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Triathlon Publié le 21 août 2026

Faute de montagne, allons a la mer

Le triathlon de Deauville distance Half-Ironman en remplacement de l'Alpsman annulé

Faute de montagne, allons a la mer

Il m'a fallu un peu de temps pour en parler, la déception et la frustration était, et reste grande.

10 jours avant l'Alpsman, l'organisation annonce que l'épreuve est annulée. Aussi simplement qu'un mail et un post sur les réseaux sociaux. 8 mois de préparation physique et mentale, une logistique et tout mon entourage qui doit en avoir marre de m'entendre en parler pour une course qui n'aura pas lieu.

La bonne nouvelle, c'est que je ne risque pas de ne pas finir la course si ne je ne la commence pas !

Voilà le genre d'absurdité que je me répète pour éviter de laisser exploser la colère et la frustration.

Ce qui est certain, c'est que je ne peux pas finir ce cycle sans accrocher un dossard, et de préférence un truc costaud. Pas un IronMan bien sur puisque je ne pourrais pas me réorganiser aussi tard. Même si c'est vrai que j'y ai réfléchi.

Je regarde rapidement les courses qui arrivent et sur lesquelles il y a encore de la place, et jette mon dévolu sur le Longue Distance de Deauville (Distance half-IronMan). C'est là que j'ai réfléchi car pendant quelques années il y avait un full distance à Deauville. Certainement que s'il avait été au programme cette année, je l'aurais tenté. Mais non, ce sera un half.

Comme souvent quand je fais cette course, je fais en sorte d'en profiter pour emmener la famille. Comme souvent c'est le weekend de la fête des pères, donc on va partir a beaucoup.

Tout cela me permet de reprendre la préparation, de me donner un nouvel objectif, une nouvelle organisation et d'essayer de ne pas trop cogiter sur l'Alpsman.

Pour l'organisation, on part donc avec notre famille et nos 4 parents. Tous logés dans un mobile-home. Comme je m'y suis pris tard, le mobile-home est juste assez grand, mais ca fera le taf pour un week-end.

La course est le samedi après-midi, donc arrivée le vendredi soir. Il est annoncé une canicule sur toute la France ce week-end. Toute la France sauf la cote Normande. Ca me soulage car beaucoup de courses sont annulées partout sur le territoire. Nous on va courir, mais on aura quand même chaud. Vu ma dernière expérience à Compiegne, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce que je dois faire pour éviter la même fin. Mais, pragmatiquement, les conditions ne seront pas les mêmes. La journée sera moins chaude, il y a un petit peu de vent et surtout au lieu de subir la matinée et le réchauffement de l'air pour arriver sur la course a pieds a 14h, l'air va se rafraichir au cours de la course pour arriver sur la course a pieds vers 18h. Je me rassure donc, mais je dois rester vigilant. Par contre Sandra n'est pas aussi rassurée que moi !

Passage au village de la course le matin pour récupérer mon dossard. C'est toujours impressionnant de voir le village du triathlon de Deauville. Très gros village avec beaucoup de stands et très animé. Il y a 6 courses en 3 jours. Quand on visite ce matin, il y a une course en cours, on encourage un peu les valeureux sur le parcours. Même si ce n'est pas la première fois que je viens je repère le parc a vélo, les entrées et les sorties afin de ne pas avoir a y penser pendant la course. Retour au camping avec le dossard pour préparer mon sac et mon vélo et manger des pates !

It's Race Day !

Le départ est annoncé à 14h30, j'arrive au parc à vélo vers 13h30. Le parc à vélo est gigantesque. Il me faut plusieurs minutes pour aller de l'entrée jusqu'à mon emplacement. Je suis venu avec mes parents qui vont aller directement à la plage. Je prépare mon emplacement, ajoute au dernier moment la "potion magique" dans mes gourdes. Je ne veux pas retrouver le gout infect de ma boisson iso de Compiègne. Je me balade (je me perds serait plus juste) dans le parc à vélo en cherchant la consigne pour mon sac. Point important, j'ai gardé mes sandales pour parcourir le parc. Par contre je n'ai pas encore enfilé ma néoprène car il fait chaud. Finalement je trouve la consigne qui est en dehors du parc à vélo, au bord de la plage. Je retire mes sandales et me rend compte de la chaleur du sol. Je vais en chier pour rejoindre le parc à vélo !

