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Iron Man Nice : A rude épreuve

L’iron Man de Nice, mon objectif pour 2019 et pour être honnête, un but que je garde de coté depuis des années. En effet c’est l’Iron Man français historique, celui dont même les non-initiés ont déjà entendu parler. 2 ans donc après Embrun, c’est au tour de Nice, course labellisée Iron Man. Un des parcours les plus difficile des courses labellisées, mais qui fait rêver. En effet le parcours de Nice, dans les Alpilles est certes très beau, mais c’est les alpilles…ça monte. Bien évidement « ce n’est pas Embrun ». Cette phrase entendue, répétée, ingérée a certainement été ma plus grosse erreur. Donc commençons par le début, la préparation.

Pour changer, j’ai fait quelques paragraphes sur ma préparation. Pour aller directement a la course, Cliquer

La préparation physique : « ce n’est pas Embrun »

Dès le départ, ma plus grosse crainte pour cette course a été la chaleur. En effet après avoir souffert l’année dernière a Deauville, je me demande vite comment je vais pourvoir supporter Nice. D’autant que mon entrainement se passe quasiment exclusivement aux heures les plus fraîches de la journée (matin et soir). J’ai bien pensé a m’entraîner le midi au boulot, mais les conditions de travail de cette années ont été trop contraignantes pour ajouter des séances de course en plus des séances de natation. Pas mieux coté météo cette année. En effet avant Juin peu de clémence et beaucoup d’alternance de période beau/pluie et donc des températures qui ne montent pas et peu de périodes de beau temps continue qui permettent un vrai travail qualitatif. Je roule et cours donc par temps frais, sous la pluie, avec du vent, mais rarement a des températures élevées. Même problème pour la natation en eau libre. La température de mes spots de nage ne monte pas, et donc c’est difficile de prendre des sensations d’eau libre quand 80% de mes sessions sont en piscine. Donc je me répète que toutes ces sorties compliquées, celles ou il faut se mettre un coup de pied au cul pour se motiver a sortir, me renforce le mental. Et puis physiquement ça devrait passer, après tout, ce n’est pas Embrun !

La préparation mentale : Oui mais ça reste un IronMan

La préparation physique ayant été difficile, il va falloir compter sur le mental. Le problème, c’est que le mental est conscient du physique et que c’est difficile a un moment de se convaincre que ça va aller. Alors il faut travailler, se blinder et surtout arrêter de penser que parce que tu as fini Embrun une fois, tu es subitement infaillible sur longue distance. A force de répéter que Nice était moins dur qu’Embrun, je me suis presque convaincu que ça allait être facile. Grave erreur que je paye cash lors de mon premier Half de la saison. Il faut redresser, changer de préparation, mais on est déjà en avril, j’ai déjà 4 mois de prepa, il en reste (que!) deux, dont un pour l’affûtage. C’est la merde ! Je fais le malin devant tout le monde. Si j’ai réussi a me convaincre que ça allait être facile au point de me mettre a ce point en difficulté, je dois aussi réussir a me convaincre que c’est possible de rattraper le retard. De toute façon, a deux mois de l’épreuve pas question de reculer. Alors je continue, renforce mes séances me fait mal avec ce leitmotiv « plus l’entrainement est difficile, plus la course est facile ». Un mois complexe donc avant d’arriver a la période d’affûtage.

J-30 : Affûtage.

La préparation dure est finie, il est temps de refaire les réserves, de reposer les muscles et de perdre les derniers kilos avant la course. Temps aussi pour définir une « stratégie de course ». Repérer les points durs de la course, les spécificités des transitions, voir le parcours sur Google Maps, les ravitaillements, tous les petits détails qui peuvent se révéler toxiques le jour de la course. Temps aussi d’organiser les derniers détails du voyage. En terme d’organisation Embrun était simple. Le camping est quasiment dans le parc a vélo, le lac a 50m, pas de question a se poser. Et puis c’est le 15 Aout, en pleine période de vacances, les enfants confiés a Papy et Mamie, Sandra au repos sur un week-end prolongé, pas de questions non plus. Les vacances en famille étaient passées j’avais pu me reposer et avoir un régime alimentaire adapté. Nice c’est autre chose, c’est le 30 juin. Pas de repos donc surtout que les derniers mois ont été difficiles et stressants au boulot. L’organisation pour les enfants qui ne sont pas encore en vacances est plus complexe. Surtout sur une année de transition pour les deux enfants. Les demandes de RV avec les instits s’enchaînent, les sorties de fin d’années et on aura beau réfléchir et calculer, je ne pourrais pas être la pour tout et les enfants vont devoir manquer deux jours d’école. De quoi se culpabiliser gentiment. Et puis juin c’est l’anniversaire de Clément, ses 10 ans. Pas question de sacrifier le plaisir de la fête en famille au nom du régime alimentaire. Donc autant dire que les derniers kilos ne sont pas partis ! Plus on se rapproche de la date et plus les nouvelles déstabilisantes s’entassent autant en perso qu’en pro. Heureusement ma dernière course 15 jours avant Nice se passe bien et me rassure sur mon physique. On arrive au jour du départ. J-5.

Le road Trip : La grande aventure.

Comme pour Embrun le trajet est prévu en camping-car. De quoi déconnecter du brouhaha de la vie quotidienne, discuter gentiment et rentrer doucement dans l’apaisement régénérant nécessaire a ce type de course. Avec mes supporter – préparateurs mental – cuisinière qui prennent soin de mon physique et de mon mental, pas de raison de stresser pour le voyage. Je commence donc le voyage serein. Un pincement de laisser Sandra seule avec les enfants pour une semaine. Le temps de passer Paris et a peine deux heures après le départ, le camping-car tombe en panne sur l’A6. J’ai beau être d’un naturel optimiste, ça me met un coup quand même. J’essaie de rester confiant, mais intérieurement c’est le bordel. Je réfléchis a mes autres options pour descendre. Certes je ne suis pas loin de Paris et je pourrais attraper un train, mais avec un vélo et 4 sacs ça va être compliqué. Sans parler du tarif prohibitif. La dépanneuse arrive, nous amène a un garage, 5mn plus tard le camping-car est réparé, on va pourvoir repartir, la pression retombe. On en rigole pas tout de suite mais presque. La route continue, pause repas, on repars…et re-panne ! On est au fond de la brousse, près de Nevers, et la j’ai le cerveau qui pars en couilles. Deux pannes de suite, il y a deux solutions possibles, soit ça a été mal réparé la première fois, soit c’est plus grave. Et ici pas de solutions de secours en vue. Il n’y a pas de TGV a Nevers. J’ai du mal a encaisser le coup. Malgré l’arrivée du dépanneur, de son coté rassurant et sympathique, j’ai vrillé. 6 mois a se demander comment finir une épreuve mais je n’avais pas prévu de ne pas voir la ligne de départ. Heureusement le meccano de la brousse répare, nous explique qu’il ne devrait plus y avoir de problème et on reprend la route. Avec tout ça on a perdu presque 5H et il y a ce petit truc qui trottine dans la tète « demain c’est la montagne, si ça recommence c’est la merde ! » Le voyage finit finalement bien, on arrive au camping le jeudi soir comme prévu. Le camping a le mérite d’être calme, je vais pouvoir me concentrer sur le vrai sujet.

La folie Ironman

Le vendredi c’est retrait du dossard et donc visite du village. Et pour le coup, oui c’est un village. L’installation est impressionnante, une aire de transition grande comme le champ de Mars, un parc a vélo pour 3000 concurrents soit presque 3 fois Embrun. Et cette particularité, des rangées d’étendages pour les sacs de transitions. Car oui ici les affaires ne sont pas avec le vélo. Ça se comprend pour éviter la cohue dans le parc, mais ça implique de faire plus de chemin a chaques transitions. Je récupéré mon dossard et mes sacs de transitions. C’est pro. Malgré le monde ça va vite, c’est efficace et bonne ambiance. C’est une très grosse organisation, mais ça reste du triathlon, donc ça rigole, ça chambre, ça discute des épreuves déjà réalisées et ça s’inquiète. Déjà c’est un Iron Man donc forcement ça s’inquiète, mais aussi il fait 40° sur la promenade. La visite du village continue, la tente IM est immense et remplis de produits siglés, sacs, gourdes, t-shirts, tout ce qu’il faut pour remplir les caisses de l’organisation. Les tentes après se visitent en chaland. Beaucoup de partenaires, et des pros du tri sur le stand Hoka. Tous les sponsorisés Hoka sont la pour un événementiel, encore une fois c’est bon enfant, on peut regarder les produits en vente, des vélos et du matos de fous. A la tente de l’orga on peut discuter du parcours et d’autres points et la personne avec qui on discute lâche une phrase « il y auras des annonces concernant la chaleur ce soir au brief ». On repars tranquillement. Je suis rentré dans l’ambiance et dans l’état d’esprit tri. On retourne au camping ou je commence a préparer mes sacs que je dois déposer le samedi, et la nouvelle tombe : le parcours est raccourci a cause de la chaleur ! C’est le seul moyen qu’a pu avoir l’organisation pour ne pas devoir annuler la course. Sur les réseaux sociaux c’est la guerre, la déception est grande pour tout le monde. En naviguant un peu je vois que toutes les autres épreuves prévues ce week-end dans la région sont annulées pour cause de canicule. Alors oui ça va être plus court, mais au moins on pourras courir, et oui ça va rester compliqué quand même. Le samedi c’est dépôt des vélos et des sacs de transition. L’entrée dans le parc est étagée pour éviter les bouchons des 3000 furieux qui veulent poser leurs vélos. Je repère en même temps, les entrées et sorties, le numéro de l’allée, prend des points de repères pour éviter de me perdre le lendemain. Je commence a vraiment rentrer dans l’ambiance, un peu tendu, un peu apeuré et très impatient. J’ai attendu deux ans pour revenir sur un Iron et en plus je suis ici dans la Mecque du triathlon français. La prom’ grouille de personnes qui partagent ma passion et n’ont qu’un idée en tète…prendre le départ ! On visite un peu Nice pour aller chercher les clés de l’hôtel, on prend le temps et puis viens l’heure de laisser partir mes supporter et de m’isoler. Je vais chercher mon repas du soir, mon casse-croûte du lendemain et puis j’essaye de dormir. En gros j’ai dormi deux heures. On est le 30, il est 4H15, départ dans deux heures.

Aparté

Arrivé la vous pouvez vous dire que ce n’est pas un CR de course et pourtant j’avais envie de raconter aussi cette partie. Parce que la course est bien sur impressionnante, mais finalement, pour moi, c’est cette préparation, l’état d’esprit avec lequel je vais arriver le matin de la course qui va être le plus important. C’est le fait d’avoir repéré, préparé, prévu un certain nombre de points important de la course, le fait d’éviter au maximum les surprises et l’improvisation pendant toute la durée de la course qui va déterminer si je vais m’amuser et donc performer sur une course ou le mental et le physique se soutiennent et se rejettent a tour de rôle.

