre je me rends compte que je me suis planté au départ de la CAP donc je n’ai pas ma vitesse en temps réel. J’hésites a la remettre en route, et puis je me dis que je vais y aller aux sensations. J’ai des jambes, le sol n’est pas facile, car un peu sablonneux. Vu mon poids c’est handicapant, mais je me rends compte que je double. Je ne sais pas quelle vitesse je vais, mais je sais que je suis bien. Je me dis que je vais continuer comme ça tant que je peux. Je passe le second ravito, prend deux verres, un pour boire, un pour m’arroser car il commence a faire chaud. Sans m’arrêter, je ne crois même pas avoir ralenti. Je double encore et toujours. Je suis étonné car d’habitude la course n’est pas mon point fort. Fin du premier tour, des personnes arrivent en vélo, je suis content et fier d’être devant. Je profite de cet état de grâce pour commencer mon deuxième tour regonflé. Je garde le rythme, et j’avoue que je m’étonne moi-même. Je double toujours autant, mais je ne peux pas savoir si ce sont des gens qui étaient devant ou a qui je mets un tour ! Le deuxième tour passe sans que je m’en rende compte, j’arrive a la fin de la boucle. D’habitude quand le parcours est en plusieurs tours comme aujourd’hui, arrivé au dernier, je vois toujours des coureurs décaler vers l’arrivée pendant que je repars galérer sur la piste, mais la non. Comme je ne sais toujours pas a combien je cours, je me dit que c’est un coup de bol, et je repars. Troisième tour, je vole, littéralement, les appuis sont légers (malgré mes 88Kg), je pousse fort sur les foulées, je suis euphoriques. Les kms défilent et je me rapproche très vite de l’arrivée. J’ai un coureur en ligne de mire depuis 3 a 4 km, mais je n’arrive pas a le reprendre. J’hésites, je peux encore accélérer, et risquer de me cramer, ou rester sagement ou je suis. Je ne suis pas sage 😉 ! J’accélère, progressivement. Je le rattrape doucement. Je me dis que je ne pourrais peut-être pas le doubler avant l’arrivée. A ce moment la on arrive sur le dernier ravito et je le vois s’arrêter. Dans ma tète c’est ma chance j’ai l’impression que je joue les championnats du monde et qu’il viens de me laisser la tète ! J’attrape un verre au ravito, le regarde, il est défait, il va être obligé de prendre son temps au ravito. Moi je me sens toujours bien, il me reste 4Km. J’arrive a la fin du parcours, vois encore des gens qui arrivent en vélo, je me dis que j’ai été vite ! je rattrape un concurrent, l’arbitre indique, « arrivée a droite, deuxième et troisième tour a gauche ». Mon voisin prend a gauche et fièrement le buste droit je prend a droite. Une petite boucle autour du parc a vélo et j’arrive en vue de l’arche. Le speaker dit mon nom, mon club, je passe l’arche en regardant le chrono 5H01 ! J’ai explosé mon record de presque 25mn ! J’ai du mal a y croire, regarde autour de moi, il y a peu de monde dans le sas d’arrivée et encore moins au buffet. Les gens qui sont la sont clairement des avions. Je prends la médaille et le maillot de finisher, laisse un bénévole me retirer ma puce a la cheville. Je viens de me rendre compte que j’ai les cuisses comme du bois et que je ne peux pas me baisser. Je regarde l’heure, il est 14H, non c’est bien ça je viens de péter mon temps 😉
Je vais boire et manger, car en faisant de l’express sur la CAP, je me sens clairement faible et affamée. Je me pose sur une botte de foin et attends mon copain. Et la je vois défiler tellement de monde ! Ils me regardent avec admiration, avec ce même regard que j’ai d’habitude d’avoir devant les coureurs rapides (c’est peut-être mon imagination et le jeu des hormones !) Au bout de 30mn de ratissage du buffet, je vois arriver Joel. Il est content car il est passé en 05H30. Je n’ose pas lui dire mon temps, tellement j’ai moi même du mal a y croire. On discute un peu pendant qu’il mange, on attends un peu sa copine. L’ambiance est bonne dans le sas d’arrivée. Je décide de rentrer car j’ai encore un peu de route. Je récupère mon vélo, je me sens bien, fort en voyant les autres concurrents arriver alors que j’ai terminé depuis plus d’1 heure…
Le retour est douloureux, en refroidissant les muscles ont durcis, et je me sens comme un vieux.
J’apprendrais deux jours plus tard mes temps :
| 70 | BARTHET | DAVID | SM | TOBESPORT | IND | 04:56:38 | 00:41:39 | 00:01:06 | 02:45:55 | 00:01:55 | 01:26:04 |
Classé 70eme au scratch sur 416 finishers en 4H56. j’ai mis 30mn a mon propre record ! Et un temps de CAP de 1H26 ce qui est mon record sur un semi-marathon (10mn de moins que l’ancien qui n’était pas sur un triathlon !) 2H45 sur 90Km de vélo soit quasiment 33Km/H de moyenne !
La saison de tri se finit donc sur cette excellent performance, que je ne suis même pas sur de pouvoir refaire. Place maintenant au « repos » pendant 2 mois avant de commencer la préparation pour Nice 2019…