Bois Le Roi – Fin de saison en fanfare
Tria’long de bois le Roi, le seul longue distance d’IDF, organisé par la fédération d’île de France elle-même. Voila la raison pour laquelle j’ai choisi de faire cette épreuve, afin d’encourager les initiatives d’organisation. Il est en effet compliqué de trouver des épreuves longues distances pas trop loin de la maison. De plus placée mi-septembre le calendrier est intéressant pour finir la saison.
Autre point important, le défi est lancé avec mon collègue, Joel, triathlète également et récemment non-finisher de l’Embrunman. Il s’agit aussi de lui redonner un peu confiance sur du long.
RV est donc pris pour le 09 Septembre a Bois le roi, départ 09H. Un peu de pression quand même, car je sais que Joel est meilleur que moi en natation. Je me sais meilleur en vélo, nous nous départagerons donc sur la CAP, si j’arrive a le rattraper sur le vélo. Sinon ça va être chaud pour garder ma réputation au boulot 😉
J’arrive tôt (07H15), ce qui me permet de prendre le temps d’aller récupérer mon dossard avant de descendre mon vélo de la voiture. Le parc a vélo est sur la base de loisirs de Bois le roi, avec un plan d’eau plutôt petit (comparé a Cergy). L’eau en encore nappée d’un léger brouillard. Ça me permet aussi de voir que la CAP sera sur du chemin sablonneux, sur des grands axes de forets. Etant un des premiers, le retrait dossard se passe vite. Je retourne a la voiture préparer mon sac et mon vélo. Un peu de gâteau énergétique pour tenir jusqu’à 12H. La préparation est fraîche mais rapide. J’appelle Joel vers 07H45 afin de savoir si il est arrivé, et heureusement car je viens de le réveiller ! Il a intérêt a se magner d’arriver car le parc a vélo ferme a 08H30…normalement. Je pars vers le parc, je suis en avance sur ma préparation, je vais avoir le temps de visiter un peu. Je rentre dans le parc, pose mon vélo et laisse mon sac en vrac. Pour l’instant il y a peu de monde, mais ça commence a charger. Mon voisin a un très beau vélo, mais a vrai dire vu ma prestation a Chantilly, je ne suis plus impressionné. Je vais me promener au bord du lac, voire l’endroit de mise a l’eau. Encore une fois, il y aura une sortie a l’australienne. Je remonte tranquillement, en repérant ou rentrer pour ne pas me tromper de rangée en revenant de la natation. Le parc se charge, mais toujours pas de trace de Joel. Je prépare mon slot, mets mes affaires en ordre, prêtes a partir, écoute un peu les discussion des autres participants. a priori il y en a quelques-uns qui ont fait Chantilly il y a deux semaines… L’heure approche, le speaker annonce la fermeture du parc, toujours pas de traces de Joel. Il a eu peur ce lâche ! Je vais déposer mon sac a la consigne. Sur les organisations fédérales, il faut laisser place nette dans le parc a vélo, et ne garder que les affaires utilisées pendant la course. Je dois donc laisser les affaires qui me tenaient chaud pour me mettre en conditions de course, sauf qu’il ne fait pas encore chaud dehors ! Briefing dans 5mn, j’enfile la néoprène et me rapproche du bassin. Le parc est annoncé fermé et pas de trace de Joel, tant pis, ça aurait été amusant de se mesurer autrement qu’en paroles ! Briefing et départ des féminines et relais, je regarde autour en attendant notre départ, et vois arriver en courant mon copain, un peu a l’ouest, mais prêt ! Les arbitres l’ont laissé entrer a 08H50, il a juste eu le temps de jeter son vélo et d’enfiler sa combi, mais il est au départ : la course peut commencer !

