Eau libre
Eau Libre, ce titre est honteusement copié sur l’émission « Interieur Sport » dedié a Axel Reymond.
Une phrase qui m’avait marqué dans ce reportage c’est « libéré des bassins ». Et oui, tout est dit !
Qui a dit que les personnes n’habitant pas au bord de la mer devaient forcement enchaîner les longueurs de 50m a 15 dans une ligne d’eau. Comme si on admettait qu’on ne devait courir que sur un stade ou ne rouler que dans un vélodrome.
Toute la beauté de ces disciplines est justement de profiter de parcours toujours différents, toujours nouveaux, surtout quand on a la capacité d’allonger les distances.
Et pour la natation alors…Pour la natation il y a l’eau libre discipline méconnue des « terriens », car nous nous interdisons de profiter des espaces aquatiques dont nous disposons. Les fleuves, les rivières, les lac tous sont pourtant de formidables terrains de jeu.
Attention cependant, la discipline est exigente et nécessite quelques précautions.
Il faut bien sur être un nageur confirmé afin d’être capable de nager a contre-courant, ou ne pas se laisser trop emmener par le courant. Il faut travailler sur le repérage dans cette eau souvent sombre. Il faut surtout savoir rester calme. En effet un des dangers reste la panique. Dans cet univers ou la respiration est difficile, ou les appuis sont fuyants, ou la position est souvent horizontale, il faut savoir ne pas paniquer, car alors la respiration devient un problème, l’environnement devient hostile, et se retrouver dans ces conditions a 200m de toute possibilité de sortir de l’eau est dangereux. L’autre grande difficulté est la perte de repères sensoriels. On ne voit rien, on entend rien d’autre que le bruit de l’eau, on se déplace difficilement et au prix d’un effort, on ne peut pas respirer naturellement…Ceci est très déstabilisant pour beaucoup.
Mais finalement, c’est de cette déconnexion sensorielle que vient tout le plaisir. Je vais parler ici a titre personnel. Quel plaisir de se retrouver ainsi libéré, libéré de ses sens, libéré des contrainte visuelles, auditives, olfactive, libéré jusqu’au poids de son propre corps (avec une bonne combi j’avoue!). Et c’est a ce moment, quand l’esprit et le corps sont libérés a ce point que commence le plaisir. Le plaisir de glisser, sur et sous l’eau, le plaisir de n’entendre que le bruit de l’eau glisser sur ses oreilles, sa respiration et son cœur, de ne se concentrer sur rien d’autre que sur les mouvements de son corps.
Et c’est la que commence le voyage, l’introspection la plus profonde, la au milieu de rien de solide. La ou je suis seul, a un endroit tellement improbable que personne ne penserait que je puisse me trouver la. La avec la tête qui sort a peine de l’eau et qui me donne un point de vue inédit, entouré de toute la platitude de la surface de l’eau. C’est la que l’ont peut plonger au plus profond de soi même, car il n’y a plus que ça autour. Ressentir sa physiologie, sa respiration, la douleur liée aux mouvements qui ne servent qu’a rester a la surface, retrouver la vue tous les 3-4 ou 5 mouvements et replonger sciemment dans l’obscurité, ressentir son cœur battre vite d’abord, et en sentir le rythme diminuer au fur et a mesure de l’accoutumance a l’environnement. S’arrêter, flotter doucement sur le dos, les yeux au ciel et sentir ses membres portés par l’eau, toujours ne rien entendre d’autre que l’eau et son cœur et penser a ce que je suis, a qui je suis, a comment je suis.
Je ne vous dirais pas ici ce qu’il ressort de ces séances d’introspection, mais quel bien cela me fait d’être la simplement, privés de mes sens, de mes repères, de mes certitudes, de mes contraintes.
Voila c’était mon ode a cette discipline que j’ai « découvert » avec le triathlon, cet espace de liberté et de découvertes. Vous pourrez me trouver fou de partir nager dans l’Oise, dans la Seine, a la base de loisirs, mais ne vous inquiétez pas pour moi, cet espace, au même titre que le vélo et la course a pieds est ma thérapie. Et vu le temps que j’y passe, j’économise grave sur les prix d’un psy 😉