Auteur/autrice : admin
L’AlpsMan – Une occasion manquée
En 2025 l’objectif était L’Alpsman. Vacciné du Bearman, certainement des Pyrénées, mais pas de la montagne, je retourne dans les Alpes. Enfin pour etre précis, j’essaie de retourner dans les Alpes. Car la première incertitude c’est l’inscription qui se joue sur tirage au sort.
Cette épreuve est classée Xtrem triathlon (sinon pourquoi y aller ? 😀) mais avec une organisation solide qui commence a avoir de l’expérience et des bons retour des participants. Entre 400 et 500 places pour le full et plusieurs formats de course sur un week-end, le tout au bord du lac d’Annecy.
Fortement inspiré du Norseman, l’épreuve promet des quelques particularités par rapport a un autre triathlon.
- Un départ au millieu du lac depuis un bateau.
- Un parcours vélo comprenant le Semnoz (1600m) et 4000m de D+
- Un marathon a double arrivée. Au sommet du Semnoz et en trail pour les plus rapides, sur le lac et sur la route pour les autres.
Je me lance donc sur le tirage au sort en octobre et j’avoue qu’ayant bien envie de le faire, je n’avais pas de plan B. Un mois d’attente et le résultat tombe, je suis tiré au sort. Il ne reste plus qu’a payer ! C’est (bien) plus cher que le Bearman, mais avec la promesse d’une vraie organisation. Et ca reste moins cher que le label IronMan..
Je me retrouve donc fin novembre, inscrit pour l’épreuve en juin, il n’y a plus qu’a…
Et pour changer, je vais raconter un peu plus l’avant course, la préparation, c’est vrai aussi que la course a été plutôt courte !
L’état d’esprit.
Suite au Bearman 2023, j’ai décidé de faire une saison 2024 différente.
J’ai pris le parti de sortir un peu de la route avec 2 nouveaux objectifs, remplacer le semi marathon de Paris par l’écotrail 30Km en début d’année et faire les 24h VTT en septembre.
Je suis donc partie m’entrainer sur les chemins. Faire plus court mais plus difficile. Quasiment ré-appendre à courir et à piloter, tellement le trail et le VTT sont différents des activités sur route. Apprendre aussi à ne pas se focaliser sur la vitesse pure. Courir aux sensations en regardant les paysages. Prendre le temps de regarder sur les cotés plutôt que devant ou la montre.
J’ai fait quelques trails en préparation de l’écotrail, un dans la boue, l’autre dans la neige (pas de bol en ile de France !). Ca m’a permis de me rendre compte que je suis techniquement limité hors de la route, et un peu lent.
L’écotrail début avril se passe passe si mal, mais par manque de préparation et un mauvais choix de chaussures, je me suis un peu flingué les chevilles. Ce qui va ralentir un peu la préparation pour les triathlons planifiés en mai.
Revenu sur route tout se passe plutôt bien. La condition physique travaillée pendant l’hiver est bien présente. Je suis encore un peu lourd et pas très à l’aise sur mes appuis à cause de la cheville, mais en vélo j’avionne bien et je passe le half-ironman de Dijon avec un vélo à 30 Km/h de moyenne malgré le parcours vallonné.
Pour préparer les 24h VTT de septembre, je pars en vacances avec le VTT plutôt qu’un vélo route. Surtout que je suis en parti en montagne et que je pense travailler la technique sur les cailloux et les raidillons. L’organisation des sorties en famille (et un burger pas si frais) font que je ne roule pas autant que prévu. Dommage.
Arrivent les 24h VTT qui furent un calvaire. Plusieurs chutes ont eu raison de mon poignet. Fêlure de la tète du radius. Ca m’ennuie car début octobre j’ai un autre half Ironman au Mont-St-Michel pour lequel j’ai aussi prévu un déplacement en famille. Je coupe 2 semaines complètes avec poignet bloqué et essaie de reprendre un peu les deux semaines suivantes, mais tenir le vélo est difficile, nager est impossible et même les chocs en course a pieds me font un peu mal.
J’arrive donc au Bayman sans condition physique et avec un poignet pas complètement remis. Ce qui devait arriver arriva. La nage est douloureuse et je fais un temps de merde. Je n’ai pas le gainage suffisant pour tenir ma position sur le vélo pendant les 90Km. Je me traine malgré mon vélo de contre-la-montre. Je me fais doubler par des concurrents que je n’aurais jamais vu d’habitude. Et je suis KO. Je ne dépasse pas les 190w la ou d’habitude je vais emmener entre 250 et 270w. J’arrive à la fin du vélo et décide de ne pas repartir en course a pieds. J’en suis déjà à quasiment 4h de courses. Si je repars, je sais que je vais allègrement dépasser les 6h et je n’en ai pas envie.
J’acte la fin de saison.
C’est donc avec cet état d’esprit et un corps fatigué que je m’inscris a l’Alpsman.
L’état des lieux.
Après avoir validé mon inscription, il est temps de préparer mon plan d’entrainement. Et pour cela savoir ou j’en suis et determiner ou je dois etre en juin.
Premier point noir : le poids. Pour être efficace dans la montagne il faut être le plus léger possible. Je vais devoir perdre pas mal si j ne veux pas rester collé à la route.
Ensuite, il suffit de retrouver un état de forme digne de la difficulté. Simple !
Je dessine mon plan d’entrainement et mon calendrier de courses pour arriver au mieux début juin.
Course « obligatoire » la sortie club le 17 mai a La roche sur Yon. Un peu proche de l’IonMan mais qui sera un vrai test de l’état de forme.
Je défini des cycles de 4 semaines a partir de mi-décembre avec une course à certaines fin de cycle. Il y aura donc un cross-duathlon en février, un duathlon en mars, un triathlon court en avril puis la Roche en mai.
Ce ne sera que des courses courtes mais intenses jusqu’à avril pour pouvoir travailler les changements de disciplines et la résistance sans trop impacter la charge d’endurance.
Et cette année je rajoute le home-trainer pour ajouter des séances de vélo plus qualitatives. En effet en ile de France il n’y a pas trop de montagnes et mon trajet travail est trop court pour travailler régulièrement. Donc Home-trainer sur lequel je vais enchainer les seances basées sur des mesures de puissances et de frequences cardiaque.
Le principe est simple : si je suis en janvier à 250 watts de moyenne pour 170 pulsations/minutes et 95Kg je dois finir en juin a 300 watts de moyenne pour 85 Kg pour la même fréquence cardiaque. Alors je devrais m’envoler dans la montagne 😀.
Pareil sur la course a pieds. Je ne me focalise pas spécialement sur mon allure, l’important c’est de m’alléger, le reste va suivre. C’est de la physique.
Et donc obligation de commencer le régime dès janvier, là ou d’habitude je ne commence qu’environ un mois à l’avance. Le but retrouver le poids que j’avais a Embrun 2017 et que je n’ai jamais réussi a reprendre (surtout en post-covid).
Et globalement tout s’est déroulé selon les plans. Le poids diminue bien et j’augmente au fur et a mesure la charge d’entrainement. Les outils aident beaucoup. Les analyses de performances et de santé de la montre sont très précis, et en les suivant je peux adapter mes entrainements, ma récupération et constater les progrès en temps réel.
Les courses de Préparation
Comme prévu le Duathlon de Sartrouville début février est compliqué. Je suis en début de prépa. Je n’ai pas encore l’intensité nécessaire pour des distances aussi courtes. Mais le job est fait, je ne suis ni surpris ni déçu par la perf. Course finie, je repars sur un nouveau cycle. Objectif Duathlon de Meaux, sur route.
A Meaux les sensations sont bizarres. Je sais que je vais être derrière a la première course a pieds (5 Km) mais je dois me concentrer sur la partie vélo (20Km). Comme prévu, je prends le vélo dans le dernier quart du peloton. Ce qui n’était pas prévu c’est que je ne ressente rien sur le vélo. J’ai l’impression de forcer mais au lieu de remonter, je perds encore des places. Ce n’est pas normal. Je regarde la montre, je culmine à 190w de moyenne, largement en dessous de ce que j’envoie d’habitude. Je décide donc de rouler en me calant à 230w et en surveillant la puissance en permanence pour ne pas retomber dans un faux rythme. Je remonte un peu de monde mais vraiment sans sensations. Je pose le vélo en étant environ a la moitié du peloton. Je pars sur la deuxième course a pieds (2.5 Km) sans trop y croire, et là c’est la surprise, j’ai des jambes. Je fini donc la course sur un bon rythme de course en ayant encore du gaz pour quelques relance. Course finie, direction le triathlon de Beauvais début avril.
Le triathlon de Beauvais est un triathlon courte distance et en piscine. Placé très tôt dans la saison, il est très prisé par les triathlètes de la région pour se tester. La course à lieu l’après-midi. Et comme je suis un gros malin, et que je me suis chauffé avec Clément, je me suis inscrit le matin même à une course de 10Km à coté de la maison.
Départ donc à 9h pour un 10km. Objectif officiel battre Clément. Objectif officieux me rapprocher des 45mn. Clément part vite, trop vite. Surtout qu’il y à une cote dans les 3 premiers kms. Mais comme je suis un gamin, j’accélère le rythme progressivement pour le doubler au 4eme km. Je fini le premier tour en 22’50, donc sur des bases de 45′. Comme l’objectif officiel est réussi (je savais que Clément ne me rattraperai pas) et que j’étais proche du l’officieux, je ralentis un peu pour me ménager pour l’après-midi. Je fini en 47’05 après avoir bien lâché en fin de course, histoire de ne pas attendre Clément trop longtemps a l’arrivée. Direction Beauvais l’après-midi.

Rendez-vous donc à Beauvais. Le programme 750m de natation en piscine, 20Km de vélo tout plat mais avec beaucoup de relances, 5Km de course a pieds sans difficultés. Ayant annoncé un temps de natation assez rapide, je pars dans les dernières vagues. La natation se passe bien et va très vite. Forcement en bassin de 25m, on gagne beaucoup de temps si on pousse fort au virage. Je sors 2eme de ma vague et court vers le parc à vélo à l’extérieur. la T1 est rendue particulière, de part la distance entre le bassin et le vélo, et par le passage intérieur / extérieur qui est assez surprenant. Je commence le vélo en sachant que le parcours est court et plat. Donc j’envoie le maximum de puissance dès le départ. Je rattrape assez vite les coureurs des vagues précédentes. Je sens que je me fatigue car il y a très peu de long segments dans ce parcours urbain mais beaucoup de virages et donc de freinages / relances. Je sens que les cuisses brûlent, mais j’arrive a maintenir une puissance constante tour après tour. Je pose le vélo et part sur les 5Km de course a pieds. Et ne me sentant pas fatigué, je suis déjà content de ma perf par rapport à la course du matin. Je vais perdre un peu de temps sur la course à pieds pour me soulager et demander mon chemin car je n’étais plus très sûr d’être sur le bon parcours. Je finis donc la course assez content en n’ayant même pas la sensation d’avoir beaucoup puisé. Prochain objectif, le half ironMan de la Roche sur Yon mi mai.




C’est parti pour un week-end de sortie club le 17 mai à La Roche Sur Yon. Faire un half-iron 3 semaines avant le full était un choix difficile. En effet, impossible de placer un cycle entre les deux courses. Je devrais donc gérer la récupération de La Roche, la fin de la prépa et le début de l’affutage sur un temps très court.
Le parcours est sans difficultés. Pas de grosses montées sur le vélo, mais beaucoup de cuvettes typiquement vendéennes. Et sur la course a pieds, c’est un parcours urbain, donc pas de denivelé mais des relances. La variable de difficulté sera la météo.
La grosse différence sur une sortie club c’est l’ambiance. Je connais les gens contre qui je vais courir. Chacun est là avec ses propres objectifs, sa propre préparation et pour certains on se connait très bien puisqu’on s’entraine ensemble. Faisant partie des « anciens » je passe beaucoup de temps dans le parc à vélos à accompagner les nouveaux. Leur donner quelques trucs et astuces pour moins stresser pendant la course. Cela me permet aussi de ne pas trop me focaliser sur mon propre objectif. Pour moi aujourd’hui, l’important c’est les sensations, mais je dois aussi avouer que je vais viser un temps entre 5h15 et 5h30. Je veux faire un gros vélo, viser un peu au dessus des 30Km/h de moyenne et enchainer sur un 1h50 à la course à pieds. Le tout sans me cramer. Ca va être ça le plus important. L’état de fatigue pendant et après la course sera un bon indicateur de mon état de forme pour l’Alpsman dans trois semaines. Une bon point aussi de cette course c’est l’état d’esprit de mon groupe dans le club. Ils sont eux-mêmes habitués aux IronMan et on se connait depuis quelques années maintenant. Assez pour savoir si le copain est en forme. Et les premières remarques des copains sont très positifs. Eux-mêmes constatent la forte perte de poids et l’état de forme général. Je prend donc le départ gonflé à bloc.
Je pars à la natation un peu sur la retenue, le but étant de ne pas me battre dans l’eau. La boucle de 900m n’est pas très technique, assez peu de virage et la natation se passe presque sans encombres. Juste une petite alerte sur le deuxième tour ou je prend un coup sur les lunettes qui m’oblige a m’arrêter pour les remettre. Ca m’énerve un peu, mais c’est le jeu. Fin de natation. Je sors dans la première moitié pour enquiller le vélo.
Comme prévu, la météo amène la difficulté. Il fait un peu chaud et un peu de vent. Le vent rafraichi, mais oblige à un effort plus important. Je m’applique à rouler au rythme voulu en prenant soin de boire et manger. Cette course doit aussi servir de répétition pour mon plan nutrition. Je me fais un peu surprendre par les premiers de l’épreuve courte distance qui arrivent derrière nous. Je vois passer des avions en me demandant si je ne suis pas en train de me faire prendre un tour par les premiers de ma course. Je mets quelques minutes à comprendre que ce n’est pas grave, et je reprend ma course serein. Je suis sur mes 30Km/H de moyenne. Je me sens bien, j’accélère un peu sur le troisième tour. Je pose le vélo en forme à quasiment 32 de moyenne. Propre.