« You are an IronMan ! »

Le jour n’est pas encore levé sur Nice, je sors de l’hôtel et me dirige vers la plage, musique dans les oreilles. Il fait déjà chaud. Un appel, mes parents sont déjà devant mon slot au parc a vélo. Ils ont été encore plus matinaux que moi ! J’arrive a parc, dis bonjour, il est encore tôt mais il y a déjà beaucoup de monde. Une particularité des course labellisées c’est qu’il n’y a rien au sol dans le parc a vélo donc il faut aller déposer ses dernières affaires un peu plus loin. Dépose également du casse-croûte pour le col de l’Ecre. Le jour se lève, le speaker est déjà a fond et les participants autour de moi aussi. Je reste dans ma routine, placer les gourdes, la bouffe sur le vélo, toilettes, combi, lunettes. Je suis un des derniers dans le parc a vélo, j’ai pris mon temps. et c’est quand même un spectacle impressionnant ces 3000 machines alignées, prêtes a partir, et la voix du speaker, la-bas sur la plage qui chauffe les participants et les spectateurs. Je me dirige maintenant vers la plage, sans me presser. Le départ est en « Rolling-start » (départ non massif mais en sas en fonction des temps de nage prévus) et je pars dans le 3eme sas, donc j’ai un peu de temps. J’arrive sur la plage, me place dans le SAS 1H15, départ des pros dans quelques minutes. Il y a beaucoup de spectateurs perchées au dessus de la plage. L’arche de départ devant moi, on voit le parcours en entier contrairement a Embrun et son départ de nuit. Malgré les 26° dans l’eau la combi est autorisée, sauf qu’attendre 15 mn engoncé dans une combi néoprène quand il fait déjà presque 25° dehors, ça fait suer ! J’ai des gouttes de sueur qui perlent sous le bonnet de bain, la pression monte en même temps que la température. Le départ en Rolling-Start, s’il est vrai qu’il est pratique pour des épreuves avec autant de participants enlève un charme des courses : le départ au coup de feu. Et c’est vrai qu’on avance gentiment vers l’eau, mais il n’y a pas cette poussée d’adrénaline du départ franc, brutal, de cette libération du coup de feu qui marque le début de l’épreuve. On rentre donc dans l’eau calmement, il n’y a pas de bagarre au départ. J’entends la voix du speaker faiblir au fur et a mesure que je m’éloigne de la plage. La première boucle est un rectangle de 800m de coté, donc tout droit pendant 800m. On passe les bouées une a une pour arriver au premier virage. Ça touche un peu puisque tout le monde veut passer au plus court. Rien en vu devant a part la mer plate, morne. La vue de la montagne autour du lac de Serre-Poncon me manque. Virage a droite, deux bouées a passer et on retourne vers la plage. tout droit pendant 600m, trois bouées (c’est le repères que j’avais pris pour mesurer mes distances !) virage a droite aux grosses bouées jaunes vers la deuxième boucle, en triangle. La bouée de virage est loin, et il n’y a pas de bouée intermédiaire, c’est un peu long, surtout quand on a déjà 2000m dans les bras. Virage a gauche, une fois, virage a gauche deux fois, retour vers la plage. En levant la tète je vois l’arche de sortie de l’eau et du monde encore perché sur la digue. Finalement je n’ai pas souffert en natation. Je remet un peu de jambes pour accélérer un peu, passe entre les deux bouées marquant le point de passage, me rapproche de la plage. J’ai dévié un peu a gauche en voulant accélérer, je ne suis plus aligné avec la planche. Je rétablis la trajectoire et vois un nageur encore plus a gauche que moi, il va faire 25m de plus ! Sortie de l’eau, la voix du speaker rythme la remontée vers la prom’.

Arrivée en haut il faut avancer vers le parc…non pas vers le parc, mais vers l’aire de transition. Et oui ce n’est pas comme ailleurs ! Arrêt donc dans l’aire de transition il y a du monde, je ne suis pas trop a la rue. Je prend mon sac T1, sors mes affaires de vélo. Un membre de l’organisation rappelle les règles, il faut remettre la combi dans le sac T1 et jeter le sac dans les grands bacs derrière les chaises. Heureusement qu’il est la car sa voix est un vrai repère. Entre le stress de la course, la perte de repères liée a la natation et l’agitation ambiante, on a vite fait d’oublier quelque chose. Un autre membre de l’orga est la pour passer de la crème solaire sur la nuque. Pas de refus, le soleil tape déjà fort. Prêt pour le vélo, je jette mon sac T1 et me dirige vers le parc a vélo, arrêt a la table rafraîchissement. Même si je n’ai pas soif sur l’instant je sais que je dois boire…beaucoup. Je me dirige vers mon slot, prend le vélo sors du parc et go.

Le vélo : Seulement 152 Km ?

D’abord se taper toute la prom’. C’est plat, idéal pour chauffer les jambes, je roule bien. Il y a beaucoup de cyclistes autour de moi. A l’aller elle passe vite (spoil !). On sort de Nice, passe Saint Laurent. Le premier ravito arrive, je ne m’arrête pas mais change les deux gourdes. Depuis le début je bois beaucoup. On passe devant le camping, chiche je m’arrête la et je retourne me coucher ! Ensuite on monte assez rapidement vers l’arrière-pays. J’ai des bonnes jambes et je double pas mal dans cette première montée. J’hésites a accélérer encore, mais je préfère rester sur un rythme longue distance. On arrive dans des paysages magnifiques, c’est vallonné. Pas difficile mais de quoi y laisser un peu de force. Ravito, je bois encore. J’ai mal au ventre de boire autant d’un coup, mais je suis convaincu que c’est la bonne chose a faire. Et on arrive au pied du col de l’Ecre, on va monter pendant 20 Km. En soit rien de difficile, sauf qu’il fait très chaud. Les secours sont déjà a l’oeuvre, regardent, interrogent le moindre coureur qui semble en difficulté. Je suis rassuré, ils ne me parlent pas, je dois paraître encore frais ! Certains font des pauses sur les quelques points d’ombre, d’autres semble vraiment en difficulté, la chaleur enroule les coureur, par dessus et par réflexion sur la route. En roulant aussi lentement (je ne suis pas un grimpeur !) il n’y a pas d’air du tout. Je bois, bois encore, je fais moins le malin. Des gens que j’ai doublé avant me redoublent. A part compter les Km je n’ai pas de repères sur la distance restante avant le sommet. En plus le parcours ayant été raccourci, notamment au début, les repères kilométriques que j’avais noté se révèlent faussés, donc je suis dans l’inconnu. J’arrive enfin au sommet, Km 64, il en reste 90.

Pause repas au sommet, récupération du ravitaillement perso. Je ne reste pas longtemps. Autant la montée m’a paru longue pendant, autant je me sens bien, pas entamé, j’ai hâte d’enquiller la descente. Sauf qu’on ne descend pas tout de suite, on reste un peu sur le plateau. Bien sur c’est moins dur, mais ça ne repose pas non plus. Bien sur c’est beau, mais ce n’est pas amusant.

La première descente arrive enfin. Je peut commencer a jouer ! Ça tourne, ça freine, ça relance : un kiffe. La route est belle de quoi rouler vite. Mais a peine le temps d’avoir mal aux bras de rouler comme ça et on remonte direct. Sur la carte ça ne parait pas long, mais je souffre. Je bois toujours beaucoup, je sais que pendant la course a pieds ça va être compliqué de manger et boire donc je fais des réserves. Arrivé en haut de la seconde difficulté, Km 106 je vais enchaîner sur 40 Km de descente. Et la encore ça va très vite avec des pointes a plus de 90Km/H. Je soigne les trajectoires, double des concurrents qui freines comme des lâches dans les virages. Les jantes carbones sont précises dans les virages, le vélo semble tellement léger a emmener, du pur plaisir. Je me venge de tout ce que j’ai souffert dans les montées. Contrairement a Embrun, il n’y a pas de montées juste avant de poser le vélo, je lâche tout ! Je roule dans les caniveaux pour éviter les ralentisseurs, passe dans les villages a des vitesses ou un autre jour on me retirerais le permis. Et puis on reviens a Saint-Laurent, fin de la récré. Dernier ravitaillement, je bois, mange et échange encore une gourde pour les 10Km restants. Retour sur la prom’, je passe devant l’aéroport et vois le demi-tour du parcours CAP. Je me dis que je suis bientôt arrivé. Sur le principe oui 5k c’est pas long, sauf qu’elle me parait interminable cette dernière ligne droite. J’ai envie de poser le vélo, et je ne vois pas arriver le parc. Je serre les dents fini le vélo sans forcer en essayant de profiter de la vue de la mer mais je suis harassé par la chaleur. Le retour en front de mer veut aussi dire moins d’air qu’en altitude. La encore la chaleur viens de partout au-dessus, en dessous, ça réverbère aussi sur les bâtiments. Et la en regardant un peu autour de moi, je remarque un coureur allongé dans l’herbe, les secours sont avec lui. C’est le premier que je vois, pas d’inquiétude, il y en a toujours sur ces courses longues.

J’arrive enfin au parc, la descente du vélo est douloureuse. Je pose le vélo, retire les chaussures a cales et file pieds nus vers l’aire de transition. Je prends le temps. Pas de massage ici contrairement a Embrun. Par contre, comme a Embrun les premiers on déjà fini. J’entends que Van Lierde 5 fois vainqueur ici a eu un coup de chaud et a du ralentir, il ne gagnera pas cette année. Mais ça fait surtout prendre conscience du caractère exceptionnel de cette édition et des conditions météos. Si même des gars de ce calibre la doivent gérer malgré les distances raccourcies, alors je dois faire attention. Enfilage de chaussures, crème solaire, casquette (manque de cheveux oblige !), ravito solide et liquide et c’est parti pour 30 km a pieds…

CAP : Cuisson a l’étuvée

J’ai évoqué la longueur de la promenade, 5km de ligne droite, et bien voila le parcours de course a pieds. 3 allez-retour de ligne droite en plein soleil. Dés le départ la chaleur est handicapante. Sur le vélo je ne sentais pas mon poids, sur les jambes je comprends l’expression « sale temps pour les gros ».

L’orga a prévu un ravito tous les 2km et des arches d’arrosages. Je les ai vu en finissant le vélo, j’ai hâte d’y passer. Par contre un sujet commence a me tourner en tète, je n’ai pas vu mes parents sur tout le vélo, et je ne les ai pas vu sur le début du parcours CAP. Qu’est ce qui leur est arrivé ? Pas le temps de réfléchir, et pas moyen non plus, il y a du bruit autour. Des spectateurs qui encouragent, oui mas pas que. Il y a aussi la sirène des secours. Incessante, je remarque les camions des pompiers et de la sécurité civile qui tournent en permanence, et je prends conscience de toutes les personnes en difficultés, arrêtés sous les arbres, en déshydratation ou simplement au bout. Je suis sur un petit rythme de 11Km/h. Je sais qu’a cette vitesse, je peux tenir longtemps. Je passe sous les arches d’arrosage, bois encore beaucoup, par contre je ne vois toujours pas le demi tour et donc la fin des 5 premiers Km. Quelle est longue cette saloperie de prom’ ! Je passe l’aéroport, et ça y est, je vois les bénévoles qui sont au demi-tour. Je tourne, j’ai un peu de mal a relancer mais ça passe. Je longe maintenant l’aéroport, il fais encore plus chaud qu’avant. Je comprend que les mouvements des avions juste derrière le grillage réchauffe encore l’air ambiant. Je ne pensais pas que c’était possible. J’ai maintenant des repères visuels sur le parcours car je me refuse a regarder le décompte des Kms a la montre. Même technique qu’a Embrun, je compte les tours. 3 tours c’est moins déprimant que 30Km ! Je longe maintenant la plage toujours sur mon petit rythme de croisière et arrive derrière deux géants qui marchent. Autour d’eux tout le monde a l’air encore plus enthousiasmé. Un des deux, 2m, blond des épaules gigantesques et tatouées mais des jambes anormalement fines pour un triathlète. D’ailleurs ils marchent, traînant leurs grandes carcasse sous la chaleur. Je double et comprend l’excitation des spectateurs, c’est Camille Lacourt. Intérieurement et presque méchamment, je prend plaisir a le doubler. Il fait moins le mariole le champion olympique ! Au ravitaillement il n’y en a que pour lui, mais son visage est marqué, fatigué, mais globalement comme tout le monde autour. Je me rapproche de la fin du tour et donc de l’arche d’arrivée que je vais éviter deux fois. Et je commence a entendre le speaker. A chaque participant qui passe la ligne le speaker cite son nom suivi de la phrase magique « You are an IronMan ». Et ce speaker, cette phrase me mettent un magistral coup de fouet. Je n’avais pas prévu d’abandonner mais maintenant ça deviens impossible. Je veux ça. Je veux ma photo sous la mythique arche rouge et noire. Je veux devenir un IronMan. Je passe a coté de l’arche, prends mon bracelet synonyme de fin de premier tour, demi tour je repars dans l’autre sens.

