Chantilly – La renaissance
Le triathlon Half de Chantilly alias le Gauntelet. Une histoire particulière me lie a cette épreuve. En effet la première édition de cette course fut le premier Half-Ironman de ma « carrière » de triathlète. Celle qui a été le déclic pour m’aligner sur du longue distance, celle ou je me suis dit « oui tu peux le faire ».
Cette épreuve est en plus très agréable, de part son cadre, dans le parc du château de chantilly, de part son parcours vélo et CAP et de part son organisation. Le parcours vélo est très plat et me convient totalement. de grandes lignes droites ou on peut emmener du gros braquet sur de longues durées. Pile ce que j’aime. Le parcours CAP est lui partagé entre entre le parc du château et l’hippodrome de Chantilly. Le cadre est agréable, le parcours facile. Coté organisation c’est anglo-saxons, et il faut avouer qu’ils savent faire. On sent qu’ils ont la culture du triathlon. C’est simple mais efficace, loin des machines a fric rencontrés des fois sur des épreuves, et avec une vraie volonté d’intégrer le plus de personnes possibles a la fête, participants et accompagnateurs.
La surprise de l’organisation cette année c’était le départ a 07H ! Quand on sait qu’il faut être la au moins une heure avant pour le retrait des dossards, la préparation du matériel et le brief, ça vous donne une idée de la rudesse du réveil pour un dimanche matin. Surtout quand on est sorti un peu la veille. Mais finalement c’est une surprise qui m’a servi en fin d’épreuve…(teasing) !
La préparation est magique, arrivée sur le parc de nuit, on voit le soleil se lever sur le château de Chantilly et sur le bassin. Il fait 07°, c’est frais, surtout avec les pieds dans l’herbe en claquettes ! Le bassin est nappée de brume, annonçant une différence de température. Différence confirmée, l’eau est a 21°. La brume rajoute a appréhension de l’épreuve a venir. Les affaires sont prêtes, il est temps de descendre au bassin, au sens propre. C’est une des particularités de cette course, le parc est assez loin du bassin, et surtout il faudra monter les marches magistrales du jardin a la sortie de la natation. Briefing en anglais et français, car il y a beaucoup de participants anglais. Bizarrement ce sont les français les plus dissipés au brief 😉 . Il est temps de s’immerger; le départ étant donné dans l’eau.
Mise a l’eau donc, ça rigole en entrant dans le bassin. J’y vais a mon tour et je comprends. On a pieds, mais on marche sur une épaisse couche de vase. C’est le principe d’un bassin quasi-stagnant. L’avantage c’est que ce n’est que de la vase, le parc étant fermé au public, on ne tomberas pas sur un vélo ou une voiture. L’inconvénient c’est que le bassin n’a pas du être nettoyé depuis longtemps. Tout le monde en ligne, quelques uns tentent de gagner quelques centimètres au départ, mais les arbitres sont intransigeants, donc on perd 2 a 3 minutes le temps que tout le monde se réaligne. Départ, mise de la tète sous l’eau…on ne voit rien du tout. L’eau est noir de la vase remuée par tous ces furieux, encore une fois, ça bastonne sec. Je prends des algues sur les mains et les pieds. Premier virage, ça tape, Ça bouillonne, donc la vase remonte encore plus, ça pue ! On ouvre sur une ligne droite, ça crée des espaces, je peux nager a peu près peinard, en me battant avec les algues. Arrivé au demi tour, resserrage de tous les nageurs sur la bouée, rebelote, vase, coups. Certains passent même le virage en marchant ! Puis une longue ligne droite de presque 1 km pour traverser tout le bassin. Encore une fois les algues perturbent vraiment la nage. Pas moyen de nager bras tendus, sous peine de récolter des poignées d’algues. Certaines s’accrochent a ma montre, a mes lunettes. C’est particulier. Re demi-tour, ce qui veut dire retour vers la sortie. Je me sens bien, je pense avoir été propre, je mets un peu de jambes très tôt pour pouvoir être le plus apte possible quand je vais me relever pour les escaliers. On longe le bord du bassin, il y a des spectateurs qui encouragent, le soleil baigne maintenant le bassin et le jardin. On distingue le château au loin. C’est beau et ça met de bonne humeur de nager dans un décor pareil. Ça fait un peu passer la brûlure qui commence a monter dans les bras. Dernier virage, il reste 50m avant la sortie, j’accélère un peu, essaye de mettre le pieds sur le ponton, et….me vautre, les deux pieds bien profond dans la vase ! J’arrive a monter, sort de l’eau, il faut maintenant courir a travers les jardins et monter sur l’esplanade jusqu’au parc a vélos. Transition éclair, il va faire chaud, donc j’enfile juste mon casque et la ceinture porte-dossard, attrape le vélo et court vers la sortie. J’ai travaillé les montées/descentes de vélo pendant les vacances donc je suis a l’aise, saute sur le vélo en doublant trois personnes qui galèrent a partir, le tout en souriant, c’est parti pour 90 bornes de kiff !