Sur la course à pieds, il fait encore un peu plus chaud, mais en ville, il n’y a pas de vent. Je pars sur un rythme moyen de 5’40/Km le temps de découvrir la boucle de 5 Km. Les ravitaillements sont bien placés pour agrémenter la course. Il y a quelques passages plus durs (une ou deux montées et un escalier) mais le parcours reste assez roulant. Il y a beaucoup de monde sur la place principale de la ville qui héberge le village de l’épreuve et sur laquelle on va passer 4 fois. Sur la première boucle on est nombreux puisqu’on court aussi avec les participants des autres distances. Je cherche un peu l’ombre dans les rues afin de ne pas trop chauffer. Courir en boucle permet aussi de voir les autres membres du club et de de jauger un peu. J’en double certains en ayant un voir 2 tours d’avance sur eux et cours après un autre que j’aperçois de temps en temps quand nos routes se rejoignent. Il a quelques longueurs d’avance. Ce qui est cool car c’est un des meilleurs du club. Je le pensais beaucoup plus en avance. Donc j’accélère autour de 5’30/Km. Je me sens bien. Je ne ralentis pas aux ravitaillements. Je prend juste un verre d’eau en passant. J’en bois la moitié, m’arrose avec le reste. Pas de fringale, le plan se déroule bien. La fin de la course est plus calme. Les courtes distances sont partis, avec leurs supporters, et je profite des moments silencieux pour faire un état des lieux. Je me sens bien. Pas de fatigue excessive, aucune douleur, c’est presque trop facile ! J’accélère. Je finit la course assez propre. Les vitesses ont été respectées et je ne me suis pas cramé. Les collègues et la montre avaient raison, la forme est là. Place a un peu de recup.


La dernière ligne droite
Il reste 3 semaines avant l’Alpsman. Commence une période particulière entre récupération, fin de préparation et affutage. Je fais un peu au jugé. Un peu de récup active et de séances faibles intensité Une dernière grosse sortie vélo une semaine après La Roche puis je descend progressivement le volume.
Je commence aussi à surveiller la météo et à préparer le matériel que je vais emmener. Globalement, j’ai mis la moitié du matos que j’ai dans les placards dans mes sacs. Je sais que j’en aurais trop, mais bon, j’ai une voiture pour moi tout-seul alors peu importe. Je bichonne aussi le vélo, m’assure que ca ne risque pas de me lâcher en cours de route. Je prends la route le jeudi, direction Saint-Jorioz avec un coffre plein d’affaires de sport, de matériel de camping et d’un vélo (j’ai ai pris qu’un 😀), En forme et le mental à bloc.
Les jours d’avant
Cette année, je loge en camping, et en tente. J’arrive dans le camping que j’ai réservé et monte la tente, il fait assez beau. Ca fait une semaine que je regarde la météo 10 fois par jour. C’est un peu changeant, mais je reste assez confiant. Je fais un petit tour de vélo jusqu’au lac, pour vérifier que je l’ai bien remonté après le voyage. Ca roule bien, j’ai des bonnes jambes mais je me retiens pour éviter de trop me dépenser. Première nuit en tente, je dors moyennement bien. Mon emplacement est proche de la route et il y a un peu de bruit. Pas de souci de température ni de confort. Je supporte encore le matelas pneumatique malgré mon âge !




Le vendredi matin, je fais une petite sortie vélo pour repérer les premiers kilomètres de la course et le début de la montée. Je grimpe en admirant le paysage . Plus je monte, plus la vue sur le lac est belle. Il fait à peu près beau et je profite. Je m’amuse aussi pendant la redescente.

Retour au camping, je vais acheter à manger et des boule Qiues pour la nuit prochaine. Je vais manger au bord du lac pour voir un peu le village de la course et attendre l’ouverture du retrait des dossards. En surveillant la météo, je vois que les prévisions d’orages se changent en alerte orange pour la nuit et la matinée de demain. Ca commence a puer un peu. Je récupère le dossard et revient au camping. Je ne crains pas spécialement les orages, mais en tente, sous les arbres, la veille d’un IronMan, je le sens moyen. Je passe a l’accueil du camping pour basculer sur une tente semi-durcie. C’est plus rassurant. Je démonte mon matériel de camping et commence à préparer le matériel de course. Je pose les stickers sur le vélo et le casque. Commence à préparer les sacs de ravitaillement. La météo annoncée ne s’améliore pas. Je reçois alors un mail de l’organisation. Présence obligatoire au briefing en fin d’après-midi. Des changements sont prévus pour la course à cause de la météo…






Avec un départ prévu très tôt, il est indispensable de déposer la veille le vélo, les sacs de ravitaillement et de matériel de rechange pour des checkpoints disposés sur le parcours. Je pars donc avec mon vélo et mes sacs à laisser aux organisateurs jusqu’au village de course. Je dépose mon sac de ravitaillement de mi-parcours vélo et mon vélo dans le parc que j’emmaillote dans des sacs poubelles pour éviter qu’il ne prenne trop d’eau pendant la nuit. Je pars ensuite au briefing



L’annonce tombe pendant le briefing, la natation est annulée. A cause de l’orage annoncé toute la nuit et jusqu’à minimum 6h du matin, le lac est déclaré non navigable. On va donc courir 5km au lieu de nager. La déception est grande. Le départ de l’Alpsman est une de ses grandes particularités puisqu’il se fait depuis un bateau. Je sais donc déjà avant de partir que je ne ferais pas un IronMan, que je n’aurais pas ce que je suis venu chercher. Je sais qu’ils n’ont pas le choix et que c’est la meilleur chose à faire. Comme à Nice, je comprends que garder l’épreuve malgré la préfecture qui demandait l’annulation, c’est déjà beaucoup. Voilà donc, pas de nage, mais le parcours vélo, déjà compliqué, va le devenir encore plus. L’organisation ne pouvant pas garantir la sécurité des vélos pendant la nuit au vue des conditions annoncées, nous demande de les récupérer pour revenir avec le lendemain matin.
Le temps de remettre le vélo dans la voiture et faire la pasta-party au bord du lac, on se prend un orage sur la tète. Les réjouissance commencent ! Retour humide au camping, bien content d’avoir troqué ma tente au sol contre une tente durcie, sur pilotis et avec une terrasse couverte. Suite aux changements annoncés, je dois changer mes caisses de transitions 1 et 2. Il faut maintenant prendre en compte que certaines de mes affaires de course a pieds seront mouillées le matin. Il faut donc revoir toute la stratégie réfléchie pour mon équipement pour limiter l’inconfort. Les sacs et caisses sont prêts, je recharge tout dans la voiture pour le lendemain matin. Une douche et je vais essayer de dormir.
Bizarrement la nuit ne se passe pas si mal. Juste perturbée par les orages qui ont commencés à taper au milieu. J’ai eu des sensations bizarre de crainte pour la course et de joie de ne pas être sous une tente. Mais étonnamment, je ne crains pas tant que ca pour la course. J’ai intégré le fait que ca allait être compliqué.
Le jour J
Le départ est maintenant prévu pour 6 heure, ouverture du parc à vélos à 5h, levé a 4h15. J’arrive au parking, encore de nuit. Le parking étant à peu près un champ, il est maintenant devenu presque impraticable suite aux gros orages de la nuit. Bizarrement à 5 heures et quelques, il ne pleut plus. Le ciel n’est presque même pas trop chargé. Un éclair me traverse l’esprit : « et si ? » « Et si la journée était moins dure que prévue ! ». Je prépare mon emplacement en prévoyant quand même la pluie. J’emballe mes vêtements de rechange dans des sac poubelles. Une caisse pour chaque transition. Le ciel se charge de nouveau, vite et lourdement. 20mn avant le départ, un nouvel orage nous tombe dessus. tout le monde se refugie dans la tente prévue pour le se changer, ou pour le buffet d’arrivée. La tente n’est pas si grande et on est un peu serrés. On peut lire sur les visages un peu de crainte. Crainte que la course soit annulée pour certains, crainte que la course soit maintenue pour d’autres. J’avoue que même moi, je ne suis pas certain de mes émotions à ce moment là. J’essaie juste de me mettre en conditions pour accepter ce qu’il se passera. Ces 20 mn sont longues. Le speaker essaie de nous garder sous pression. Mais même pour lui c’est compliqué car l’orage en cours provoque plusieurs coupures de courant. 5h55, l’orage est calmé mais il pleut toujours, les bénévoles nous poussent vers l’extérieur et la ligne de départ. Finalement on est trempés comme pour un départ de triathlon, sans mettre un pied dans l’eau 😀.
La course
Le départ est bien donné, sous une pluie moyenne. On s’engage a 400 personnes dans un chemin de 2 mètres de large détrempé. Soit pour éviter les flaques (ce qui me parait aberrent vu qu’on est déjà trempés) soit pour passer un peu devant, les coureurs passent sur l’herbe sur les cotés. Sauf que le bas-côté est détrempé et glissant et les chutes commencent. La majorité sans gravité, mais j’aperçois juste devant moi une athlète qui glisse et s’encastre dans un banc sur le bas coté. Mais on continue. Comme des traileurs, on doit faire attention ou nos pieds se posent, mais également regarder devant et sur les cotés pour anticiper les obstacles. Le groupe s’étire et on commence à avoir un peu moins de spectateurs. En regardant un peu mes acolytes, j’ai l’impression qu’ils ont ce même sentiment. Cette course a pieds est subie. Personne ne voulait la faire, mais il faut pour accéder a la suite, alors on cours. Vu la condition physique des participants, ces 5Km passent vite. Je me tempère un peu pour les finir en 26 minutes.

Je récupère ma caisse et entre dans la tente pour me changer. Vu les conditions, j’ai fait le choix de me changer entièrement. J’étais parti avec une tenue pure course a pieds et je dois enfiler une tenue de vélo. Tout ca avec des vêtements, des mains, un corps trempé et froids. Je perds du temps et voit les autres concurrents me passer devant. Je l’accepte douloureusement mais j’ai besoin de confort pour le vélo. Je dois passer presque 5 minutes a enfiler le k-way et les mitaines qui me collent sur la peau. Je range mes vêtements dans la caisse en les réemballant dans un sac poubelle, une partie du matériel resservira après le vélo. J’ai déjà froid aux pieds en pensant aux chaussures que je devrais rechausser dans quelques heures. Je prends le vélo et cours jusqu’à la sortie du parc. Il pleut toujours.
Obnubilé par le départ du parcours vélo, je monte sur le vélo avant la sortie du parc et me fais engeuler par les arbitres. Je redescends, recours et remonte après la ligne. Go pour 180 Km de plaisir. Au menu une première ascension vers le col du Semnoz (25 Km) puis 2 boucles d’un parcours agrémenté de 2 cols moins haut. J’ai fait une croix sur l’espoir de rouler sans pluie. Je m’éloigne du lac pour entrer puis ressortir de la ville de St Jorrioz, sur le parcours reconnu la veille. Je double quelques concurrents dans la montée du Semnoz. Plus je monte, plus l’horizon est bouché. On monte littéralement dans les nuages. Je monte plus ou moins tranquillement vers le Semnoz. On est un petit groupe de 3-4 coureurs qui nous retrouvons au grès des coup de boost de chacun. Ce qui nous permet de remonter un peu dans le classement. Je ne sais pas si je pourrais les garder toute la course. Des fois leur présence me motive, des fois elle m’énerve. Ca m’énerve quand je mets un coup d’accélération de prendre quelques centaines de mètres d’avance et de les voir revenir quelques kilomètres plus loin. Mais dans un sens cela m’amuse de constater que même si on ne joue clairement pas le classement, l’esprit de compet reste présent.


La montée du Semnoz, enfin ses 10 derniers Km se passe bien. Le dénivelé est irréguliers passant de 3 a 10% au fil de la montée. L’avantage c’est que des bornes kilométriques sont présentes et annoncent le D+ a venir. Hormis la pluie, rien d’inquiétant. Je reste en forme sur le point culminant du parcours. On subit quand même encore quelques coups de tonnerre qui resonne fort sur ces flancs de montagne. On sent un peu le vent, mais ca ne m’affecte pas…pour l’instant !
J’arrive au sommet du Semnoz soulagé d’avoir ainsi passé la première grosse difficulté. Je ne m’arrête pas au ravito car j’ai encore de quoi boire et manger sur le vélo. J’enquille directement la descente. Je commence a prendre un peu de vitesse, m’assure que les freins répondent bien et me prépare a une descente stressante. Et d’un coup, je prend une rafale de vent qui me déporte de quelques mètres sur le coté. Sachant que la route est ouverte aux voitures, il va falloir jouer avec cela aussi. Etant équipé de freins à disques je peux me concentrer sur les trajectoires plutôt que sur les freinages. Les pneus tiennent assez bien sur route mouillée, mais je reste prudent. Par contre je double beaucoup de concurrents en freins à patins qui font en sorte de ne jamais prendre de vitesse car ils savent que pour eux, freiner c’est au mieux ralentir. J’ai un peu froid aux mains. Les freinages deviennent douloureux dans les doigts. Je commence aussi a apercevoir des coureurs entre les mains des équipes de secours, emmitouflés dans des couvertures de survie sur le bord de la route. A priori des chutes. Je passe en essayant de me concentrer sur ma route.