Et la quelques mètres, je vois mes parents sur le bord de la route. Ça fait du bien et ils ont l’ai content de me voir aussi. Je ne sais pas si ma tète était encore correcte a ce moment la, mais je souffrais déjà. En repartant vers l’aéroport, on s’éloigne aussi un peu de la ferveur ambiante près de l’arche d’arrivée. Il y a moins de spectateurs, mais les bénévole aux ravitos mettent l’ambiance, encourageant tout le monde. Il y a de tout a ces ravitos, a manger, a boire, les stands sont nombreux et il n’y a pas de bouchons. Je reste sur du standard, bretzels, eau pétillante. Il devient important de renouveler le sel évacué par la transpiration. Je ne me sens pas en faiblesse donc je laisse les gels et boissons isotonique. En plus j’ai pas vraiment envie de sucré. Par contre j’ai une dalle ! Je n’ai pas mis de sac de ravito perso pour la CAP, donc ce sera tout aux Bretzel et un peu de bananes. Difficile maintenant de repartir après le ravitaillement donc je marche un peu. Les secours sont de plus en plus présents et il y a beaucoup de participants au sol, je commence a en voir des perfusés aussi. Et bim dans ma tète de coureur euphorique ! Fais gaffe a toi, pour passer l’arche, il faut arriver jusqu’à l’arche. Demi tour, 15Km parcourus, la moitié de la CAP. Il reste 15Km soit environ 1H30 si je ne traîne pas trop. La chaleur redescend un peu, mais je décide de finir le deuxième tour calmement en alternant course et marche. A l’arrivée de la fin du deuxième tour mes fans sont la, certainement un peu déçus de me voir marcher, mais je préfère assurer. Le speaker est la encore, les arrivées s’enchaînent. Fin du deuxième tour, je prend mon second bracelet. Je profite de l’ambiance pour relancer et repartir en course. Reste 10 Km, un aller-retour. C’est le moment de lâcher ce qu’il me reste….sauf qu’il me reste pas grand chose :-). Je passe le premier ravito sur mon chemin mais plus moyen de manger maintenant, même boire un verre me pète le bide. Je me force a boire quand même, doucement par petite gorgées, ça doit passer. Je ne passe plus sous les arrosages maintenant, ressortir mouillé des douches me fait frémir de froid, un comble quand il fait encore plus de 35° ! Les abandons et malaises se multiplient maintenant. Un coureur est assis sous un abris-bus, il est a peine conscient, je cherche les secours du regard mais il sont occupés a donner une perfusions a une participante. Je leur signale, reste un peu avec lui et repars dès que la sécurité civile arrive. Images difficile d’une course ou personne ne veut abandonner mais ou le corps atteint ses limites. Je suis maintenant content de m’être beaucoup hydraté avant. Je ne suis pas au top de ma forme mais je sens que je peux finir en petites foulées.

Demi-tour reste 5km. Je suis presque euphorique d’être aussi prêt du but. Devoir boire lentement me sert de prétexte pour discuter et remercier les bénévoles aux ravitaillements. Je regarde avec pitié les coureurs qui n’ont pas encore leurs deux bracelets et qui vont continuer. Je me rapproche de l’arrivée. Vu le rythme du speaker il y a beaucoup de monde qui en termine maintenant. Je vois mes parents une centaine de mètres avant l’arche. Bah oui beaucoup de participants signifie beaucoup de fans et donc difficile de se rapprocher de l’aire d’arrivée. J’arrive maintenant sur la moquette rouge et noir, il y a du bruit, des gens qui tapent sur les barrières, j’ai quasiment envie de rester la, tranquillement, a apprécier ce moment. Le speaker commence a dire mon nom, je passe l’arche au son de « You are an IronMaaaan ». Je lève les yeux sur l’arche, mon nom a coté de mon temps : 12H13. Encore une fois cette impression bizarre d’avoir « déjà » fini. Ce moment, cette arche rouge et noire je l’ai attendue, rêvée. Et voila c’est fait après « a peine » 12H d’efforts. Presque trop facile. C’est vrai qu’après tout : ce n’est pas Embrun !

Il y a encore beaucoup de monde dans l’aire d’arrivée, preuve de la puissance de cette l’organisation IronMan. Du monde sur les médailles, sur le stand des T-shirts Finisher, pour les photos. Le village est impressionnant. Je mange un peu et prend ma bière avant d’aller retrouver mes supporter qui ont également passé une longue journée, une longue semaine rythmée de péripéties et qui ont su encore une fois m’amener devant la ligne de départ gonflé a bloc. Merci, encore.

L’ambiance dans le village est incroyable, les gens qui sont la sont tous soulagés, fiers du travail accompli. Ce sont toutes des personnes normales venues faire quelque chose d’incroyable. Ils/elles profitent de ce moment de pur bonheur et de soulagement après des mois de préparation. Ce sont des IronMens. Nous sommes des IronMens

Chantilly – La renaissance

Le triathlon Half de Chantilly alias le Gauntelet. Une histoire particulière me lie a cette épreuve. En effet la première édition de cette course fut le premier Half-Ironman de ma « carrière » de triathlète. Celle qui a été le déclic pour m’aligner sur du longue distance, celle ou je me suis dit « oui tu peux le faire ».

Cette épreuve est en plus très agréable, de part son cadre, dans le parc du château de chantilly, de part son parcours vélo et CAP et de part son organisation. Le parcours vélo est très plat et me convient totalement. de grandes lignes droites ou on peut emmener du gros braquet sur de longues durées. Pile ce que j’aime. Le parcours CAP est lui partagé entre entre le parc du château et l’hippodrome de Chantilly. Le cadre est agréable, le parcours facile. Coté organisation c’est anglo-saxons, et il faut avouer qu’ils savent faire. On sent qu’ils ont la culture du triathlon. C’est simple mais efficace, loin des machines a fric rencontrés des fois sur des épreuves, et avec une vraie volonté d’intégrer le plus de personnes possibles a la fête, participants et accompagnateurs.

La surprise de l’organisation cette année c’était le départ a 07H ! Quand on sait qu’il faut être la au moins une heure avant pour le retrait des dossards, la préparation du matériel et le brief, ça vous donne une idée de la rudesse du réveil pour un dimanche matin. Surtout quand on est sorti un peu la veille. Mais finalement c’est une surprise qui m’a servi en fin d’épreuve…(teasing) !

La préparation est magique, arrivée sur le parc de nuit, on voit le soleil se lever sur le château de Chantilly et sur le bassin. Il fait 07°, c’est frais, surtout  avec les pieds dans l’herbe en claquettes !  Le bassin est nappée de brume, annonçant une différence de température. Différence confirmée, l’eau est a 21°. La brume rajoute a appréhension de l’épreuve a venir. Les affaires sont prêtes, il est temps de descendre au bassin, au sens propre. C’est une des particularités de cette course, le parc est assez loin du bassin, et surtout il faudra monter les marches magistrales du jardin a la sortie de la natation. Briefing en anglais et français, car il y a beaucoup de participants anglais. Bizarrement ce sont les français les plus dissipés au brief 😉 . Il est temps de s’immerger; le départ étant donné dans l’eau.

Mise a l’eau donc, ça rigole en entrant dans le bassin. J’y vais a mon tour et je comprends. On a pieds, mais on marche sur une épaisse couche de vase. C’est le principe d’un bassin quasi-stagnant. L’avantage c’est que ce n’est que de la vase, le parc étant fermé au public, on ne tomberas pas sur un vélo ou une voiture. L’inconvénient c’est que le bassin n’a pas du être nettoyé depuis longtemps. Tout le monde en ligne, quelques uns tentent de gagner quelques centimètres au départ, mais les arbitres sont intransigeants, donc on perd 2 a 3 minutes le temps que tout le monde se réaligne. Départ, mise de la tète sous l’eau…on ne voit rien du tout. L’eau est noir de la vase remuée par tous ces furieux, encore une fois, ça bastonne sec. Je prends des algues sur les mains et les pieds. Premier virage, ça tape, Ça bouillonne, donc la vase remonte encore plus, ça pue ! On ouvre sur une ligne droite, ça crée des espaces, je peux nager a peu près peinard, en me battant avec les algues. Arrivé au demi tour, resserrage de tous les nageurs sur la bouée, rebelote, vase, coups. Certains passent même le virage en marchant ! Puis une longue ligne droite de presque 1 km pour traverser tout le bassin. Encore une fois les algues perturbent vraiment la nage. Pas moyen de nager bras tendus, sous peine de récolter des poignées d’algues. Certaines s’accrochent a ma montre, a mes lunettes. C’est particulier. Re demi-tour, ce qui veut dire retour vers la sortie. Je me sens bien, je pense avoir été propre, je mets un peu de jambes très tôt pour pouvoir être le plus apte possible quand je vais me relever pour les escaliers. On longe le bord du bassin, il y a des spectateurs qui encouragent, le soleil baigne maintenant le bassin et le jardin. On distingue le château au loin. C’est beau et ça met de bonne humeur de nager dans un décor pareil. Ça fait un peu passer la brûlure qui commence a monter dans les bras. Dernier virage, il reste 50m avant la sortie, j’accélère un peu, essaye de mettre le pieds sur le ponton, et….me vautre, les deux pieds bien profond dans la vase ! J’arrive a monter, sort de l’eau, il faut maintenant courir a travers les jardins et monter sur l’esplanade jusqu’au parc a vélos. Transition éclair, il va faire chaud, donc j’enfile juste mon casque et la ceinture porte-dossard, attrape le vélo et court vers la sortie. J’ai travaillé les montées/descentes de vélo pendant les vacances donc je suis a l’aise, saute sur le vélo en doublant trois personnes qui galèrent a partir, le tout en souriant, c’est parti pour 90 bornes de kiff !

