Ca ya est j’ai repris !
Reprise…de repères
C’est fait, hier premier triathlon distance L (Half-Iron) de la saison et presque 8 mois apres le dernier.
Triathlon de Compiegne donc, idéalement placé dans la saison pour preparer Deauville. Le placement chronologique a poussé la décision car je dois vous avouer que Compiegne….Bah Compiegne quoi ! Pas vraiement la destination qui fait rêver.
Au-delà de l’architecture locale qui me pique les yeux de tristesse et de la grisaille ambiante, l’arrivée sur place s’est bien passée. Parti tôt, histoire de ne pas avoir a presser ma préparation, j’arrive dans les premiers sur le parking et au retrait des dossards.
Il pluviote, il fait froid avec un peu de vent, en gros des conditions de rêve pour aller se promener pendant plus de 5H dans la nature !
Le retrait du dossard se passe bien, les bénévoles sur place sont sympas, ça plaisante encore, et il n’y a pas encore la queue aux tables. Je reviens a la voiture en short/sandales dans de l’herbe humide…peut-être pas la meilleur idée que j’ai eu !
Je remonte donc le vélo tranquillement au cul de la voiture. Sans pression, je reprends ma routine, dossard a accrocher a la ceinture, étiquettes a coller sur le casque et sur le vélo. Mon voisin m’interroge sur l’utilité des étiquettes, c’est son premier triathlon. Et c’est la que je tilte, oui ca fait 8 mois que je n’ai pas refait de tri et oui je n’ai pas de sensations particulières, mais après tout je suis déjà un « ancien » sur la discipline ! Tout me parait simple, logique, évident. Je reprends donc ma préparation, reçois un SMS de ma chérie qui est réveillée mais pas encore levée. Je me dit que c’est une feignasse et puis je regarde l’heure, il et a peine 08H30, on est dimanche, il pleut, c’est elle qui a raison !
Le materiel, et la caisse sont maintenant prets, le parking commence a se remplir doucement, je me décide a aller au parc a vélo. Meme constat, les gestes sont connus, la ceinture avec trois points, le casque accroché pour rentrer et ca y est, je me souviens pourquoi j’ai mis un short, c’est pour le marquage sur le mollet ! Inconsciement je l’avais prévu.
Et la en rentrant dans le parc a vélo, on rentre dans un autre univers. Ici il n’y a que des triathlètes, ancien ou nouveaux. Tout le monde logé a la même enseigne. Il y a ceux qui sont très concentrés qui préparent méthodiquement le slot, et puis il y a ceux qui blaguent. Mais pour tous les mêmes questions : Il va pleuvoir toute la course ? Veste ou Kway pour le vélo ? Pneus pluie ? Chaussettes sur le vélo, et sur la CAP ? Malgré les conditions l’ambiance est bonne. Ceux qui ont déjà couru l’épreuve partagent de l’expérience (comme d’habitude). J’apprends ainsi qu’il y a un monté bien raide et une descente bien raide aussi qui se termine sur un angle droit. Vu la pluie, il vas falloir faire très attention.
La encore on reconnait les habitués, ceux qui ont prévu de quoi couvrir la caisse pour éviter d’avoir les affaires trempées, ceux qui savent reconnaître les cotés paires et impaires des repose-vélo !
Le parc se remplit, mon slot est prêt je sors marcher un peu et je vois la queue devant le retrait des dossards, il est 9H, le briefing est dans 30mn ça commence a devenir chaud ! Moi je m’en fout, je vais voir l’étang (la grosse flaque) qui accueillera la partie natation. La particularité, c’est le pont routier qui traverse l’étang. Le premier qui se paye un pylône a perdu !
Je reviens au parc en faisant le chemin de la transition. C’est assez long et surtout c’est du caillou. Quand il va falloir remonter ça pieds nus, ça va être la merde ! Je vérifie le parcours sur les affiche, deux boucles de nage, deux boucles de vélo et deux boucles de CAP, ah oui la on voit bien la montée…elle va faire mal !
Je retourne au parc, mon slot étant tout au fond, je passe devant tous les vélos et bave un peu devant les avions de chasse. Çà risque de rouler fort aujourd’hui !
Arrivé a mon slot, je finis de mettre en place, après avoir remis mes écouteurs. J’ai besoin d’un peu d’isolement. Et bizarrement c’est très étonnant un parc a vélo sans le son. On peut regarder tous les « collègues » s’affairer, rigoler discuter, stresser. Non perturbé par le son on peut se concentrer sur des détails, mieux voir l’appréhension dans les yeux de certains, l’attente dans les yeux des autres.