J’atteints enfin la fin de la descente, au Km 42 et j’enquille un long plateau d’environ 10Km. Ca c’est mon point fort. Envoyer du gros développement sur du plat pendant de la longue distance. Je reprends encore quelques coureurs, et me rends compte que j’en ai un qui a pris ma roue. Je peste car le drafting est interdit sur cette course et qu’il me laisse me fatiguer pendant qu’il se contente de se cacher derrière moi. Je prends la pluie et le vent pendant qu’il récupère. Ca me fâche un peu mais je reste dans ma course. Je gère la puissance envoyée car je sais que je ne suis qu’au début de la course. Je fais tout le plateau a environ 30Km/H. J’ai un peu de vent de face mais rien d’inquiétant.
J’arrive ensuite sur le circuit que l’on doit faire deux fois avec 2 petits cols. La route remonte et ma sangsue en profite pour me doubler. Je râle ! Je commence aussi à voir les premiers de l’épreuve half (partis après nous) qui me doublent. Arrivent aussi les premier du full qui me doublent, étant sur leur deuxième boucle. Le premier mini-col passe bien, petite montée, petite descente. La pluie est maintenant en alternance. j’attaque le deuxième qui ne va pas monter beaucoup non-plus. Bascule au col dans un village et on redescend sur l’autre versant de la vallée. La route est toujours aussi humide, mais maintenant il commence à y avoir un peu plus de voitures. Certains conducteurs s’agaçant de devoir rouler entre les cyclistes. Je suis sur une partie descendante sans trop de pente. Il faut faire attention mais c’est moins stressant que le Semnoz. Je suis plutôt bien. Je suis dans les temps que je me donnais au vu des conditions, et puis il y a eu le Km93…
Le Km93.
En descente au sortir d’un virage, je vois plusieurs cyclistes arrêtés en pleine route et un bénévole me fais signe de me joindre a eux. Je m’exécute sans trop comprendre. On se regroupe avec ceux qui roulaient un peu avec moi. Un fait de course presque comme un autre. On profite pour aller se soulager un peu. On sort un peu de nourriture de nos poches et on se demande ce qu’il se passe. On est a l’entrée d’un village, la falaise d’un coté, le ravin de l’autre et je ne vois pas beaucoup plus. On entends d’abord qu’il y a un accident de la route. Puis que c’est un concurrent. Qu’un hélico est arrivé pour le secourir. C’est assez courant en montagne. Les coureurs continuent d’arriver, ainsi que des voitures. La route est bloquée, tout le monde s’arrête. Comme depuis le début de la journée, il pleut par épisodes et on commence a refroidir. D’autres infos arrivent jusqu’à nous. Le coureur a eu un accident avec un camion. Cela fait maintenant plus de 30mn que je suis arrêté. La route est devenu un parking à vélos. On entent un arbitre en moto qui essaie de fendre la foule avec un « civil » a pied a coté de lui. On apprend ensuite que c’est un membre de la famille de l’accidenté. J’entends l’hélico, que je ne voyais pas car stationné un peu en contrebas, redémarrer. Une autre info, ils ont du sortir le coureur qui serait passé sous le camion. Cela fait 40mn que nous discutons un peu entre nous. J’ai envoyé un message a Sandra, au cas elle recevrait inopinément une information. qu’elle sache au moins que je ne suis pas concerné par l’accident. Il se passe encore une quinzaine de minutes avant de voir repartir les camions de pompiers et de la gendarmerie. La route va rouvrir. On commence a se dire entre coureurs que repartir pose un certain nombre de problèmes. Comment avoir envie de continuer après un tel épisode. Comment faire repartir prêt de 1000 coureurs et une centaine de voitures maintenant arrêtées dans de bonnes conditions. Quid des barrières horaires ? Reprendre la course après une heure a se refroidir est-ce vraiment une bonne idée ?

Et puis l’info arrive par un arbitre qui passe dans les rangs. La course est neutralisée. L’organisation ne peut plus assurer la sécurité des coureurs ni l’équité de la course puisque les premiers sont passés avant l’accident. Nous allons donc former des pelletons et rentrer encadrés par des motos. Ma course s’arrête donc ici. au Km 93. L’ambiance est morose mais on est presque tous un peu soulagés. Il faut donc maintenant effectuer les 30Km qui nous séparent du lac. La pluie a repris, et elle va tomber maintenant jusqu’à la fin. Je reprend la route avec un groupe, sans grande envie, mais il faut bien rentrer. On roule calmement, bercés par les nombreuses voitures qui doublent. Il y a des motos qui font des allers-retours pour s’assurer que tout va bien et que les pelotons respectent les consignes d’utilisation de la route.
Rentrer
Moment très particulier, on arrive a Leschennes, lieu d’un ravitaillement personnel et ou beaucoup de supporters sont présents, emmenés en bus par l’organisation. Il y a beaucoup de monde de tous les cotés. Des personnes qui nous applaudissent. Je suis sur le point de pleurer. Les gens applaudissent nous envois des « Bravos » mais on aperçoit sur leurs visages que même eux ne savent pas trop ce qu’ils font là. Ils sont là, sous la pluie, avec des pancartes depuis plusieurs heures certainement et nous on passe en faisant tous la gueule. Ils savent ce qu’il s’est passé. J’ai appris ensuite que eux savaient déjà que le coureur accidenté était décédé lors de son transfert. Ce que nous ne savions pas. Personnellement, j’entends les applaudissement, mais je ne comprends pas pourquoi ils applaudissent. Mentalement, je ne suis déjà plus sur une course, je subit juste la route comme une mauvaise sortie dominicale. J’ai presque l’impression que ces spectateurs ont pitié de nous. Les émotions se mélangent. Je débranche le cerveau pour pouvoir continuer.
Leschennes passe, il reste 20Km avec encore un petit col à passer et ensuite tout en descente jusqu’au lac. Je double une concurrente qui s’accroche dans ma roue. Et je l’entends me dire « tu mousses ! ». Je suis totalement déconnecté. J’ai éteint le cerveau pour ne pas laisser mes émotions me déconcentrer. Je mets quelques secondes a réagir. « Comment ca je mousse ? » Je la laisse revenir a ma hauteur et elle me dit « Tu as de la mousse sur le cuissard et la selle. ». Je passe la main sur mon cul et j’en ramène effectivement de la mousse. Je ne comprend même pas sur le moment. après tout je n’en suis pas a une incongruité près. Je continue de rouler sous la pluie. J’ai semé ma copine de mousse et voila maintenant que je sens quelque chose d’autre que de l’eau couler le long de ma jambe. Revoilà la mousse ! Certainement que la pluie a fini de rincer mon cuissard. Je finis donc le parcours avec de la mousse qui me dégouline le long des jambes. J’essaie de nettoyer un peu, mais vu que ca ne s’arrête pas, je laisse couler et arrive gentiment au parc a vélo.

Ambiance très particulière au parc. Tout le monde est un peu sonné. Je passe sur le chemin devant le parking. C’est un champ de mine. Les voitures, les vélos qui rentrent, ceux qui repartent, les piétons se croisent dans ce boueux bordel. Petite pensée pour ceux qui ont ont entamé la deuxième boucle de 60 Km avant l’accident et qui arrivent rincés. Je rentre dans le parc pour rendre la puce et récupérer mes caisses. J’enfile mes baskets trempées pour être plus a l’aise (!). Il faut maintenant aller récupérer les sacs de ravitaillements qui étaient disséminés sur le parcours et que l’organisation ramène au fur et à mesure. Les bénévoles n’étaient pas prêts pour avoir autant de monde d’un coup et a ce moment là. Je sens que tout le monde improvise et fait de son mieux. Ils rangent des palettes entières de boisson et de nourritures dont ils ne savent pas quoi faire. Un bénévole nous dit, désabusé, qu’on peut se servir dans les bouteilles.
Je vais vers la voiture pour rentrer au camping, mais là aussi c’est un bordel sans nom, entre le parking boueux, et les voitures qui manœuvrent au milieu des piétons.
Je rentre au camping un peu perdu, essaie de me rassurer comme je peux, en me disant que cette année je n’y suis pour rien. J’ai appelé ou envoyé des messages à toutes les personnes qui suivaient la course. Je lis un peu les infos et apprends que le concurrent accidenté est décédé. Même si a chaque fois qu’on prend le vélo on se dit que l’accident est possible, c’est toujours en espérant que ca n’arrive pas. Les fameux « risques du métier » sauf que dans le cas actuel c’est juste pour un loisir.
Après une douche et quelques bouchées plus par besoin qu’envie, je commence a rassembler mes affaires pour repartir le lendemain matin. Dans ma tête tourne en boucle : Moi, je vais rentrer chez moi, retrouver mes proches.
Les jours qui ont suivis ont été assez particuliers. Déjà le fameux « Blues de l’IronMan ». Cette question qui revient : et maintenant, je fais quoi ? Quand on à organisé sa vie autour de cet objectif pendant plus de 6 mois, il se passe quoi ensuite ? Et physiquement, je fais quoi de toute cette énergie accumulée et pas utilisée. J’enchaine les sorties pendant 2 à 3 semaines en réduisant petit a petit le volume et l’intensité pour arriver fin juin a un rythme « normal » d’un peu moins de 10h par semaine. Le but est de se garder suffisamment sous pression pour avoir un objectif en septembre et surtout ne pas perdre tout ce que j’ai gagné pendant la préparation.
L’organisation a depuis communiqué que les participants 2025 seraient prioritaires et à tarif préférentiel pour l’édition 2026, s’ils arrivent a l’organiser. La discussion a été très rapide avec Sandra qui accepte de remettre en cause notre accord d’un Ironman tous les deux ans pour pouvoir y retourner. Même en sachant ce qu’il peut se passer sur la route, elle me laisse repartir. L’inconsciente ! Je vais donc couper un peu en fin d’année mais repartir très vite sur une nouvelle préparation. Il faudra gérer cette coupure courte et faire en sorte de ne pas se blesser. Nouveau défi !
La Fédération Française de Paye tes Croissants

La fédération française de Paye tes croissants est une association a but gustatif visant a sensibiliser à la sécurité informatique et à benchmarquer les boulangeries avoisinantes.
La FFPTC a été fondée par David Barthet qui en est le dictateur. Il détermine seul les règles applicables et la validité des opérations de sensibilisation menées.
Règle N°1 : Pour que l’opération soit valide, il faut que le PC soit non-verrouillé et que son propriétaire soit physiquement sorti de la pièce (présence d’une cloison ou d’une porte entre le PC et son propriétaire).
Règle N°2 : L’opération doit être validé par l’arbitre-dictateur.
Règle N°3 : Une personne qui a moins de 6 mois de présence dans l’équipe, ne peut piéger ses collègues.
Règle N°4 : Les punitions sont cumulatives. Si une personne se fait pieger plusieurs fois, alors il doit ramener les croissants autant de fois qu’il s’est fait piéger en laissant au moins une semaine d’intervalle entre chaque.
Regle N°5 : Si plusieurs personnes se font piéger simultanément, l’arbitre dictateur peut demander la mise en place d’un planning afin de respecter un temps de récupération.
Sans regrets
J’ai pris 3 semaines de réflexion pour revivre cette course et être certain du diagnostic et oui maintenant j’en suis sur, j’ai eu sur cette course plus que ce que j’étais venu chercher, même sans avoir tapé la cloche. Flashback.
Il est 5H, St Jean s’éveille.
Levé vers 5h, avec toute la famille. Il y a encore du monde avec moi aujourd’hui. Mes parents, Ludy, Adrien et Minouche sont venus pour m’encourager. Et ça a commencé dès…la veille !

Je pars au parc à vélo avec mon sac, mes lumières. La nuit est sombre dans les montagne mais la journée s’annonce belle. La température est agréable.
Préparation du vélo. On est 70 dans le parc autant dire rien. Tout le monde est calme et concentré. J’organise mes sacs. Mange un peu de mon cake de petit dej, profite de ce qui se passe autour. Je le sais ici il n’y a pas de calme avant la tempête, car il n’y a pas de tempête. La journée sera juste longue et difficile. Pas de speaker sous amphet, pas de nuées de spectateurs qui encouragent, et même quasiment pas de concurrents. Je suis prêt a passer la journée majoritairement tout seul.

Un peu avant le départ je discute avec mes supporters et me rend compte que j’ai oublié mes sandwichs pour la journée. Ils sont restés dans le frigo. Minouche me file des Snikers qu’elle avait dans son sac. Je les met de côté dans ma veste. Ca servira surement.