La particularité du parcours vélo, et une des seules difficultés, est la sortie du parc du château sur du chemin caillouteux.  1 Km a parcourir ou ça tape dans les bras, c’est instable, et j’ai très peur de crever juste au départ. Ça se passe bien, je rejoins la route et j’appuie. J’ai de suite de très bonne sensations, je reprends vite du monde. Il y a aussi beaucoup de cyclotouristes qui font leurs sorties dominicales et qui se demandent d’ou viennent ces avions qui doublent a tout va. Car oui, avec presque 500 dossards (individuels + relais), ça fait du monde sur la route. Je continue de remonter, de doubler, ça me blinde le mental. Je sais que je vais vite, mais je ne veux pas regarder la montre. La première boucle de 45 km avance vite. Les ravitaillements se passent bien. Il est encore tôt, mais je bois beaucoup et mange un peu. Suite a Deauville, j’ai changé de stratégie, je ne mange que des compotes et des bananes. On roule sur de grandes lignes droites, plates, ça envoie du gros. On arrive a la fin du premier tour, je ravitaille a 35Kmh, sur ma gauche des cyclistes sortent du parc du château, ce sont les participants du courte distance qui sont partis après nous. Je ne me déconcentre pas, car entre le ravito, les ralentisseurs, les autres vélos et les spectateurs, je me dis que c’est chaud ! Le temps d’y penser que le coureur devant moi claque un ralentisseur et s’envole. Je passe a coté pendant que lui et son vélo retombent. J’entends les bruit froid du vélo sur le béton et le bruit sourd de l’homme claquer sur le sol. Je freine, regarde, je vois des gens courir sur lui, comme on est juste a la sortie du parc, il y a un camion de la sécurité civile qui est la. Je roule en me demandant si j’aurais pu faire quelque chose, mais non, il y avait du monde certainement plus qualifié que moi. Je relance m’éloigne du château pour retomber sur la départementale. Il y a beaucoup de monde sur la ligne droite devant moi. Les dossards rouges (courte distance) se sont mêlés aux dossards blancs (longue distance). Intérieurement je souris. Je doublais déjà beaucoup quand il n’y avait que les blancs, maintenant ça va être la boucherie. Et effectivement ca été 40 Km de zigzag pour doubler des vélos. Plus je doublais, plus je me sentais bien, plus j’allais vite. Un tel état d’euphorie que même les secteurs pavés ne m’ont pas ralentis. Bien calé sur mon 52×13 (les cyclistes comprendront), a l’aise sur les prolongateurs, je passe tout a fond. Les faux plats, les virages, les ronds-points, les voitures suiveuses (!). C’était tellement rapide que je suis presque déçu quand je vois que l’on se rapproche de Chantilly. Je ralentis un poil, histoire de reposer un peu les jambes. Retour sur le chemin dans le parc du château. Transition efficace (travaillée aussi pendant les vacances). Il n’y a pas beaucoup de vélo dans le parc. Je suis placé dans le premier tiers. Je regarde la montre avant d’arrêter le chrono vélo : 2H37 au 90Km. Bien sur je suis encore loin des pros, mais c’est mon nouveau record sur un tri. Je pose le vélo, regarde mon slot. Chaussettes ou pas ? je jauge le temps, assez chaud pour ne pas avoir froid, assez froid pour ne pas trop transpirer, je chausse les runnings pieds nus. Bandana sur la tète, je ressors du parc pour 21Km de course…GO !

L’euphorie du vélo dure encore un peu, mais je redescends vite sur terre. Sur mes jambes, je sens mon poids, surtout en début de parcours qui se passe dans la foret. Je ne rebondis pas sur ce sol terreux. Je me cale sur un 11Km/H et attends du sol plus dur et moins accidenté. Je sais aussi que Sandra et les enfants doivent venir avec Alain et Lilianne. Je ne sais pas si je les verrais sur le premier ou sur le second tour, mais je devrais les voir. Je divague un peu le temps d’arriver au premier ravito. Même règles que sur le vélo : pas de gel, que de la banane et de la boisson iso. On sort des bois pour arriver sur l’Hippodrome. Il ne fait pas trop chaud (merci le départ a 7H!). Et la c’est un des moments les plus difficile mentalement de la course. Il faut faire le tour de l’hippodrome soit deux longues lignes droites de presque 3Km chacune. C’est monotone, on ne se voit pas avancer. Finalement j’en sors, prend mon deuxième ravitaillement, passe le musée du cheval avant de tourner vers le parc du château. Je rentre dans le parc, et la juste après un virage, je vois la famille. Je vois qu’ils hésitent en me voyant, je ne suis pas sur qu’ils m’aient reconnu tout de suite ! Je m’arrête pour les embrasser. Clement va me suivre un peu dans le parc. Apres 500 m je lui demande de faire demi-tour pour retourner avec Sandra. Je continue. Je suis fatigué mais sur-motivé. Je reviens sur le château, passe devant le bassin, et regarde le chemin pour rejoindre le second tour…ah merde il faut remonter la même qu’a la fin de la natation (logique me direz-vous). On ne passe pas par les escaliers, mais la pente casse quand même les pattes. Je commence le second tour, je vois des participants arriver en vélo. Cela fait déjà 50mn que je cours, je me dis qu’ils ne sont pas prêts de finir. Égoïstement ça me fait du bien ! Je prends le ravito et repars dans la foret. Je profite de l’ombre pour récupérer un peu, mais je me maintiens sur ma vitesse. Je reviens sur l’hippodrome. Avec la fatigue le deuxième passage est vraiment interminable. Il y a encore du monde sur le chemin. Il y a les triathlètes des deux distances, et aussi un 10K et un 21K de course a pieds. Je suis moins impérial que sur le vélo, mais je me défends. Je repars dans mes pensées pendant le retour vers le château. Je réfléchis au temps. Je ne connais pas mon temps de nat, mais je pense que je vais pouvoir approcher les 5H30. Apres Deauville, rien que d’y penser ça me fait du bien. Le temps de sortir de mes rêveries que je reviens dans le parc du château, il me reste 2 Km. Coucou la famille. Clement et Léa se lancent a ma poursuite. Je glisse un mot : RV a l’arrivée. Je rejoins le bassin avec Clement sur les talons, Léa a lâche l’affaire. J’accélère un peu en apercevant le château, je devine l’arche d’arrivée, entends le speaker annoncer les noms des finishers. L’arrivée est un escargot autour des fontaines, des escaliers. Des barrières sont placées pour ne laisser qu’un couloir, des spectateurs sont massés tout autour. Ça encourage fort. Je tourne, tourne et au détour d’un virage, passe l’arche, comme ça, sans même l’avoir vue venir ! 

Je récupère ma médaille, arrête la montre, j’ai légèrement dépassé les 05H30, mais je suis content. Clement me rejoins dans le SAS d’arrivée. Je vois Sandra arriver. Il est 12H30 donc je me jettes sur le buffet. La encore on est a l’anglaise. Alors que d’habitude on est sur des gâteaux des fruits secs et du sucre, la on a droit a un vrai buffet. Salade, bœuf froid, poulet. Si Sandra ne m’avait pas prévu mon pique-nique, j’aurais dévalisé le buffet !

Je retourne au parc récupérer mes affaires. Maintenant il y a beaucoup de vélos sur le parc, donc peu de monde arrivé. Je me sens bien. D’autant que je sais que maintenant c’est l’heure du pique-nique en famille dans le parc du château. Un des autres plaisirs de cette épreuve. On s’assieds dans l’herbe pour pique-niquer en encourageant ceux qui courent encore. Les enfants s’amusent dans le parc. On rejoins le « village épreuve » ou ils ont installés des jeux gonflables et un mur d’escalade pour les enfants. On profite de l’après-midi. En partant, une petite glace avec de la vraie chantilly (on ne pouvait pas faire autrement !) dégustée en rejoignant la voiture.

Voila c’est pour ça que j’aime cette course, parce que le parcours me plait et me conviens, parce qu’il y a une vraie convivialité entre tous les participants des diverse épreuves, et parce que je peux aussi partager ces moments avec la famille. J’y reviendrais certainement en fonction des mes calendriers des prochaines années, car j’y  prends vraiment du plaisir.

Road to Nice

Si vous ne le savez pas encore 2019 sera l’année de l’IronMan de Nice.

Nice est un symbole pour l’Ironman francais. Il a en effet été le premier en france a etre licencié « IronMan »

Très grosse organisation avec plus de 2500 participants représentants  plus de 25 pays en 2018.

Le parcours est lui aussi mythique pour un IM sous licence avec 2000m de dénivelé positif dans l’arrière-pays Nicois, il est un des rare a offrir une telle diversité de paysages et de difficulté pour le label IronMan.

Vous retrouverez donc ici de temps en temps des détails de ma préparation, mon plan d’entrainement quand je l’aurais créé, et quelques infos qui me sembleront pertinentes.

Restez a l’écoute.

Pour info deux trois vidéos sur la course de 2018 :

https://youtu.be/RW-ZpwB2TvE

 

Bois Le Roi – Fin de saison en fanfare

Tria’long de bois le Roi, le seul longue distance d’IDF, organisé par la fédération d’île de France elle-même. Voila la raison pour laquelle j’ai choisi de faire cette épreuve, afin d’encourager les initiatives d’organisation. Il est en effet compliqué de trouver des épreuves longues distances pas trop loin de la maison. De plus placée mi-septembre le calendrier est intéressant pour finir la saison.

Autre point important, le défi est lancé avec mon collègue, Joel, triathlète également et récemment non-finisher de l’Embrunman. Il s’agit aussi de lui redonner un peu confiance sur du long.

RV est donc pris pour le 09 Septembre a Bois le roi, départ 09H. Un peu de pression quand même, car je sais que Joel est meilleur que moi en natation. Je me sais meilleur en vélo, nous nous départagerons donc sur la CAP, si j’arrive a le rattraper sur le vélo. Sinon ça va être chaud pour garder ma réputation au boulot 😉

J’arrive tôt (07H15), ce qui me permet de prendre le temps d’aller récupérer mon dossard avant de descendre mon vélo de la voiture. Le parc a vélo est sur la base de loisirs de Bois le roi, avec un plan d’eau plutôt petit (comparé a Cergy). L’eau en encore nappée d’un léger brouillard. Ça me permet aussi de voir que la CAP sera sur du chemin sablonneux, sur des grands axes de forets. Etant un des premiers, le retrait dossard se passe vite. Je retourne a la voiture préparer mon sac et mon vélo. Un peu de gâteau énergétique pour tenir jusqu’à 12H. La préparation est fraîche mais rapide. J’appelle Joel vers 07H45 afin de savoir si il est arrivé, et heureusement car je viens de le réveiller ! Il a intérêt a se magner d’arriver car le parc a vélo ferme a 08H30…normalement. Je pars vers le parc, je suis en avance sur ma préparation, je vais avoir le temps de visiter un peu. Je rentre dans le parc, pose mon vélo et laisse mon sac en vrac. Pour l’instant il y a peu de monde, mais ça commence a charger. Mon voisin a un très beau vélo, mais a vrai dire vu ma prestation a Chantilly, je ne suis plus impressionné. Je vais me promener au bord du lac, voire l’endroit de mise a l’eau. Encore une fois, il y aura une sortie a l’australienne. Je remonte tranquillement, en repérant ou rentrer pour ne pas me tromper de rangée en revenant de la natation. Le parc se charge, mais toujours pas de trace de Joel. Je prépare mon slot, mets mes affaires en ordre, prêtes a partir, écoute un peu les discussion des autres participants. a priori il y en a quelques-uns qui ont fait Chantilly il y a deux semaines… L’heure approche, le speaker annonce la fermeture du parc, toujours pas de traces de Joel. Il a eu peur ce lâche ! Je vais déposer mon sac a la consigne. Sur les organisations fédérales, il faut laisser place nette dans le parc a vélo, et ne garder que les affaires utilisées pendant la course. Je dois donc laisser les affaires qui me tenaient chaud pour me mettre en conditions de course, sauf qu’il ne fait pas encore chaud dehors ! Briefing dans 5mn, j’enfile la néoprène et me rapproche du bassin. Le parc est annoncé fermé et pas de trace de Joel, tant pis, ça aurait été amusant de se mesurer autrement qu’en paroles ! Briefing et départ des féminines et relais, je regarde autour en attendant notre départ, et vois arriver en courant mon copain, un peu a l’ouest, mais prêt ! Les arbitres l’ont laissé entrer a 08H50, il a juste eu le temps de jeter son vélo et d’enfiler sa combi, mais il est au départ : la course peut commencer !