Je me rapproche du sas de départ, enfile ma néoprène, entre dans le sas 35mn (estimation de mon temps de nage) et entends le speaker annoncer le départ en rolling start. Donc départ 5 par 5 toutes les minutes. Ce qui veut dire que je ne partirai pas a 14h30. Je partirai finalement vers 14h50. Donc quasiment 30 minutes à supporter la néoprène en plein soleil. Le speaker annonce aussi qu'il y a du courant latéral, il va falloir gérer les trajectoires.

Le parcours est avec sortie à l'australienne, donc une première boucle de 800m, sortie sur la plage, retour à l'eau pour une nouvelle boucle avant de prendre le vélo. Enfin, avant de parcourir plus d'un km pieds nus en néoprène avant de prendre le vélo !

A la flotte !

Top départ, je cours jusqu'à l'eau sous les encouragements des nombreux spectateurs. Je rentre dans l'eau progresse un peu debout puis plonge. Quelques mètres suffisent pour me rendre compte qu'il n'y a pas seulement du courant, il y a aussi des vagues. Elle ne va pas être rigolote cette natation. Première ligne droite, je prends des vagues dans la tronche. Mes lunettes bougent un peu et j'ai de l'eau qui rentre. De l'eau salée bien sur. j'avance en essayant de garder mon cap, même en ne voyant que rarement les bouées entre les vagues. Je longe les kayaks qui balisent le parcours et rattrapent les nageurs qui s'écartent de trop. Premier virage, bonne nouvelle le prochain segment est dans le sens du courant. Le segment est plus court donc la bouée est plus visible. Deuxième virage, retour vers la plage. Je sors la tête a droite pour respirer mais le prends le soleil dans les yeux. Ajouté à l'eau salé dans les lunettes, la lumière me brule les yeux. Je dois donc respirer à gauche uniquement sur ce segment. Retour près de la plage. La marée est descendante donc on reprend pied assez tôt et il faut marcher en ayant de l'eau jusqu'aux genoux (pas le moins fatiguant). Passage sur la plage, petit parcours et replouf, on recommence, quasiment la même choses sauf que cette fois-ci, je suis prévenu. Donc je prend mon mal en patience, essaie d'allonger au maximum mon mouvement de nage en pensant au vélo qui arrive.

Sortie de l'eau, bas sur la plage, il faut maintenant remonter jusqu'au bord de route ou se trouve le parc à vélo. Je retire le haut de la néoprène, le bonnet et les lunettes, mais il est interdit de retirer entièrement la combi avant son emplacement vélo. Donc on court avec. Passage sous une douche pour se rafraichir et rincer le sel en sortant du sable, ce qui fait 2 bonnes nouvelles. Entrée sur du bitume recouvert d'un tapis. C'est agréable. Je tourne a droite pour rentrer dans le parc a vélo, et là plus de tapis. Je me crame et me râpe les pieds sur du bitume de mauvaise qualité direction mon vélo. Je me doute que mes parents devaient etre sur la plage mais je ne les ai pas aperçus. Ils me diront plus tard qu'ils ont pu constater que rien ne ressemble plus à un nageur à bonnet rouge qu'un autre nageur en bonnet rouge !

En route !