Départ natation, sur une plage, ça court, ça se bouscule déjà au sol, ça promet. Premier segment, le premier virage est très proche du départ donc c’est la guerre au virage. Je m’étais porté a l’intérieur pour prendre le plus court possible mais quand la meute s’est rapproché de la bouée, je me suis fait tellement pousser que le kayak a du me reprendre pour éviter que je ne coupe le virage… Pas cool ! On se fout donc joyeusement sur la tronche pendant encore 400m avant que le peloton ne s’étire. Deuxième virage, direction directement la plage en diagonal. Avez-vous déjà essayé de nager sur une diagonale sans autre point de repère qu’une arche a 400 m ? N’essayez pas, c’est la merde ! Le peloton s’est tellement élargi que je ne savais plus maintenir ma trajectoire.. Retour tant bien que mal sur la plage. Remise debout, tour de l’arche, second tour. Je commence a être habitué, ça passe mieux. J’essaye d’accélérer sur le second tour. Je sais que Joel est devant, je ne veux pas trop le laisser partir. Sorti de la natation, je regarde derrière, il y a encore du monde. Je pense être dans la première moitié. Je remonte au parc en courant, manque de me planter de rangée (comme quoi la reconnaissance était utile !). Je vois que le vélo de Joel n’est plus la, reste a savoir combien d’avance il a pris. J’enfile le casque. Il fait encore un peu frais, surtout mouillé, mais je décide de partir bras nu. Si je mets en chasse, je devrais réchauffer vite 😉
Départ vélo, je saute dessus et enfile les chaussures. Je suis toujours content de voir a quel point ce mouvement est fluide maintenant pour moi. Et je suis aussi content de voir les autres galérer…Il faut sortir de la base de loisirs, et pour cela il faut passer un espace au revêtement sable/cailloux. Autant dire qu’avec les pneus route, c’est acrobatique. Tiens d’ailleurs le mec devant moi vient de se vautrer ! Pour moi ça passe, mais je me dis qu’au retour il faudra penser a ralentir avant ! Sorti de la base, virage a droite, le premier tronçon est un aller-retour sur 1.5Km, donc je vois les premiers arriver en sens inverse. Comme a mon habitude maintenant, je pousse fort dès le début du vélo et commence déjà a doubler. Surtout qu’on est sur du faux -plat montant, ça pique un peu a froid. Je regarde en face passer les avions, et j’aperçois Joel a fond. Je prend un repère, lance un chrono dans ma tète et accélère. Demi tour au bout de la ligne droite, je reviens sur un faux-plat descendant, ça roule fort. J’arrive au repère pris a l’aller, j’ai environ 4mn de retard sur mon copain, si je roule fort ça devrait être jouable de le reprendre sur le vélo. Mais attention quand même a ne pas trop se dépenser sur le vélo. Je roule bien, on arrive sur la seule vrai difficulté du parcours. Une belle cote de 2Km a 8% de moyenne. Je souffre un peu, surtout que les jambes ne sont pas encore bien chaudes. Arrivé en haut, je relance, je n’ai pas de temps a perdre. Ensuite, quelques petites montées sur le début du parcours, et on arrive au ravitaillement. Boisson iso et banane. La deuxième partie du parcours est faite pour moi. De longue lignes droites, plates, bitume propre, j’ai 20Km de kiff pour finir le premier tour. Je me cale sur du 52×13 et fais parler les cuisseaux. Je reprends beaucoup de monde. Je double un concurrent, vélo de contre-la-montre, roue lenticulaire, il me regarde bizarrement, je crois qu’il n’a pas apprécié de se faire doubler par un vélo qui vaut 4x moins que le sien ! Moi je rigole doucement, ça pique un peu les cuisses, mais c’est tellement bon ! je finis le tour sur du 35Km/H de moyenne, propre ! Deuxième passage dans la cote, je passe en souplesse, je veux en garder sous le pied. Le deuxième tour se passe bien, je repasse le ravitaillement me prépare a me retaper les 20Km de plat. Dans une longue ligne droite de presque 7 km je double encore du monde. J’arrive sur un concurrent noir, combi noire…le voila mon copain ! Je ralentis en arrivant a sa hauteur, il est surpris de me voir, et un peu ecoeuré aussi par la différence de vitesse. Je lui tape dans la main et relance. Par acquis de conscience je regarde si il a pris la roue, non. Il m’avoueras après avoir pris un coup au moral en me voyant passer beaucoup plus vite que lui. La fin du parcours est joyeuse, je suis devant, je suis a l’aise. Tellement a l’aise que sur un rond-point, j’évalue mal ma vitesse et manque de me manger le terre-plein. Je freine un coup sec, le bénévole sursaute, je me marre, mais la relance me fait mal aux cuisses. Je peste, j’ai perdu du temps, ça m’ennuie. Je reviens sur la base de loisirs, on double les familles qui se baladent. Les enfants semblent impressionnés. C’est vrai qu’entre les casques de chronos, les velos de compet et la vitesse a laquelle on passe, ça fait beaucoup. Je me dis que peut-être dans ces enfants, certains viendront courir a notre place dans quelques années… Je repasse sur l’emplacement sablonneux, remonte sur le parc a vélo, déchausse et cours jusqu’a mon l’emplacement. Je regarde autour, il n’y a pas trop de vélos, je suis dans le premier quart. J’enfile les chaussures et pars vers les bois.