Départ natation, sur une plage, ça court, ça se bouscule déjà au sol, ça promet. Premier segment, le premier virage est très proche du départ donc c’est la guerre au virage. Je m’étais porté a l’intérieur pour prendre le plus court possible mais quand la meute s’est rapproché de la bouée, je me suis fait tellement pousser que le kayak a du me reprendre pour éviter que je ne coupe le virage… Pas cool ! On se fout donc joyeusement sur la tronche pendant encore 400m avant que le peloton ne s’étire. Deuxième virage, direction directement la plage en diagonal. Avez-vous déjà essayé de nager sur une diagonale sans autre point de repère qu’une arche a 400 m ? N’essayez pas, c’est la merde ! Le peloton s’est tellement élargi que je ne savais plus maintenir ma trajectoire.. Retour tant bien que mal sur la plage. Remise debout, tour de l’arche, second tour. Je commence a être habitué, ça passe mieux. J’essaye d’accélérer sur le second tour. Je sais que Joel est devant, je ne veux pas trop le laisser partir. Sorti de la natation, je regarde derrière, il y a encore du monde. Je pense être dans la première moitié. Je remonte au parc en courant, manque de me planter de rangée (comme quoi la reconnaissance était utile !). Je vois que le vélo de Joel n’est plus la, reste a savoir combien d’avance il a pris. J’enfile le casque. Il fait encore un peu frais, surtout mouillé, mais je décide de partir bras nu. Si je mets en chasse, je devrais réchauffer vite 😉

Départ vélo, je saute dessus et enfile les chaussures. Je suis toujours content de voir a quel point ce mouvement est fluide maintenant pour moi. Et je suis aussi content de voir les autres galérer…Il faut sortir de la base de loisirs, et pour cela il faut passer un espace au revêtement sable/cailloux. Autant dire qu’avec les pneus route, c’est acrobatique. Tiens d’ailleurs le mec devant moi vient de se vautrer ! Pour moi ça passe, mais je me dis qu’au retour il faudra penser a ralentir avant ! Sorti de la base, virage a droite, le premier tronçon est un aller-retour sur 1.5Km, donc je vois les premiers arriver en sens inverse. Comme a mon habitude maintenant, je pousse fort dès le début du vélo et commence déjà a doubler. Surtout qu’on est sur du faux -plat montant, ça pique un peu a froid. Je regarde en face passer les avions, et j’aperçois Joel a fond. Je prend un repère, lance un chrono dans ma tète et accélère. Demi tour au bout de la ligne droite, je reviens sur un faux-plat descendant, ça roule fort. J’arrive au repère pris a l’aller, j’ai environ 4mn de retard sur mon copain, si je roule fort ça devrait être jouable de le reprendre sur le vélo. Mais attention quand même a ne pas trop se dépenser sur le vélo. Je roule bien, on arrive sur la seule vrai difficulté du parcours. Une belle cote de 2Km a 8% de moyenne. Je souffre un peu, surtout que les jambes ne sont pas encore bien chaudes. Arrivé en haut, je relance, je n’ai pas de temps a perdre. Ensuite, quelques petites montées sur le début du parcours, et on arrive au ravitaillement. Boisson iso et banane. La deuxième partie du parcours est faite pour moi. De longue lignes droites, plates, bitume propre, j’ai 20Km de kiff pour finir le premier tour. Je me cale sur du 52×13 et fais parler les cuisseaux. Je reprends beaucoup de monde. Je double un concurrent, vélo de contre-la-montre, roue lenticulaire, il me regarde bizarrement, je crois qu’il n’a pas apprécié de se faire doubler par un vélo qui vaut 4x moins que le sien ! Moi je rigole doucement, ça pique un peu les cuisses, mais c’est tellement bon ! je finis le tour sur du 35Km/H de moyenne, propre ! Deuxième passage dans la cote, je passe en souplesse, je veux en garder sous le pied. Le deuxième tour se passe bien, je repasse le ravitaillement me prépare a me retaper les 20Km de plat. Dans une longue ligne droite de presque 7 km je double encore du monde. J’arrive sur un concurrent noir, combi noire…le voila mon copain ! Je ralentis en arrivant a sa hauteur, il est surpris de me voir, et un peu ecoeuré aussi par la différence de vitesse. Je lui tape dans la main et relance. Par acquis de conscience je regarde si il a pris la roue, non. Il m’avoueras après avoir pris un coup au moral en me voyant passer beaucoup plus vite que lui. La fin du parcours est joyeuse, je suis devant, je suis a l’aise. Tellement a l’aise que sur un rond-point, j’évalue mal ma vitesse et manque de me manger le terre-plein. Je freine un coup sec, le bénévole sursaute, je me marre, mais la relance me fait mal aux cuisses. Je peste, j’ai perdu du temps, ça m’ennuie. Je reviens sur la base de loisirs, on double les familles qui se baladent. Les enfants semblent impressionnés. C’est vrai qu’entre les casques de chronos, les velos de compet et la vitesse a laquelle on passe, ça fait beaucoup. Je me dis que peut-être dans ces enfants, certains viendront courir a notre place dans quelques années… Je repasse sur l’emplacement sablonneux, remonte sur le parc a vélo, déchausse et cours jusqu’a mon l’emplacement. Je regarde autour, il n’y a pas trop de vélos, je suis dans le premier quart. J’enfile les chaussures et pars vers les bois.

Ravitaillement dès le début de la CAP, il y aura trois tours a faire, je m’arrête sur ce premier ravito pour boire et manger correctement. Je me sens bien, donc je me dis que ce seras le seul ou je m’arrêterais complètement, donc je prends le temps. Je repars avec l’idée de ne pas me faire reprendre par Joel. En essayant de regarder la montre je me rends compte que je me suis planté au départ de la CAP donc je n’ai pas ma vitesse en temps réel. J’hésites a la remettre en route, et puis je me dis que je vais y aller aux sensations. J’ai des jambes, le sol n’est pas facile, car un peu sablonneux. Vu mon poids c’est handicapant, mais je me rends compte que je double. Je ne sais pas quelle vitesse je vais, mais je sais que je suis bien. Je me dis que je vais continuer comme ça tant que je peux. Je passe le second ravito, prend deux verres, un pour boire, un pour m’arroser car il commence a faire chaud. Sans m’arrêter, je ne crois même pas avoir ralenti. Je double encore et toujours. Je suis étonné car d’habitude la course n’est pas mon point fort. Fin du premier tour, des personnes arrivent en vélo, je suis content et fier d’être devant. Je profite de cet état de grâce pour commencer mon deuxième tour regonflé. Je garde le rythme, et j’avoue que je m’étonne moi-même. Je double toujours autant, mais je ne peux pas savoir si ce sont des gens qui étaient devant ou a qui je mets un tour ! Le deuxième tour passe sans que je m’en rende compte, j’arrive a la fin de la boucle. D’habitude quand le parcours est en plusieurs tours comme aujourd’hui, arrivé au dernier, je vois toujours des coureurs décaler vers l’arrivée pendant que je repars galérer sur la piste, mais la non. Comme je ne sais toujours pas a combien je cours, je me dit que c’est un coup de bol, et je repars. Troisième tour, je vole, littéralement, les appuis sont légers (malgré mes 88Kg), je pousse fort sur les foulées, je suis euphoriques. Les kms défilent et je me rapproche très vite de l’arrivée. J’ai un coureur en ligne de mire depuis 3 a 4 km, mais je n’arrive pas a le reprendre. J’hésites, je peux encore accélérer, et risquer de me cramer, ou rester sagement ou je suis. Je ne suis pas sage 😉 ! J’accélère, progressivement. Je le rattrape doucement. Je me dis que je ne pourrais peut-être pas le doubler avant l’arrivée. A ce moment la on arrive sur le dernier ravito et je le vois s’arrêter. Dans ma tète c’est ma chance j’ai l’impression que je joue les championnats du monde et qu’il viens de me laisser la tète ! J’attrape un verre au ravito, le regarde, il est défait, il va être obligé de prendre son temps au ravito. Moi je me sens toujours bien, il me reste 4Km. J’arrive a la fin du parcours, vois encore des gens qui arrivent en vélo, je me dis que j’ai été vite ! je rattrape un concurrent, l’arbitre indique, « arrivée a droite, deuxième et troisième tour a gauche ». Mon voisin prend a gauche et fièrement le buste droit je prend a droite. Une petite boucle autour du parc a vélo et j’arrive en vue de l’arche. Le speaker dit mon nom, mon club, je passe l’arche en regardant le chrono 5H01 ! J’ai explosé mon record de presque 25mn ! J’ai du mal a y croire, regarde autour de moi, il y a peu de monde dans le sas d’arrivée et encore moins au buffet. Les gens qui sont la sont clairement des avions. Je prends la médaille et le maillot de finisher, laisse un bénévole me retirer ma puce a la cheville. Je viens de me rendre compte que j’ai les cuisses comme du bois et que je ne peux pas me baisser. Je regarde l’heure, il est 14H, non c’est bien ça je viens de péter mon temps 😉

Je vais boire et manger, car en faisant de l’express sur la CAP, je me sens clairement faible et affamée. Je me pose sur une botte de foin et attends mon copain. Et la je vois défiler tellement de monde ! Ils me regardent avec admiration, avec ce même regard que j’ai d’habitude d’avoir devant les coureurs rapides (c’est peut-être mon imagination et le jeu des hormones !) Au bout de 30mn de ratissage du buffet, je vois arriver Joel. Il est content car il est passé en 05H30. Je n’ose pas lui dire mon temps, tellement j’ai moi même du mal a y croire. On discute un peu pendant qu’il mange, on attends un peu sa copine. L’ambiance est bonne dans le sas d’arrivée. Je décide de rentrer car j’ai encore un peu de route. Je récupère mon vélo, je me sens bien, fort en voyant les autres concurrents arriver alors que j’ai terminé depuis plus d’1 heure…

Le retour est douloureux, en refroidissant les muscles ont durcis, et je me sens comme un vieux.

J’apprendrais deux jours plus tard mes temps : 

70 BARTHET DAVID       SM TOBESPORT IND 04:56:38 00:41:39 00:01:06 02:45:55 00:01:55 01:26:04

Classé 70eme au scratch sur 416 finishers en 4H56. j’ai mis 30mn a mon propre record ! Et un temps de CAP de 1H26 ce qui est mon record sur un semi-marathon (10mn de moins que l’ancien qui n’était pas sur un triathlon !) 2H45 sur 90Km de vélo soit quasiment 33Km/H de moyenne !