La particularité du parcours vélo, et une des seules difficultés, est la sortie du parc du château sur du chemin caillouteux. 1 Km a parcourir ou ça tape dans les bras, c’est instable, et j’ai très peur de crever juste au départ. Ça se passe bien, je rejoins la route et j’appuie. J’ai de suite de très bonne sensations, je reprends vite du monde. Il y a aussi beaucoup de cyclotouristes qui font leurs sorties dominicales et qui se demandent d’ou viennent ces avions qui doublent a tout va. Car oui, avec presque 500 dossards (individuels + relais), ça fait du monde sur la route. Je continue de remonter, de doubler, ça me blinde le mental. Je sais que je vais vite, mais je ne veux pas regarder la montre. La première boucle de 45 km avance vite. Les ravitaillements se passent bien. Il est encore tôt, mais je bois beaucoup et mange un peu. Suite a Deauville, j’ai changé de stratégie, je ne mange que des compotes et des bananes. On roule sur de grandes lignes droites, plates, ça envoie du gros. On arrive a la fin du premier tour, je ravitaille a 35Kmh, sur ma gauche des cyclistes sortent du parc du château, ce sont les participants du courte distance qui sont partis après nous. Je ne me déconcentre pas, car entre le ravito, les ralentisseurs, les autres vélos et les spectateurs, je me dis que c’est chaud ! Le temps d’y penser que le coureur devant moi claque un ralentisseur et s’envole. Je passe a coté pendant que lui et son vélo retombent. J’entends les bruit froid du vélo sur le béton et le bruit sourd de l’homme claquer sur le sol. Je freine, regarde, je vois des gens courir sur lui, comme on est juste a la sortie du parc, il y a un camion de la sécurité civile qui est la. Je roule en me demandant si j’aurais pu faire quelque chose, mais non, il y avait du monde certainement plus qualifié que moi. Je relance m’éloigne du château pour retomber sur la départementale. Il y a beaucoup de monde sur la ligne droite devant moi. Les dossards rouges (courte distance) se sont mêlés aux dossards blancs (longue distance). Intérieurement je souris. Je doublais déjà beaucoup quand il n’y avait que les blancs, maintenant ça va être la boucherie. Et effectivement ca été 40 Km de zigzag pour doubler des vélos. Plus je doublais, plus je me sentais bien, plus j’allais vite. Un tel état d’euphorie que même les secteurs pavés ne m’ont pas ralentis. Bien calé sur mon 52×13 (les cyclistes comprendront), a l’aise sur les prolongateurs, je passe tout a fond. Les faux plats, les virages, les ronds-points, les voitures suiveuses (!). C’était tellement rapide que je suis presque déçu quand je vois que l’on se rapproche de Chantilly. Je ralentis un poil, histoire de reposer un peu les jambes. Retour sur le chemin dans le parc du château. Transition efficace (travaillée aussi pendant les vacances). Il n’y a pas beaucoup de vélo dans le parc. Je suis placé dans le premier tiers. Je regarde la montre avant d’arrêter le chrono vélo : 2H37 au 90Km. Bien sur je suis encore loin des pros, mais c’est mon nouveau record sur un tri. Je pose le vélo, regarde mon slot. Chaussettes ou pas ? je jauge le temps, assez chaud pour ne pas avoir froid, assez froid pour ne pas trop transpirer, je chausse les runnings pieds nus. Bandana sur la tète, je ressors du parc pour 21Km de course…GO !