J'ai pour habitude de ne pas mettre de chaussettes pendant la partie vélo d'un triathlon, surtout quand il fait chaud. Question pratique déjà, car il peut être compliqué d'enfiler les chaussettes avec des pieds mouillés. Question sensations aussi, j'enfile mes chaussettes entre le vélo et la course à pieds, ce qui me permet de partir avec des chaussettes propres sur la CAP. Aujourd'hui, je fais comme d'habitude, mais je constate que nombre de concurrents enfilent les chaussettes avant le vélo. Je me dis que ce sont des débutants ! J'enfile mon casque, ma ceinture porte dossard et mes lunettes, j'empoigne le vélo avec mes chaussures déjà accrochées au vélo et commence a courir. Et, une fois de plus, je me détruit les pieds sur le bitume chaud et râpeux. Je me dis que les chaussettes ca aurait été une bonne idée ! Tant pis, j'avance jusqu'à la sortie du parc qui est encore loin. J'arrive à la sortie du parc. Je constate encore que beaucoup de coureurs sont très inexpérimentés sur la montée du vélo. Il y a ceux qui courent avec les chaussures à cales, mais qui glissent. Ceux qui essaient d'enfiler les chaussures en montant sur le vélo, mais on constate vite le manque de pratique en les voyant zigzaguer au ralenti ou éviter (ou pas) la chute. Ca bouchonne en sortie de parc à vélo. Ils m'obligent a faire quelques mètres de plus a pieds de façon à ne pas être empêtré dans leur manque d'agilité. Je saute sur le vélo, les pieds sur les chaussures, prend de la vitesse puis prends le temps de mettre les pieds dans les chaussures et de les fermer. Je garde un développement assez léger car je sais que la cote St Laurent arrive très vite.

La cote St Laurent c'est le point chaud de ce parcours. De par sa topographie déjà 1.5Km à 12% de moyenne et 17% au plus dur. Et aussi car une grande quantité de spectateurs se posent dans la cote, entrainés par un speaker sous amphet, recréant une ambiance d'étape de tour de France. On la prend donc à froid au départ du parcours vélo, puis une deuxième fois à mi-parcours. La fin de la cote est marquée par la présence d'un ravitaillement.

Je commence donc la cote, avec beaucoup de prudence. Les spectateurs réduisent la largeur de la route et certains concurrents qui souffrent zigzaguent. Sans compter ceux qui lâchent et mettent pied à terre pour finir la cote a pieds.

La cote St Laurent terminée, les joyeusetés commencent. Le parcours est assez vallonné, fait de montées, plus ou moins longues, plus ou moins difficiles et des descentes plus ou moins techniques. Mais surtout ce n'est jamais plat. Premier virage après la cote, au moment d'enchainer la première descente, je vois entrer sur le parcours une camionnette des secours. Ca met dans l'ambiance ! Je fais donc la première descente derrière l'ambulance qui essaie de slalomer entre les coureurs. Ca aurait été plus simple de nous laisser passer, de toute façon, plus agiles, les vélos allaient plus vite. Pas grave, je m'amuserais au second tour.

On s'éloigne de la mer en s'enfonçant dans les terres. Le vent baisse un peu et la température monte légèrement. Pas de quoi nous mettre à mal, mais à prendre en compte.

Km 18, on entame la deuxième grosse difficulté, une cote de 2Km, avec ravitaillement en haut. C'est maintenant que je ressens la chaleur. J'essaie de rester au maximum à l'ombre, ouvre un peu la combi. Je sais que je vais remplacer une gourde en arrivant en haut, donc je bois un peu plus que nécessaire.

Arrivée en haut, il y a de la musique, des spectateurs, bonne ambiance. Je reste sur un rythme recup jusqu'au ravitaillement. Ravitaillement des deux cotés, c'est assez rare pour être noté, mais c'est une bonne idée. De cette façon, les coureurs se repartissent et se gênent moins. J'attrape une gourde pour m'arroser, une deuxième pour garder a boire. Par contre je rate la banane ! Pas très grave, j'ai de quoi manger dans les poches.

On revient maintenant vers la mer. Je pensais que le vent s'était calmé alors que je l'avais juste dans le dos ! Mais comme le parcours est assez vallonné et très protégé par les arbres, on ne commence à le sentir qu'en arrivant vraiment proche des cotes.