La saison de tri se finit donc sur cette excellent performance, que je ne suis même pas sur de pouvoir refaire. Place maintenant au « repos » pendant 2 mois avant de commencer la préparation pour Nice 2019…

 

Deauville – La claque

Deauville – La claque

Qui fait moins le malin lève la main ! Voilà comment on pourrais résumer mon triathlon de Deauville.

Alors bien sûr que je suis allé au bout, mais en 6H, mon plus mauvais temps sur cette distance avec un semi-marathon en 2H13. Impensable au départ de la course.

Un résultat dû principalement a de multiples dysfonctionnements dans ma préparation.

Reprenons le début, et le début c’est avant la course.

Cette course devait avoir ceci de spéciale que ma chérie et mes enfants m’accompagnaient jusqu’à Deauville pour passer un WE en famille sur la cote. J’avais donc trouvé un camping à Deauville…enfin pas à Deauville même mais à St Arnoult. Sur Gmaps cela ne paraissait pas loin. Je prends donc les vélos de tout le monde en me disant qu’ils pourront me rejoindre sur les planches afin de me suivre sur la partie CAP.

Arrivée donc le vendredi soir sur St Arnoult, montage de la tente et départ pour Deauville pour récupérer mon dossard. Et là un constat : ce sera trop loin pour que les enfants puissent venir en vélo. Je me pose la question si moi je fais le trajet en vélo le matin afin de leur laisser la voiture, mais de toute façon si la famille devait arriver vers midi sur le front de mer il serait impossible de se garer. Je fais donc une croix sur mes supporters.

En arrivant à Deauville et ne connaissant pas la ville, je m’arrête au premier Casino visible. Là encore, le manque de préparation a fait que je suis arrivé sur place sans étudier les lieux, et je me suis tout naturellement trompé de casino ! Obligé de marcher le long de la jetée avec les enfants pour arriver avant la fermeture au retrait des dossards. Et étant limite sur le temps, je suis contraint de laisser Sandra avec les enfants pour courir jusqu’au village. La poisse !

J’arrive à récupérer mon sac, il est 21 H, il faut retourner à la voiture. Vu l’heure et l’absence de restau rapide ouvert sur le front de mer, nous rentrons au camping pique-niquer.

Dodo pour tout le monde, mouvementé comme une première nuit dans une tente (bruits d’animaux, bruits des voisins, matelas sous-gonflé et froid)

Départ à 6H pour la course.

La préparation se passe bien. Remontage du vélo, préparation de ma caisse, le parc à vélo est bien organisé, l’ambiance est déjà bonne grâce au speaker qui donne beaucoup pour nous maintenir au chaud. Car il faut avouer qu’avec à peine 11° en descendant de voiture, c’est limite. L’eau est annoncée à 15.6°, il va falloir nager vite pour se réchauffer ! L’ambiance sur la plage est bonne, il n’est pas encore 08H mais tout le monde est prêt, en attente dans les sas de départ. Face à nous la mer, si calme en apparence, mais tous ceux qui sont la savent que ça va être difficile.

Je connais mon état de forme et mon niveau de nage en mer, donc je me mets dans le 3eme sas. Ce qui me permet aussi de regarder les torpilles partir. L’inconvénient c’est que le stress dans l’attente du départ est plus long. J’ai envie d’y aller. Envie d’aller « me baigner ». Je sais que cela va être dur mais c’est pour ça que je suis venu.

Top départ.

On court vers la mer. On rentre dans l’eau, c’est froid (bah oui mais tu étais prévenu !). Le plus surprenant reste l’entrée à « l’australienne ». On rentre dans l’eau sur pieds pendant longtemps, presque 50m avant de commencer à nager. Moi qui ne concours jamais en mer, je suis un peu surpris. Il faut décider quand passer à l’horizontale. Je regarde un peu autour de moi, pour voir quand mes copains de galère y vont. Bon allez, j’en ai marre de marcher dans l’eau, je me fatigue les jambes, et je sais que je vais en avoir besoin. Je débute donc la nage. Le parcours est un triangle dont la base est au large. Donc on file tout droit vers le large, vers la première bouée. J’ai l’habitude de « goûter » l’eau quand je nage en eau libre, de boire une gorgé au détours d’une vague prise sur une respiration. Ici les vagues sont naturelles, donc la première gorgée est arrivée très vite…et elle est salée. Voilà donc deux nouveautés pour moi : les vagues et l’eau salée. L’un entraîne de nombreuses gorgées de l’autre. D’autant que comme il y a beaucoup de monde, c’est vraiment la guerre dans l’eau. Surtout en arrivant à la première bouée. Bouée laissée à main droite, virage à 90°. Tout le monde se resserres sur la bouée. Et là j’ai bu pas mal ! A deux ou trois reprises, j’ai essayé de reprendre une respiration, mais à chaque fois c’est un bras ou une jambe que je prends sur la tronche. J’étais à l’aise, me voilà en difficultés sur 3 ou 4 mouvements. La priorité : ne pas paniquer ! Je m’écarte de la bouée pour me retrouver seul et pouvoir reprendre ma respiration. Je reprends le rythme, force la nage en deux temps avec un fort mouvement de tête pour reprendre de l’air, puis je reviens sur du trois temps. Le temps de me sentir bien, on arrive à la bouée suivante. Je prends large, même si je me rends compte en levant la tête que le peloton s’est étiré et que ça passe plus facile. Virage serré (c’est un triangle, je vous rappelle ;-)). On revient vers la plage. Là c’est facile, on nage avec le courant et on a la grande arche sur le sable comme repère, ça déroule. Un peu trop peut-être. J’ai rapidement oublié qu’arrivé à la plage, il fallait repartir pour un second tour. Et oui, la fameuse « sortie à l’australienne », qui fait tant plaisir au public, mais qui fait si mal aux jambes des athlètes. Même problème qu’a l’entrée dans l’eau, sachant qu’on a pied très loin de la plage, à quel moment se relever ? le corps a tendance à dire « très tôt », mais le cerveau percute que marcher dans l’eau pendant 150m, c’est dur. Donc je nage jusqu’à temps de toucher le fond avec mes mains. Je me relève, sors de l’eau et….Put…c’est dur de courir dans le sable ! Heureusement il y a beaucoup de monde sur la plage pour encourager. Retour à l’eau, la deuxième boucle se déroule au calme, on est un petit peloton à nager ensemble. Les 900m passent assez vite, mais je redoute la remontée de la plage vers le parc à vélo. Je sais qu’il y aura un peu plus de 100m dans le sable, avec la combi. Je ressors de l’eau et remonte vers le parc à vélo. Finalement ça passe bien. J’arrive près du vélo, retire la combi et réfléchis à ce que j’emmène (manchettes, maillot.), finalement je pars en trifonction. Je cours avec le vélo jusqu’à la sortie du parc presque vide…la vache, il est grand ce parc à vélo ! J’enfourche, chausse les chaussures et…

Go pour 85Km.

Le premier Km c’est une parade, un aller-retour sur le front de mer entre deux ronds-points, ça laisse le temps de dégourdir les jambes. Je suis sur mon point fort, je suis encore en forme, j’appuie sur les pédales, fort, je commence à remonter du monde dans les rues de Deauville. J’entends un speaker au loin qui encourage et félicite les coureurs. Je me dis que c’est bizarre aussi près du départ. Puis virage à droite et je me retrouve face à un mur ! Une cote comme j’en ai rarement vu. Et on a fait que 3Km, donc c’est à froid ! J’ai rapidement le temps de changer de vitesses, et j’attaque. Il y a beaucoup de spectateurs dans la montée. En même temps a l’allure ou on monte, ils ont le temps de nous voir passer ! J’entends le speaker, maintenant je comprends qu’il est en haut et qu’il félicite les personnes ayant fini la montée. Je l’entends dire que certains sont montés à pieds…tu m’étonnes, elle pique la garce ! je monte au train en alternant danseuse et assis. Je me dis que c’est deux boucles, donc je vais devoir la refaire ! J’arrive en haut, même pas mal ! Je ne tarde pas à remettre un développement pour le plat. La suite est plus simple. Malgré deux grosses montées sur le parcours, on roule dans l’arrière-pays de Deauville. C’est joli dans ce mois de juin. On passe aussi sur les hauteurs de Trouville, vue imprenable sur la mer. C’est très joli. Retour au niveau de la mer. On tourne un peu dans la ville, histoire de faires des Kms, et bim, de nouveau face au mur du premier tour. Ce qui m’a le plus marqué dans cette balade, c’est la mauvaise qualité globale du revêtement, dont quelques endroits vraiment dangereux. Passer à 40Km/H sur du béton aussi dégradé fatigue énormément physiquement et mentalement, tant il faut d’application pour tenir le vélo. Du coup le deuxième tour est long, interminable. Il commence à faire chaud, et je sens la fatigue qui commence à arriver aux jambes sur la fin du parcours. Je prends un gel pour préparer la course à pieds. Sauf que ce gel, je ne l’avais jamais testé. Sur le moment ça passe. Je termine le vélo calmement prend une pose de cycliste « à fond » quand je vois le photographe juste avant d’arriver au parc. Descente du vélo…Aie ! j’ai les jambes en bois ! J’essaie de courir dans le parc à vélo, mais mon corps n’est pas d’accord ! Je marche vite, dépose le vélo et chausse les baskets et go, je pars petites foulées jusqu’au ravitaillement juste en sortant du parc.

La course, en douleur…

Début de la course à pied qui se passe et 4 tours sur le front de mer (les fameuses planches) et sur la jetée (la même que j’ai dû prendre la veille !). Dès le départ, je me dis qu’il va faire chaud, je bois donc beaucoup au premier ravitaillement (eau et boisson iso) et go sur du 11.5Km/h. Hormis le chaud, le premier tour passe bien. Je m’hydrate beaucoup, glisse des éponges dans a combi. Le parcours est plat mais tourne pas mal, donc beaucoup de relances. Je passe une première fois à côté de la ligne d’arrivée, l’ambiance est chaude sur l’estrade, le speaker est à fond, les pompoms grils aussi. Je me dis que d’ici à ce que j’arrive, ils auront le temps d’aller déjeuner ! Deuxième tour, ravito, eau, course, normal. Et puis d’un coup dès le début du deuxième tour, grosse douleur à l’estomac. Je continue de courir, mais je souffre. J’écoute ce que dit mon corps, pas « d’envie naturelle » que je peux aller soulager, il s’agit d’autre chose. Je ralentis et réfléchis…le putain de gel. C’est le seul produit que je n’avais testé avant, erreur de débutant ! La douleur augmente, je marche un peu jusqu’au ravitaillement. Je bois pour essayer de noyer le produit qui ne passe pas. Je repars en marchant a foulées rapide. La température est encore montée sur la jetée, étouffante, ce qui est très étonnant sur ce bord de mer. Je finis le deuxième tour en alternant course et marche. Je repasse la ligne, entends le speaker annoncer que certains abandonnent, déshydratés ou fatigués. C’est le premier Half pour certains, et ils n’étaient visiblement pas prêts !