L’euphorie du vélo dure encore un peu, mais je redescends vite sur terre. Sur mes jambes, je sens mon poids, surtout en début de parcours qui se passe dans la foret. Je ne rebondis pas sur ce sol terreux. Je me cale sur un 11Km/H et attends du sol plus dur et moins accidenté. Je sais aussi que Sandra et les enfants doivent venir avec Alain et Lilianne. Je ne sais pas si je les verrais sur le premier ou sur le second tour, mais je devrais les voir. Je divague un peu le temps d’arriver au premier ravito. Même règles que sur le vélo : pas de gel, que de la banane et de la boisson iso. On sort des bois pour arriver sur l’Hippodrome. Il ne fait pas trop chaud (merci le départ a 7H!). Et la c’est un des moments les plus difficile mentalement de la course. Il faut faire le tour de l’hippodrome soit deux longues lignes droites de presque 3Km chacune. C’est monotone, on ne se voit pas avancer. Finalement j’en sors, prend mon deuxième ravitaillement, passe le musée du cheval avant de tourner vers le parc du château. Je rentre dans le parc, et la juste après un virage, je vois la famille. Je vois qu’ils hésitent en me voyant, je ne suis pas sur qu’ils m’aient reconnu tout de suite ! Je m’arrête pour les embrasser. Clement va me suivre un peu dans le parc. Apres 500 m je lui demande de faire demi-tour pour retourner avec Sandra. Je continue. Je suis fatigué mais sur-motivé. Je reviens sur le château, passe devant le bassin, et regarde le chemin pour rejoindre le second tour…ah merde il faut remonter la même qu’a la fin de la natation (logique me direz-vous). On ne passe pas par les escaliers, mais la pente casse quand même les pattes. Je commence le second tour, je vois des participants arriver en vélo. Cela fait déjà 50mn que je cours, je me dis qu’ils ne sont pas prêts de finir. Égoïstement ça me fait du bien ! Je prends le ravito et repars dans la foret. Je profite de l’ombre pour récupérer un peu, mais je me maintiens sur ma vitesse. Je reviens sur l’hippodrome. Avec la fatigue le deuxième passage est vraiment interminable. Il y a encore du monde sur le chemin. Il y a les triathlètes des deux distances, et aussi un 10K et un 21K de course a pieds. Je suis moins impérial que sur le vélo, mais je me défends. Je repars dans mes pensées pendant le retour vers le château. Je réfléchis au temps. Je ne connais pas mon temps de nat, mais je pense que je vais pouvoir approcher les 5H30. Apres Deauville, rien que d’y penser ça me fait du bien. Le temps de sortir de mes rêveries que je reviens dans le parc du château, il me reste 2 Km. Coucou la famille. Clement et Léa se lancent a ma poursuite. Je glisse un mot : RV a l’arrivée. Je rejoins le bassin avec Clement sur les talons, Léa a lâche l’affaire. J’accélère un peu en apercevant le château, je devine l’arche d’arrivée, entends le speaker annoncer les noms des finishers. L’arrivée est un escargot autour des fontaines, des escaliers. Des barrières sont placées pour ne laisser qu’un couloir, des spectateurs sont massés tout autour. Ça encourage fort. Je tourne, tourne et au détour d’un virage, passe l’arche, comme ça, sans même l’avoir vue venir !

Je récupère ma médaille, arrête la montre, j’ai légèrement dépassé les 05H30, mais je suis content. Clement me rejoins dans le SAS d’arrivée. Je vois Sandra arriver. Il est 12H30 donc je me jettes sur le buffet. La encore on est a l’anglaise. Alors que d’habitude on est sur des gâteaux des fruits secs et du sucre, la on a droit a un vrai buffet. Salade, bœuf froid, poulet. Si Sandra ne m’avait pas prévu mon pique-nique, j’aurais dévalisé le buffet !

Je retourne au parc récupérer mes affaires. Maintenant il y a beaucoup de vélos sur le parc, donc peu de monde arrivé. Je me sens bien. D’autant que je sais que maintenant c’est l’heure du pique-nique en famille dans le parc du château. Un des autres plaisirs de cette épreuve. On s’assieds dans l’herbe pour pique-niquer en encourageant ceux qui courent encore. Les enfants s’amusent dans le parc. On rejoins le « village épreuve » ou ils ont installés des jeux gonflables et un mur d’escalade pour les enfants. On profite de l’après-midi. En partant, une petite glace avec de la vraie chantilly (on ne pouvait pas faire autrement !) dégustée en rejoignant la voiture.
Voila c’est pour ça que j’aime cette course, parce que le parcours me plait et me conviens, parce qu’il y a une vraie convivialité entre tous les participants des diverse épreuves, et parce que je peux aussi partager ces moments avec la famille. J’y reviendrais certainement en fonction des mes calendriers des prochaines années, car j’y prends vraiment du plaisir.