6H30 Départ
Le départ est toujours aussi impressionnant.
Nous sommes quelques abrutis pour aller barboter dans une flaque dont on ne distingue pas les bord.
Je rentre dans l’eau pour attendre le départ, on se répartit sur la ligne d’arrivée. L’angoisse est montée d’un cran. Il n’y a plus de retour possible. Un an que je me prépare pour être là, mais pourquoi ?
Le départ est donné avec un fumigène qui éclaire un peu le bassin. Go !


Je commence à nager, prend le temps de regarder bien devant pour distinguer les bouées dans l’obscurité. Je garde le bord droit à bonne distance pour essayer d’avoir un peu de fond. Le niveau du lac est bas. A certains endroits je touche même avec les bras. Certains à coté font du dolphing. Mais surtout, personne n’avance vraiment droit. Je suis en permanence à la recherche d’un repère, mais je n’y voit rien.
A la fin du premier tour, le jour se lève. Je distingue le parc encore éclairé par les gros projecteurs. Je lève un peu plus la tête. Il n’y a pas tant de monde devant.
La nage est propre. J’essaie d’être le plus détendu possible. Je n’utilise pas les jambes du tout. Sur la ligne droite opposée au parc, j’ai le soleil dans les yeux. C’est vraiment con, 500m avant j’avais pas de lumière, maintenant j’en ai trop ! Du coup j’essaie de glaner des repères près de moi. Le deuxième tour se passe bien cependant. Pas de fatigue, je passe devant le parc pour commencer le troisième tour, détendu.
Troisième tour idéal. Les sensations sont bonnes. Je me détends un peu et à l’approche du dernier virage je ralentis un peu. Le groupe s’est étiré. De temps en temps je vois un concurrent, mais pas souvent.
Fin de la nage, je me relève et titube. Ah oui c’est vrai qu’après 1H15 de nage les jambes ont oublié qu’elles existaient. Je me rattrape, me redresse sur les cailloux et aperçoit la famille sur le bord. Ils m’ont repéré aussi et commencent à m’encourager. Je regarde la montre 1H14, j’ai 6mn d’avance sur ma prévision. Adrien me confirme que je suis dans le premier tiers. Je sais que ca ne veut rien dire vu le profil de l’épreuve, mais ça fait du bien quand même ! Minouche cours à coté pour me filmer. Je lui fait un petit signe mais reste concentré.



| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
01:10:51
hours
|
01:10:51
hours
|
3,52
km
|
2:01
min/100m
|
0:36
min/100m
|
0,00
meters
|
735
kcal
|
Je retire la néoprène et me sèche un peu. Prend le temps d’enfiler mes vêtements par-dessus ma combi. Les poches sont pleines de nourriture et le maillot est un peu lourd. Je lève les yeux, tiens un mec à poil ! Un des participant s’est déshabillé complètement pour se changer. Il n’y a qu’ici qu’on voit ça ! Je mets toutes mes affaires dans le sac dédié, récupère ma puce GPS pour partir. J’ai des téléphone braqués sur moi j’ai l’impression d’être Vincent Luis :-). Kahina filme, crie, court, je grimpe sur le vélo en souriant. sourire crispé, je sais que la natation ce n’était même pas l’échauffement.


Le Vélo : Le Gros morceau
L’échauffement c’est les 5 premiers km de vélo. Parcours plat ou on rattrape la route. Toujours en route ouverte. Malgré l’heure matinale, le trafic est déjà présent. Les voitures se foutent des vélos. Mais bon, je roule en ile de France, l’irrespect des automobilistes je connais ! Je passe à autre chose. Rentrée dans St Jean, tourne à droite, c’est parti pour la grimpette.
Le premier col c’est le petit-dej. Il ne monte pas si haut (600m) et la pente est faible. 20km de montée ou j’avance bien. Les jambes sont bonnes. La voiture passe, la famille crie. Sans y penser, je passe le sommet et entame la descente. Ça descend bien, cette partie de la route est belle, la pente toujours douce. Arrivé en bas, au détour d’un virage, la voiture est arrêtée, j’ai un peu plus d’une heure de route, je fais un stop
pour manger. Je discute un peu et repars pour aller vers Amélie-les-Bains.


Ça remonte un peu, redescend un peu mais ça reste cool. J’arrive dans Amélie, la famille m’a repassé (en criant !) et m’attends près du gymnase ou était le parc il y a deux ans. Je ralentis pour leur annoncer que je ferais un stop à Arles (nouveau parc à vélo).
A cet endroit, le parcours revient sur la D115, une des seules route potable de la région, toujours en route ouverte. Et on va y rester pendant près de 20 Km ! J’arrive vite à Arles, bifurque pour rentrer au parc à vélo. Sur le chemin du gymnase, moins fréquenté, je vois une main dépasser de la voiture avec un paquet avec…mes sandwichs. Ravitaillé en route ! Normalement c’est interdit, mais comme cette course est tarée, on est plus à ça près !
Je repars avec un cuissard plus confortable pour la longue distance. J’ai à priori perdu beaucoup de places sur ce changement. Rien de grave, le classement n’est pas l’objectif.
Retour sur la 115, c’est parti pour un peu moins de 20km de montée douce jusqu’à Prat-de-Mollo. Au milieu des voitures. A partir de là je suis sur le nouveau parcours. C’est compliqué de rouler ici. Je suis à 20km/h de moyenne, les voitures ne nous respectent pas et nous serrent sur le bas-côté. Et à certains endroits, le bas-côté est tapissé de pierres éboulées de la montagne en aplomb. Les véhicules lourds galèrent à nous doubler car la route est sinueuse et cela créée beaucoup d’énervements derrière nous. J’essaie de me concentrer sur autre chose afin de ne pas griller de mental sur l’humeur des autres et les mises en danger que je subis. Aucune trace de l’organisation sur ce secteur. Je pourrais être sur une sortie perso ce serait pareil.
J’arrive à Prat, les accompagnateurs sont là. Ils profitent du soleil dans cette belle ville. Je pensais trouver le dépose sac ici mais ce n’est pas le cas. Il a été déplacé. Je mange un bout de sandwich et vais faire le plein des gourdes sur une des « sources » indiquée par l’organisation. En guise de source ici ce sont des toilettes publiques !


Je repars de Prat bifurque à la sortie du village. Je sais que maintenant j’attaque le premier point dur (!), le premier col qui dépasse 1500m. Au départ ça monte tranquillement, mais la pente augmente vite. Pour l’instant la route est propre, mais je bifurque avant La-Preste-les-bains sur une route beaucoup plus raide et beaucoup plus dégradée. Sur cette route très granuleuse, le vélo ne roule pas et je commence à me fatiguer. Il fait chaud. j’alterne entre ombre et soleil en buvant beaucoup. Je continue de monter, croise ou me fait doubler par des gros 4×4 de chasseurs qui n’en ont rien a faire des vélos. Ils doublent pour s’arrêter juste devant. C’est rageant. J’arrive au sommet, la famille est là à discuter avec la personne de l’orga qui compte les participants qui passent. Ils sont encore de bonne humeur et dansent en me voyant arriver. Je mange un bout et discute 5mn avant de redescendre. Je suis content d’avoir passé la première difficulté. Je suis physiquement bien.

La descente n’est pas agréable mais je sais que j’ai le dépose-sac à la fin de la route de merde. Arrivée à La-Preste-les-bains, le dépose-sac est à côté d’un bar. L’avantage c’est qu’on peut s’assoir et profiter de quelques minutes de repos. Je refais le plein de nourriture, change de lunettes car il fait grand soleil maintenant et vide mes poches de ce qui n’est plus nécessaire. Je ne reste pas longtemps mais ça m’a fait du bien.
Reprise de la descente en traversant le village qui est en fait une station thermale perdue dans la montagne et la foret. Je fais la descente vers Prat à bonne allure mais sans forcer.
Arrivé à Prat, bifurcation vers le col D’Ares, deuxième col à 1500m. Mais celui-là je le connais. Avantage, la route est propre et large. Inconvénient, c’est encore la D115, il y a beaucoup de
voitures puisque c’est la route de l’Espagne. Je monte en suivant mes variables (rythme cardiaque, puissance…). Je commence à voir que j’ai un peu de retard sur mon plan. Pas grave, je monte. Au moins cette année, je vois autour de moi. Il y a deux ans le col était cerné par les nuages.
J’arrive au sommet fait mon demi-tour et m’arrête auprès de la famille qui m’attend en haut. Il fait beau et assez chaud ici. Je prends le temps de manger un peu. On est deux ou trois coureurs à se suivre et on se retrouve ici, chacun avec ses accompagnateurs. Je repars en sachant que je vais pouvoir profiter de la descente. Je sais aussi que ce sera la seule ! Kahina
court a côté pour me filmer en repartant (elle est tarée cette « gamine » !)
Je descends, vite. La route est large, sèche et assez belle. Quelques pointes a plus de 60. Adrien me double a la moitié de la descente et j’essaie de rester dans son sillage. Il accélère plus fort en relance, mais je passe plus vite dans les virages. Je m’éclate !
Retour à Prat, je m’arrête pour refaire le plein. Kahina veut me donner mon dernier sandwich, mais comme il y a du monde, elle applique une technique digne des plus grand James Bond. Elle dépose mon sandwich dans les toilettes publiques et je vais le récupérer ensuite. Ça ne sert
certainement à rien, mais c’est drôle.
Je repars en continuant de descendre sur la D115. La descente est agréable, mis a part les voitures, mais un peu stressante car j’ai besoin de beaucoup d’attention. Et puis je sais que mon 3eme col à 1500 m’attend et que donc plus je descends, plus j’aurais à monter. Je sais aussi que c’est sur cette dernière ascension que j’aurais les plus forts dénivelés.
Je bifurque pour quitter la D115 et commencer à monter et d’entrée ça casse les jambes. Gros dénivelé dès que j’ai quitté la D115 pour traverser un village. Sortie du village, on entre sur une route dégeulasse. Le revêtement est très granuleux, la pente hyper raide. Je suis collé à la
route. En plus la route n’est pas large donc je redoute toute voiture que j’entends arriver derrière moi.
Je m’arrête dans la pente pour manger un morceau, en repartant je n’arrive pas à clipser les chaussures dans les pédales et me vautre lamentablement. Je commence à perdre en lucidité. Ma chaussures gauche à du morfler car même à l’arrêt je n’arrive pas à l’enclencher. Je perds du temps, m’énerve. Je m’énerve de perdre du temps, et je perds du temps parce que je m’énerve. J’essaie de me calmer mais clairement mentalement c’est dur. Je n’avance pas mais je vois l’heure avancer et mon retard augmenter. J’essaie de calculer mon heure d’arrivée au sommet et donc ma fin du vélo, mais toutes mes projections me dépriment.
La famille me double avant d’arriver à Corsavy. Maman me demande si je suis tombé, je ne comprends pas la question tout de suite, j’ai failli lui répondre « non ». Et puis elle me signale que j’ai le coude en sang ! J’avais oublié ! Je m’arrête quelques minutes avec eux. Discuter me fait du bien, dans un sens. J’ai envie de dire à quel point je ne me sens pas bien, mais je n’arrive pas à sortir les mots. C’est vrai j’ai la gorge sèche, mais ce n’est pas ça qui me gêne. Je ne veux pas admettre que je souffre autant. En même temps, eux ils voient ma tête, ils doivent bien se
douter de quelque chose.
A Corsavy, je bifurque pour la dernière partie de la montée. Il me reste 10Km de montée vers le refuge de Batère. Celle-là je la connais car elle faisait partie du parcours il y a deux ans. Sauf que la dernière fois c’était le premier vrai col de l’épreuve. Là c’est le troisième, j’ai 145km et plus de 8h de vélo dans les pattes et je viens déjà de passer 20Km à monter.
En plus, l’état de la route s’est encore dégradé. A un moment donné, il y a un câble électrique en travers de la route. Certainement lié à des orages en début de semaine. Mais merde, à quel moment on envoi des coureurs là-dessus. L’énervement prend le pas sur la frustration et
sur la fatigue. Bizarre aussi, je ne vois pas la voiture suiveuse. Donc je grimpe seul, le soleil commence à descendre derrière la montagne et il fait moins chaud.
J’arrive au dernier virage, je sais que la dernière ligne droit monte à 20%. Je me hisse sur mes jambes pour passer en danseuse mais j’ai mal. Dernier effort, j’arrive au refuge, dans ma tête le
calvaire est fini. Il ne me reste plus qu’à descendre sur 25km de route gravillonnée. Je bois un coup vite fait, remplis une gourde au cas où et commence la descente.
J’ai un peu les jambes raides et ai du mal à m’engager dans les virages. Le pilotage n’est plus fluide et je me fais peur deux ou trois fois car j’ai l’impression de déconnecter. Certains virages me sautent littéralement au visage, je n’ai plus la lucidité suffisante pour rester concentré. En serrant plus fort le guidon pour garder mes trajectoires, je ressent la blessure de mon coude. Lui aussi est raide. Je descends sans prendre de risque. Ce qui n’est pas forcément évident sur cette route. Dans la descente je croise les quelques coureurs qui restent derrière moi. Un est même en train de monter à pieds !
Je repasse Corsavy, prend à gauche pour redescendre vers Arles. De fait cette route est plus fréquentée. Une camionnette en sens inverse me balance des gravillons dans un virage. Je peste encore sur cette organisation défaillante et sur les routes pyrénéennes. Les freins commencent à souffrir aussi, ils couinent de plus en plus.
J’arrive dans Arles et ralentit le rythme puisque je peux croiser une voiture ou un piéton a chaque virage. Les doigts sont douloureux aussi à force de freiner. Il n’y a plus rien qui va. Je fais l’inventaire des douleurs. Le pied gauche, les jambes entières, le dos, un coude, les mains, les épaules, la nuque. Il faut que je pose le vélo et que je change les chaines musculaires sollicitées sinon je risque de craquer.
Ca y est, je tourne pour rejoindre le gymnase, un coup de cul à grimper encore et ensuite je peux descendre du vélo. La descente du vélo n’est pas très conventionnelle. A ne pas montrer dans les écoles de triathlon ! Je déclipse juste les deux pieds et tends les jambes des deux côtés du vélo. Les deux pieds au sol, je prends quelques secondes pour apprécier les encouragements de la famille qui me félicite pour le parcours vélo.
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
11:26:25
hours
|
10:23:09
hours
|
180,09
km
|
17,34
km/h
|
69,90
km/h
|
4 376,00
meters
|
4 722
kcal
|
Ils m’annoncent que ma balise GPS est HS et que l’organisation m’en a préparé une nouvelle. Ils me disent aussi que vu l’état et la largeur de la route pour rejoindre Batere, ils ont préféré ne pas me suivre de peur de prendre un concurrent sur le capot. Ils ont eu raison, mais c’est dingue de devoir en arriver là. Tout ça cumulé me fait remonter toutes les fois où je me suis dit pendant la course « là c’est limite ». Je rumine. « Mais si l’orga se fout du fait que ma puce n’émet plus, à quoi elle sert. Si j’avais été dans un ravin, qui s’en rendait compte ? » Je rumine en écoutant ma famille qui me parle. J’entends les encouragements, mais de loin.
Je rentre dans le gymnase donne mon vélo a un organisateur et part m’assoir sur ma chaise. Je trouve la nouvelle puce sur ma chaise, mais personne de l’organisation ne m’explique pourquoi. Encore une fois, si j’étais reparti sans la nouvelle puce, personne ne savait que j’étais
reparti. Je suis assez raide, je m’assoupli un peu pour pouvoir atteindre mes pieds et retirer mes chaussures. Je grignote, regarde autour de moi. L’ambiance est calme ici, presque intime. D’autres coureurs du full sont là aussi sur leurs chaises. Ça discute un peu. Il y a aussi des coureurs du half qui ont fini.
Je prends mes vêtements pour aller me changer au vestiaire. Deux coureurs du half se racontent leur course en prenant leur douche. Je marche un peu en tirant sur les jambes. Je reviens à ma chaise, rempli mon sac avec ce que j’ai besoin. Une frontale, a manger, les gourdes, un coupe-vent et je ressors.