Début du troisième tour, je ravitaille. Le ventre va mieux, mais je suis trop fatigué pour tout faire en courant, donc je marche un peu après chaque ravito, et repars petite foulée. Je traine mon gros corps tout foutu. Fin du troisième tour, je regarde le temps, je vais dépasser les 6 heures, ce qui ne m’était jamais arrivé sur un half. Je pense à abandonner. Après tout, à quoi bon, je n’ai rien à prouver sur cette course la… Et puis d’un coup j’entends Clement, dans ma tête « la seule course ou tu as abandonné c’est Embrun ». Je me dis que je veux continuer à entendre ça dans sa bouche, à voir la fierté dans ses yeux quand je ramène la médaille d’une course dont il ne mesure même pas les distances. Alors je continue, je ne rentrerais pas sans ma médaille ni mon maillot de finisher. Le dernier tour est un calvaire physiquement, mais je tiens mentalement. Je suis un autre partenaire de souffrance. Les 3 dernier Km sa compagne est a coté en vélo et l’encourage : « tu e le plus fort, tu vas y arriver, je suis fière de toi », chanceux qu’il est. Pour faire le mariole devant sa chérie (je lui ai demandé après !), il accélère, je suis. C’est dur, mais ça tiens. Le corps à ces ressources-là. Quand tu crois que tu n’as plus rien à donner, le cerveau peut t’emmener encore. Je rentre dans le couloir d’arrivée, le speaker est encore là, et crie même mon prénom (je sais c’est écrit sur mon dossard, mais on a quand même l’impression qu’on est fort !). Les pom-poms girls sont toujours là, dansent encore et il y a là un des organisateurs qui félicite un par un tous les finishers.

Je rallume le cerveau pour profiter de cet instant. Je prends la médaille et file au buffet. Je n’ai rien pu manger de toute la CAP, je compte bien me venger maintenant que c’est fini. Arrivé devant les boissons j’hésites eau, Coca, bière…ce sera bière, ça me rappelleras Embrun ! Je discute un peu avec d’autres participants, prends un peu le temps.

Je retourne maintenant au parc à vélo, récupères mon matos et pars. J’entends le speaker accompagner ceux qui sont encore sur la route. Un des participant boucle son deuxième tour, il lui reste 10Km à faire alors qu’il a déjà presque 7h d’épreuve dans les pattes ! Je relativise, je ne m’en sors pas si mal.

Bilan

Sur le chemin du retour j’analyse, à chaud. Oui j’en ai chié. Pourquoi j’en ai chié ? Manque de connaissance du village qui m’a rajouté du stress. Manque d’analyse pour le camping qui m’a frustré. Manque de préparation de ma diététique qui a failli me clouer au sol. Manque de repères sur de la course en plein soleil, moi qui ne cours que le matin de très bonne heure. En gros manque de préparation.

Je me suis cru facile car la distance ne m’effraie pas, je me suis fait rattraper par la difficulté de celle-ci. Non une épreuve de 5H et plus n’est pas anodine, et on ne peut pas s’y aligner sans s’y être correctement préparé.

La partie satisfaisante, c’est le mental. Toujours au rendez-vous pour palier à mes défaillances physiques, et c’est encourageant pour la suite.

J’ai donc trouvé pourquoi je cours…Tant que mes enfants se battront pour jouer avec mes médailles quand je rentre, tant que je lirais de l’admiration dans leurs yeux, et dans ceux de mon entourage, tant que je lirais de l’incompréhension chez ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse se faire mal à ce point, je continuerais. Je continuerais à m’améliorer, à courir/pédaler/nager encore et encore, je serais inaretable parce que même si mon corps ne veut plus, il sera hors de question de vous décevoir.

 

Pour le plaisir, la vidéo officielle de l’épreuve.

https://www.facebook.com/trideauville/videos/639699969715314/

Ca ya est j’ai repris !

Reprise…de repères

C’est fait, hier premier triathlon distance L (Half-Iron) de la saison et presque 8 mois apres le dernier.

Triathlon de Compiegne donc, idéalement placé dans la saison pour preparer Deauville. Le placement chronologique a poussé la décision car je dois vous avouer que Compiegne….Bah Compiegne quoi ! Pas vraiement la destination qui fait rêver.

Au-delà de l’architecture locale qui me pique les yeux de tristesse et de la grisaille ambiante, l’arrivée sur place s’est bien passée. Parti tôt, histoire de ne pas avoir a presser ma préparation, j’arrive dans les premiers sur le parking et au retrait des dossards.

Il pluviote, il fait froid avec un peu de vent, en gros des conditions de rêve pour aller se promener pendant plus de 5H dans la nature !

Le retrait du dossard se passe bien, les bénévoles sur place sont sympas, ça plaisante encore, et il n’y a pas encore la queue aux tables. Je reviens a la voiture en short/sandales dans de l’herbe humide…peut-être pas la meilleur idée que j’ai eu !

Je remonte donc le vélo tranquillement au cul de la voiture. Sans pression, je reprends ma routine, dossard a accrocher a la ceinture, étiquettes a coller sur le casque et sur le vélo. Mon voisin m’interroge sur l’utilité des étiquettes, c’est son premier triathlon. Et c’est la que je tilte, oui ca fait 8 mois que je n’ai pas refait de tri et oui je n’ai pas de sensations particulières, mais après tout je suis déjà un « ancien » sur la discipline ! Tout me parait simple, logique, évident. Je reprends donc ma préparation, reçois un SMS de ma chérie qui est réveillée mais pas encore levée. Je me dit que c’est une feignasse et puis je regarde l’heure, il et a peine 08H30, on est dimanche, il pleut, c’est elle qui a raison !

Le materiel, et la caisse sont maintenant prets, le parking commence a se remplir doucement, je me décide a aller au parc a vélo. Meme constat, les gestes sont connus, la ceinture avec trois points, le casque accroché pour rentrer et ca y est, je me souviens pourquoi j’ai mis un short, c’est pour le marquage sur le mollet ! Inconsciement je l’avais prévu.

Et la en rentrant dans le parc a vélo, on rentre dans un autre univers. Ici il n’y a que des triathlètes, ancien ou nouveaux. Tout le monde logé a la même enseigne. Il y a ceux qui sont très concentrés qui préparent méthodiquement le slot, et puis il y a ceux qui blaguent. Mais pour tous les mêmes questions : Il va pleuvoir toute la course ? Veste ou Kway pour le vélo ? Pneus pluie ? Chaussettes sur le vélo, et sur la CAP ? Malgré les conditions l’ambiance est bonne. Ceux qui ont déjà couru l’épreuve partagent de l’expérience (comme d’habitude). J’apprends ainsi qu’il y a un monté bien raide et une descente bien raide aussi qui se termine sur un angle droit. Vu la pluie, il vas falloir faire très attention.

La encore on reconnait les habitués, ceux qui ont prévu de quoi couvrir la caisse pour éviter d’avoir les affaires trempées, ceux qui savent reconnaître les cotés paires et impaires des repose-vélo !

Le parc se remplit, mon slot est prêt je sors marcher un peu et je vois la queue devant le retrait des dossards, il est 9H, le briefing est dans 30mn ça commence a devenir chaud ! Moi je m’en fout, je vais voir l’étang (la grosse flaque) qui accueillera la partie natation. La particularité, c’est le pont routier qui traverse l’étang. Le premier qui se paye un pylône a perdu !

Je reviens au parc en faisant le chemin de la transition. C’est assez long et surtout c’est du caillou. Quand il va falloir remonter ça pieds nus, ça va être la merde ! Je vérifie le parcours sur les affiche, deux boucles de nage, deux boucles de vélo et deux boucles de CAP, ah oui la on voit bien la montée…elle va faire mal !

Je retourne au parc, mon slot étant tout au fond, je passe devant tous les vélos et bave un peu devant les avions de chasse. Çà risque de rouler fort aujourd’hui !

Arrivé a mon slot, je finis de mettre en place, après avoir remis mes écouteurs. J’ai besoin d’un peu d’isolement. Et bizarrement c’est très étonnant un parc a vélo sans le son. On peut regarder tous les « collègues » s’affairer, rigoler discuter, stresser. Non perturbé par le son on peut se concentrer sur des détails, mieux voir l’appréhension dans les yeux de certains, l’attente dans les yeux des autres.

Bon allez fin de la rigolade, il est temps d’enfiler la combi néoprène, ça va commencer. La encore, les gestes sont précis. La crème anti-friction, la vaseline, enfilage. Rangement des affaires pour les garder au sec et départ au briefing de course, puis au bord du lac pour le départ des femmes 8mn avant celui des hommes.

 

Reprise… de plaisir

On y est, il faut plonger. Pour le coup, 10° dans l’air 20° dans l’eau, personne ne s’est fait prié pour y aller. En plus 1.50m de fond a départ, je peux rester tranquille, bien a l’aise dans la combi sans avoir a me maintenir a la surface. Heureusement car on y resté presque 5mn avant le départ. Départ en ligne, tout le monde a la première bouée en visuel, je regarde autour, et ça y est, je me souviens. Je les reconnais ces expressions. Ça va être la bagarre au départ !

Coup de pistolet, c’est parti. Et je confirme ça a été la merde au départ ! Une baston comme j’en ai rarement vu. J’ai l’habitude de partir un peu a l’arrière pour être a l’aise, mais la sur un départ en ligne, pas le choix. Donc ça bastonne, ça se nage dessus, ça appuie sur les jambes, la tète, je me fait bouger les lunettes, c’est dur ! Mais en même temps ça fait partie du jeu, et sans ça c’est moins drôle. Le peloton s’étire et après la deuxième bouée ça passe mieux. Fin du premier tour, sortie a l’australienne. Comme on a pied très tôt, tout le monde se relève bien avant la sortie de l’eau. Le fond a cet endroit est plein de pierres, donc ça râpe un peu. Des bénévoles sont la pour nous aider a sortir de l’eau. On enchaîne, le ponton et retour a la flotte pour un deuxième tour. C’est particulier ces sorties a l’australienne, repasser aussi vite de nage, course et re-nage, ça perturbe un peu. Deuxième tour au calme, je profite d’être dans l’eau, au calme. Je prends quelques secondes pour me retourner, il pleut, le vélo va être rude !

Sortie d’eau, comme prévu la remontée vers le parc a vélo est compliquée…et longue. Entrée dans le parc, retrait de la combi assez simple, je regarde mes affaires, je prends les manchettes. Un peu compliqué a enfiler avec les bras mouillés, mais ça passe, le casque et départ. Je dois encore traverser tout le parc, et ensuite sauter sur le vélo. Je galère un peu a chausser et je me rends compte alors que j’ai bien froid aux pieds, j’aurais peut-être dû mettre des chaussettes !

On sort du village et on arrive dans la foret, c’est parti pour 3 heures de plaisir. Le revêtement n’est pas génial, très râpeux et bien troué. On est sur de la grande ligne droite de route forestière, on peu envoyer du braquet. Je remonte des participants. Je fulmine un peu car certains n’ont pas compris le « drafting interdit ». Certains ne font même pas semblant et roulent en peloton tranquillement. Et c’est la un des gros points noirs de cette épreuve, la route n’est pas fermée. Donc se faire doubler par une voiture, pendant que l’on double un peloton, c’est dangereux. Je râle un peu contre les « cyclotouristes », descend un pignon et accélère.