Bon allez fin de la rigolade, il est temps d’enfiler la combi néoprène, ça va commencer. La encore, les gestes sont précis. La crème anti-friction, la vaseline, enfilage. Rangement des affaires pour les garder au sec et départ au briefing de course, puis au bord du lac pour le départ des femmes 8mn avant celui des hommes.
Reprise… de plaisir
On y est, il faut plonger. Pour le coup, 10° dans l’air 20° dans l’eau, personne ne s’est fait prié pour y aller. En plus 1.50m de fond a départ, je peux rester tranquille, bien a l’aise dans la combi sans avoir a me maintenir a la surface. Heureusement car on y resté presque 5mn avant le départ. Départ en ligne, tout le monde a la première bouée en visuel, je regarde autour, et ça y est, je me souviens. Je les reconnais ces expressions. Ça va être la bagarre au départ !
Coup de pistolet, c’est parti. Et je confirme ça a été la merde au départ ! Une baston comme j’en ai rarement vu. J’ai l’habitude de partir un peu a l’arrière pour être a l’aise, mais la sur un départ en ligne, pas le choix. Donc ça bastonne, ça se nage dessus, ça appuie sur les jambes, la tète, je me fait bouger les lunettes, c’est dur ! Mais en même temps ça fait partie du jeu, et sans ça c’est moins drôle. Le peloton s’étire et après la deuxième bouée ça passe mieux. Fin du premier tour, sortie a l’australienne. Comme on a pied très tôt, tout le monde se relève bien avant la sortie de l’eau. Le fond a cet endroit est plein de pierres, donc ça râpe un peu. Des bénévoles sont la pour nous aider a sortir de l’eau. On enchaîne, le ponton et retour a la flotte pour un deuxième tour. C’est particulier ces sorties a l’australienne, repasser aussi vite de nage, course et re-nage, ça perturbe un peu. Deuxième tour au calme, je profite d’être dans l’eau, au calme. Je prends quelques secondes pour me retourner, il pleut, le vélo va être rude !
Sortie d’eau, comme prévu la remontée vers le parc a vélo est compliquée…et longue. Entrée dans le parc, retrait de la combi assez simple, je regarde mes affaires, je prends les manchettes. Un peu compliqué a enfiler avec les bras mouillés, mais ça passe, le casque et départ. Je dois encore traverser tout le parc, et ensuite sauter sur le vélo. Je galère un peu a chausser et je me rends compte alors que j’ai bien froid aux pieds, j’aurais peut-être dû mettre des chaussettes !
On sort du village et on arrive dans la foret, c’est parti pour 3 heures de plaisir. Le revêtement n’est pas génial, très râpeux et bien troué. On est sur de la grande ligne droite de route forestière, on peu envoyer du braquet. Je remonte des participants. Je fulmine un peu car certains n’ont pas compris le « drafting interdit ». Certains ne font même pas semblant et roulent en peloton tranquillement. Et c’est la un des gros points noirs de cette épreuve, la route n’est pas fermée. Donc se faire doubler par une voiture, pendant que l’on double un peloton, c’est dangereux. Je râle un peu contre les « cyclotouristes », descend un pignon et accélère.
Le parcours est agréable, entre forets et champs, mais les virages sont dangereux. Un peu de vent vient se mêler a la fête quand on sort de la foret. On arrive a la difficulté du parcours. Les organisateurs ont été gentils ils ont marqué « la plaque » sur la route pour prévenir ! Sauf que j’ai pas compris tout de suite, et je me suis fait surprendre. Je monte en danseuse, pousse, et au lieu de partir, le vélo s’arrête quasiment. Je me rassieds, manipule les serrage des freins en roulant et fini la montée assis avec des bruits de frottements a l’arrière. Je relance en haut de la montée, il y a toujours du bruit, mais je me dit que ça va le faire.
On arrive a la descente, freinage tres appuyé vu la qualité du bitume et l’eau presente dessus. Je suis donc obligé de resserer les freins pour gerer les virages. On est quasiment a l’arrêt a chaque virage. Arrivée en bas, je relance, et encore une fois la roue bloque. Je dois m’aretter pour regarder le reglage des freins. Je regle tant bien que mal, avec les mains froides et trouve un compromis qui me permettras de continuer, mais impossible de me mettre en danseuse sous peine de rebloquer ma roue. Le parcours etant assez plat ca devrait passer. La suite du parcours se fait comme ca. On reviens sur Choisy, et on repars pour un deuxieme tour. Les disatnces entre participans se sont allongées et je roule souvent seul…comme j’aime. La pluie commence a diminuer, la route commence a secher. Mais du fait de mon probleme de freins, je galere a maintenir des bonnes vitesses. On reviens sur la montée, j’avais anticipé le changement de vitesse, et je monte lentement mais surement.