Je retrouve la famille qui m’attend à la sortie du gymnase. Je prends un peu de temps pour rigoler avec eux. Ça me fait du bien. Je discute horaires, première boucle, seconde boucle. Je commence à accélérer la marche pour me lancer, Kahina me suit toujours avec son téléphone
à la main. Je commence à courir pour quitter le parking, mais ça remonte tout de suite donc je remarche à bon rythme.
Quelques centaines de mètres de route, je bifurque pour entrer sur le chemin. J’arrive a courir un peu sur le chemin. C’est du chemin tourbé ça passe bien. Je trottine. Et puis j’arrive sur du
pierrier. De gros cailloux qui font des escaliers, des pierres qui roulent une pente de plus en plus importante. Je recommence à marcher. On est 3 sur le chemin à quelques mètres d’intervalle.
Physiquement, ça tire un peu dans les cuisses mais ça va. J’ai du peps. Je sais que je vais avoir presque 4km de marche jusqu’au sommet donc j’envoie un message a Kahina pour prévenir que ça va être plus long que prévu. Elle me rassure, ils sont prêts m’attendre.
Je grogne quand même. Ce n’est pas ma vision du triathlon ce chemin. Il faut être traileur, et un bon traileur pour avancer sur ce chemin très technique, surtout qu’il fait nuit maintenant.
J’arrive en haut, petite clairière avec un organisateur qui compte les passages. Je prends un peu de temps pour manger et discuter. Je regarde le chemin de redescente et c’est encore du sentier. Un autre participant arrive. Il est sur son deuxième tour. Il m’annonce que c’est encore au moins 5km de pierrier et de chemin accidenté. Impossible de courir pendant encore 5Km. Cumulé avec la montée, ça va me faire la moitié du parcours impossible à courir. En plus je n’ai ni l’entrainement, ni les chaussures pour faire de la descente dans ces conditions. Je suis très énervé que le descriptif du parcours ne précise pas cette difficulté.