Le parcours est agréable, entre forets et champs, mais les virages sont dangereux. Un peu de vent vient se mêler a la fête quand on sort de la foret. On arrive a la difficulté du parcours. Les organisateurs ont été gentils ils ont marqué « la plaque » sur la route pour prévenir ! Sauf que j’ai pas compris tout de suite, et je me suis fait surprendre. Je monte en danseuse, pousse, et au lieu de partir, le vélo s’arrête quasiment. Je me rassieds, manipule les serrage des freins en roulant et fini la montée assis avec des bruits de frottements a l’arrière. Je relance en haut de la montée, il y a toujours du bruit, mais je me dit que ça va le faire.

On arrive a la descente, freinage tres appuyé vu la qualité du bitume et l’eau presente dessus. Je suis donc obligé de resserer les freins pour gerer les virages. On est quasiment a l’arrêt a chaque virage. Arrivée en bas, je relance, et encore une fois la roue bloque. Je dois m’aretter pour regarder le reglage des freins. Je regle tant bien que mal, avec les mains froides et trouve un compromis qui me permettras de continuer, mais impossible de me mettre en danseuse sous peine de rebloquer ma roue. Le parcours etant assez plat ca devrait passer. La suite du parcours se fait comme ca. On reviens sur Choisy, et on repars pour un deuxieme tour. Les disatnces entre participans se sont allongées et je roule souvent seul…comme j’aime.  La pluie commence a diminuer, la route commence a secher. Mais du fait de mon probleme de freins, je galere a maintenir des bonnes vitesses. On reviens sur la montée, j’avais anticipé le changement de vitesse, et je monte lentement mais surement.

Le retour vers le parc se fait du coup au calme. Un peu en mode gestion je l’avoue, je crains un peu la CAP. Je pose le vélo, il ne pleut plus du tout maintenant. Je chausse les chaussettes et les baskets, passe le foulard et c’est parti pour 21Km. 6 marches pour commencer la CAP avant d’enchaîner le tour du plan d’eau. C’est agréable, je me surprend même a avoir chaud. Apres le plan d’eau on pars vers la foret en passant par une bon talus bien casse-pattes. Apres la longue ligne droite de béton au « soleil », on entre dans la foret. Il fait du coup plus froid aussi. La combi est humide et il ne fait vraiment pas chaud. On est au Km 4 environ, j’entends depuis deux kilomètres environ quelqu’un qui me suit, et je suis un peu a la ramasse. Je réfléchis a ralentir le rythme et a finir en mode « survie ». Mon compagnon de galère me double alors en me glissant « allez accroche ».  Ce que j’ai pris pour un encouragement au début deviens une invitation a courir ensemble. Et la commence une autre course, une course en relais ou chacun viens « tirer » l’autre pour maintenir le rythme.

On entre dans la foret, c’est de la boue, ça glisse, il faut sauter entre les flaques et ça ne rebondis pas. En gros on en chie !

Mais on continue a se maintenir sur du 11.3Km/h. On reviens sur du béton, et on peut se refaire plaisir. Retour vers le parc a vélo, fin du premier tour. On regarde les montres 52mn/10Km. Un petit mot pour se dire que l’on va essayer de se maintenir a ce rythme, et on continue d’enchaîner des Kms. On reste sur du 11.3 tranquillement, on passe les ravitos pour se désaltérer, le deuxième bracelet synonyme de presque fin de parcours. La course rythmé par le bruit de nos pas. Et bizarrement je suis devant depuis assez longtemps, ma partenaire ne prends plus les relais. On repasse dans la foret, même galère, avec 10 bornes de plus dans les jambes, ça pique. Je n’entends plus les pas de ma collègue. Je me dis que c’est a cause de la foret qui absorbe les bruits de pas. Je ressort de la foret, non je n’entends plus rien. Mais je continue sur mes 11.3 de moyenne, ré-accélère même un peu en revenant sur le béton. Il reste 3 Kms, je serres les dents pour garder l’allure.

Je repasse devant le parc a vélo dont je fais le tour, 6 marches et l’arche, c’est fini. Quelques secondes après, je vois ma partenaire de souffrance qui en termine aussi. On se tape dans la main pour se féliciter et se remercier, presque sans un mot. On prends nos médailles, sa famille arrive, fin de la collaboration.

Et c’est bien la toute la magie du triathlon, je ne connais personne dans le parc a vélo et personne ne me connais, mais dans l’effort, dans la souffrance, il y a toujours quelqu’un prêt a encourager, a motiver, a aider même quand un concurrent est arrêté sur le bord de la route avec une panne sur le vélo. Cette ambiance, ce respect pour ceux qui sont prêts a tout déposer sur la route pour relier l’arche d’arrivée est une des grandes forces de ce sport.

Voila, fin de recréation. J’ai bien profité de cette dure journée. Bien évidement que j’ai souffert, de la météo des problèmes matériels et de mon manque de préparation. Mais le plaisir est du coup encore plus grand au moment de passer la ligne, de revenir dans le parc a vélo et de discuter avec les autres participants. Et je dois reconnaître que cela m’a manqué. J’ai bien fait quelques courses a pieds cet hiver, et même des trails, mais l’ambiance du triathlon reste unique.

Maintenant on commence a vraie préparation pour Deauville pour essayer de moins souffrir et de mieux performer.

Reprise

On y est presque, ce week-end (13/05) c’est la reprise.

Premier Tri de l’année, on recommence avec le haf-Iron de Compiegne.

Cette année, je change un peu le programme, pas d’Enghein ni de Beauvais, pour cause de calendrier incompatible. Ce seras donc deux Half au printemps avec Compiègne et Deauville mi-juin.

Sentiment mitigé pour cette reprise. En effet, je n’ai pas de préparation particulière triathlon. L’entrainement n’est pas a la hauteur de ce que je fais d’habitude, après tout ce n’est « qu’un » half.

Et c’est bien la le problème : comment se remotiver a encaisser plusieurs heures d’entraînements par semaine, de se remettre au régime quand l’objectif n’est « qu’un » half.

Et pourtant l’envie est la. A force de voir les vidéos des autres épreuves je me rends compte que l’ambiance du parc a vélo me manque, la compétition me manque, la douleur me manque.

Evidemment, il suffit de voir ma charge d’entrainement pour me prendre pour un débile et me dire que je fais déjà beaucoup plus que la majorité des sportifs « normaux », mais l’intensité n’est pas là.

Les quelques courses auxquels j’ai participé m’ont plus et m’ont donné envie de me dépasser, j’espère donc que la course de Compiègne me redonneras l’envie de me botter les fesses pour préparer idéalement Deauville, et ensuite les autres triathlons de la saison.

La difficulté est aussi de savoir exactement ou j’en suis. Bien sur que je ne suis pas aussi affuré qu’il y a un an, mais les perfs dans les trois disciplines ne sont pas ridicules, la récupération est bonne, mais de la a prédire si je suis capable de descendre sous les 05H30 sur un half, j’en suis bien incapable a ce jour.

Rendez-vous donc lundi matin pour voir l’état d’esprit. Voir le résultat déjà, voir a quel point je suis rouillé, asphyxié et loukoumisé, et adapter ensuite ma préparation pour arriver a Deauville avec un corps plus « cohérent ».

Je vais maintenant essayer d’arrêter de réfléchir et me commencer a me concentrer sur la course de dimanche, tout en mangeant un bon croissant 😉

 

Eau libre

Eau Libre, ce titre est honteusement copié sur l’émission « Interieur Sport » dedié a Axel Reymond.

Une phrase qui m’avait marqué dans ce reportage  c’est « libéré des bassins ». Et oui, tout est dit !

Qui a dit que les personnes n’habitant pas au bord de la mer devaient forcement enchaîner les longueurs de 50m a 15 dans une ligne d’eau. Comme si on admettait qu’on ne devait courir que sur un stade ou ne rouler que dans un vélodrome.

Toute la beauté de ces disciplines est justement de profiter de parcours toujours différents, toujours nouveaux, surtout quand on a la capacité d’allonger les distances.

Et pour la natation alors…Pour la natation il y a l’eau libre discipline méconnue des « terriens », car nous nous interdisons de profiter des espaces aquatiques dont nous disposons. Les fleuves, les rivières, les lac tous sont pourtant de formidables terrains de jeu.

Attention cependant, la discipline est exigente et nécessite quelques précautions.

Il faut bien sur être un nageur confirmé afin d’être capable de nager a contre-courant, ou ne pas se laisser trop emmener par le courant. Il faut travailler sur le repérage dans cette eau souvent sombre. Il faut surtout savoir rester calme. En effet un des dangers reste la panique. Dans cet univers ou la respiration est difficile, ou les appuis sont fuyants, ou la position est souvent horizontale, il faut savoir ne pas paniquer, car alors la respiration devient un problème, l’environnement devient hostile, et se retrouver dans ces conditions a 200m de toute possibilité de sortir de l’eau est dangereux. L’autre grande difficulté est la perte de repères sensoriels. On ne voit rien, on entend rien d’autre que le bruit de l’eau, on se déplace difficilement et au prix d’un effort, on ne peut pas respirer naturellement…Ceci est très déstabilisant pour beaucoup.

Mais finalement, c’est de cette déconnexion sensorielle que vient tout le plaisir. Je vais parler ici a titre personnel. Quel plaisir de se retrouver ainsi libéré, libéré de ses sens, libéré des contrainte visuelles, auditives, olfactive, libéré jusqu’au poids de son propre corps (avec une bonne combi j’avoue!). Et c’est a ce moment, quand l’esprit et le corps sont libérés a ce point que commence le plaisir. Le plaisir de glisser, sur et sous l’eau, le plaisir de n’entendre que le bruit de l’eau glisser sur ses oreilles, sa respiration et son cœur, de ne se concentrer sur rien d’autre que sur les mouvements de son corps.

Et c’est la que commence le voyage, l’introspection la plus profonde, la au milieu de rien de solide. La ou je suis seul, a un endroit tellement improbable que personne ne penserait que je puisse me trouver la. La avec la tête qui sort a peine de l’eau et qui me donne un point de vue inédit, entouré de toute la platitude de la surface de l’eau. C’est la que l’ont peut plonger au plus profond de soi même, car il n’y a plus que ça autour. Ressentir sa physiologie, sa respiration, la douleur liée aux mouvements qui ne servent qu’a rester a la surface, retrouver la vue tous les 3-4 ou 5 mouvements et replonger sciemment dans l’obscurité, ressentir son cœur battre vite d’abord, et en sentir le rythme diminuer au fur et a mesure de l’accoutumance a l’environnement. S’arrêter, flotter doucement sur le dos, les yeux au ciel et sentir ses membres portés par l’eau, toujours ne rien entendre d’autre que l’eau et son cœur et penser a ce que je suis, a qui je suis, a comment je suis.

Je ne vous dirais pas ici ce qu’il ressort de ces séances d’introspection, mais quel bien cela me fait d’être la simplement, privés de mes sens, de mes repères, de mes certitudes, de mes contraintes.

Voila c’était mon ode a cette discipline que j’ai « découvert » avec le triathlon, cet espace de liberté et de découvertes. Vous pourrez me trouver fou de partir nager dans l’Oise, dans la Seine, a la base de loisirs, mais ne vous inquiétez pas pour moi, cet espace, au même titre que le vélo et la course a pieds est ma thérapie. Et vu le temps que j’y passe, j’économise grave sur les prix d’un psy 😉

Protégé : Crémaillère Elise et Cyrille et Anniversaire de Simon

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Protégé : Noel 2017 – Famille BARTHET

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