Ravitaillement dès le début de la CAP, il y aura trois tours a faire, je m’arrête sur ce premier ravito pour boire et manger correctement. Je me sens bien, donc je me dis que ce seras le seul ou je m’arrêterais complètement, donc je prends le temps. Je repars avec l’idée de ne pas me faire reprendre par Joel. En essayant de regarder la montre je me rends compte que je me suis planté au départ de la CAP donc je n’ai pas ma vitesse en temps réel. J’hésites a la remettre en route, et puis je me dis que je vais y aller aux sensations. J’ai des jambes, le sol n’est pas facile, car un peu sablonneux. Vu mon poids c’est handicapant, mais je me rends compte que je double. Je ne sais pas quelle vitesse je vais, mais je sais que je suis bien. Je me dis que je vais continuer comme ça tant que je peux. Je passe le second ravito, prend deux verres, un pour boire, un pour m’arroser car il commence a faire chaud. Sans m’arrêter, je ne crois même pas avoir ralenti. Je double encore et toujours. Je suis étonné car d’habitude la course n’est pas mon point fort. Fin du premier tour, des personnes arrivent en vélo, je suis content et fier d’être devant. Je profite de cet état de grâce pour commencer mon deuxième tour regonflé. Je garde le rythme, et j’avoue que je m’étonne moi-même. Je double toujours autant, mais je ne peux pas savoir si ce sont des gens qui étaient devant ou a qui je mets un tour ! Le deuxième tour passe sans que je m’en rende compte, j’arrive a la fin de la boucle. D’habitude quand le parcours est en plusieurs tours comme aujourd’hui, arrivé au dernier, je vois toujours des coureurs décaler vers l’arrivée pendant que je repars galérer sur la piste, mais la non. Comme je ne sais toujours pas a combien je cours, je me dit que c’est un coup de bol, et je repars. Troisième tour, je vole, littéralement, les appuis sont légers (malgré mes 88Kg), je pousse fort sur les foulées, je suis euphoriques. Les kms défilent et je me rapproche très vite de l’arrivée. J’ai un coureur en ligne de mire depuis 3 a 4 km, mais je n’arrive pas a le reprendre. J’hésites, je peux encore accélérer, et risquer de me cramer, ou rester sagement ou je suis. Je ne suis pas sage 😉 ! J’accélère, progressivement. Je le rattrape doucement. Je me dis que je ne pourrais peut-être pas le doubler avant l’arrivée. A ce moment la on arrive sur le dernier ravito et je le vois s’arrêter. Dans ma tète c’est ma chance j’ai l’impression que je joue les championnats du monde et qu’il viens de me laisser la tète ! J’attrape un verre au ravito, le regarde, il est défait, il va être obligé de prendre son temps au ravito. Moi je me sens toujours bien, il me reste 4Km. J’arrive a la fin du parcours, vois encore des gens qui arrivent en vélo, je me dis que j’ai été vite ! je rattrape un concurrent, l’arbitre indique, « arrivée a droite, deuxième et troisième tour a gauche ». Mon voisin prend a gauche et fièrement le buste droit je prend a droite. Une petite boucle autour du parc a vélo et j’arrive en vue de l’arche. Le speaker dit mon nom, mon club, je passe l’arche en regardant le chrono 5H01 ! J’ai explosé mon record de presque 25mn ! J’ai du mal a y croire, regarde autour de moi, il y a peu de monde dans le sas d’arrivée et encore moins au buffet. Les gens qui sont la sont clairement des avions. Je prends la médaille et le maillot de finisher, laisse un bénévole me retirer ma puce a la cheville. Je viens de me rendre compte que j’ai les cuisses comme du bois et que je ne peux pas me baisser. Je regarde l’heure, il est 14H, non c’est bien ça je viens de péter mon temps 😉
Je vais boire et manger, car en faisant de l’express sur la CAP, je me sens clairement faible et affamée. Je me pose sur une botte de foin et attends mon copain. Et la je vois défiler tellement de monde ! Ils me regardent avec admiration, avec ce même regard que j’ai d’habitude d’avoir devant les coureurs rapides (c’est peut-être mon imagination et le jeu des hormones !) Au bout de 30mn de ratissage du buffet, je vois arriver Joel. Il est content car il est passé en 05H30. Je n’ose pas lui dire mon temps, tellement j’ai moi même du mal a y croire. On discute un peu pendant qu’il mange, on attends un peu sa copine. L’ambiance est bonne dans le sas d’arrivée. Je décide de rentrer car j’ai encore un peu de route. Je récupère mon vélo, je me sens bien, fort en voyant les autres concurrents arriver alors que j’ai terminé depuis plus d’1 heure…
Le retour est douloureux, en refroidissant les muscles ont durcis, et je me sens comme un vieux.
J’apprendrais deux jours plus tard mes temps :
| 70 | BARTHET | DAVID | SM | TOBESPORT | IND | 04:56:38 | 00:41:39 | 00:01:06 | 02:45:55 | 00:01:55 | 01:26:04 |
Classé 70eme au scratch sur 416 finishers en 4H56. j’ai mis 30mn a mon propre record ! Et un temps de CAP de 1H26 ce qui est mon record sur un semi-marathon (10mn de moins que l’ancien qui n’était pas sur un triathlon !) 2H45 sur 90Km de vélo soit quasiment 33Km/H de moyenne !
La saison de tri se finit donc sur cette excellent performance, que je ne suis même pas sur de pouvoir refaire. Place maintenant au « repos » pendant 2 mois avant de commencer la préparation pour Nice 2019…
La meilleure des récompenses, c’est que l’on peut se surprendre.
Bravo champion
IL est vraiment…il est vraiment…phénoménal..là làlà là là là !!!!
Bravo champion voilà un finish de toute beauté !
quel talent de fin stratège
Attention tout de meme aux prises de risques ,ne t amuse pas trop souvent à ce petit jeu ,jeune présomptueux !
N oublie pas que tu vas en prendre un sacré coup le 24 février prochain !hi..hi..