Dans ma tête c’est le bordel. Je refuse d’abandonner, mais je n’ai pas envie de continuer. Je ne me vois pas faire la moitié du marathon sans avoir la possibilité de courir. Je ne suis pas venu
pour faire une rando !
J’envoie un message à Sandra. Elle seule peut m’orienter pour prendre une décision.
Voilà la décision est prise, je n’irai pas plus loin sur cette mascarade d’épreuve. Moi j’étais venu faire un iron-man. Extrême, certes, mais pas à ce point là. Un iron-man ça se court autant que possible. Surtout que j’ai les jambes. Je n’ai pas de problèmes au système digestif. Physiquement, je suis capable. Mais je refuse de continuer cette farce.
J’envoi des messages a Sandra et a Kahina, pour annoncer que je redescend, mais par le chemin de montée pour ne pas prendre la fin de la boucle qui fait 15Km.
Je râle en descendant, je ripe, glisse sur les cailloux, me perd et constate que le balisage est clairement foireux. Je mets quasiment une heure à redescendre. Non clairement, je ne suis pas venu pour ça.
En bas je retrouve mes accompagnateurs. Je suis résigné mais pas frustré. Enervé mais pas déçu.
Je vais récupérer mes affaires dans le gymnase. Je récupère mon vélo au parc. L’organisateur qui est là me dit qu’il vaut mieux ne pas laisser le compteur sur le vélo, qu’il pourrait se faire voler. J’explose dans ma tête « mais bordel vous servez a quoi si tout le monde peut venir et piquer du matos ! » Je rends les puces et sors du gymnase. Je ne suis pas épuisé, musculairement je suis bien. Juste soulagé.
L’histoire retiendra que ce soir-là, je suis resté encore quelques heures à discuter sur la terrasse du mobile-home en buvant des bières et en mangeant de la pizza. Et c’était bien. Je ne ruminais plus, je n’étais pas chamboulé comme je pouvais l’être il y a deux ans. J’ai pris une décision, pas parce que mon corp ne pouvait plus. Juste parce que je n’avais plus envie d’être là, de participer à cette parodie d’organisation.
Merci à la famille du sud (que je ne vois pas assez) d’être venus ambiancer la course. Merci pour les photos, les snickers et les sandwichs ! Merci à mes parents (que je ne vois pas assez non plus) de continuer à m’accompagner dans mes délires.
Je ne pouvais pas finir sans penser à Christine, Marraine et Sandra qui doivent se dire après avoir lu ce texte « mais je lui avait dit à ce bourriquot que cette course, il ne fallait pas la faire ». Vous aviez raison et c’est peut-être le seul regret que j’ai aujourd’hui. En ayant un full tous les deux ans, j’aurais dû choisir une course plus « normale » sur laquelle j’aurais pu être certain d’avoir une organisation fiable.
Mais ce sera mon seul regret, car pour préparer cette course j’ai repoussé plus loin mes limites, mis en place des mécanismes d’entrainement que je n’avais jamais essayé. Optimisé mes parcours comme je ne l’avais jamais fait. Amélioré ma nutrition, ma récupération… Une course, ce n’est pas seulement entre le départ et l’arrivée, c’est tout ce que j’apprends pendant la préparation et tous ces moments partagés lors du déplacement et après quand je raconte mes drôles d’histoires.
Préparation 2023
Pour y arriver plusieurs jalons
- 05 Mars : Semi de Paris. Course classique de sortie d’hiver
- 19 Mai : Frenchman. Triathlon L (half IronMan). Sortie en club
- 27 Mai : Choisy au bac : Triathlon L
- 17 Juin : Triathlon de Deauville Triathlon L
Si je trouve une deux courses plus courtes entre j’en rajouterais certainement sinon je ferais mes triathlon tout seul dans mon Vexin 🙂
Trail
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:57:50
hours
|
00:56:04
hours
|
9,13
km
|
6:08
min/km
|
3:34
min/km
|
239,00
meters
|
825
kcal
|
CAP
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:58:12
hours
|
00:51:41
hours
|
7,94
km
|
6:31
min/km
|
3:18
min/km
|
219,00
meters
|
737
kcal
|
Natation
Vélotaf
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
01:27:33
hours
|
01:20:59
hours
|
30,43
km
|
22,54
km/h
|
45,56
km/h
|
214,60
meters
|
1 304
kcal
|
Natation
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:30:37
hours
|
00:30:37
hours
|
1,75
km
|
1:45
min/100m
|
0:36
min/100m
|
0,00
meters
|
465
kcal
|
Vélo
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
03:16:39
hours
|
03:16:39
hours
|
84,58
km
|
25,80
km/h
|
72,25
km/h
|
1 250,60
meters
|
1 756
kcal
|
CAP
Half Compiegne
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:37:17
hours
|
00:37:17
hours
|
2,17
km
|
1:43
min/100m
|
0:51
min/100m
|
0,00
meters
|
588
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
02:59:59
hours
|
02:59:59
hours
|
92,01
km
|
30,67
km/h
|
56,19
km/h
|
660,20
meters
|
1 522
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:59:32
hours
|
00:56:01
hours
|
9,29
km
|
6:02
min/km
|
4:36
min/km
|
29,40
meters
|
836
kcal
|
Frenchman
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:37:20
hours
|
00:37:20
hours
|
1,94
km
|
1:55
min/100m
|
0:36
min/100m
|
0,00
meters
|
522
kcal
|
Natation
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:45:35
hours
|
00:41:55
hours
|
2,05
km
|
2:03
min/100m
|
0:32
min/100m
|
0,00
meters
|
579
kcal
|
Course sur tapis
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:23:31
hours
|
00:23:29
hours
|
3,79
km
|
6:12
min/km
|
5:12
min/km
|
0,00
meters
|
284
kcal
|
Vélo en salle
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:16:04
hours
|
00:16:04
hours
|
0,00
km
|
0,00
km/h
|
0,00
km/h
|
0,00
meters
|
219
kcal
|
Renfo
Natation
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:43:31
hours
|
00:37:37
hours
|
1,83
km
|
2:04
min/100m
|
0:18
min/100m
|
0,00
meters
|
522
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
03:02:25
hours
|
02:35:10
hours
|
58,05
km
|
22,45
km/h
|
56,89
km/h
|
560,10
meters
|
2 428
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:33:30
hours
|
00:30:37
hours
|
1,50
km
|
2:02
min/100m
|
0:36
min/100m
|
0,00
meters
|
419
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
02:35:13
hours
|
02:25:45
hours
|
55,76
km
|
22,95
km/h
|
47,47
km/h
|
491,70
meters
|
2 250
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
01:28:38
hours
|
01:19:24
hours
|
12,75
km
|
6:14
min/km
|
4:14
min/km
|
124,00
meters
|
1 131
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
03:25:22
hours
|
03:09:49
hours
|
82,32
km
|
26,02
km/h
|
64,61
km/h
|
942,30
meters
|
1 705
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
01:42:14
hours
|
01:35:08
hours
|
35,69
km
|
22,51
km/h
|
50,40
km/h
|
191,00
meters
|
1 468
kcal
|
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
01:56:44
hours
|
01:56:37
hours
|
21,17
km
|
5:31
min/km
|
2:27
min/km
|
92,00
meters
|
1 899
kcal
|
Février marqué par une blessure aux ischios et une grosse grippe. Très peu d’entrainement et une prepa du semi marathon foirée. Changement de boulot donc il faut revoir complètement le principe du velotaf
Course a pied extérieur
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
01:10:14
hours
|
01:08:47
hours
|
12,40
km
|
5:33
min/km
|
3:56
min/km
|
46,00
meters
|
1 123
kcal
|
Janvier dédié a la prepa du semi donc pas de sortie longue vélo. Reprise de la natation gentiment.
Velotaf
| Elapsed Time | Moving Time | Distance | Average Speed | Max Speed | Elevation Gain | Calories Burned |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
00:57:39
hours
|
00:55:09
hours
|
23,20
km
|
25,24
km/h
|
47,70
km/h
|
132,10
meters
|
1 013
kcal
|
Bearman DNF : La marmotte qui voulait être un ours
Habituellement, je ne rédige pas de CR sur un DNF (j’en ai pas des masses non plus), mais cette fois j’ai envie.
Les Aventuriers
D’abord ce type d’épreuve c’est avant tout une aventure humaine. Et pour une aventure, il y a des aventuriers. D’abord les aventuriers volontaires. Mes parents bien évidement. Volontaires et enthousiastes a chacun de mes Iron-Man. D’une efficacité redoutable. C’est bien simple, je monte dans le camping-car, descend, je fais ma course et je remonte dans le camping car. Entre les deux « le gamin » a juste a profiter du trajet, de la cuisine, de la logistique et le reste. Pour cela je ne dirais jamais assez merci. Christine qui s’est déplacée cette année dans les Pyrénées et qui a piloté sur des routes (no spoil) pour me suivre dans la montagne. Ludy et Marc qui sont venus en pas tout a fait voisins pour m’encourager. Les aventuriers involontaires que sont Sandra et les enfants et qui subissent ce qu’implique une telle préparation (temps passé a l’entrainement et sur les courses de préparation, organisation pour la semaine de courses, menus…). Ainsi que tous ceux qui gravitent plus ou moins près et qui vivent ou subissent ce sujet en écoutant (ou juste font semblant) les discussions, m’encouragent, s’extasient, ou juste s’intéressent. C’est toujours impressionnant de voir comment une « simple » course fait parler. Merci a toutes et tous.
Allez trêve de bla-bla on passe au CR
« Vous avez tous votre place a l’asile ! » Ludy
Le départ natation est très impressionnant. Pour les participants certes mais pour les spectateurs encore plus je pense.
Contexte, il est 6H30, il fait nuit noire, on aperçoit pas l’eau, on distingue des lumières sur des bouées aux 4 coins du plan d’eau. Dans le parc on est un peu moins d’une centaine. Je suis arrivé vers 5H15. Le check-in est assez rapide, de toute façon on ne voit rien ! Je commence a préparer mon matériel, installe mon vélo, mange un peu, commence a placer mon matériel. Premier coup de pression, je ne trouve pas mon bonnet de bain. J’essaie d’appeler au camping pour savoir si quelqu’un le trouve et de voir avec l’organisation si il en ont un en plus. Petit coup de panique, j’ai mis plus d’une heure a préparer le matériel hier, comment j’ai pu passer a coté ? Je revide tout, et le trouve finalement au fond d’un des sacs de l’organisation, au même moment ou Papa me rappelle pour me dire qu’il ne le trouve pas au camping. Avertissement sans frais !
Briefing au micro de l’orga et des arbitres, on se rapproche de l’heure du départ. Donc chacun termine d’enfiler sa combi (eau a 24°) et de mettre son bonnet avec une petite lumière dedans. Bah oui c’est la que ca devient drôle. Nous avons tous une petite loupiote dans le bonnet afin d’êtres vus. Les spectateurs ne voient donc que ces lumières bouger dans l’eau ! Départ dans l’eau, dans quelques minutes, on s’aligne, le feu de bengale s’allume, il reste reste 1mn.
Pan ! Top départ !
Je suis tellement concentré sur la natation et sur le besoin de trouver des repères dans le noir, que j’oublie presque de profiter de l’instant. J’y suis, j’ai attendu ce départ depuis 1 an, et je viens de passer a coté. Pas de poussée d’adrénaline particulière, juste de la concentration. Et il en fallait. 1 tour dans le noir complet. A tel point qu’a la fin du premier tout j’ai failli me taper ….une ile ! Oui alors hors contexte cette phrase ne veut rien dire, mais essayez donc de nager dans le noir vous !
Le jour commence a se lever au début du deuxième tour, je commence a distinguer les bouées un peu en avance. Je me sens bien j’ai un rythme correct et le jour commençant la natation se termine, presque trop vite.
Au moment de me relever les sensations sur les jambes sont bonnes, je regarde la montre, 1H16, je suis dans les temps que je m’étais fixé donc tout va bien. J’essaie de trouver mes supporters qui étaient là avant le départ, je ne les voient pas. Je vais me changer pour commencer le vélo, mange un peu, le cameraman me filme un peu, je jette ma combi dans le sac décroche le vélo et en route. Le speaker annonce mon nom a la sortie du parc, et j’ai comme un écho mais avec une autre voix, une voix connue. Ah oui mes supporters me courent après. J’ai appris ensuite que de toute façon ils ne voyaient rien et qu’ils étaient partis faire des sandwichs ! Ils sont donc revenus juste a temps pour me voir partir.
« Même la voiture elle a du mal » Papa
Début du vélo, quelques kilomètres de plat avant d’entamer la montée. J’ai reconnu le début la veille et constaté que le D+ au début est moins violent qu’a Embrun. Par contre Embrun on montait sur 8Km avant d’arriver sur un plateau, la on part sur 30Km. Donc je monte. Il fait beau et doux. La voiture suiveuse me double régulièrement. Je me fais doubler par quelques coureurs. De temps en temps un petit replat permet de soulager les jambes. J’arrive au Col D’En Xatard, je bifurque et monte encore un peu. Puis la descente commence. Mais moi qui pensait me venger de ces dejà deux heures de route déchante rapidement. La route est dégradée. Impossible de prendre de la vitesse. Entre les virages serrés et la qualité du bitume je doit rester hyper concentré et très tendu. Et moi qui pensait descendre jusqu’à Amélie, c’est raté. On reprend des passages de montées entre deux descentes. En somme, je ne me repose pas et je ne m’amuse pas dans la descente. Je m’use, certes moins que dans la montée, mais durablement.
« Avant qu’il pleuve » Christine
Retour a Amélie-les-Bains, Km 50. Je retrouve mes accompagnateurs près du parc a vélo. Je mange un peu et on fait quelques photos. Tout le monde est encore frais. il fait encore beau. Inquiétude de la pilote du jour car pour repartir la route participants et la route accompagnateurs n’est pas la même. Je repars en repassant devant le parc/gymnase de T2. Je vois des participants qui s’y arrêtent. On a le droit d’y rentrer récupérer du matériel (une des particularité de l’épreuve). J’estime ne pas en avoir besoin. J’ai encore de la nourriture dans les poches et je prévois d’être au prochain ravito bouffe vers 14H.
Je repars donc sur du quasiment plat pendant plusieurs km, on sort d’Amélie, traverse Arles-sur-Tech et on commence a remonter. En recommençant a rouler j’entends un claquement a la roue arrière. Je m’arrête vite fait et remarque que j’ai cassé un rayon. Certainement un choc lors de la descente sur Amelie Je le laisse comme ca pour l’instant. 25 Km de montée pure, et dure. Le temps passe plus vite que les Km. Je monte doucement. Le ciel se couvre maintenant. Que dis-je, se bouche. On aperçoit plus du tout les sommet. Christine me glisse en passant « vite avant qu’il ne pleuve ». Déjà je fais ce que je peux, et puis je me suis fait a l’idée, on va prendre la pluie. On ne sait pas encore combien, mais on va en prendre. J’arrive au dernier virage de la montée, la voiture est la. Je vois des coureurs qui étaient juste devant moi commencer a redescendre. Redescendre…j’ai vu l’état de la route en montant, je sais déjà que je vais galérer surtout si il pleut. Je ne suis donc pas si loin du sommet. Par contre le dernier bout est hyper raide. J’arrive en haut. Demi tour et arrêt tout de suite à une fontaine. Je rempli les gourdes, mange, enfile le K-Way et démonte le rayon cassé. Le bruit m’a fait chier pendant 2 heures et puis j’ai peur qu’avec la vitesse de la descente il ne vienne claquer sur le cadre. Je repars, retrouve la voiture au premier virage (le dernier de la montée, faut suivre 🙂 ). Je m’arrête discute 2 mn et entame la descente. Quelques minutes de descente et mon pneu avant éclate. En ligne droite heureusement. J’arrive a maitriser le freinage mais pas la frustration. Je hurle seul dans la montagne. Ca ne sers à rien. A par évacuer un peu. Mes accompagnateurs me retrouvent donc a la sortie d’un virage, en bord de route, vélo a l’envers. Ils ne peuvent pas s’arrêter car la voiture gène. Donc je leur dis que tout va bien et qu’ils peuvent aller déjeuner. Mais clairement intérieurement c’est compliqué. Je ne peux réparer que deux fois, si je ne m’applique pas ici, je met en péril l’épreuve. J’ai les mains froides d’avoir commencé la descente et je dois vraiment me concentrer pour être certain de ne pas faire n’importe quoi. Je savais que la descente ne serait pas reposante, je viens de comprendre qu’elle serait galère. En effet je repars et il commence a pleuvoir. Je double la voiture arrêtée sur le bord de la route, et la famille mange. Moi j’ai la dalle et je suis au Km 90. Il m’en reste 30 avant le ravito. Vu mes temps de passage, je sais que je serais clairement pas dans les temps prévus. Je m’arrête manger une barre quand je trouve un abri car la pluie commence a forcir. Le temps de manger, ce n’est plus de la pluie mais de l’orage. En quelques minutes les caniveaux dégueulent. Je suis déjà trempé, à quoi bon se cacher. Je repars. Ah non fausse alerte, j’ai déraillé en m’arrêtant la chaine est coincée entre le pédalier et le cadre. Tellement coincé que je met quelques minutes à la remettre