Il y a toujours un passage très désagréable sur ce parcours. Un bout de route en sous bois avec du revêtement très dégradé. Moi, je le connais, je ralentis, serre les doigts et passe en danseuse pour soulager le vélo. Mais à priori, certains se sont fait surprendre. Il y a deux coureurs qui ont crevé. Le sol est jonché de gourdes, de gels, de trousse à outils, mal accrochés et tombés des vélos. Il faut être attentif et slalomer un peu. Il faut surtout choisir entre ralentir ou risquer de crever ou tomber. Comme, pour une fois (non !) je ne joue pas la première place, je ralentis, mais ca frappe quand même fort dans les bras. Le tronçon se termine par un passage à niveau qui finit de me malmener.

On revient sur de la route plus agréable, je relance un peu. Il reste environ 6 Km avant de commencer le deuxième tour.

Dernière montée sur les hauteur de Deauville puis tout schuss jusqu'à la ville. Franchement, ils auraient pus nous l'éviter celle-là ! On ne repasse pas près de la mer, mais on tire tout droit jusqu'à la cote St Laurent pour la seconde moitié du programme. Avant de bifurquer pour la cote, j'entends une voix connue. Papa est assis sur le bord de la route et m'encourage. Quelques mètres plus loin, dans le virage, c'est Maman qui m'attends et m'encourage. Ils ont choisis de rester en bas, car trop de monde dans la montée, ils craignaient de ne pas me voir (et que je ne les vois pas).

Je pars sur le second tour, la température descend un peu. Ravitaillement 3, je recharge en liquide et arrive cette fois-ci a attraper du solide. Mais je sens que je commence à avoir faim. Il va falloir que je tape dans mes réserves.

Cette fois-ci, pas d'ambulance pour me ralentir dans la descente, je peux piloter correctement. Petite pointe a 60Km/h avant de revenir dans un village, c'est chaud mais ca passe. Quand le parcours se calme un peu, j'attaque ma gaufre. Je sais que je dois manger maintenant pour être tranquille sur la course à pieds.

Le second tour se passe tranquillement. Je ne ralentis pas, mais je ne suis pas dans le rouge non plus.

Retour sur le front de mer, petite boucle devant les spectateurs avant de rentrer dans le parc a vélos. Mes parents sont campés à 200m de la fin du parcours dans un virage à 90°. Heureusement qu'ils n'étaient pas 100m plus loin dans le rond-point car même moi, je me suis fait peur ! Nous devions faire un tour complet du rond-point avant de voir l'arche de fin de vélo. Je suis arrivé fort sur l'intérieur sans voir qu'un concurrent était sur ma trajectoire, mais beaucoup moins vite. Et comme on ne freine pas en virage, je fais un écart, mais à cette vitesse, ca me ramène assez vite sur l'extérieur du rond-point. J'ai vu les barrières arriver vite ! Je change de position de pieds pour que la pédale intérieur ne touche pas au sol et ajoute un peu d'angle. C'est chaud, mais ca passe ! Un vrai pilote !

Je dessers et retire les chaussures et descend du vélo sur le tapis. Tout va bien, le corps se déplie en souplesse après ces 3 heures et quelques de vélo et les jambes semblent prêtes à courir.

Je rentre dans le parc à vélo, à l'endroit ou il n'y a plus de tapis. Le sol est toujours chaud et râpeux. J'ai une centaine de mètres à courir et je souffre. J'aurais du mettre ces put.. de chaussettes avant le vélo. Je rumine tellement que je passe devant mon emplacement sans le reconnaitre. Heureusement, mes parents sont devant et me rappellent à l'ordre

Je pose le vélo, enfile chaussettes et chaussures, mange un morceau et repart vers la lointaine sortie du parc a vélo. Je fais un état des lieux. Maintenant que j'ai mes chaussures tout va plutôt bien. L'état de fatigue physique est modéré. Il manque encore beaucoup de vélo dans le parc donc je ne suis pas à la ramasse. Ca fait du bien au moral. En sortant du parc, je vois l'emplacement des relais avec les coureurs qui attendent leurs cyclistes. J'en repère quelques-uns qui risquent de me rattraper sur la course. Et comme à chaque fois, je me dis qu'ils diront avoir fait un triathlon alors que non ! Mais ca fait venir du monde, et peut-être que la prochaine fois, ils le feront entièrement...