Le retour vers le parc se fait du coup au calme. Un peu en mode gestion je l’avoue, je crains un peu la CAP. Je pose le vélo, il ne pleut plus du tout maintenant. Je chausse les chaussettes et les baskets, passe le foulard et c’est parti pour 21Km. 6 marches pour commencer la CAP avant d’enchaîner le tour du plan d’eau. C’est agréable, je me surprend même a avoir chaud. Apres le plan d’eau on pars vers la foret en passant par une bon talus bien casse-pattes. Apres la longue ligne droite de béton au « soleil », on entre dans la foret. Il fait du coup plus froid aussi. La combi est humide et il ne fait vraiment pas chaud. On est au Km 4 environ, j’entends depuis deux kilomètres environ quelqu’un qui me suit, et je suis un peu a la ramasse. Je réfléchis a ralentir le rythme et a finir en mode « survie ». Mon compagnon de galère me double alors en me glissant « allez accroche ». Ce que j’ai pris pour un encouragement au début deviens une invitation a courir ensemble. Et la commence une autre course, une course en relais ou chacun viens « tirer » l’autre pour maintenir le rythme.
On entre dans la foret, c’est de la boue, ça glisse, il faut sauter entre les flaques et ça ne rebondis pas. En gros on en chie !
Mais on continue a se maintenir sur du 11.3Km/h. On reviens sur du béton, et on peut se refaire plaisir. Retour vers le parc a vélo, fin du premier tour. On regarde les montres 52mn/10Km. Un petit mot pour se dire que l’on va essayer de se maintenir a ce rythme, et on continue d’enchaîner des Kms. On reste sur du 11.3 tranquillement, on passe les ravitos pour se désaltérer, le deuxième bracelet synonyme de presque fin de parcours. La course rythmé par le bruit de nos pas. Et bizarrement je suis devant depuis assez longtemps, ma partenaire ne prends plus les relais. On repasse dans la foret, même galère, avec 10 bornes de plus dans les jambes, ça pique. Je n’entends plus les pas de ma collègue. Je me dis que c’est a cause de la foret qui absorbe les bruits de pas. Je ressort de la foret, non je n’entends plus rien. Mais je continue sur mes 11.3 de moyenne, ré-accélère même un peu en revenant sur le béton. Il reste 3 Kms, je serres les dents pour garder l’allure.
Je repasse devant le parc a vélo dont je fais le tour, 6 marches et l’arche, c’est fini. Quelques secondes après, je vois ma partenaire de souffrance qui en termine aussi. On se tape dans la main pour se féliciter et se remercier, presque sans un mot. On prends nos médailles, sa famille arrive, fin de la collaboration.
Et c’est bien la toute la magie du triathlon, je ne connais personne dans le parc a vélo et personne ne me connais, mais dans l’effort, dans la souffrance, il y a toujours quelqu’un prêt a encourager, a motiver, a aider même quand un concurrent est arrêté sur le bord de la route avec une panne sur le vélo. Cette ambiance, ce respect pour ceux qui sont prêts a tout déposer sur la route pour relier l’arche d’arrivée est une des grandes forces de ce sport.
Voila, fin de recréation. J’ai bien profité de cette dure journée. Bien évidement que j’ai souffert, de la météo des problèmes matériels et de mon manque de préparation. Mais le plaisir est du coup encore plus grand au moment de passer la ligne, de revenir dans le parc a vélo et de discuter avec les autres participants. Et je dois reconnaître que cela m’a manqué. J’ai bien fait quelques courses a pieds cet hiver, et même des trails, mais l’ambiance du triathlon reste unique.
Maintenant on commence a vraie préparation pour Deauville pour essayer de moins souffrir et de mieux performer.


Oh que c est beau §merci de nous faire partager toutes tes émotions…
le tout avec un talent épistolaire indéniable..!
Bravo pour ce beau récit…je te signe!
J’avais l’impression d’etre une de ces partenaires de souffrance… j’ai vécu la course comme si j’y étais…avec les efforts et la fatigue en moins… merci pour ce partage!