Je ne vois pas grand chose, j’ai de la buée sur les lunettes. Je freine beaucoup dans la descente et relance peu. Je commence également a avoir mal au poignet gauche. Je me dis que c’est la montre qui me gène. J’essaie de ne pas y penser. Je suis bien content d’avoir des freins a disque, même si ils couinent fort sous la pluie. Je redescend vers « Le Tech ». J’ai un autre participant derrière. Je le sais ses freins couinent aussi :-).
Arrivé a « Le Tech » il y a bénévole pour m’indiquer la route, mais il se trompe de route ! Donc je pars a gauche, me fait rappeler par mon copain de couinage, demi-tour, et on repars a droite. Je vois un panneau « Prats de Molos ». Le temps de me dire « cool bientôt la bouffe » et je remarque le fléchage de la course qui part a droite « Col de Sous ». Fait chier. J’en peux plus de monter, j’en peux plus de la pluie et je commence sérieusement a me demander ce que je fous la. Je serais quand même mieux sur mon canapé !
Mais il faut monter alors je monte. Mon copain de galère s’est arrêté manger un bout au début de la montée du col de Sous. Donc je monte seul avec la pluie. Je rattrape un binôme. Je suis content. Mais il s’agit de participants du half, donc je ne sais pas si je dois être content. Contrairement aux autres ascensions je n’ai pas repéré spécifiquement cette montée. Donc je ne sais pas si elle fait 2km ou 10. Tout ce que je sais c’est qu’on a passé les 100 km de route et que le ravito est au 120eme. Mes supporters me rattrapent. C’est quasiment la seule voiture suiveuse que je vois et en plus maintenant je repère le bruit de la voiture de Christine. Ils me doublent, mais a priori eux aussi en ont marre. Les fenêtres ne s’ouvrent quasiment plus. La buée cache leurs visages. Je les récupère un peu plus loin, ils se sont arrêtés. Mais maintenant ils ne descendent plus de voiture, je vois juste une main sortir par la fenêtre entre ouverte. Ca me fout un coup de les voir au « chaud » pendant que je trime sous la pluie mais comment leur en vouloir. Ils étaient venus pour une balade sympa dans la montagne et ils se retrouvent a galérer plus de 10h sous la pluie. Malgré cela ils continuent de me suivre. Ils sont la avec moi. Je dois me servir de ça. De toute façon honnêtement il ne me reste plus grand chose d’autre.
« C’est dur ? » Maman
J’arrive au ravito de Prats de Molo, enfin. Je vais pouvoir manger du salé, enfin. J’arrive avec mon copain de couinage qui m’a rattrapé. On discute un peu, avec les organisateurs également. Lui il a fait l’épreuve l’an dernier, il me décrit un peu la fin du parcours. Il reste les 13km de montée du col d’Ares de la descente, une « petite » montée de 3km et tout schuss jusqu’à Amelie. Je l’écoute distraitement en mangeant et en prenant une boisson énergétique. D’autres participants arrivent derrière nous. C’est cool, je ne suis pas dernier. Ludy est partie chercher une boisson chaude. On discute aussi avec Papy qui m’explique que si je crève deux fois je devrais abandonner. Honnêtement je n’ai pas envie d’entendre ca maintenant. Je veux juste me dire qu’il me reste 60km de vélo dont environ 40 de descente. J’en profite pour desserrer un peu ma montre et a faire un peu bouger le poignet. Bon ce n’était pas la montre qui gênait. J’ai le poignet endolori et il devra rester comme ca. Par contre je repère que mon comparse a changé de K-way pour aborder la montée. Il en avait prévu un second dans son sac ravito. Malin ! Je pars sur la montée du col d’Ares. Il pleut toujours. Je me demande si je dois ouvrir mon k-way pour évacuer la transpiration ou le laisser fermé pour la pluie. Etre mouillé de l’intérieur ou de l’extérieur, tel est le choix qui m’inspire a ce moment. C’est dire ou j’en suis !
L’avantage de cette montée c’est qu’il y a des bornes tous les Km qui énoncent la distance et le dénivelé déjà parcouru, et comme je traine ma carcasse, j’ai le temps de calculer ce qu’il me reste. J’ai de vrais repères contrairement aux autres cols. Contrairement aussi aux marquages au sol de l’organisation qui ont systématiquement 10km d’avance par rapport a mon compteur. La voiture me redouble plusieurs fois. De nouveaux ils ne sortent plus de la voiture. Dernier arrêt a 3km du sommet, je m’arrête un peu a coté d’eux. Sors 2 ou 3 blagues histoire de me changer un peu les idées. On a mangé quasiment tout le dénivelé au début donc la cote est moins raide. Mais les cuisses elles sont dures. J’ai froid. On est a 1400m d’altitude. Je repars avec l’intention de finir vite cette ascension qui sera la dernière vraie. Avant la vraie descente. La route est large pour redescendre. Pas toujours propre mais au moins large. Je vais pouvoir au moins jouer sur mes trajectoires. J’arrive au sommet. Une personne de l’orga qui m’indique de faire demi-tour, mais attention, des voitures arrivent en face. Je m’arrête un peu en haut avec la famille, mais il fait froid et de toute façon l’horizon est tellement bouché qu’il est désagréable de rester en haut. J’entame la descente.
J’ai vu que le début de la descente était propre et large alors que le bas est large mais avec des passages de gravillons. Donc je m’applique en haut sur les trajectoires histoire de m’amuser un peu quand même. Je prend un peu de vitesse, mais du coup les doigts refroidissent. Je descend vite, j’arrive sur les passages sous les arbres et avec des gravillons. Par contre je ne sens plus les leviers de freins sous mes doigts. Je plie et je dose avec la réaction du vélo, mais mes doigts ne sentent plus rien. J’ai un reflux gastrique, j’ai peut-être un peu trop mangé au dernier ravito. Je m’en fout c’est la première fois de la course ou je m’amuse un peu ! Je reviens au ravito de Prats. Je m’arrête pour reprendre des compotes. Je ne tente même pas le reste de sandwich, l’estomac n’est déjà plus en état. Je ne reste pas longtemps. En repartant j’entend un des participant qui décide d’arrêter. Il est dans une couverture de survie et a l’air mal en point. Je me demande quelle tète je dois avoir. Ludy répondra a la question plus tard, en haut du col d’Ares je faisait peur !
Je repars donc direction Amélie, on suit une belle route, majoritairement en descente. Je reprend deux participants. Je suis soulagé de rouler un peu au calme, même si il reste la pluie. Et puis d’un coup le marquage au sol indique une bifurcation. Et merde on va encore aller sur de la route défoncée. Moi je voulais juste rentrer a Amélie et poser le vélo. J’ai le cul en compote, des douleurs aux adducteurs a chaque fois que je dois me lever de ma selle je souffre, et encore plus quand je dois me rassoir. A ce moment le mental est censé reprendre le dessus, mais je suis arrivé sur la dernière montée de 3km. Et la j’en ai marre de monter et de me trainer, j’en ai marre de prendre de la pluie a travers la tronche. Sous les arbres les grosses gouttes des arbres qui tombent sur mon casque rythment la montée Je laisse passer ce mauvais moment. De toute façon je suis au milieu de nulle part, dans la foret, sous la pluie, Qu’est ce que je peux faire ? J’arrive a un croisement qui reprend une route plus acceptable. Il y a une source, je reprend de l’eau car ça fait plus de 60 Km que je n’ai pas fait le plein des gourdes. Et puis je repars, encore. Maintenant je sais que je suis a 20km de l’arrivée, tout en descente. Alors Go. Je relance. Je relance même assez fort, grisé par la vitesse. Nouvelle intersection, on récupère une route principale. D’un sens c’est bien, d’un autre il y a plus de véhicules et je me fais allègrement arroser par ceux qui me doublent. Mais bon trempé pour trempé ! Je reviens a Arles-sur-Tech, entre dans Amelie, reprend la piste cyclable qui m’emmène au gymnase. Je commence a voir des participants qui sont sur la course, ça sent bon. Je vois l’arbitre près du gymnase, mais je dois me détendre les jambes avant de poser le pied par terre. Je lâche le vélo pour le laisser a un bénévole. J’ai l’impression d’avoir 80 piges. Les jambes durcies, le dos qui ne se redresse pas tout a fait, j’ai froid partout et surtout aux pieds. Je ne me rendais pas vraiment compte, mais marcher avec chaussures et chaussettes trempées me le rappelle.
Vélo fini, J’ai mis un peu plus de 11H pour 10H de déplacement, il est 19H passé soit bien plus que prévu. Allez, c’est fini ! Je vais m’assoir sur une chaise et préparer la CAP.
Je commence par me déshabiller le plus possible. Les chaussures, les chaussettes, les mitaines et le KWay. Bouger le poignet me fait mal, notamment quand je force sur les chaussettes et les mitaines. J’ai froid aux mains. Non j’ai froid partout. On est plusieurs dans le gymnase, certains en sont au même point que moi, certains sont a la moitié du parcours CAP et certains finissent. Mais tous ont ce point commun. La fatigue extrême que l’on lit sur les visages. Je remarque aussi que tout le monde se change. Ceux qui finissent le vélo retirent la tenue vélo. Ceux qui sont a la moitié de la CAP se changent aussi partiellement ou complètement, changeant même de chaussures. Ils ont tous prévu du matériel sec a différentes étapes de l’épreuve. Pas moi. Je suis en trifonction et je n’en ai qu’une. Donc je vais garder ma tenue froide et mouillée et juste changer ce qui va au-dessus. Je reprend une boisson énergétique mais je n’arrive pas a manger. Pourtant j’ai tout ce qu’il faut. Autant sur le matériel, j’ai sous-estimé, autant sur la bouffe j’ai vu large. J’enfile des chaussettes sèches et les baskets. Passe un coupe-vent et mon sac de trail. Deux flasques remplies d’eau dedans. Je ne prend pas de boisson énergétique, j’ai peur de ne pas la supporter. Je met la lumière dans le sac. Il fait encore a peu-près jour. Une casquette pour la pluie et Go.
« Allez David » Collégial
En sortant je croise la famille devant l’arrivée, étonnés de me voir la. Papy me raconte une histoire de GPS qui décorne, mais j’ai récupéré un peu a la pause, j’ai un sursaut de forme, je préfère partir vite. Ils crient « Allez David » alors le speaker reprend « Allez David » je fais le malin avec les bras en l’air et je cours un peu le long du Tech. 1km passe bien, je rentre dans la ville en passant devant des terrasses, ca me rappelle un peu Embrun. Je monte un peu dans la ville et d’un coup j’arrive devant un mur. Le parcours longe les Termes, je passe en marche, mais même comme ça je galère. J’arrive sur un chemin caillouteux qui monte sec aussi, mais qui en plus glisse. Il pleut toujours. Comme le chemin est impraticable, je pense a envoyer un message a Ludy pour la prévenir de mon heure de retour au gymnase. Je range le téléphone et je continue a monter. Je reviens sur de la route mais toujours étroite et de mauvaise qualité. Je longe maintenant des ravin. Il pleut toujours. Je m’en veut d’avoir mis un coupe-vent alors que j’avais un Kway dans mon sac. La nuit tombe, j’enfile ma lumière. Et je continue de monter, dans le noir, sous la pluie. J’essaie de courir un peu mais c’est compliqué, les cuisses sont raides. J’ai froid. Je croise des participants qui redescendent. Je ne suis pas franchement frais ni physiquement ni mentalement. A ce moment je reçois un SMS de Ludy qui me demande de préciser mon horaire de retour. J’essaie de l’appeler, mais la connexion est difficile. J’essaie d’envoyer un SMS mais avec les doigts mouillés sous la pluie dans le noir, je galère. Je fais une croix sur l’orthographe et la grammaire mais il faut que l’horaire passe bien. Si un instit relis ce SMS un jour, on me retirera tous mes diplômes ! J’envoie, remet le tel dans la poche et repars. Je suis dans de la foret toujours sur une route très étroite et très accidentée. D’un coté la falaise, de l’autre le ravin. Quelque temps après, je ressors mon téléphone par acquis de conscience et constate que le SMS n’est pas parti. Fais chier, ils vont peut-être attendre en bas alors qu’ils pourraient aller manger. Il est presque 21h et ça me taraude. Je monte toujours dans le noir et sous la pluie en réessayant régulièrement d’envoyer le SMS. Je passe devant des maisons, je me dit qu’ici je dois avoir du réseau, bah non toujours pas. Je relève la tète et aperçoit une lumière en altitude, mais loin et très haut. Et je réalise alors. Il n’y a pas d’autres raison possible de voir une lumière blanche qui sautille dans la montage qu’un autre participant. Mais ca me parait tellement haut et loin. Faut vraiment que je monte là-bas ? Je vous spoil : oui. Le moral de moins en moins bien, je continue de monter sous la pluie, au rythme des éclairs réguliers sur le massif. Toujours en train d’essayer d’envoyer mon SMS. D’un coup mon téléphone se met a vibrer, je reçois des notifications. Je m’arrête pour profiter de ce petit bout de réseau et envoyer mon SMS. Ca c’est fait, je suis un peu soulagé. Je vais pouvoir me concentrer sur moi. Et il y a du taf. Je croise encore régulièrement d’autres coureurs. Je suis encore dans la course. Mais maintenant on se croise en silence. Il n’y a plus d’encouragements. De toute façon, j’ai la gorge sèche quand j’essaye de parler c’est un râle rocailleux qui sort. Au détour d’un virage je vois une indication au sol. Demi-tour a 2km. Je reprend un peu de confiance. J’essaie de me concentrer la dessus. Demi-tour a 1km. « Allez bientôt tu pourras recourir dans la descente ». Demi-tour.
J’ai monté mes 10km ! Plus que 30 ! Je suis a environ 800m d’altitude enfermé dans les nuages a presque 22H sous la pluie. Je me les caillent ! Je repars en trottinant dans la descente, mais les cuisses sont très raides sur les appuis et la descente n’est pas reposante non-plus. Surtout que de nuit, il faut être concentré sur toutes ses foulées. Je descend et croise des participants qui montent. Je pourrais presque être content de savoir qu’il y a du monde derrière moi, mais je n’en suis même plus là. J’arrive à une source en même temps que deux coureurs que j’ai rattrapé dans la descente. J’essaie de leur parler, mais à priori ma voix et trop faible et ils ne m’entendent pas bien. Je me baisse pour remplir mes flasques et boire à la source. Et quand je me redresse, je titube. Un bon gros vertige des familles. Je titube encore un peu et zig-zag sur la route, en me rapprochant doucement mais surement du ravin. Je reprend mes esprits et repars en courant. Mais les cuisses ont de plus en plus de mal à me maintenir debout pendant la descente. Je reviens tant bien que mal sur la partie chemin. Mais ca glisse énormément, les cailloux sont toujours la et maintenant il fait nuit. Je glisse a plusieurs reprises. Mais la mes cuisses ne rattrapent plus mes appuis glissants. Je manque de m’écraser plusieurs fois. Je reviens sur du bitume, sur le mur à coté des termes, je ne peux quasiment plus fléchir mes cuisses et je descends les jambes quasiment tendues. Ca fait mal. Trop mal. J’ai toujours aussi froid. C’est trop, trop pour moi. C’est décidé, il me reste 2km avant le retour au gymnase, je ne repartirais pas. Je marche jusqu’à la. En arrivant au gymnase, je trouve quelqu’un de l’organisation, je lui remet mon GPS. Elle ne sait même pas si je suis finisher ou pas. J’appelle Ludy pour lui dire que j’arête et qu’ils peuvent venir me chercher. Je m’assied, c’est fini. Je suis presque soulagé, C’était un calvaire.