En course

Sortie du parc a vélo pour 4 boucles de 5 Km. On sort dans un parc pour rejoindre la promenade de bord de mer, pour un long aller-retour. Je rejoins ceux qui ont commencé la course avant moi. On sent que certains souffrent un peu. J'adopte une allure moyenne autour de 5'15 mn/Km. Vu mon état c'est une allure sur laquelle je peux durer longtemps. Les sensations des jambes sont bonnes, pas de lourdeur liées au changement de discipline. Il y a un peu de vent en bord de mer, le risque est d'en oublier la chaleur ambiante.

La course à pieds va se passer très bien, presque trop "vite". Je craignais cette partie après l'abandon a Compiègne. Le but étant de garder un rythme suffisamment rapide pour ne pas m'ennuyer en évitant de trop subir la distance. Je comprend assez vite que je ne vais pas m'ennuyer. Déjà on est beaucoup de participants, de plus en plus avec les coureurs qui s'engagent après moi sur le circuit. Et à Deauville ce qui est très impressionnant c'est le nombre et l'enthousiasme des spectateurs. Si les premiers kms sont plutôt calmes car assez éloignés des planches, il y a quand même du monde et des encouragements. Plus on se rapproche des planches et de l'aire d'arrivée, plus c'est bruyant. Du monde partout, de chaque coté du front de mer qui encourage en lisant nos prénoms sur les dossards. Je passe le premier ravitaillement juste avant de rentrer sur les planches. Il est bien agencé, solide puis liquide. On se bouscule un peu, mais je passe sans m'arrêter. Mes parents sont en attente juste derrière le ravitaillement. Un coucou en passant, puis je relance pour reprendre mon allure. L'ambiance gonfle en se rapprochant de l'aire d'arrivée ou le speaker et les spectateurs sont en feu. On passe derrière l'arche, un peu sur du sable. On peut aussi dans ce passage regarder l'aire post arrivée ou se trouve le ravitaillement final toujours aussi impressionnant avec plusieurs stands thématiques, liquides et solides, des transats et déjà quelques coureurs qui en profitent. Ca donne envie de finir !

Après cette boucle autour de l'air d'arrivée, on reprend un peu les planches, puis on revient sur du béton pour contourner les terrains de tennis. Là se trouve un bénévole qui arrose au jet d'eau. Je me fait un peu arroser pour le kiff, mais je profite surtout pour tremper ma casquette dans un bac d'eau, histoire de me garder durablement au frais.

J'arrive à la fin du premier tour, arrivée à droite, tour suivant a gauche. Et toujours beaucoup de monde, beaucoup de bruit, beaucoup d'encouragements. Je jette un œil à l'arrivée, fais un état de forme rapide après ce premier quart de course. Tout va bien. Aucune douleur, aucune fatigue, pas de dérèglement gastrique, juste du plaisir. Je ne sais pas exactement à quelle vitesse je cours car je me suis un laissé emporté par les encouragements. Je sais que je vais plus vite que prévu, mais je ne m'inquiète pas. La forme est là, et je sais que je vais ralentir un peu quand l'ambiance va se calmer.

Passage au deuxième ravitaillement, en face du premier, donc j'ai mes parents qui m'encourage depuis la plage. Idem, liquide solide, relance. Tout se passe mécaniquement, sans m'arrêter. Juste ralentir ce qu'il faut pour ne pas s'étouffer. Retour sur le front de mer, avant un virage à gauche pour revenir dans le jardin le long du parc a vélo. Ca zigzague un peu dans le jardin, mais un jet d'eau bien placé et la verdure font de ce passage un bon temps frais. Au détour d'un virage, j'entends et vois Sandra et Alain. Il sont juste en face de moi, difficile de les rater cette année ! Je passe au ralenti pour leur expliquer combien il me reste de tours et reprend mon allure.

Les trois autres tours ne vont être que la continuité du premier. Du plaisir. Des encouragements, Une sensation de forme et de puissance presque grandissante au fil des kilomètres. Je ne ressent ni de fatigue ni de lassitude. Je double beaucoup, mais c'est difficile de savoir si ce sont des participants qui sont dans le meme tour que moi. 

Au début du deuxième tour, une relayeuse m'a doublé assez facilement. Elle commençait son premier tour. J'ai un peu râlé devant sa facilité en me disant qu'elle n'avait pas fait le reste et que sa course commençait maintenant. Ils sont quelques-uns, plus ou moins rapides, plus ou moins affutés. C'est un peu frustrants quand ils me doubles, mais tellement valorisant quand c'est mon cas !

Les tours 2 et 3 se passent très bien. J'ai mes repères. Les ravitaillements, les points d'arrosages, mes supporters. Et toujours ce bruit, ces encouragements qui ne faiblissent pas. L'aire d'arrivée se remplit au fur et à mesure que les participants diminuent sur le circuit. Mais on est jamais seul. Pas le temps de cogiter. Il y a toujours des pas derrière, du monde devant, un brouhaha permanent qui empêche de s'ennuyer.

Sur le dernier tour, mes accompagnateurs ont bougés pour se rapprocher de l'arche d'arrivée. Je les aperçois quand j'en fais le tour. Il me reste un peu plus d'un km. Je regarde encore une fois l'aire et le ravitaillement à l'arrivée, écoute le speaker qui annonce les arrivants et les spectateurs qui crient et tapent sur les barrière. Cette ambiance est folle !

Je fais un dernier tour des terrains de tennis. Refuse le tuyaux d'arrosage, car l'heure avançant, la température s'est refroidit. Je reviens dans la ligne droite de l'arrivée. Cette fois-ci c'est mon tour de serrer à droite. Je profite du bruit, des encouragements. J'ai même ralentis un peu pour bien apprécier le moment. Je n'ai pas gagné la course, mais je vais accrocher une médaille d'une épreuve d'endurance. Je monte la rampe, passe la ligne et profite. C'est fait, cette fois-ci j'ai passé la ligne !

Je regarde sur le coté ou m'attendais mes supporters, fais quelques photos. Je veux essayer de leur parler, mais il y a trop de bruit. J'avance, enlève ma puce de chronométrage, prends ma médaille et entre dans l'aire de ravitaillement en regardant passer ceux qui courent encore.

Mon temps est "moyen-plus", la course a été suffisamment agréable. A ce moment, je veux juste profiter de cette médaille, de cet accomplissement. Ce n'est, certes, pas celui que j'attendais, pas celui pour lequel je m'étais préparé, mais il est là. Et j'ai arrêté de croire, il y a quelques années, déjà que finir un half-Ironman était facile. Ca ne l'est jamais.

Je profite du ravitaillement, bois et mange. Je prends le temps. Je ne suis pas épuisé, au contraire. Pas de séquelles gastriques, mais pas spécialement faim. Je n'avais pas ressenti un tel niveau de plénitude a la fin d'une course depuis longtemps. D'autant plus que je sais que cette fois-ci, je vais retrouver mes accompagnateurs à la sortie et ne pas juste ranger mon vélo dans mon coffre et reprendre la route seul. On va rentrer ensemble, 10mn de route et repartager un moment au camping, ensemble.

Ce n'est pas la course que je voulais, pas le paysage que je voulais, pas les 15h d'introspection que je voulais, pas la douleur que je voulais, mais elle a fait du bien. J'avais besoin de me ressentir triathlète de longue distance. de faire partie de ceux qui finissent.

Il y aura au moins un autre half-IronMan en septembre pour finir la saison puis commencera la saison de trail. Raisonnablement et après discussion avec Sandra, il n'y aura pas d'IronMan en 2027. Pas question, ni pour moi, ni pour la famille de repartir sur une préparation longue une troisième année de suite. Je vais donc me concentrer un peu sur le trail plus long en hiver et reprendre des dossards sur des half l'année prochaine. J'emmènerai sur certaines course un peu de famille, si ils veulent !

Quelques vidéos prisent pendant la course :