Pourquoi, Comment.
Apres quelques minutes a récupérer, je rassemble mes affaires essaie de changer ce que peux changer pour éviter d’être trop humide. Mais j’ai toujours ma trifonction trempée sur moi. Je ressors du gymnase avec mes affaires pour attendre le convoi familial pour récupérer le vélo, les affaires et la viande transie. Commence ainsi les questions sur le pourquoi je n’ai pas pu aller au bout. C’est normal mais c’est douloureux. Et puis à chaud c’est difficile de comprendre vraiment ce qui a conduit a l’abandon.
Bien sur je pourrai parler du parcours, de l’organisation plus que minimaliste de la météo, mais tous les participants avaient les même contraintes. Je pourrais parler du matériel, le développement du vélo inadapté, les tenues de rechange que je n’avais pas anticipé, certes.
Un peu moins d’une semaine après il n’y a qu’une chose de claire, je n’ai pas réussi a résoudre l’équation proposée par cette épreuve. Et pour ceux qui me connaissent qu’est ce que je fait quand je n’arrive pas a résoudre un problème : Je reprend mon crayon et je recommence.
Bearman : Hardcore Triathlon
Ce matin je suis parti bosser en voiture, et bloqué dans les bouchons, je peux prendre un peu de temps pour revenir 10 jours en arriere.
Il est 6H25 quand je rentre dans l’eau. C’est un départ a l’eau et non un départ plage cette fois ci. J’essaie de regarder un peu autour, je distingue vite fait la bouée une, difficilement la deux. Il y a des petites lumières dessus, mais il fait encore nuit, et dans cette montagne, très sombre. Malgré les éclairages du parc a vélo. 6H29, le feu de bengale s’allume, 1mn avant le départ, je visualise mon chemin jusqu’à la bouée une. Un regard rapide autour pour constater que de l’organisation aux supporters, cette course est très minimaliste. Peu de coureurs, peu de supporters, c’est logique. Peu de monde de l’orga, ni a coté ni dans l’eau. 6H30, le coup de feu retentit.
C’est particulier quand même, que j’ai la tète dans ou hors de l’eau, je ne vois rien ! J’essaie de suivre les loupiottes dans les bonnets des athlètes devant sans perdre de vue la première bouée. Bonne idée il y’a maintenant un paddle qui l’éclaire, c’est plus lisible. Premier virage. Difficile de voir rapidement l’angle que je dois prendre car je ne vois pas vraiment la prochaine bouée, donc au début je suis un peu le bord car on est assez proches. J’aperçois la bouée deux, je peux corriger un peu la trajectoire. Bouée deux, virage, on rentre sur le coté opposé au départ, grand coté du rectangle. Il y a une bouée au milieu de cette ligne droite, c’est pas évident a voir, mais mieux que si on devait viser la fin de la ligne droite. Bouée trois, on continue tout droit, c’est un peu lassant cette ligne droite nocturne. Je suis dans un petit groupe, et on avance surement. Bouée quatre, virage a gauche toujours. Même problème qu’a la bouée une, l’angle a prendre est compliqué a estimer. J’avance, bouée cinq qui est vraiment dans l’angle du plan d’eau. Tellement dans l’angle que les mains touchent le fond en nageant. Un concurrent se remet même debout pour passer la bouée. Virage a gauche et on reprend la ligne droite du départ. Au loin on aperçoit l’éclairage du parc a vélo. J’avance en m’écartant un peu du bord pour éviter les zones a peu de fond. Et rapidement, je vois une forme sombre devant moi au moment ou je relève la tête. Je replonge un peu surpris, relève la tête. Je distingue maintenant un arbre qui se découpe. Mais comment ca un arbre ? Put..! Je suis juste devant l’ile au milieu du plan d’eau ! Je bifurque afin d’éviter sans frais mais ca surprend. Je continue, passe la bouée de fin du premier tour. 1/3 je suis pas mal. Le soleil commence a se lever derrière moi on distingue un peu mieux les contours du bassin, et donc les bouées. En visant mieux la bouée suivante (bouée une) je suis plus proche du bord, et encore une fois, plus assez de fond pour nager bras tendus. Virage, je commence a voir le soleil, et on a maintenant une vrai différence entre dans et hors de l’eau. La montre vibre me signalant que j’ai passé les 1000m. Reste un peu moins de 3000. Maintenant je vois l’ile de loin, c’est rassurant. Je fini le deuxième tour calmement en connaissance du parcours maintenant. J’ai la sensation de ne pas être trop à la rue dans le classement. Je ne vais pas particulièrement vite, mais je pose ma nage pour être efficace en glissant beaucoup. 2000m, la montre vibre pendant le deuxième tout. Maintenant qu’il fait jour on peut profiter un peu de la vue de la montagne quand on sort la tète. Début du troisième tour. Il va aller vite. Je m’applique sur la nage. 3000m , reste plus grand chose. J’arrive en vue du chenal de sortie, j’accélère un peu le rythme des bras, ajoute un peu de jambes. Je touche le fond avec les mains, je me relève. Regarde la montre 1H16. Ca va, c’est propre.
Je file vers le parc a vélo en commençant a retirer la combi. Il faisait meilleur dans l’eau que dehors. Je prend le temps de me sécher. Je mange aussi un peu. Je m’équipe pour le vélo. Chaussettes, chaussures. Je met mon K-way dans la poche avec de la nourriture. Le casque, les lunettes et la ceinture porte-dossard. Je ne vois pas mes supporters, pourtant là au départ. Je met mes affaires dans le sac prévu pour l’orga, décroche le vélo et pars. Je lâche mon sac, le speaker annonce ma sortie, ce qui indique à la famille que je n’ai pas coulé. Ils me courent après pour me glisser un mot. Je leur fait un signe, sort du parc et enfourche le vélo. Je clipse les chaussures et appuie, ça part bien.
Je sors du chemin de terre du parking et enquille la route. Je suis parti sans coupe-vent. Il fait un peu frais, mais ca va. Premier rond point, une ligne droite, virage a droite, je sors du village ça y est ça monte. Je sais que je vais partir pour 25 Km de montée. La première acensions se passe bien, j’ai les jambes. Je ne vais pas vite, mais j’avance. Je bois souvent. La voiture me double et m’attend régulièrement. Je leur fait coucou et un petit mot en passant. J’arrive en haut, je commence a redescendre. Je constate assez vite que la descente est difficile car l’état de la route est désastreux. De plus, moi qui pensait redescendre tout schuss jusqu’à Amélie, je déchante vite. Il y a régulièrement quelques passages qui remontent. J’arrive a Amélie. Un petit en-cas et ca repars.
Quelques Km de plat et ca remonte. Ca remonte fort. Je commence a un peu souffrir. J’entends aussi un claquement au niveau de la roue arrière. Ca m’agace assez vite. Je descend et constate qu’un rayon est cassé. Fais chier. A quoi ca sert de mettre le vélo en révision un mois avant la course si c’est pour avoir ce genre de problème. Je rumine un peu, tout en montant. Est-ce que je dois m’arrêter pour le retirer ? Ca va tenir combien de temps ? Entre deux questions je me rend compte que l’on ne voit plus les sommets. Le ciel s’est bouché. Il fait sombre, gris. Comme mon humeur. Je monte non stop en constatant tout du long la dégradation de la route que je vais devoir redescendre. Je commence a sérieusement fatiguer physiquement et mentalement. La longue montée me tasse le dos et me fais mal sur l’intérieur des cuisses. J’arrive en haut. Le refuge de Batere. Un concurrent est attablé, il semble en détresse, il n’a pas à manger. Un accompagnateur qui est là lui propose une barre chocolatée. L’arbitre lui dit en rigolant « c’est carton rouge ca ! » Il hésite, mais finalement l’arbitre lui dit qu’il fera comme si il n’avait rien vu. Je ne sais pas quoi en penser. Les règles sont connues et sont les mêmes pour tout le monde. Sinon autant se faire pousser par une voiture dans la montée ! Je repars, m’arrête au virage ou m’attend la famille. Le temps est très couvert, je veux redescendre vite car il ne fait pas chaud a 1500m. J’ai enfilé le Kway au refuge, mais je sens que ca va piquer quand même. Et puis l’orage se précise. Je descend quelques Km et au sortir d’un virage mon pneu éclate. Je m’arrête tant bien que mal et hurle ma frustration. Le coureur qui arrivait derrière moi a du entendre car il me demande si ca va. J’encaisse, me calme et répare. En prenant soin de ne pas bâcler pour éviter de recrever plus tard. Je repars, environ 10 mn plus tard. La pluie a commencé. je ferme le Kway jusqu’en haut, serre les dents et essaie de me convaincre que ça ne va pas durer.
Quelques Km plus tard, je m’arrête grignoter. J’ai vu mes supporters attaquer les sandwichs dans la descente, il faut que je mange ! Je trouve un abri dans un village. Quelques minutes qui ont suffit a me retrouver sous l’orage et la pluie diluvienne. J’attends une minute puis me résigne. De toute façon trempé pour trempé ! Je remet le vélo dans le bon sens, essaie de rattraper la pédale mais elle coince. La chaine a déraillé entre le cadre et le pédalier. Fais chier (oui encore !). Avec les mains refroidies par la descente, j’ai du mal a l’attraper et elle est bien coincée la bougresse. J’arrive a tirer suffisamment dessus pour la débloquer. Je repars. Je n’arrive cependant pas a prendre de la vitesse dans la descente, du coup les lunettes s’embuent, je ne vois pas grand chose. Moins je vois, moins je vais vite, moins je vais vite et moins je vois. Si je baisse les lunettes je prend de l’eau dans les yeux c’est encore pire. Commence vraiment a souler cette région ! La descente vers « Le Tech » est un calvaire. Physiquement je suis fatigué, je me lève de la selle pour essayer de m’étirer, mais ca fais bouger des muscles endoloris par le froid. c’est douloureux. Mentalement je sais pas quoi dire, j’ai admis que rien ne me serais épargné, mais ça ne me soulage pas vraiment. Tout ce que j’attend c’est le Ravito au Km 120.
Ravito donc après quelques km de montées/descentes/pluie via le col de Sous ! Je prend mon sac. Ca fait du bien de poser le pied, même si je me refroidis vite. J’essaie de m’abriter sous la tente de l’orga. Je discute un peu en mangeant, mais j’ai plus vraiment l’envie. J’ai deux heures de retard sur mon planning, je suis trempé. Pourquoi en fait ? Surtout que je sais que j’ai le col d’Ares dans la foulée. Je repars, il le faut.
Le col d’Ares ne se passe pas si mal. Bien sur j’ai le siège en compote, les cuisses comme du bois et la motivation du poulpe mort, mais comme je rattrape un ou deux coureurs, je fais semblant. Manger salé m’a aussi fait bien plaisir. J’arrive au sommet d’Ares. Demi tour a un plot dans les nuages sur une route pas coupée. Une personne de l’orga est vaguement là mais très honnêtement ne sert pas a grand chose. Je savais que c’était minimaliste mais a ce point c’est dur. Je discute vite fait avec la famille en mangeant une barre, mais j’ai pas si faim. Je fais la descente, assez vite. J’ai froid, je m’en fous, je veux profiter au moins a un moment de cette course. Je m’arrête en bas du col d’Ares pour refaire coucou aux membres de l’orga qui se pèlent aussi les miches au ravito. Un coureur annonce son abandon. Pas la force de monter Ares. Comment ne pas le comprendre.
Je commence la descente après Prats de Molo. La route est belle. Trempée mais belle. Je peux rouler un peu. Jusqu’au moment ou le route est déviée de nouveau vers une route dégradée. Fais chier ! Dégradée et qui remonte. Fais chier ! Je regrimpe. Il n’y a que 4Km de montée, mais j’en peux plus. Sous les arbres, les gouttes claquent sur mon casque, voir sur la tète. J’arrive en haut récupère une route plus roulante. Je souffle un peu, reprend de la descente, il reste 20KM. Je roule bien direction Amelie. Je reviens sur les pistes cyclable entre Arles sur Tech et Amelie. Pistes cyclable largement empruntés par les promeneurs de chiens entre qui je dois slalomer. Sympa ! J’arrive au gymnase, essaie tant bien que mal de descendre du vélo. Ca pique !
Transition, je retire tout ce que je peux et qui est mouillé, donc tout sauf la trifonction. Je m’assied un peu. Bois mais je n’arrive pas a manger. Les autres se changent même intégralement. Ils vont repartir au sec, pas moi. Je m’habille et sors du gymnase je croise la famille. Echange de quelques mot et je commence a courir.
Je longe le Tech, rentre dans la ville et arrive devant un mur a coté des termes qui s’enchaine sur du chemin caillouteux. Je reviens sur de la route, mais ca monte toujours. J’essaie de prévenir la famille que ma première boucle durera un peu plus de 2H. Je continue, la nuit tombe, la pluie tombe, ma motivation s’étiole. Je met en route ma lumière, mais je distingue de moins en moins la route. J’ai une falaise d’un coté, un ravin de l’autre sur une route de la largeur d’une voiture. Je ne vois plus vraiment, je distingue. Avec la lumière j’ai 2 a 3 m de visibilité. Pour m’aider, je n’arrive pas a échanger avec Ludy pour leur indiquer mon heure de retour. Fais chier ! Je vois au loin et en haut une lumière, c’est un autre participant, mais c’est super loin et super haut. Pour la première fois je me dis que je ne pourrais pas. Je continue de monter car à ma montre je suis a un peu moins de 4Km du demi-tour mais dans ma tète le doute est présent. La suite c’est de la souffrance mentale dans la montée ou je n’attend que le demi-tour pour pouvoir enfin redescendre. Au demi-tour je reprend un pas de course, mais toujours avec très peu de visibilité. J’essaie de longer au max la falaise, car je ne suis pas super rassuré par le ravin. Les jambes sont de moins en moins flexibles et de plus en plus douloureuses. Je m’arrête a une source, me baisse pour boire. Quand je me relève, pour repartir j’ai un vertige qui me fait tituber sur plusieurs mètres. Je marche un peu, repars enfin en course mais je vais de moins en moins droit. Je reviens sur le chemin de terre, je titube sur les cailloux, mais les jambes ne compensent plus car elles sont trop raides. La descente devient dangereuse. Il est censé me rester près de 20km dont au moins la moitié en montée et la dernière partie en descente. Mes cuisses ne tiendront pas. Mon corps ne tiendra pas, et mon mental n’est plus la pour l’aider, refroidi par la peur de trébucher sur ces chemins dangereux noirs et déserts. Je reviens dans la ville, la décision est prise. J’arrête.
Ca fait 10 jours et je n’arrête pas d’y penser. Et ce matin bloqué dans les bouchons, impuissant face a la situation je comprend. Je comprend ce gout amer que j’ai depuis 10 jours. Ce gout c’est celui de l’impuissance. Je n’ai pas été assez intelligent pour tout prévoir et pas assez fort pour compenser mon intelligence. Je suis arrivé avec des certitudes qui ont laissés place aux doutes puis à l’impuissance très vite. Trop vite. Ce gout, je vais l’avoir longtemps. Le doute également. Mais ils me nourriront, car plus j’y pense et plus je suis convaincu que je vais devoir y retourner.
Planning d’entrainements
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